LE PONT DES ESPIONS de Steven Spielberg (2015)

Affiche du film Le pont des espions
En pleine guerre froide, un avocat new-yorkais est chargé de défendre un espion russe arrêté sur le sol américain.
Avec Le pont des espions, Steven Spielberg retrace le parcours exemplaire et véridique d’un homme seul contre tous au beau milieu de la guerre froide. Loin de se perdre dans les méandres géopolitiques de l’époque ou de sombrer dans un ennuyeux didactisme, le cinéaste rend parfaitement accessible sa complexe histoire d’espions, tout en s’attachant au parcours personnel de son avocat qui devient le vecteur émotionnel de son film et lui permet d’illustrer au mieux son propos humaniste. La mise en scène empreinte de classicisme (et parsemée de quelques pointes d’humour) fait ici merveille, ponctuée de séquences parfaitement maîtrisée : une angoissante filature sous la pluie, l’éjection spectaculaire du pilote d’un avion espion…
Pour sa quatrième collaboration avec Spielberg, Tom Hanks joue avec conviction de son image d’acteur sympathique et incarne idéalement cet habile avocat qui, au contact de son client et face aux manigances du pouvoir judiciaire de son pays, se transforme progressivement en homme intègre, obstiné et courageux.
Face à lui, Mark Rylance campe, avec beaucoup de finesse, un espion soviétique fataliste et attachant.
Sombre mais résolument optimiste, Le pont des espions pose des questions essentielles sur le libre arbitre et l’engagement de chacun pour la sauvegarde de la paix dans le monde. Preuve, s’il en était besoin, que Spielberg croit toujours en la force du cinéma pour faire évoluer les mentalités.

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1941 de Steven Spielberg (1980)

Affiche du film 1941
En 1941, alors que l’attaque de Pearl Harbor vient d’avoir lieu, les Américains entrent en guerre tout en se préparant à une invasion japonaise. Au même moment, un sous-marin nippon fait surface au large de Los Angeles faisant souffler un vent de panique à Hollywood où chacun tente de résister à sa manière…
Film méconnu de Steven Spielberg, 1941 mérite de le rester tant cette tentative parodique manque de légèreté et peine à faire rire.
Pourtant, la première scène vaut le détour où le cinéaste et son compositeur attitré, John Williams, revisitent et plagient avec bonheur leur film le plus célèbre d’alors : Les dents de la mer. La suite est loin d’être du même acabit, malgré son casting prestigieux et la débauche de moyens et de figurants.
La mise en scène de Spielberg n’est pas en cause et fait même merveille lors d’une séquence de bal endiablée. Mais elle ne parvient jamais à contrebalancer le scénario décousu de ce film choral ainsi que le cabotinage horripilant de certains de ses acteurs : John Belushi en tête.
Partagé entre un humour bon enfant et des blagues potaches qui tâchent, 1941 ne sait où donner du canon et traîne en longueur, dépourvu d’un véritable tempo comique.
Heureusement, Spielberg a eu le bon goût de ne pas persévérer dans cette voie – véritable seppuku cinématographique – préférant donner à sa carrière un petit coup de fouet bienvenu avec Les aventuriers de l’arche perdue.

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INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT de Steven Spielberg (1984)

Affiche du film Indiana Jones et le temple maudit
1935. En tentant d’échapper à un truand chinois, Indiana Jones se retrouve involontairement en Inde. En compagnie d’un gamin et d’une chanteuse de cabaret, il accepte de venir en aide à un village dont une secte a volé les enfants ainsi que leur fameuse pierre sacrée.
Un joyau inestimable puisqu’il serait l’une des cinq pierres de Sankara donnant de grands pouvoirs à celui qui les détient.
Quelle entrée en matière !
Pour le retour de son aventurier, Steven Spielberg s’offre un somptueux prologue mêlant ballets de comédie musicale et action parfaitement chorégraphiée.
Un état de grâce qui s’arrête net dès qu’Indiana et ses deux compagnons arrivent en Inde. Privé de l’effet de surprise des Aventuriers de l’arche perdue, Steven Spielberg tente de compenser la vacuité de son scénario par une suite, presque ininterrompue, de morceaux de bravoure qui sombrent rapidement dans l’excès, le grotesque (les chutes à répétition dans le canot pneumatique) et la caricature (le repas gore servi au palais).
Une surenchère en forme d’attraction – qui culmine avec une poursuite en wagonnets dans une mine – teintée d’une inutile noirceur qui alourdit encore plus le récit.
Coincé entre une horripilante héroïne qui passe son temps à hurler et un enfant tête à claques qui cumule les bourdes, l’archéologue peine à trouver sa place : triste pantin qui s’agite, son fouet à la main, dans un spectacle Grand-Guignol.
Un temple effectivement maudit, pour lui comme pour le spectateur.

