LA BELLE ET LA BÊTE de Bill Condon (2017)

Affiche du film La Belle et la Bête
Au 18ème siècle, en France, la rencontre mouvementée entre Belle, jeune femme indépendante éprise de littérature, et la Bête, un être maudit dont la repoussante apparence cache un séduisant prince charmant.
Ils sont venus, ils sont tous là (les Ewan Mc Gregor, Emma Thompson, Stanley Tucci, Ian McKellen…) pour cette « histoire éternelle » comme le clame la chanson du dessin animé Disney sorti en France en 1992 et dont ce film est la copie avec de véritables comédiens.
Le problème, c’est que la plupart de ces grands noms font partie du mobilier et qu’on ne les reconnait pas. Par contre, ce qui saute immédiatement aux yeux (et aux oreilles) c’est ce 18ème siècle d’opérette, aux décors kitsch, tout droit sorti d’un parc Disney. Une sorte d’énorme meringue indigeste à la sauce Broadway plus abêtissante que satisfaisante pour l’amateur de comédies musicales d’antan.
Pas de quoi se faire la belle pour autant. La force du conte, la qualité des effets spéciaux et l’entrain des acteurs non grimés (Emma Watson et Luke Evans – parfait Gaston – en tête) permettent de prendre un certain plaisir à cet énorme pudding même s’il est dénué de grâce et de fantaisie.
Condon n’est pas Cocteau, mais les enfants – et leurs parents nostalgiques du dessin animé – n’en auront cure séduits par ce spectacle sucré et coloré à souhait.

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HUNGER GAMES : LA RÉVOLTE partie 2 de Francis Lawrence (2015)

Affiche du film Hunger Games La révolte partie 2
Après maints atermoiements, bouderies et pleurnicheries, Katniss se décide – enfin – à aller faire la peau au président Snow.
Il en va des idées comme de la confiture, moins on en a et plus on l’étale.
Obligé de réaliser deux films à partir du dernier roman de la trilogie de Suzanne Collins pour des raisons que l’on suppose essentiellement commerciales, Francis Lawrence peine à clôturer sa saga de science-fiction qu’il fait inconsidérément traîner en longueur.
Les acteurs, qui n’ont plus rien à jouer, en sont réduits à cabotiner pour occuper l’espace. Et l’on se moque comme d’une guigne de la disparition de tel ou tel protagoniste, la mise en scène ne parvenant jamais à faire passer la moindre émotion, ni même un semblant de frisson lors des rares scènes d’action filmées en dépit du bon sens.
Et que dire de l’amour que ressent Katniss pour Peeta, sinon qu’il ressemble à celui d’une sœur pour son petit frère plutôt qu’à une véritable passion, finissant d’ôter toute crédibilité à un interminable épilogue.
L’accroche de l’affiche a raison : « Rien ne vous a préparé à ce dénouement » et la révolte, promise par un geai décidément très moqueur, s’avère aussi explosive qu’un pétard mouillé.

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HUNGER GAMES : LA RÉVOLTE partie 1 de Francis Lawrence (2014)

Affiche du film Hunger Games : La révolte partie 1
Katniss Everdeen a trouvé refuge auprès des rebelles du district 13 qui avaient été soi-disant entièrement annihilés par les troupes du Capitole. Mais ceux-ci n’ont pas réussi à récupérer le piteux Peeta, toujours entre les mains du président Snow.
Pour sauver son ami et redonner espoir à tous les opprimés, Katniss accepte de devenir le symbole de la rébellion.
Il faut, en effet, se révolter contre cette mode Hollywoodienne, lancée avec Harry Potter et les reliques de la mort, qui consiste à tirer deux films du dernier roman d’une série. Surtout, comme c’est le cas pour Hunger Games, s’il n’y a pas matière pour le faire.
Pendant près de deux heures, la fameuse révolte annoncée dans le titre ne fait que gronder tandis que la production se contente d’exploser le budget oignons (la pauvre Katniss chiale à tout bout de champ) et gravats (principal décor du film) pour nous en mettre plein les mirettes. C’est peu, que l’on ait un cœur d’artichaut ou un cœur de pierre.
Certes, il y a toujours une petite critique du pouvoir de l’image et de son utilisation dans la manipulation des masses (après les travers de la télé réalité ce sont ceux de l’information propagande qui sont sommairement abordés) mais cela ne va pas bien loin, d’autant que la psychologie des personnages est toujours aussi sommairement traitée.
La pauvre Jennifer Lawrence alterne regards déterminés et regards mouillés (mention spéciale pour son effroi au sortir d’un cauchemar, aussi risible que la mort de Marion Cotillard dans The Dark Knight Rises), tout en tentant de nous faire croire que son personnage tient enfin à Peeta. Quant aux autres comédiens, ils semblent n’avoir d’existence que par leur apparence : on retient surtout la coiffure et les yeux étranges de Julianne Moore plutôt que sa fade interprétation de la présidente du 13ème district. Et que dire des apparitions du pauvre Philip Seymour Hoffman dont c’est le dernier rôle…
Du moins nous épargne-t-on, pendant une grande partie du film, le jeu Peetayable de Josh Hutcherson.
Avec ce ridicule début de révolte, le geai moqueur s’est bien joué de son public en s’amusant à le laisser sur sa faim.

