SPLIT de M. Night Shyamalan (2017)

Affiche du film Split
Trois adolescentes sont enlevées et séquestrées par un étrange individu nommé Kevin. Un homme d’autant plus imprévisible que 24 personnalités cohabitent en lui.
Après plusieurs années d’errance cinématographique, M. Night Shyamalan revient à ses fondamentaux et raccroche les wagons, au propre comme au figuré, avec le début de sa filmographie. Pour Split, il renoue avec le huis clos angoissant, déjà abordé dans Signes, qu’il explore cette fois par le biais d’un trouble mental particulier qui touche le kidnappeur : celui du trouble dissociatif de l’identité. Une pathologie que le cinéaste, grand amateur de théories fumeuses, présente comme le début d’une possible évolution de la race humaine. Une hypothèse et un scénario malin, à base de maltraitance enfantine, qui sont surtout prétexte à un fantastique numéro d’acteur. James McAvoy porte le film sur ses épaules et donne au personnage de Kevin une ambiguïté vraiment terrifiante. Une prestation d’autant plus efficace qu’elle ne repose finalement que sur la finesse de son jeu.
Affiche américaine du film Split Dommage que le cinéaste gâche un peu la performance dans le dernier quart d’heure de son film par l’utilisation d’effets un peu trop appuyés. Heureusement, la dernière scène ouvre d’intéressantes perspectives, inscrivant Split dans un projet plus ambitieux que M. Night Shyamalan, en avance sur son époque, avait dû abandonner au début de sa carrière faute de succès.
A mi-chemin entre Psychose et Shining, Split a en tous cas le mérite de renouer avec la figure du plus effrayant des monstres de cinéma, celui à visage humain.

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MISS SLOANE de John Madden (2017)

Affiche du film Miss Sloane
Elizabeth Sloane est une lobbyiste redoutable et redoutée pour qui seule la victoire compte.
Contactée pour contrer une loi visant à restreindre l’utilisation des armes à feu aux États-Unis, elle décide de changer d’employeur et de mettre ses talents au service d’un cabinet luttant pour le contrôle des armes.
Une guerre sans merci s’engage alors entre elle et son ancien patron.
Elizabeth Sloane est un peu le pendant féminin du Michael Clayton de Tony Gilroy. Le récit du parcours d’une femme brillante, à laquelle aucune cause ne résiste, qui se voit soudain confrontée à un choix qui va transformer sa vie.
Dans l’air du temps, le film de John Madden lève le voile sur les pratiques douteuses des lobbies et sur leurs accointances avec de nombreux hommes politiques. Toutefois, plus ludique que véritable pamphlet, Miss Sloane est surtout un captivant thriller doublé d’un redoutable film de prétoire plein de rebondissements.
Un film qui repose entièrement sur les épaules et la prestation – impeccable – de Jessica Chastain. Elle est la reine et le cœur de cette partie d’échec machiavélique dans les coulisses du pouvoir.

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JOHN WICK 2 de Chad Stahelski (2017)

Affiche du film John Wick 2
Maintenant qu’il est sorti de sa retraite volontaire, l’implacable John Wick se voit contraint d’honorer une dette envers un ancien associé.
Au risque de se mettre à dos une confrérie de tueurs internationaux, il prend la direction de Rome pour y administrer ses derniers sacrements….
Après l’ébouriffant exercice de style qu’était John Wick, la suite de ses aventures se devait d’être à la hauteur, voire de le surpasser. Pari relevé par l’un des réalisateurs du premier opus qui entre, dès la première scène, dans le vif du sujet pied au plancher.
Fidèle au cahier des charges, Chad Stahelski enchaîne les scènes d’action virtuoses et chorégraphie à nouveau de longues scènes de combats rapprochés au couteau ou à l’arme de poing, les fameux « Gun-Fu », qui avaient fait le succès du premier film. Une fluidité et une élégance dans la mise en scène assez rare pour ce genre de film d’action trop souvent abonné aux caméras secouées et au montage saccadé. Même si, à trop vouloir nous en mettre plein la vue, le réalisateur se perd un peu dans ses affrontements répétitifs heureusement non dénués d’humour.
Saluons également la bonne idée du cinéaste d’approfondir l’intrigant univers de la pègre ébauché dans le premier film, avec sa galerie de tueurs impitoyables soumis à des règles de bonne conduite qu’ils ne doivent surtout pas transgresser.
Dans le rôle-titre, Keanu Reeves – froid félin flinguant – impressionne toujours autant. Et c’est un plaisir que de retrouver à ses côtés d’anciens survivants du film précédent : Ian McShane, Lance Reddick ou John Leguizamo.
Finalement, à part la sympathique apparition de Franco Nero (le Django de 1966), ce sont plutôt les nouveaux venus qui déçoivent. Laurence Fishburne n’apporte pas grand-chose à l’intrigue et Riccardo Scamarcio compose un méchant bien fade à côté de celui qu’interprétait Michael Nyqvist. « Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film » disait Hitchcock, un conseil avisé que Chad Stahelski serait bien inspiré de suivre s’il veut terminer sa trilogie en beauté.
Quoiqu’il en soit, même plus prévisible, John Wick 2 reste un spectacle efficace qui ne démérite pas. Vivement la suite…

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LIVE BY NIGHT de Ben Affleck (2017)

Affiche du film Live by night
De Boston à Tampa pendant la prohibition, le parcours d’un hors-la-loi qui rechigna, toujours par amour, à faire le jeu des caïds de l’époque.
Avec sa mise en scène élégante et sa reconstitution classieuse, Ben Affleck ne lésine pas sur les moyens pour redonner vie aux années 20/30. Mais cette bonne volonté évidente ne suffit pas à convaincre d’autant que, hormis une originale course-poursuite en voitures d’époque et une fusillade sanglante plutôt bien orchestrée, cette fresque en eau trouble s’étire inconsidérément tandis que Ben Affleck offre sa peu convaincante « Droopy attitude » à un personnage qui aurait mérité une interprétation plus nuancée.
Il serait peut-être temps que le cinéaste repense à ses débuts de réalisateur et qu’il s’oublie un peu en tant que comédien comme il avait si bien su le faire avec Gone Baby Gone – également adapté d’un roman de Dennis Lehane – petite perle noire qui reste, à ce jour, son meilleur film.

