UN TRAÎTRE IDÉAL de Susanna White (2016)

Affiche du film Un traître idéal
En vacances à Marrakech, un couple d’Anglais croise la route d’un russe extravagant et fortuné qui leur demande de l’aide. Menacé de mort par la mafia russe, pour laquelle il blanchit de l’argent, il souhaite transmettre des informations sensibles aux services secrets britanniques en échange de l’asile politique pour lui et sa famille.
Susanna White ne trahit pas John le Carré en adaptant, sans temps mort, cette histoire de corruption dans l’air du temps où se côtoient mafia russe, politiciens véreux et monde de la finance pour qui l’argent n’a pas d’odeur. Mais elle en affaiblit la portée en tentant de sublimer l’univers très sombre de l’écrivain par un excès de belles images qui affadissent le propos et glissent sur les personnalités, pourtant complexes, de chacun des protagonistes.
Heureusement, la réalisatrice s’est entourée de comédiens convaincants qui parviennent à donner le change et à nous tenir en haleine. En particulier Stellan Skarsgård, ambigu à souhait.
Un thriller distrayant à défaut d’être idéal.

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AVENGERS 2 : L’ÈRE D’ULTRON de Joss Whedon (2015)

Affiche du film Avengers 2 : l'ère d'Ultron
Pour maintenir la paix sur la planète et protéger l’humanité en cas de nouvelles attaques extraterrestres, Tony Stark décide de créer Ultron : une intelligence artificielle supérieure capable notamment de contrôler la légion des Iron Man.
Mais Ultron se retourne contre son créateur en décidant que les humains sont la première menace à éliminer sur terre.
Face à cette entité aux pouvoirs exponentiels, les Avengers risquent d’être rapidement dépassés. A moins que des nouveaux venus…
La barre était haute à franchir pour Joss Whedon après le succès planétaire de son Avengers et grande devait être la tentation de reproduire la même formule gagnante pour ne pas décevoir les fans. Mais, en oubliant d’insister sur les fêlures et les gros conflits d’égo de ses personnages pour ne se concentrer que sur les nombreuses batailles, le réalisateur s’est hélas fourvoyé dans le dosage de ses ingrédients.
Alors, pendant 2h20, le spectateur voit se succéder de longues bouillies guerrières (les actions vont si vites – et sont si mal filmés – qu’on les devine plus qu’on ne les voit vraiment) et de courtes bouillies romantiques (l’improbable vie de famille d’Œil de Faucon et l’idylle entre Bruce Banner et Natasha Romanoff) pour un brouet qui devient vite indigeste et aussi lourd que le marteau de Thor.
Il faut dire qu’Ultron est loin d’avoir le charme de Loki et qu’il finit par rendre les affrontements à son image : terriblement mécaniques, désincarnés et chiants !
Heureusement qu’un peu d’humour subsiste çà et là – merci Robert Downey Jr – et que l’apparition de nouveaux personnages, Vision notamment, permettent de capter un peu l’attention ailleurs que sur ces répétitifs combats destinés à savoir qui aura la plus grosse… explosion.
En parlant de destruction, saluons tout de même Joss Whedon dont la principale réussite, avec ses deux Avengers, sera d’être parvenu à mettre au point des films de guerre « propre » où des villes entières sont pulvérisées sans qu’il n’y ait jamais de pertes humaines – du moins visible à l’écran – et sans que cela ne choque personne.
Une guerre à l’échelle planétaire aussi insipide qu’un jeu vidéo pour enfants, vous en rêviez ?
Marvel l’a fait.

