WAR DOGS de Todd Phillips (2016)

Affiche du film War dogs
Profitant de la guerre en Irak, deux amis d’enfance vont s’improviser courtiers en armement, vendant sans état d’âme des équipements militaires, comme d’autres des petits pois. Pour le plaisir du fric facile.
Mais enivrés par le succès de leur petite entreprise qui ne connait pas la crise, leurs magouilles vont vite devenir incontrôlables.
Le réalisateur de Very Bad Trip était-il l’homme de la situation pour adapter cette incroyable affaire inspirée d’une histoire vraie ? La question se pose en regardant War Dogs qui préfère s’attarder sur les tribulations de ses deux dangereux inconscients sans vraiment remettre en cause les dérives guerrières du gouvernement Bush et les pratiques douteuses du Pentagone.
Si le film se laisse suivre, c’est surtout grâce aux compositions plaisantes de ses deux interprètes, notamment Jonah Hill en bedonnant fan du Tony Montana de Scarface. Pour le reste, le pamphlet attendu reste bien consensuel et la leçon de morale (plutôt douteuse) de rigueur.

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L’ILLUSIONNISTE de Neil Burger (2007)

Affiche du film L'illusionniste
Vienne, au début du XXème siècle.
Un mystérieux illusionniste aux tours extraordinaires arrive en ville.
Sa popularité grandissante et le fait qu’il convoite la même femme irrite rapidement le Prince héritier Léopold qui charge l’inspecteur Uhl d’enquêter sur le magicien…
Avec son élégante reconstitution de Vienne en 1900, ses intrigantes images au rendu sépia, ses ouvertures et fermetures à l’iris qui ponctuent le récit et la superbe musique de Philip Glass, Neil Burger compose un magnifique écrin pour son film qui est tout à la fois un hommage à la magie et aux débuts du cinématographe.

Photo vieux magicien sous un arbre
Romantique et fantastique, réaliste et onirique, L’illusionniste soigne ses ambiances qu’il entremêle harmonieusement par différents trucages tout en s’inspirant d’authentiques tours de magie, comme celui de « L’oranger merveilleux » créé par Robert-Houdin, pour mieux distraire de l’essentiel.
Les acteurs tiennent leur promesse et concourent au prestige du spectacle.
Edward Norton, ténébreux à souhait, donne une belle intensité à son personnage de magicien. Alors que dans le rôle du narrateur, Paul Giamatti et son allure affable se place du côté du spectateur qui, comme lui, tente de démêler le vrai du faux.
L'illusionniste et une apparition
Intéressante réflexion sur la manipulation du regard et de l’opinion ainsi que sur l’envie, presque enfantine, de tout un chacun de croire en l’artifice plutôt qu’en la logique ou la vérité, L’illusionniste n’est peut-être pas le film le plus précis sur la magie mais il parvient à en retranscrire l’esprit ce qui, en soi, est déjà un vrai tour de force.
Edward Norton dans le rôle de l'illusionniste

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Bande originale de Philip Glass.

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FREE STATE OF JONES de Gary Ross (2016)

Affiche du film Free State of Jones
En pleine guerre de Sécession, Newton Knight déserte l’armée sudiste et retourne au Mississippi où il prend la tête d’un groupe de paysans blancs et d’esclaves en fuite. A la tête d’une véritable troupe, il contrôle bientôt la région grâce à sa connaissance des lieux.
Contre l’injustice et l’exploitation humaine, Knight fonde le premier État d’hommes libres où Noirs et Blancs sont à égalité.
Voilà un beau sujet et une reconstitution convaincante gâchés par une mise en scène dénuée de lyrisme et pauvre en émotion. Free State of Jones fait penser à un sage livre d’histoire qui égrène avec application les dates phares de son récit sans y apporter la moindre plus-value, tandis que de surprenants sauts dans le futur – censés faire écho au combat de Newton Knight mais, hélas,toujours à contretemps – viennent parasiter le récit.
Le film ne peut même pas compter sur le talent de ses acteurs pour faire oublier ses longueurs. Trahis par un montage improbable et des ellipses hasardeuses, Matthew McConaughey et Mahershala Ali se démènent en vain pour cette fresque historique au rendu trop lisse qui ne manquait pourtant pas d’intérêt.