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INDIANA JONES ET LA DERNIÈRE CROISADE de Steven Spielberg (1989)

Affiche du film Indiana Jones et la dernière croisade
1938. Indiana Jones se lance dans la quête du Saint Graal ainsi que sur les traces de son père qui a disparu en tentant de le trouver.
Après le caricatural et ridiculement sombre Indiana Jones et le temple maudit, Steven Spielberg renoue avec l’atmosphère et l’esprit des Aventuriers de l’arche perdue – action débridée, exotisme, nazis, et humour second degré – tout en y mêlant un thème qu’il connait bien pour l’avoir abordé dans plusieurs de ses films : celui de la famille et du père absent.
Avec Indiana Jones et la dernière croisade, le cinéaste tente le pari d’un film d’aventure « intimiste » qui entre deux scènes spectaculaires, dont une mémorable course poursuite avec un tank, lève le voile sur la vie privée de l’intrépide archéologue.
Avec un étonnant sens de la concision, le prologue mouvementé présente un épisode de la jeunesse d’Indiana où se trouve dévoilé l’origine de son chapeau, de son fouet, de sa phobie des serpents et de la cicatrice qui lui barre le menton ainsi que la relation distante que son père entretient avec lui.
Car plus que de la quête du Graal, c’est de cette relation père fils, qui lentement se renoue, que Spielberg tire tout le sel de son film. Indiana Jones passe d’ailleurs plus de temps à tenter de récupérer le cahier de son père (qui passe de main en main, comme une certaine arche d’alliance) qu’à chercher le fameux calice du Christ.
Malgré leurs douze ans d’écart, la filiation entre Sean Connery (au jeu plein de malice) et Harrison Ford paraît tout à fait crédible et la complicité entre les deux hommes est l’un des points forts de cette troisième aventure qui a le bon goût de toujours rester à hauteur d’hommes.
Un classique du film d’aventure !

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INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRÂNE DE CRISTAL de Steven Spielberg (2008)

Affiche du film Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal
En pleine guerre froide, Indiana Jones reprend du service et entreprend de retrouver, avant de dangereux militaires russes, le mythique Eldorado.
Après 20 ans d’absence, Indiana Jones est de retour pour le meilleur et surtout pour le pire dans cet Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de la mort qui tue (tant qu’à se lâcher dans un titre à la con, autant se lâcher à fond !).
Le meilleur se trouve au début.
Avec ce retour à l’entrepôt où est stockée l’arche d’alliance et par ce clin d’œil à l’ombre d’Indiana dessinant sa fameuse silhouette au chapeau. Là, pendant 15 minutes, Steven Spielberg retrouve le rythme et la désinvolture des premières aventures de l’archéologue.
Mais l’état de grâce ne dure pas.
Indiana a vieilli et n’est plus que l’ombre de lui-même.
Steven Spielberg aussi, qui semble se désintéresser de son célèbre personnage, un peu anachronique à la veille des années 60.
Pour compenser, le cinéaste joue la carte de la surenchère.
Certes, les trois premiers Indiana Jones ne brillaient pas par leur vraisemblance (rappelez-vous la sortie de l’avion en canot pneumatique dans Indiana Jones et le temple maudit), mais là on nage de bout en bout en pleine caricature : du frigo emporté par une explosion nucléaire à la chute dans trois gigantesques cascades.
Des excès qui finissent par nuire à la crédibilité du personnage.
A se demander si le réalisateur n’avait pas déjà l’esprit tourné vers d’autres tribulations (celles des Aventures de Tintin : Le secret de la Licorne) pendant que son premier assistant remplissait laborieusement le cahier des charges. En gros, refaire Les aventuriers de l’arche perdue en montant les scènes dans un ordre différent (ici, le combat à mains nus contre un militaire balèze vient après la course poursuite) et en compensant le manque d’imagination par une inflation d’effets spéciaux, tous plus grotesques les uns que les autres.
L’interminable course poursuite dans la jungle est un vrai cas d’école et symptomatique de tous les défauts du film :
– Montage frisant le grand n’importe quoi avec faux raccord à foison.
– Invraisemblances en pagaille : la jungle ressemble à un long boulevard sans obstacle, les poursuivants deviennent, sans raison, les poursuivis tandis que l’un des personnages saute de lianes en lianes (!!!) et rattrape des véhicules lancés à pleine vitesse…
Malgré le sympathique retour de Karen Allen (héroïne des Aventuriers de l’arche perdue) et la prestation honorable de Cate Blanchett, dans le rôle de la méchante de service qui roule les « r » avec gourmandise, on comprend mieux pourquoi Sean Connery a refusé de participer à cette nouvelle aventure (le rôle dévolu à John Hurt lui était vraisemblablement destiné) qui était censée réunir au grand complet la famille d’Indy et, peut être, passer le fouet et le chapeau à un comédien plus jeune.
Une décision sur laquelle même le réalisateur semble finalement hésiter au vu de la piètre prestation de Shia LaBeouf : Marlon Brando du pauvre (son apparition en moto sur le quai de la gare vaut son pesant de cacahuètes !) qui, avec son peigne et sa banane, aurait été plus crédible dans un remake de Grease.
La quête de trop pour l’archéologue au chapeau.