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NYMPH( )MANIAC – Volume 1 de Lars von Trier (2014)

Affiche du film Nymphomaniac - Volume 1
Il mouille.
Une ruelle très humide suinte de tous ses pores.
Un trou noir dans un mur que la caméra explore.
Sur le pavé trempé, une femme allongée a pris des coups.
Un homme d’âge mûr la recueille et lui propose un thé (dont on ne saura pas si c’est celui des Geisha).
En échange, elle lui sert un récit plutôt corsé.
Nymph( )maniac – Volume 1 débute par un avertissement : « Le film est une version abrégée, et censurée, de la version originale de Nymph( )maniac de Lars von Trier. Il a été réalisé avec sa permission, mais sans autre implication de sa part ».
Avertissement honnête ou nouveau coup de pub de Lars Von Trier qui depuis son fameux « dogme », qu’il s’était empressé de ne pas suivre, n’en est plus à un foutage de gueule près pour se faire remarquer ?
Il aurait tort de s’en priver puisque son public en redemande. Et, en fin calculateur, il est probable qu’il prépare déjà une version longue non censurée de son film pour la sortie en DVD.
Nymph( )maniac serait-il juste un coup… commercial ?
Cela y ressemble en tous cas.
Les affiches qui montrent les acteurs en plein orgasme relèvent de la publicité mensongère, le cinéaste préférant visiblement la fesse triste à la « raie jouit ». Quant à la pornographie annoncée à grands coups de communiqués depuis quelques mois, elle n’est pas vraiment au rendez-vous. Le film n’est d’ailleurs interdit qu’aux moins de 12 ans.
Alors, que peut-on avoir à foutre du nouveau film (mais est-ce vraiment le sien ?) du père la morale Danois aux pensées aussi troubles que sa manière de filmer ?
Si l’on décide de ne pas s’attarder sur son baratin antisioniste, ses penchants misogyne et sur sa mise en scène démonstrative qui illustre, systématiquement et sans finesse, les propos tenus par Joe et Seligman, le Trivial Pour bites de Lars Von Trier parvient de temps à autre à titiller l’attention.
Paradoxalement, c’est quand il ne montre pas de culs qu’il « con-vainc » le plus. Dans cette longue discussion entre le vieux misanthrope et cette femme triste, malade de son obsession (et oui, Lars Von Trier n’est pas Marc Dorcel). Dans les rapports tendres qu’entretiennent la jeune Joe et son père ou lors d’une douloureuse scène à l’hôpital.
Les acteurs, Shia LaBeouf mis à part, sont d’ailleurs pour beaucoup dans les quelques moments réussis du film où ils se livrent sans artifice – du moins pour le haut du corps, le bas étant doublé grâce à des trucages numériques – parvenant à mettre en valeur jusqu’aux scènes les plus grotesques : Chapeau Uma Thurman !
Malgré tout, ce premier volume reste plus tiède que chaud et laisse au final un sentiment mitigé. Sans emballer et encore moins exciter, il donne tout de même envie d’aller jeter un œil à la suite annoncée.
Espérons simplement qu’après ces préliminaires mollassons, le passage à l’acte ne ressemble pas à une éjaculation filmique précoce.

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THOR : LE MONDE DES TÉNÈBRES de Alan Taylor (2013)

Affiche du film Thor : Le monde des ténèbres
Il n’y a pas à Thortiller, les nouvelles aventures du beau Thorride blond d’Asgard ne sont pas aussi Thortignoles qu’on aurait pu le craindre, surtout après un premier Thor qui se traînait à la vitesse d’un Thortillard.
Certes, les deux premiers tiers du film ne sont guère passionnants (toutefois pas au point d’aller mettre la viande dans le Thorchon) avec ses combats longuets et répétitifs contre une ancienne race qui tient absolument, à Thor ou à raison, à plonger l’univers entier dans le noir. On suppose que Malekith et ses elfes noirs ont été horrifiés à la vue des décors kitsch et pompiers en vogue dans la patrie d’Odin.
Heureusement, le Space Opérette à la bonne idée de faire un détour sur terre dans sa dernière partie et de choisir le camp de l’humour et du second degré plutôt que de sombrer définitivement du côté obscur de la Thorgnole. Grâce à la prestation savoureuse de Stellan Skarsgård, en scientifique déjanté, et à l’apparition clin d’œil de Chris Evans dans le justaucorps moulant de Captain America, le film de super-héros bas du front prend in extremis de la hauteur et emporte la sympathie à défaut d’être inoubliable.
Reste à espérer qu’un Thor 3 ne se profile pas de sitôt à l’horizon pour le pauvre critique qui va vite se retrouver à court de bons mots s’il doit encore le Thorpiller.

