AGENTS PRESQUE SECRETS de Rawson Marshall Thurber (2016)

Affiche du film Agents presque secrets
L’ancien souffre-douleur obèse d’un lycée retrouve, vingt ans plus tard, le seul gars à avoir pris sa défense à l’époque : la coqueluche de la promo 1996.
Le premier est aujourd’hui un agent balèze appartenant à la CIA, l’autre un petit comptable sans avenir.
Leurs retrouvailles vont être « presque » explosives.
Devant la caméra de Rawson Marshall Thurber, réalisateur des sympathiques : Dodgeball et Les Miller, une famille en herbe nous avons droit à :
Un duo presque mal assorti.
Deux acteurs presque convaincants.
Un scénario presque calibré.
Des gags presque aboutis.
Des scènes d’action presque ratés.
Une mise en scène presque absente.
Deux apparitions presque réussies.
Un bêtisier presque drôle.
Bref…
Un film qui donne presque la banane.

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S.O.S FANTÔMES de Paul Feig (2016)

Affiche du film SOS Fantômes
Quatre femmes se lancent dans la chasse aux fantômes dans un New York envahi par les spectres.
C’est peu dire que l’annonce d’une distribution féminine pour remplacer Bill Murray et sa bande a fait dresser les cheveux sur la tête de nombreux fans des films originaux (même si l’on est en droit de se demander ce qu’ils ont bien pu trouver de drôle au pitoyable S.O.S Fantômes 2). Pourtant, n’en déplaise aux esprits chagrins, Melissa McCarthy et son équipe de chasseuses de fantômes sont loin d’être des ectoplasmes et surpassent en humour leurs homologues masculins, secondées par un Chris Hemsworth épatant en secrétaire blond.
Le choix de Paul Feig à la réalisation est plutôt judicieux qui, de Mes meilleures amies à Spy, a su donner ses lettres de noblesse à un comique féminin décomplexé et agrémenté de brillantes improvisations. Loin de se désavouer avec S.O.S Fantômes, il continue de tracer son sillon humoristique en mêlant, avec bonheur, ses fameuses blagues potaches à des gags tout public.
Le résultat est un divertissement enlevé, rempli d’effets spéciaux convaincants et de répliques qui font mouche, qui parvient à faire oublier les films originaux auxquels le cinéaste n’oublie pas de faire de nombreux clins d’œil.

Finalement, la seule chose qui pose question est : préférez-vous Kevin en train de jouer du saxo ou en train d’écouter du saxo ?

Chris Hemsworth fait son Kevin

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DERNIER TRAIN POUR BUSAN de Sang-Ho Yeon (2016)

Affiche du film Dernier train pour Busan
Alors qu’un virus se propage à toute allure en Corée du Sud, transformant la population en une horde de zombies déchaînés, les passagers d’un train se démènent pour rester en vie jusqu’au terminus.
Après le train fantôme, voici que nous vient le train zombie. Lancé à pleine vitesse, Dernier Train pour Busan est un spectacle visuellement impressionnant.
Croisement entre World War Z et Snowpiercer, le récit multiplie les morceaux de bravoure face aux ruées de contaminés désarticulés. Des attaques massives d’autant plus saisissantes que, contrairement au film avec Brad Pitt, elles sont le plus souvent effectuées par des cascadeurs plutôt que par des êtres numériques. Une incarnation vraiment bluffante qui fait toute la différence.
Illustration schématique mais plutôt pertinente de nos sociétés capitalistes fonçant à leur perte en se voilant la face (les voyageurs mettent du papier journal sur les portes vitrées des wagons afin d’ignorer les monstres qui se trouvent derrière), le train de Sang-Ho Yeon est un concentré d’humanité égoïste et déboussolée qui doit, si elle veut survivre, retrouver le sens du dialogue, de l’altruisme et du sacrifice.
Une métaphore sombre qui ne manque pas d’humour ni de personnages attachants, même si l’on peut regretter le caractère un peu trop stéréotypé de certains voyageurs et un excès de sentimentalisme larmoyant.
Ne restez pas sur le quai et embarquez pour ce voyage mené à un train d’enfer.

