THE THING de Matthijs van Heijningen (2011)

Affiche du film The Thing
1982. Une paléontologue est discrètement contactée par une équipe de scientifiques norvégiens qui a fait une fabuleuse découverte en Antarctique : un vaisseau extraterrestre et son occupant prisonniers dans la glace depuis 100 000 ans. Mais un malencontreux prélèvement redonne vie à la créature qui s’attaque aux chercheurs et commence à cloner ses victimes…
Comment appeler cette chose ? Une suite, un remake ?
Non, une préquelle ! Ou, pour parler plus élégamment, un prélude à l’histoire relatée dans le film homonyme de John Carpenter. A la manière d’un puzzle, Matthijs van Heijningen reconstitue les évènements qui se sont déroulés dans la station de recherche norvégienne en se servant des éléments découverts dans le film de 1982, lors de la visite du médecin et du pilote d’hélicoptère américain (interprété par Kurt Russell) dans la base calcinée.
Une intéressante idée de départ qui ne parvient jamais à faire abstraction des péripéties du film original (même tempête qui s’approche, même personnages, même paranoïa galopante en milieu clos, même utilisation du lance flamme…) ni à faire preuve d’innovations, si ce n’est dans le choix d’une femme pour incarner le personnage principal : Mary Elizabeth Winstead plutôt convaincante.
Cet hommage respectueux a heureusement le bon goût de reprendre les abominations visuelles créées par Rob Bottin sans chercher à les numériser.
Dommage que le film finisse par se fourvoyer à l’intérieur de la soucoupe volante pour aboutir à un épilogue ouvert et sans grand intérêt – si ce n’est de permettre une possible suite en cas de succès ? – avant que le réalisateur ne raccroche artificiellement les wagons avec le film original pendant le générique de fin.
Un exercice de style qui se laisse regarder sans déplaisir et à, au moins, une indéniable qualité : il donne envie de (re)voir The Thing de Carpenter.

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ON L’APPELLE TRINITA de Enzo Barboni (1971)

Affiche du film On l'appelle Trinita
Deux frères, rapides de la gâchette et amateurs de grosses bastons, viennent en aide à une communauté de mormons persécutée par un riche propriétaire de bétail ainsi que par une bande de hors-la-loi mexicains.
En lançant le personnage de Trinita, Enzo Barboni fait entrer (sombrer diront certains) définitivement le western spaghetti dans la farce, transformant Terrence Hill et Bud Spencer (déjà associés dans la trilogie westernienne de Giuseppe Colizzi : Dieu pardonne… moi pas !, Les quatre de l’Ave Maria et La colline des bottes) en des sortes de Laurel et Hardy transalpins, amateurs de fayots et de baffes.
Un spectacle bouffon qui tient plus de la commedia dell’arte que de la comédie américaine avec une galerie de personnages à trognes dont la psychologie est aussi sommaire que le scénario, prétexte à une suite de querelles et de pitreries destinées à finir en bagarre générale.
Tout cela ne vole pas bien haut – si ce n’est les pets et les cascadeurs – et le film vaut surtout pour le duo improbable formé par Bud Spencer le teigneux et Terrence Hill le malicieux, ainsi que pour une certaine créativité dans la manière de distribuer gifles et coups-de-poing.
Une recette qui, tout en faisant le succès du film, annonce le début de la fin du western italien.

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KONG : SKULL ISLAND de Jordan Vogt-Roberts (2017)