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NOCTURNAL ANIMALS de Tom Ford (2017)

Affiche du film Nocturnal Animals
Une célèbre galeriste d’art s’ennuie de sa vie mondaine faite « de diktats et de conventions » comme dirait Julia Roberts dans la pub Lancôme. La belle est d’autant plus esseulée que son époux la trompe.
Aussi quand lui arrive un manuscrit provenant de son ancien mari (dont elle n’a plus de nouvelles depuis des années) elle se plonge immédiatement dans sa lecture, découvrant un récit très noir à mille lieues de son existence glamour.
Issu du milieu de la mode, Tom Ford tente au cinéma ce qu’il essaye de faire dans ses défilés, à savoir épater la galerie. Son film s’amuse donc à mettre en miroir deux univers que tout oppose – l’un chic et artificiel, l’autre crapoteux et âpre – et à jouer de leurs dissonances. Un peu comme s’il faisait porter à un de ses top-modèles un slip kangourou couvert d’excréments par-dessus une robe de soirée sexy.
Une hybridation insipide, entre maniérisme et trivialité, qui tente de se donner des airs intelligents en abusant de longs dialogues oiseux sur les affres de la création et le mal-être des riches oisifs qui se piquent d’être des artistes.
Seules les prestations de Michael Shannon et Aaron Taylor-Johnson permettent de ne pas sortir avant la fin de ce pensum crapoteux chic complètement creux et vain.

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PERSONAL SHOPPER de Olivier Assayas (2016)

Affiche du film Personal Shopper
Maureen, une jeune américaine, travaille à Paris comme acheteuse de mode pour une célébrité « people ». Un métier ennuyeux qui lui permet de subsister en attendant que l’esprit de son frère jumeau, disparu quelques mois plus tôt, réussisse à entrer en contact avec elle.
Avec Personal Shopper, Olivier Assayas s’aventure dans l’univers du fantastique et, plus particulièrement, dans celui du film de fantômes. Une immersion aussi intrigante qu’angoissante soutenue par une mise en scène efficace lorsqu’elle s’attache aux déambulations nocturnes de l’héroïne dans une grande demeure isolée et déserte. Les mouvements de caméra, le travail sur les ombres et la lumière ainsi que l’importance donnée à la bande son, qui tout à coup s’incarne, forment un ensemble cohérent qui contribue à faire naître le malaise.
Une tension que le cinéaste ne parvient pas, hélas, à garder constante.
Car plutôt que de se concentrer sur la quête de son héroïne et de poursuivre dans cette veine viscérale, Assayas se disperse dans une approche cérébrale qui tente d’explorer différents niveaux de lecture qu’il ne parvient jamais à assembler, donnant au film un aspect artificiel.
Lorsque le réalisateur oppose le monde des esprits à celui de la mode, qui en manque cruellement, on voit surtout un prétexte pour jouer à la poupée avec la starlette Kristen Stewart – pas vraiment convaincante – qu’il se plaît à déshabiller ou à rhabiller de façon sexy.
Quand il fait bifurquer son récit vers un thriller cousu de fils blancs, où pointe la critique des nouveaux moyens de communication – ici les textos – avec lesquels certains n’hésitent pas à se dévoiler, psychologiquement et physiquement, devant de parfaits inconnus. Une intrigue qu’il évacue d’ailleurs à la sauvette, d’un revers de caméra, lors d’une scène énigmatique à la sortie d’un hôtel où il n’y a sans doute pas grand-chose à comprendre.
Et que penser de cet extrait de téléfilm soi-disant trouvé sur internet ? Sinon que Benjamin Biolay, peu crédible dans le rôle de Victor Hugo, peine surtout à articuler son texte.
Cette accumulation de pistes devient, entre deux dialogues creux, l’aveu d’impuissance d’un scénario ectoplasmique qui – à l’image de Maureen – se cherche et finit par revenir à son point de départ, comme un mauvais gag. Décevant.

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LA FILLE DU TRAIN de Tate Taylor (2016)

Affiche du film La fille du train
Une femme alcoolique, que son divorce a brisé, passe tous les jours en train devant les mêmes maisons et fantasme sur la vie, supposée parfaite, d’un couple qu’elle épie à chacun de ses voyages.
Jusqu’à ce qu’un évènement imprévu et une mystérieuse disparition viennent balayer ses certitudes.
Pas de chance !
« Le best-seller qui a fasciné le monde » (dixit, sans rire et sans mentir, la publicité) hérite d’une adaptation train-train sous la houlette d’un réalisateur qui se contente d’illustrer les différentes péripéties d’un récit qui se veut particulièrement retors.
Enfin, retors pour ceux qui n’auraient pas vu de thrillers depuis la sortie de Usual Suspects il y a plus de 20 ans (c’est-à-dire le monde entier, si l’on en croit la publicité) et n’auraient toujours pas compris qu’il suffit de chercher le personnage le moins probable et le plus innocent pour résoudre l’affaire.
De toute façon, quoi qu’on dise, ceux qui aiment le roman de Paula Hawkins et les trois jolies actrices du film de Tate Taylor prendront le train.

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