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JASON BOURNE de Paul Greengrass (2016)

Affiche du film Jason Bourne
Contacté par un ancien agent du programme Treadstone, Jason Bourne reprend sa quête pour éclaircir les dernières zones d’ombre de son passé. Aussitôt, sa traque est relancée de Grèce en Angleterre et jusqu’aux États-Unis.
Après une trilogie quasi parfaite, le retour de l’espion emblématique des années 2000 semblait être une idée jouable, d’autant que Matt Damon et Paul Greengrass rempilaient devant et derrière la caméra. Mais pour que l’équation soit parfaite encore fallait-il que Tony Gilroy, le brillant scénariste des trois premiers films, soit aussi de la fête.
Sans lui, ce retour s’avère un peu cousu de fils blancs et les aventures de Bourne – qui a en partie retrouvé la mémoire – moins complexes qu’auparavant. Et cela malgré la tentative louable de les faire coïncider avec les troubles politiques récents en Europe.
Matt Damon a d’ailleurs l’air de s’en apercevoir et fait la gueule du début à la fin du film, ne s’embarrassant même plus à apporter la touche d’ambiguïté qui faisait le charme de son personnage. Face à lui, Tommy Lee Jones traîne sa carcasse fatiguée et Vincent Cassel – l’atout de service – est loin d’être un as. Quant à Alicia Vikander, moins à l’aise que dans Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E, elle n’a pas la carrure de Joan Allen dans les deux films précédents pour rendre son personnage vraiment crédible.
La mise en scène de Paul Greengrass n’arrange rien qui retombe vite dans les travers de la caméra secouée de La mort dans la peau et oublie le côté vraisemblable de ses scènes d’action. L’impressionnante course-poursuite finale dans les rues de Las Vegas est plus proche de l’esbroufe d’un Fast & Furious que de l’esprit initial de la saga.
Bien que sévèrement « Bournés », les nouveaux exploits de l’espion amnésique, si ils surclassent toujours ceux de James Bond qui n’est plus que le Spectre de lui-même, sont distancés par les plaisants rebondissements de la dernière mission impossible (Rogue Nation) d’Ethan Hunt.

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LA COLLINE DES BOTTES (TRINITA VA TOUT CASSER) de Giuseppe Colizzi (1970)

Affiche du film La colline des bottes
Un cow-boy blessé, pourchassé par une bande de tueurs, trouve refuge dans un petit cirque itinérant. Mais sa présence cause la mort d’un des forains. Avec l’aide de la troupe et le renfort d’un de ses anciens acolytes, il décide de le venger…
Retitré Trinita va tout casser par des distributeurs français opportunistes qui souhaitaient profiter du succès de la série des Trinita, le film de Giuseppe Colizzi est pourtant antérieur d’un an à On l’appelle Trinita d’Enzo Barboni. Il est même le dernier film d’une trilogie qui débuta avec Dieu pardonne… moi pas ! et se poursuivit par Les quatre de l’Ave Maria.
Si on y retrouve bien Cat Stevens et Hutch Bessy dans de nouvelles aventures, pas de Trinita à l’horizon. Cela dit, le titre original laisse aussi à désirer car, à part la montagne où se sont réfugiés un mineur et sa famille pour échapper aux tueurs, il n’y a guère de colline et de bottes dans cette histoire.
Étrange titre pour un film tout aussi étrange qui semble composé de trois parties distinctes.
La première est la plus intéressante où le réalisateur s’amuse tant au niveau des cadrages que du son, tout en laissant son intrigue dans le flou le plus total.
Pourquoi le héros est-il pourchassé par une bande de tueurs ? Est-il innocent ou coupable ? Colizzi n’apporte pas immédiatement de réponse préférant soigner ses ambiances nocturnes avec son cirque planté au milieu d’une petite ville déserte balayé par le vent.
Une ambiance équivoque qui vire au loufoque comme dans cette scène de bal en début de film où – par manque de femmes ? – les cow-boys dansent joyeusement entre eux. Une ambiguïté qui se retrouve aussi dans le montage où le cinéaste s’amuse, à plusieurs reprises, à mettre en parallèle son récit et certains numéros de cirque.
Une expérimentation qui s’arrête malheureusement au seuil d’une seconde partie plus classique (avec sa banale histoire de vengeance) dès qu’entre en scène le personnage joué par Bud Spencer. Pas désagréable le film perd néanmoins de son intérêt malgré les présences de Woody Strode et de Lionel Stander.
Mais le pire est à venir dans une dernière partie où (par désintérêt ou désinvolture ?) le réalisateur réussit l’exploit de massacrer son film en moins de dix minutes lors d’un affrontement final qui vire au grand n’importe quoi.
Bud Spencer, sans que l’on sache vraiment comment, se retrouve au milieu d’une bagarre de saloon où il enchaîne baffes et coups de poings (annonçant les célèbres castagnes humoristiques des prochains films du tandem) tandis que Terence Hill hérite d’un duel raté et d’un affrontement qui tourne court avec l’ignoble patron de la compagnie minière.
Le film a-t-il subit des coupes au montage ? Affiche du film Trinita va tout casser
C’est fort probable vu le final bâclé et la vitesse à laquelle nos deux héros s’enfuient piteusement vers le soleil couchant à peine leur règlement de compte accompli.
Avec La colline des bottes, Giuseppe Colizzi gâche la conclusion de sa trilogie qui avait pourtant le mérite de sortir du tout venant des westerns italiens de l’époque.
On lui saura, cependant, gré d’avoir mis le pied à l’étrier au célèbre duo formé par Terence Hill et Bud Spencer.

