ON L’APPELLE TRINITA de Enzo Barboni (1971)

Affiche du film On l'appelle Trinita
Deux frères, rapides de la gâchette et amateurs de grosses bastons, viennent en aide à une communauté de mormons persécutée par un riche propriétaire de bétail ainsi que par une bande de hors-la-loi mexicains.
En lançant le personnage de Trinita, Enzo Barboni fait entrer (sombrer diront certains) définitivement le western spaghetti dans la farce, transformant Terrence Hill et Bud Spencer (déjà associés dans la trilogie westernienne de Giuseppe Colizzi : Dieu pardonne… moi pas !, Les quatre de l’Ave Maria et La colline des bottes) en des sortes de Laurel et Hardy transalpins, amateurs de fayots et de baffes.
Un spectacle bouffon qui tient plus de la commedia dell’arte que de la comédie américaine avec une galerie de personnages à trognes dont la psychologie est aussi sommaire que le scénario, prétexte à une suite de querelles et de pitreries destinées à finir en bagarre générale.
Tout cela ne vole pas bien haut – si ce n’est les pets et les cascadeurs – et le film vaut surtout pour le duo improbable formé par Bud Spencer le teigneux et Terrence Hill le malicieux, ainsi que pour une certaine créativité dans la manière de distribuer gifles et coups-de-poing.
Une recette qui, tout en faisant le succès du film, annonce le début de la fin du western italien.

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SHANGAÏ KID de Tom Dey (2000)

Affiche du film Shangaï Kid
1881, en Chine.
Chon Wang, un garde impérial de la Cité Interdite, est chargé de se rendre dans l’Ouest américain pour verser une rançon destinée à libérer la princesse Pei Pei qui a été enlevée.
Une mission qui ne sera pas de tout repos pour ce loyal sujet de l’empereur qui va découvrir les mœurs douteuses du Far West et faire la connaissance de Roy O’Bannon, un hors-la-loi aussi filou que sympathique.
Voilà une réjouissante comédie qui mêle arts martiaux et bagarres de saloon, tout en multipliant les clins d’œil au western, de John Wayne à Sergio Leone en passant par Butch Cassidy et le Kid et Le mécano de la General. C’est vrai qu’avec son air candide et ses époustouflantes cascades humoristiques, Jackie Chan est une sorte de Buster Keaton asiatique (le sourire en plus).
Utilisant le traditionnel procédé comique du tandem mal assorti, Tom Dey trouve dans le jeu roublard et désinvolte d’Owen Wilson le contraste idéal avec les exploits virevoltants de l’acteur chinois. Leur duo, complémentaire, fonctionne parfaitement et fait tout le sel de ce western décalé à la sauce Kung Fu.

Owen Wilson et Jackie Chan dans une baignoire
Alors, « Uno mas ? » comme le répètent nos deux associés éméchés dans leur baignoire. Bien volontiers !

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LES SEPT MERCENAIRES de Antoine Fuqua (2016)

Affiche du film Les 7 mercenaires
1879. Un impitoyable homme d’affaire terrorise les habitants d’une petite ville afin de les exproprier et de contrôler la mine d’or qui se trouve à proximité.
Une jeune femme, dont le mari a été assassiné par l’industriel, fait appel à sept mercenaires pour protéger ses concitoyens et se débarrasser du tyran.
Pas de doute, nous sommes bien dans un western des années 2000.
La parité éthique est à l’honneur chez nos mercenaires à la sauce United Colors of Fuqua qui sont, cette fois, embauchés par une femme qui n’hésite pas à prendre les armes pour faire face à un ignoble capitaliste, bien entendu sans scrupule.
Passé ce sous-texte convenu et consensuel destiné à ne froisser personne, le film d’Antoine Fuqua se laisse suivre, le cinéaste se montrant plutôt efficace dans la façon de réaliser ses scènes d’action et de distribuer les dragées. Sauf qu’en oubliant de donner une véritable épaisseur à la plupart de ses personnages, son remake ne tient pas la distance au petit jeu des comparaisons avec le film de John Sturges. Même brossée à grands traits, la psychologie des Sept mercenaires de 1960 permettait une empathie immédiate du spectateur, ce qui est loin d’être le cas ici. L’attachement de Bernardo (Charles Bronson) aux enfants du village ne se retrouve pas dans le personnage interprété par Manuel Garcia-Rulfo dont on ne saura rien, à part qu’il tire bien. Il en va de même du Chinois et de l’Indien dont les caractères sont à peine esquissés. Quant à l’interprétation pataude de Chris Pratt, aussi amusante soit-elle, elle est loin d’avoir le charme de celle de Steve McQueen.
Denzel Washington mis à part, seuls Ethan Hawke et Vincent D’Onofrio parviennent à tirer leur épingle du jeu et à donner un peu d’épaisseur à leur rôle.
Bizarrement, la plus grande déception de cette nouvelle mouture est surtout musicale. Quelle tristesse de devoir attendre le générique de fin pour que retentisse le célèbre morceau d’Elmer Bernstein, huitième mercenaire indissociable du film de Sturges.