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CHEVAL DE GUERRE de Steven Spielberg (2012)

Affiche du film Cheval de guerre
Les aventures d’un étalon anglais pris dans la tourmente de la première guerre mondiale.
Mais qu’est-il arrivé aux belles histoires de l’oncle Spielberg ?
Lui qui savait si bien nous divertir, en mêlant solides intrigues et rebondissements spectaculaires, semble, depuis quelques temps, se concentrer uniquement sur la manière de raconter une histoire ou d’intégrer de nouveaux effets spéciaux. Recherches louables si elles ne donnaient pas à chacun de ces derniers films une impression d’inachevée.
Après le retour décevant de son héros emblématique (Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal) et l’adaptation d’une célèbre BD sur grand écran (Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne) dont le rendu et le rythme ébouriffants avaient du mal à cacher un récit à bout de souffle, Cheval de guerre s’apparente encore à une gageure pour le cinéaste – celle de raconter une histoire du point de vue d’un cheval – plus qu’à un projet vraiment abouti.
Pour donner à son film un côté livre pour enfants, Spielberg choisit de l’enrober d’images d’Épinal faisant, au mieux, penser à John Ford (avec la profondeur de champ mais sans la profondeur de vue) ou, au pire, à la vision d’un jeune publicitaire adepte d’images léchées et standardisées. On a donc droit à la silhouette du cheval et de son maître se découpant, à l’horizon, sur fond de soleil couchant ou à la jolie « carte postale » de la campagne française avec sa ferme pittoresque et son pépé sympathique (Niels Arestrup à contre-emploi) qui entrepose, dans son cellier, conserves et confitures maison à quelques kilomètres des hostilités. (Mais que fait Jean-Pierre Pernaut ?).
Au milieu de ce salmigondis de clichés et de bons sentiments quelques scènes impressionnent, prouvant que Spielberg n’a pas perdu la main : comme cette charge sanglante au milieu des tranchées ou lors de la fraternisation de deux soldats ennemis, au cœur du no man’s land, le temps de délivrer l’étalon emmêlé dans des fils barbelés.
Toutefois, si le cinéaste a le bon goût de ne prendre parti pour aucun des belligérants et d’adopter le point de vue « neutre » du cheval, il est permis de trouver discutable sa mise en scène qui rend plus émouvant un canasson en train de labourer un champ que deux jeunes hommes se faisant fusiller.
Comme elle semble lointaine, l’époque où vous nous contiez avec conviction La couleur pourpre ou la façon de Sauver le soldat Ryan.