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AVENGERS de Joss Whedon (2012)

Affiche du film Avengers
Une attaque extraterrestre menace la terre et rien ne semble pouvoir l’arrêter.
Sauf, peut-être, Nick Fury qui a l’idée de mettre sur pied un groupe de justiciers pour contenir l’invasion imminente.
Pari risqué. L’association de tous ces héros pouvant se révéler tout aussi explosive.
Si le pari est effectivement risqué pour le célèbre agent du S.H.I.E.L.D., il l’est tout autant pour Joss Whedon en charge du film de super-héros le plus attendu par tous les fans de comics. LE film qui doit réunir plusieurs héros de la Marvel dont les aventures ont été jusque là portées à l’écran de manière indépendante, avec plus (Iron Man, Captain America) ou moins (Hulk, Thor) de succès.
C’est qu’avec tous ces super-pouvoirs réunis, il y avait matière à un film super-indigeste enchaînant bêtement les super-combats et les prouesses technologiques jusqu’à l’écœurement.
Super ! Il n’en est rien et le choix de Joss Whedon s’avère particulièrement judicieux. Réalisateur presque novice au cinéma mais qui a fait ses armes à la télé en créant la série Buffy contre les vampires, il applique pour Avengers les recettes de sa série (recettes qui sont finalement assez proches de celles qui ont fait le succès de la Marvel) et prend le temps, le film dure 2h20, de mettre l’accent sur les personnalités et les fêlures de ses personnages ainsi que sur les conflits d’égo surdimensionnés que provoque ce regroupement de Vengeurs.
Il faut dire qu’ils sont tous un brin caractériel et particulièrement asociaux.
Normal. Imaginez ce que peut donner la rencontre entre un dieu nordique, un industriel de génie : fêtard, cynique et imbu de lui-même, un scientifique qui a peur de se transformer en géant vert et un super soldat de la seconde guerre mondiale fraîchement décongelé mais un peu rigide et droit dans ses rangers.
Leur réunion ne peut-être qu’explosive et… divertissante ! C’est ce dernier point qu’à particulièrement bien compris le réalisateur et c’est là l’autre réussite de Avengers : avoir su injecter une bonne dose d’humour aux situations conflictuelles entre ses héros.
Si Tony Stark, alias Iron Man, remporte la palme de l’ironie (mention spéciale à Robert Downey Jr), un personnage – jusqu’alors sacrifié par deux films un peu lourdingues – s’attire enfin la sympathie des spectateurs par des gags qui semblent tout droit sortis d’un dessin animé. Redonner à Hulk (car c’est de lui qu’il s’agit) une certaine forme de légèreté n’est pas un mince exploit. Même si au passage l’excellent Edward Norton à laissé sa place, dans le rôle du Dr Banner, au beaucoup plus falot Mark Ruffalo.
Pour le reste, que les amateurs de combats titanesques se rassurent. Le film réserve aussi son lot de bagarres truffées d’effets spéciaux plutôt convaincants. Même si l’on peut se demander pourquoi les méchants extraterrestres s’obstinent à venir se faire mettre minable dans le quartier fréquenté par nos héros alors qu’une ville toute entière s’ouvre à eux !
Quoi qu’il en soit, Avengers est vraiment un pari gagné pour Joss Whedon et son groupe de super-héros mal embouchés.
Vivement la suite !