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LA COLLINE DES BOTTES (TRINITA VA TOUT CASSER) de Giuseppe Colizzi (1970)

Affiche du film La colline des bottes
Un cow-boy blessé, pourchassé par une bande de tueurs, trouve refuge dans un petit cirque itinérant. Mais sa présence cause la mort d’un des forains. Avec l’aide de la troupe et le renfort d’un de ses anciens acolytes, il décide de le venger…
Retitré Trinita va tout casser par des distributeurs français opportunistes qui souhaitaient profiter du succès de la série des Trinita, le film de Giuseppe Colizzi est pourtant antérieur d’un an à On l’appelle Trinita d’Enzo Barboni. Il est même le dernier film d’une trilogie qui débuta avec Dieu pardonne… moi pas ! et se poursuivit par Les quatre de l’Ave Maria.
Si on y retrouve bien Cat Stevens et Hutch Bessy dans de nouvelles aventures, pas de Trinita à l’horizon. Cela dit, le titre original laisse aussi à désirer car, à part la montagne où se sont réfugiés un mineur et sa famille pour échapper aux tueurs, il n’y a guère de colline et de bottes dans cette histoire.
Étrange titre pour un film tout aussi étrange qui semble composé de trois parties distinctes.
La première est la plus intéressante où le réalisateur s’amuse tant au niveau des cadrages que du son, tout en laissant son intrigue dans le flou le plus total.
Pourquoi le héros est-il pourchassé par une bande de tueurs ? Est-il innocent ou coupable ? Colizzi n’apporte pas immédiatement de réponse préférant soigner ses ambiances nocturnes avec son cirque planté au milieu d’une petite ville déserte balayé par le vent.
Une ambiance équivoque qui vire au loufoque comme dans cette scène de bal en début de film où – par manque de femmes ? – les cow-boys dansent joyeusement entre eux. Une ambiguïté qui se retrouve aussi dans le montage où le cinéaste s’amuse, à plusieurs reprises, à mettre en parallèle son récit et certains numéros de cirque.
Une expérimentation qui s’arrête malheureusement au seuil d’une seconde partie plus classique (avec sa banale histoire de vengeance) dès qu’entre en scène le personnage joué par Bud Spencer. Pas désagréable le film perd néanmoins de son intérêt malgré les présences de Woody Strode et de Lionel Stander.
Mais le pire est à venir dans une dernière partie où (par désintérêt ou désinvolture ?) le réalisateur réussit l’exploit de massacrer son film en moins de dix minutes lors d’un affrontement final qui vire au grand n’importe quoi.
Bud Spencer, sans que l’on sache vraiment comment, se retrouve au milieu d’une bagarre de saloon où il enchaîne baffes et coups de poings (annonçant les célèbres castagnes humoristiques des prochains films du tandem) tandis que Terence Hill hérite d’un duel raté et d’un affrontement qui tourne court avec l’ignoble patron de la compagnie minière.
Le film a-t-il subit des coupes au montage ? Affiche du film Trinita va tout casser
C’est fort probable vu le final bâclé et la vitesse à laquelle nos deux héros s’enfuient piteusement vers le soleil couchant à peine leur règlement de compte accompli.
Avec La colline des bottes, Giuseppe Colizzi gâche la conclusion de sa trilogie qui avait pourtant le mérite de sortir du tout venant des westerns italiens de l’époque.
On lui saura, cependant, gré d’avoir mis le pied à l’étrier au célèbre duo formé par Terence Hill et Bud Spencer.

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LA HORDE SAUVAGE de Sam Peckinpah (1969)