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LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg (2011)

Affiche de Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne
Tintin, jeune reporter belge, achète sur un marché aux puces la maquette d’un vieux galion : La Licorne. Un objet très convoité qui va l’emporter dans des aventures mouvementées à la rencontre du capitaine Haddock…
Avec Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne, c’est pour Steven Spielberg l’aboutissement d’un projet de 30 ans qui se concrétise sur grand écran. (Le cinéaste avait découvert le héros d’Hergé à la sortie de son film Les aventuriers de l’arche perdue (1981), après qu’un journaliste lui ait dit avoir trouvé des similitudes entre Tintin et Indiana Jones). Afin d’adapter au mieux la célèbre bande dessinée, Steven Spielberg décide – sur les conseils de Peter Jackson – de transposer à l’écran l’œuvre d’Hergé à l’aide de la « Performance Capture » utilisée pour donner vie aux Na’vi d’Avatar de James Cameron. Grâce à ce procédé, à mi-chemin entre la prise de vue réelle et le dessin animé, on comprend dès les premières minutes du film que le pari fou du réalisateur d’E.T. est, en partie, gagné en parvenant à redonner vie aux années 40 dessinées par Hergé. D’autant que Spielberg soigne particulièrement ses ambiances : du quartier où habite Tintin à la découverte nocturne du château de Moulinsart, qui est certainement la plus belle et mystérieuse scène du film.
Portée par de solides comédiens, l’utilisation de la Performance Capture est particulièrement convaincante et s’est beaucoup amélioré depuis Le Pôle Express et Beowulf de Robert Zemeckis. Les personnages ont troqué leurs yeux de poissons morts pour des regards beaucoup plus expressifs. Des regards qui surprennent, ici, puisque les héros d’Hergé n’ont, paradoxalement, que deux points noirs pour représenter leurs yeux.
Autre étrangeté, dont on ne sait si elle est due au procédé de captation de mouvement, les Dupondt et le capitaine Haddock ont le visage étrangement rond et bouffi. Le cinéaste, sans doute conscient de ces différences un peu perturbantes, s’amuse de cette transition dès le début de son film où, sous forme d’une animation plus traditionnelle, il truffe le générique de références visuelles aux premières aventures de Tintin. Le passage de témoin d’un univers à l’autre se faisant de la main même d’Hergé qui, en caricaturiste sur le marché aux puces, croque le héros de cinéma en le dessinant avec son visage de papier.
Après le retour raté d’Indiana Jones il y a trois ans, l’univers d’Hergé semble donner une cure de jouvence à Spielberg. A l’image du générique plein d’inventivité qui évoque celui de Arrête-moi si tu peux et de la mise en scène énergique, remplie de clins d’œil à ses premiers films : la houppe de Tintin sortant de l’eau et fendant les flots en direction de ses adversaires évoque immanquablement l’aileron du requin des Dents de la mer fonçant sur ses proies.
Le scénario n’est pas en reste qui mélange habilement les albums Le secret de la Licorne et Le crabe aux pinces d’or en faisant la part belle aux aventures trépidantes du reporter.
Toutefois, en mettant un peu trop l’accent sur les multiples rebondissements du récit, il oublie de créer des moments de pause qui auraient permis de développer un peu plus la psychologie des personnages et d’apprécier pleinement la beauté et la variété des décors. Cette absence de temps morts finit par parasiter l’intrigue qui en devient, par moment, confuse.
Mais le principal regret vient du capitaine Haddock. Devant la caméra de Spielberg, le marin colérique et alcoolique (parfait contrepoint du très lisse Tintin) semble s’assagir au point de devenir quasiment abstinent à la fin du film. Perdu dans le désert et complètement assoiffé, il ne prend même plus Tintin pour une bouteille de champagne, c’est dire…
Si il est vrai que cette tentation du politiquement correct se manifestait dans les derniers albums d’Hergé, il est vraiment dommage qu’elle apparaisse dès les premières aventures cinématographiques du tandem. Une concession de plus aux ligues de vertu qui, pour protéger la santé de nos enfants, ont fait disparaitre la cigarette de Lucky Luke et la pipe de M. Hulot.
Malgré cette agaçante édulcoration, Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne est un agréable divertissement (auquel la 3D n’apporte, une fois de plus, pas grand-chose, sinon des sous dans la poche des studios qui l’ont produit) qui laisse espérer de très prochaines aventures pour tous les jeunes de 7 à 77 ans.

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