Affiche du film  Kong Skull Island
Pas de quoi jouer du Konga ou se Kongratuler devant cette nouvelle mouture qui ferait presque passer le King Kong de Peter Jackson pour un film Art et Essai.
Voulant se démarquer de la version de 1933, Jordan Vogt-Robert tente de donner à son film de monstres une touche Apocalypse Now en situant son film en 1973, à la fin de la guerre du Vietnam.
Si l’intention est là, cette nouvelle expédition sur l’île du grand Kong relève plus de la catastrophe que de l’apocalypse. Les personnages sont aussi creux et stéréotypés que leurs adversaires géants numériques et les scènes d’action prêtent plus à sourire qu’à frémir. Mention spéciale pour le lieutenant-colonel Packard affrontant, sans ciller ni griller, le regard de Kong au milieu d’un brasier ou pour l’utilisation inKongrue d’un masque à gaz par Conrad l’aventurier.
Au milieu de ce spectacle à la bêtise Kongénitale, les acteurs passent leur temps à prendre la pose d’un air Kongestionné. John Goodman joue sans conviction les retors de service, l’horripilant Samuel L. Jackson cachetonne encore une fois dans un film à gros budget, Brie Larson écarquille les yeux, bouche ouverte. Quant à Tom Hiddleston, on le verrait plus Bond-issant dans le rôle de James que dans celui de cet aventurier ectoplasmique.
Il serait peut-être judicieux d’oublier cette Skullcul Island et de Kongeler définitivement son fameux bestiaire pour enfin passer à autre chose. Mais après avoir visionné la scène post-générique, il est hélas permis d’en douter…

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SPLIT de M. Night Shyamalan (2017)

Affiche du film Split
Trois adolescentes sont enlevées et séquestrées par un étrange individu nommé Kevin. Un homme d’autant plus imprévisible que 24 personnalités cohabitent en lui.
Après plusieurs années d’errance cinématographique, M. Night Shyamalan revient à ses fondamentaux et raccroche les wagons, au propre comme au figuré, avec le début de sa filmographie. Pour Split, il renoue avec le huis clos angoissant, déjà abordé dans Signes, qu’il explore cette fois par le biais d’un trouble mental particulier qui touche le kidnappeur : celui du trouble dissociatif de l’identité. Une pathologie que le cinéaste, grand amateur de théories fumeuses, présente comme le début d’une possible évolution de la race humaine. Une hypothèse et un scénario malin, à base de maltraitance enfantine, qui sont surtout prétexte à un fantastique numéro d’acteur. James McAvoy porte le film sur ses épaules et donne au personnage de Kevin une ambiguïté vraiment terrifiante. Une prestation d’autant plus efficace qu’elle ne repose finalement que sur la finesse de son jeu.
Affiche américaine du film Split Dommage que le cinéaste gâche un peu la performance dans le dernier quart d’heure de son film par l’utilisation d’effets un peu trop appuyés. Heureusement, la dernière scène ouvre d’intéressantes perspectives, inscrivant Split dans un projet plus ambitieux que M. Night Shyamalan, en avance sur son époque, avait dû abandonner au début de sa carrière faute de succès.
A mi-chemin entre Psychose et Shining, Split a en tous cas le mérite de renouer avec la figure du plus effrayant des monstres de cinéma, celui à visage humain.

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CHEZ NOUS de Lucas Belvaux (2017)

Affiche du film Chez nous
Pauline est infirmière à domicile à Hénard, commune du Pas-de-Calais.
Appréciée de tous ses patients, elle vit seule avec ses deux enfants et s’occupe de son père malade. Désireux de profiter de sa popularité, les dirigeants d’un parti d’extrême droite entrent en contact avec elle et lui propose d’être leur candidate aux prochaines municipales.
Cinéaste engagé sans être militant, Lucas Belvaux continue courageusement de labourer le sillon d’un cinéma politique et social, ancré dans le quotidien.
Avec Chez nous, il se penche sur la montée de l’extrême droite et sur ses méthodes de séduction au cœur d’une France exaspérée par la précarité et le chômage. A travers le parcours de son héroïne, il décrit le basculement d’une jeune femme altruiste peu à peu séduite par une rhétorique identitaire à la fibre sociale bien rodée et aux termes choisis : on explique aux militants qu’il est préférable d’utiliser le terme de « racailles » plutôt que celui de « bougnoules » lorsqu’ils s’expriment devant les médias. Un discours insidieux, faussement proche des gens, qui se nourrit des peurs et des frustrations. Des méthodes sectaires, portées par des professionnels de la communication, reposant avant tout sur le mensonge et la dissimulation.
Si la démonstration du cinéaste se perd un peu dans les amours de l’infirmière avec (comme par hasard) un extrémiste au passé trouble, elle n’en reste pas moins efficace quand elle pose clairement les dangers d’un discours haineux servi par des populistes bon teint qui se présentent comme le dernier recours face à un chaos qu’ils organisent.
Un sombre constat – le film débute sur une ville déserte au petit jour et se termine sur cette même ville morte à la tombée de la nuit – qui donne à réfléchir même s’il n’apporte pas de solutions. Glaçant mais nécessaire pour tenter de réveiller les consciences.