Affiche du film La horde sauvage
Texas, début du 20ème siècle.
Piégés alors qu’ils sont en train de dévaliser les bureaux de la compagnie de chemin de fer, Pike et sa bande ne parviennent à prendre la fuite qu’au prix d’une effroyable fusillade en pleine ville. Pourchassés par un groupe de chasseurs de primes conduit par Thornton (l’ancien associé de Pike), les six fuyards trouvent refuge au Mexique et proposent leur service au sanguinaire Général Mapache qui terrorise la région.
Dès le premier plan du film, où cinq cavaliers s’animent au milieu d’un vieux cliché noir et blanc qui semble sorti d’un livre d’Histoire, Sam Peckinpah donne le ton en présentant ses hors-la-loi comme des personnages anachroniques que le monde moderne va bientôt faire disparaître. Un futur destructeur illustré par de nouvelles armes (pistolets, fusil à pompe ou mitrailleuse), de nouveaux engins de locomotion (dont on se sert pour torturer – l’automobile – ou faire la guerre à grande échelle – l’avion) et par des enfants aussi violents que leurs aînés, comme le montre, en début de film, la cruauté de leur jeu où ils s’amusent à opposer quelques scorpions à un nid de fourmis rouges. Une confrontation qui se veut aussi une métaphore du destin des personnages.
Peckinpah offre une vision nihiliste du Far West, un monde rempli d’hommes avides et sans pitié, de militaires violents, d’alcooliques, de prostituées et de bigots donneurs de leçons. Des personnages déjà entraperçus – sur un ton plutôt caustique – dans le western italien et la « trilogie du dollar » de Sergio Leone dont le cinéaste n’occulte pas l’influence (comme le prouve l’amusant cri de stupeur de l’officier s’apercevant que le chargement du train, dont il a la garde, a été volé) mais auquel il apporte une dimension plus sombre et désenchantée.
Si La horde sauvage résonne comme le chant du cygne du western, il peut être aussi considéré comme la pierre angulaire du cinéma d’action moderne avec ses fameuses fusillades qui redéfinissent les codes d’un genre, jusque-là plutôt policé, et la façon de les mettre en scène. Étirement du temps par la multiplication des plans et l’utilisation du ralenti. Insistance sur les corps criblés de balles et les effets sanguinolents. Toute une grammaire de la violence au cinéma devenue monnaie courante aujourd’hui et dont Sam Peckinpah pose ici les bases. Rien de gratuit, cependant, dans cette expression parfois outrancière, mais plutôt une manière de faire passer l’amertume et le désespoir par le biais du saisissement et de l’écœurement.
Chassés d’un avenir qui ne veut pas d’eux (ce n’est pas un hasard si une femme, puis un enfant tirent dans le dos de Pike), ces hommes du passé choisissent de livrer un dernier combat pour l’honneur et l’amitié. Un final échevelé non dénué de romantisme, ni de passion comme celle qu’éprouve secrètement Dutch pour Pike. Se pourrait-il que La horde sauvage ait aussi montré la voie à Ang Lee pour son film Le secret de Brokeback Mountain ?
Portée par une bande de comédiens épatants et par la musique de Jerry Fielding, cette œuvre ambiguë et pleine de paradoxes à sa place au panthéon des grands westerns américains.

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THE REVENANT de Alejandro González Iñárritu (2016)

Affiche du film The Revenant
Au 19ème siècle, un trappeur, attaqué par un ours, est laissé pour mort après avoir vu son fils se faire assassiner. Il décide de survivre, envers et contre tous, bien décidé à le venger.
On le pressentait avec Birdman et ses plans séquences m’as-tu-vu, Alejandro González Iñárritu aime se regarder filmer.
Il confirme cette impression avec The Revenant qui devient le chaînon manquant entre The Tree of Life de Terrence Malick et La passion du Christ de Mel Gibson. Mélange de jolis plans contemplatifs sur une nature sauvage et grandiose (que le cinéaste se plaît à filmer en contre-plongée, dès qu’il trouve une forêt ou un bosquet d’arbres, histoire de bien faire ressortir le caractère hautement sacré de dame nature) et de longues scènes sanguinolentes aussi excessives et complaisantes que l’étaient celles filmées par le père Mel durant sa fameuse crise de foi mystique et charcutière.
Ici aussi, on transperce, on éventre, on scalpe, on égorge, on éviscère et l’on étire la durée du film au-delà du raisonnable. 2h36 de calvaire pour le spectateur comme pour le pauvre trappeur qui se fait déchiqueter, enterrer vivant puis doit se traîner à plat ventre sur des kilomètres avant de tomber dans une rivière glacée et au fond d’un ravin. Une accumulation de péripéties aussi outrancière que ridicule qui cherche à compenser la pauvreté d’un scénario inspiré de faits réels, nous dit l’affiche en gage de qualité, tout en mettant en valeur la performance physique de Leonardi DiCaprio qui devait penser tous les matins à l’Oscar sans avoir besoin de se raser. L’acteur, qui passe plus de temps à grogner qu’à articuler correctement ses rares répliques, paye en effet de sa personne en mangeant du poisson et de la viande crue ou en vidant un cheval de ses entrailles pour aller s’y abriter.
Face à lui, seul Tom Hardy fait le poids en recyclant son personnage de bouseux doté d’un fort accent du sud qu’il avait élaboré dans Des hommes sans loi de John Hillcoat.
Faussement onirique mais lourdement explicite dans sa manière de montrer le contraste entre l’homme et la nature, The Revenant – qui ne redorera pas le blason des français aux USA – séduira à coup sûr les cinéphiles citadins en mal de nature et de spiritualité, ainsi que ceux qui avaient fait la fête à The Tree of Life ou à Into the Wild de Sean Penn.

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JANE GOT A GUN de Gavin O’Connor (2016)

Affiche du film Jane got a gun
Jane got a family.
Jane got a daughter and a husband.
Jane got a douloureux secret.
Jane got a lot of ennemies.
Jane got a husband gravement blessé.
Jane got an idea : demander l’aide de son ancien prétendant, une fine gâchette.
Jane got effectivement a gun, mais s’en sert moins que Sharon Stone dans Mort ou vif de Sam Raimi.
Jane got a gun mais se cantonne à son rôle de mère digne et d’épouse courageuse.
Jane got a gun mais ne flingue pas un scénario classique et prévisible.
Jane got a gun et refroidit des flash-back romantiques à coups de scènes niaisement bucoliques et ambrées.
Jane got a gun et le joli minois de Natalie Portman.
Jane got a gun mais son Alamo du pauvre a peu de chance de séduire les jeunes.
Jane got a gun mais ce n’est pas suffisant pour être fun.

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