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COMANCHERIA de David Mackenzie (2016)

Affiche du film Comancheria
Au Texas.
Deux frères décident de braquer les agences de la banque auprès de laquelle leur mère, qui vient de mourir, a hypothéqué son ranch.
Deux Texas Rangers, dont l’un est sur le point de prendre sa retraite, se mettent à les traquer.
Crise financière, chômage, laissés pour compte, racisme latent, population prête à ouvrir le feu ou à lyncher sans sommation, accent à couper au couteau, le tableau que dresse le cinéaste du Texas est au pire proche du cliché, au mieux représentatif d’une triste réalité. Par chance, David Mackenzie sait aussi brosser le portrait attachant de deux duos dont on suit les parcours en parallèle.
D’un côté, les deux frères parfaitement interprétés par Chris Pine et l’excellent Ben Foster.
De l’autre, les deux policiers, chargés de les arrêter, auxquels Jeff Bridges et Gil Birmingham insufflent une bonne dose d’humour et d’ambiguïté.
Plus que le récit, somme toute classique, la prestation des quatre comédiens apporte une indéniable épaisseur à ce western moderne teinté d’accents tragiques. Tandis que les grands espaces superbement filmés achèvent d’apporter un supplément d’âme à un film qui sait prendre son temps pour mieux rester à hauteur d’hommes. Une bonne surprise.

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STAR TREK SANS LIMITES de Justin Lin (2016)

Affiche du film Star Trek Sans Limites
Sollicité pour un sauvetage dans une contrée inexplorée de l’espace, l’équipage de l’USS Enterprise tombe dans un piège…
Après avoir brillamment relancé (avec Star Trek et Star Trek Into Darkness) une série devenue aussi poussiéreuse que ses acteurs, J.J. Abrams a décidé de passer la main pour se consacrer à une galaxie lointaine, très lointaine.
Il a malheureusement eu la mauvaise idée de laisser les clefs du vaisseau à Justin Lin, le tâcheron en charge d’un grand nombre de Fast & Furious. Devant sa caméra, les scènes d’action – trop sombres et filmées avec les pieds – deviennent vite incompréhensibles et se transforment en une exaspérante bouillie visuelle.
Heureusement que les acteurs s’imposent définitivement dans leurs rôles et que le scénario, co-écrit par Simon Pegg, fait preuve de pas mal d’humour tout en renouant avec la mission première de l’équipage : l’exploration de mondes inconnus.
Seule faute de goût, l’utilisation du Rock’n’roll comme d’un medium forcément rebelle capable de détruire une flotte ennemie ! Un cliché qui semble aussi sans limites, même dans ce futur lointain.
Les petits malins du marketing l’ont compris, Star Trek et le Rock’n’roll c’est avant tout « Longue vie et prospérité » pour le tiroir-caisse…

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UN PETIT BOULOT de Pascal Chaumeil (2016)

Affiche du film Un petit boulot
Dans une petite ville du nord de la France sinistrée par le chômage, Jacques, endetté jusqu’au cou, a tout perdu. Alors quand le mafieux du coin lui demande de buter sa femme en échange d’un bon paquet d’argent, difficile de refuser une proposition aussi intéressante que gratifiante…
Après L’arnacoeur et Un plan presque parfait, Pascal Chaumeil aborde les rives de la comédie grinçante à l’anglaise sur fond de crise économique et nous offre le portrait caustique d’un apprenti tueur à gages, un peu gaffeur, qui cherche à faire le « travail » pour lequel on le paie avec autant d’honnêteté et de rigueur professionnel que lorsqu’il était à l’usine.
Ce décalage cocasse fait tout le sel d’un film qui a le bon goût de poser un regard assez juste sur la misère sociale ainsi que sur les méthodes de management assassines de certaines sociétés qui profitent, sans scrupule, de la précarité de leurs employés.
Si le récit manque parfois de rythme, il n’est pas dépourvu de charme grâce à des dialogues, concoctés par Michel Blanc, qui font souvent mouche. Le tandem qu’il forme avec Romain Duris est d’ailleurs particulièrement savoureux et tous les seconds rôles, de Gustave Kervern au trop rare Charlie Dupont, sont particulièrement bien mis en valeur.
Pour son ultime petit boulot Pascal Chaumeil a, encore une fois, le mérite de sortir des sentiers balisés de la comédie française consensuelle et aseptisée.
Son humour et ses plans presque parfaits vont nous manquer.

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INSAISISSABLES 2 de John M. Chu (2016)

Affiche du film Insaisissables 2
Un an après leurs premières et Insaisissables aventures, les quatre cavaliers – célèbres magiciens redresseurs de torts – affrontent cette fois… Harry Potter !
Ou, plutôt, un ersatz barbant et ridicule, pieds nus dans ses mocassins.
Insaisissables 2 tente, une nouvelle fois, de nous mettre le doigt dans l’Oeil en nous faisant passer pour de la magie de simples tours de cinéma mêlant effets de montage, effets spéciaux, ellipses bienvenues, tours improbables non explicités, hypnose tirée du chapeau pour retourner la situation d’un claquement de doigts et beaucoup de baratins pour assommer le spectateur et l’empêcher de réfléchir. Rien de magique en somme, juste un piètre tour d’enfumage cinématographique.
« Ils reviennent pour un incroyable braquage » nous dit l’accroche.
Vu la tête des comédiens sur l’affiche, il fallait s’attendre à un tour de con.

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