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MISS SLOANE de John Madden (2017)

Affiche du film Miss Sloane
Elizabeth Sloane est une lobbyiste redoutable et redoutée pour qui seule la victoire compte.
Contactée pour contrer une loi visant à restreindre l’utilisation des armes à feu aux États-Unis, elle décide de changer d’employeur et de mettre ses talents au service d’un cabinet luttant pour le contrôle des armes.
Une guerre sans merci s’engage alors entre elle et son ancien patron.
Elizabeth Sloane est un peu le pendant féminin du Michael Clayton de Tony Gilroy. Le récit du parcours d’une femme brillante, à laquelle aucune cause ne résiste, qui se voit soudain confrontée à un choix qui va transformer sa vie.
Dans l’air du temps, le film de John Madden lève le voile sur les pratiques douteuses des lobbies et sur leurs accointances avec de nombreux hommes politiques. Toutefois, plus ludique que véritable pamphlet, Miss Sloane est surtout un captivant thriller doublé d’un redoutable film de prétoire plein de rebondissements.
Un film qui repose entièrement sur les épaules et la prestation – impeccable – de Jessica Chastain. Elle est la reine et le cœur de cette partie d’échec machiavélique dans les coulisses du pouvoir.

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RAID DINGUE de Dany Boon (2017)

Affiche du film RAID dingue
Johanna, une fliquette gentillette mais un peu bébête, rêve depuis toujours d’être la première femme à intégrer le RAID. N’ayant pas le niveau, son ministre de père la pistonne avec le secret espoir qu’elle finisse par renoncer à son projet. Admise à la formation, elle débute l’entraînement sous les ordres de Froissard, un instructeur réputé pour avoir la poisse.
Dommage qu’avec ce sujet explosif, la mise en scène et les blagues concoctées par Dany Boon soient RAIDes… de fatigue.
Un humour tellement paresseux que le cinéaste plagie par deux fois des gags imaginés par Blake Edwards. Le coup de main donné aux voleurs par la fliquette et le matraquage du bijoutier sont tirés du Retour de la panthère rose. Tandis que les gloussements de Johanna devant l’oscilloscope renvoient directement à ceux de Peter Sellers dans La Party.
Pas grave, les spectateurs comme les électeurs ont la mémoire courte, pourquoi se gêner ?
Pour le reste, on nous ressert les vieux ressorts comiques autour du couple mal assorti (encore que les différences entre Froissard et Johanna ne soient pas si flagrantes, et donc si drôles, que cela) ou du travestissement masculin. Quelle tristesse de voir Yvan Attal et Sabine Azéma se fourvoyer ici dans l’espoir d’un succès populaire. Et que dire de l’agaçante Alice Pol qui se sent obligée d’en faire des tonnes pour faire exister son personnage.
En se cantonnant à ses grosses ficelles, Dany Boon néglige le potentiel humoristique d’un sujet assez peu exploité en comédie. Celui des magouilles et arrangements entre les politiciens au pouvoir et les administrations dont ils ont la charge. Ce sont dans les rencontres caustiques entre le ministre (interprété par Michel Blanc) et le chef du RAID (joué par François Levantal) que le cinéaste fait vraiment mouche.
Vous l’aurez compris, pas de quoi tomber RAIDe devant cette comédie plus lourdingue que dingue.

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