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LA VENGEANCE DANS LA PEAU de Paul Greengrass (2007)

Affiche du film La vengeance dans la peau
De Londres à Tanger en passant par Turin, Jason Bourne est toujours à la recherche de son identité, poursuivit sans relâche par de redoutables tueurs.
Une nouvelle piste, menant au créateur du programme qui l’a transformé en super soldat, va l’obliger à rentrer au pays pour en finir, une bonne fois pour toute, avec sa quête et son passé.
Paul Greengrass clôture en beauté la trilogie Jason Bourne, épaulé par l’astucieux scénario de Tony Gilroy qui place une partie de l’intrigue de ce troisième opus entre les deux dernières scènes de La mort dans la peau.
La réalisation moins secouée du cinéaste permet, cette fois, de profiter pleinement des rebondissements d’une intrigue toujours en phase avec son époque (elle met notamment en lumière la surveillance généralisée des citoyens orchestrée par la CIA) et parsemée de nombreux morceaux de bravoure, dont cette haletante course poursuite – en moto puis sur les toits de Tanger – qui se conclue par un âpre combat au corps à corps dans une pièce exiguë.
Après deux films, Matt Damon maîtrise parfaitement son rôle et explore un peu plus l’ambiguïté de son personnage, en guerre contre tous mais surtout contre lui-même.
On ne peut que regretter que le film cède, par moment, aux effets spectaculaires, nuisant à la crédibilité de cette saga d’espionnage qui avait fait de la vraisemblance son crédo. Comment croire, en effet, que Bourne puisse se glisser aussi facilement dans un immeuble hautement surveillé de le CIA sans se faire remarquer et assez bête pour annoncer à son ennemi qu’il se trouve dans son bureau au risque de se faire prendre ?
Toutefois, en multipliant les références au premier film (Nicky se teint et se coupe les cheveux de la même façon que Marie, Bourne reprend à son compte la dernière réplique du professeur Clive Owen dans La mémoire dans la peau : « Ils vont jusqu’à prendre nos vies ») et en ne perdant jamais de vue la recherche de rédemption de son héros, la saga Jason Bourne forme une trilogie cohérente et de qualité. Une indéniable référence qui a su renouveler le genre de l’espionnage musclé et donner la voie à suivre à tous ses concurrents, de James Bond à Ethan Hunt.
Mission accomplie Mister Bourne !

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LA MORT DANS LA PEAU de Paul Greengrass (2004)

Affiche du film La mort dans la peau
Voilà deux ans que Jason Bourne et Marie sillonnent la planète pour échapper à la traque dont ils sont l’objet. Une pause de courte durée puisqu’un tueur a retrouvé leur piste en Inde.
Pris au piège d’une machination qui vise à protéger une taupe au sein de la CIA, l’ancien agent n’a d’autre choix que de reprendre les armes…
La mort dans la peau n’est pas qu’un nouvel épisode des aventures de Jason Bourne mais bien une suite directe à La mémoire dans la peau qui approfondit le passé trouble du personnage et soulève, un peu plus, le voile amnésique qui recouvre encore sa véritable identité. Tony Gilroy, toujours en charge du scénario, mêle habilement les figures imposées du film d’action à la quête de son héros dont la soif de vengeance se transforme, au fil de ses découvertes, en un besoin viscéral de demander pardon pour ses fautes passées. Une évolution qui rend le personnage encore plus attachant, toujours incarné avec conviction par un Matt Damon qui semble murir en même temps que son alter ego. Les vêtements sombres et le teint de plus en plus blême, il rend toujours aussi crédible son super agent aux allures de monsieur tout le monde.
Paul Greengrass, qui a pris la place de Doug Liman derrière la caméra, apporte à l’aide de ses prises de vue façon documentaire – caméra à l’épaule ou embarquée au cœur de l’action – une forme d’énergie brute en parfaite adéquation avec un récit qui n’hésite pas à asséner un véritable coup de théâtre dès le début du film, histoire de bien faire comprendre au spectateur que tout peut arriver.
Sous la houlette du réalisateur de Bloody Sunday, les affrontements deviennent encore plus rugueux et les courses-poursuites plus immersives. Trop, peut-être. L’image, secouée ou recadrée en permanence, si elle apporte de l’énergie aux plans donne à l’ensemble un côté brouillon qui tend à devenir agaçant. Tandis que la recherche de réalisme (Matt Damon effectue lui-même ses cascades) achoppe parfois sur la vraisemblance de certaines scènes, notamment la mémorable – mais très improbable – poursuite automobile en Russie.
Malgré ces quelques bémols, La mort dans la peau impose définitivement, grâce à son supplément d’âme, la suprématie de Bourne sur les autres espions musclés de l’époque.

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