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MILLENIUM : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de David Fincher (2012)

Affiche du film Millenium de David Fincher
Journaliste d’investigation, Mikael Blomkvist est engagé par un vieil et riche industriel pour trouver l’assassin de sa nièce Harriet, mystérieusement disparue il y a 40 ans. Plongeant dans les méandres d’une famille au passé trouble, Blomkvist va devoir faire appel au talent de Lisbeth Salander, jeune hackeuse travaillant pour une agence de détective, pour mettre à jour la vérité.
Avec Millenium, David Fincher propose une adaptation cinématographique plutôt respectueuse du premier volet de la trilogie à succès de Stieg Larson. Nulle transposition de l’intrigue aux Etats-Unis. Le récit se déroule bien en Suède et suit habilement les méandres du roman en respectant les personnages et les relations qui se nouent entre eux. Surtout, à côté de l’intrigue policière, le réalisateur n’oublie pas de développer la liaison amoureuse entre le journaliste et Lisbeth Salander qui faisait aussi le sel du récit.
Malheureusement, le film hérite aussi des travers du réalisateur de Seven : images léchées et style publicitaire. Passé un générique ridicule et un peu hors sujet singeant ceux des James Bond (la présence de Daniel Craig y est sans doute pour quelque chose), le récit déploie ses aspects glauques au milieu de magnifiques paysages ou de plans très esthétisants que rehaussent des acteurs aux allures de gravures de mode. Daniel Craig, Robin Wright et Joely Richardson sont loin d’être repoussants. Et si Rooney Mara est plutôt convaincante dans le rôle de la hackeuse punk tatouée, le réalisateur ne peut s’empêcher de dévoiler sa vraie beauté lors de quelques scènes où il l’affuble d’une perruque blonde. Un peu comme si il souhaitait souligner la performance de son actrice dans ce rôle de composition pas vraiment glamour. A la longue, ce travail un peu artificiel sur la forme finit, paradoxalement, par décrédibiliser l’intrigue en lui ôtant de sa noirceur. Noirceur qu’était parvenue à rendre, malgré ses nombreux oublis, l’adaptation précédente avec son image au rendu brut et ses acteurs au profil plus commun, donc plus plausible. Il est, en effet, difficile de parler de cette nouvelle version cinématographique de Millenium sans avoir en tête le film de Niels Arden Oplev sortie il y a maintenant quatre ans. Difficile aussi d’oublier la composition remarquable de Noomi Rapace dans le rôle-titre, ni l’aspect nostalgique de l’enquête de Mikael Blomkvist (Harriet y était présentée comme son premier émoi amoureux). Motivations réduites ici à un simple moyen de se venger de l’industriel qui l’a fait condamner.
Heureusement que le film de Fincher gagne en efficacité narrative ce qu’il perd en poésie. Il permet au spectateur de passer un bon moment même si l’adaptation idéale du roman de Stieg Larson se trouve sans doute à mi-chemin entre celle-ci et la version suédoise.
Question de point de vue.

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ANGES ET DÉMONS de Ron Howard (2009)

Affiche du film : Anges et démons
Alors que le Pape vient de mourir et que les cardinaux sont réunis en conclave pour élire le nouveau chef de l’église, Robert Langdon, célèbre professeur en symbolique, est appelé à la rescousse par le Vatican. Les Illuminati ont refait surface à Rome et menace de détruire le cœur de l’Eglise catholique à l’aide d’une bombe antimatière.
L’annonce d’une suite au Da Vinci Code a du faire frémir dans les salons de coiffure. Le ridicule festival capillaire initié dans le premier opus parisien allait-il se reproduire à Rome ? C’est qu’il y avait de quoi se faire des cheveux à l’idée de retrouver Tom Hanks et son brushing ringard. (On ignore toujours si Nicolas Cage lui a servi de conseiller technique sur cette affaire !).
Dieu merci, sa nouvelle crinière est nettement plus agréable et le scénario a le mérite de faire moins de pellicules que son prédécesseur. Recentré autour d’un jeu de piste ludique dans les églises et les cryptes de la capitale italienne, le film de Ron Howard, à défaut d’être ébouriffant, tient plutôt bien la raie. Du moins, si l’on fait abstraction de ses thèses toujours tirées par les cheveux et de son final un peu trop parachuté.
Ne faisons pas la fine mèche. Porté par des acteurs plutôt bien coiffés, Anges et démons évite les « épis-nœuds » écueils du Da Vinci Code pour brosser efficacement le spectateur dans le sens du poil.
De là à dire que c’est un film au poil…

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