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HUNGER GAMES : L’EMBRASEMENT de Francis Lawrence (2013)

Affiche du film Hunger Games : L'Embrasement
Katniss et son compagnon Peeta sont rentrés dans leur district après avoir gagné la 74ème édition des Hunger Games. Mais le Capitole n’en a pas fini avec eux, d’autant que la révolte gronde. Non content de les faire participer à une tournée de la victoire dans les autres districts, le Président Snow décide d’organiser un nouvel Hunger Games avec les vainqueurs des anciennes éditions dans l’espoir, cette fois, de les faire définitivement disparaître.
Même si le nouveau réalisateur essaye de donner un peu plus de tenue aux scènes d’action (adieu les hypocrites hors-champ destinés à atténuer la violence) et tente de développer une vague critique sur les méthodes douteuses de la télé réalité, les nouvelles aventures de Katniss sont toujours aussi superficielles et convenues.
Malgré sa durée, excessive, le film ne parvient pas à exploiter ses maigres atouts et préfère se complaire dans les clichés faciles de son tournoi répétitif. Le monde de la jolie Katniss sonne creux et on a du mal à croire un seul instant à cette société où les riches semblent tout droit sorti d’une Gay Pride et les pauvres d’un roman de Dickens.
Les personnages que croisent l’héroïne n’ont d’ailleurs quasiment pas d’épaisseur. Difficile, dans ces conditions, de faire naitre l’émotion et de s’attacher à eux. Mais c’est, sans doute, le prix à payer pour les faire disparaître ensuite sans choquer.
Plus que de viser une dystopie avec un sous-texte politique à destination des adolescents, Hunger Games : L’embrasement se contente au final de lisser son public dans le sens du poil et de lui resservir la vieille recette des amours contrariés entre une jeune fille et ses nombreux prétendants, façon Twilight.
Jennifer Lawrence a beau se démener, l’embrasement annoncé n’est rien de plus qu’un feu de paille.

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JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS de Bryan Singer (2013)

Affiche du film Jack le chasseur de géant
Jack, jeune paysan sans le sou, récupère par hasard quelques graines de haricots dotées d’étranges pouvoirs. Une fois mouillées, elles poussent rapidement en direction du ciel où, derrière les nuages, se cache le pays des géants amateurs de chairs fraîches.
Ce qu’il y a de plus effrayant dans la modernisation des contes de fées entreprit ces derniers temps par Hollywood, c’est le nivellement par le bas quasi systématique de ces récits soudain privés de leur contenu symbolique et/ou poétique au profit d’effets numériques tape-à-l’œil.
Jack le chasseur de géants ne fait pas exception à la règle avec son Moyen Âge d’opérettes (les costumes et les décors sont affreusement kitsch) et ses géants laids et demeurés qui rotent, pètent et mangent leurs crottes de nez.
Ici, peu de suspense mais un récit balourd (à l’image de ce ridicule affrontement au tir à la corde (!!!) entre humains et géants pour franchir le pont levis) destiné à mettre en avant des effets spéciaux corrects mais dénués de toute poésie.
Les acteurs eux-mêmes ne semblent guère passionnés par le sujet.
Stanley Tucci cabotine dans son énième rôle de méchant, tandis qu’Ewan McGregor fait dans le second degré : sans doute conscient d’avoir, encore une fois, misé sur le mauvais film. Quant à Nicholas Hoult, s’il avait fait illusion en zombie dans le récent Warm Bodies, son interprétation de Jack se révèle être aussi fade que ses aventures.
Mais le plus intriguant dans l’affaire reste le cas de Bryan Singer, réalisateur surestimé depuis le succès (mérité) de son second film : Usual Suspects, qui s’échine à vouloir faire du cinéma à grand spectacle alors que ce n’est visiblement pas son truc : X-Men, Superman Returns, Walkyrie
Si vous cherchez, en ce moment, un peu d’émerveillement au cinéma, suivez plutôt la route de briques jaunes du Monde fantastique d’Oz. Sam Raimi y a su redonner un peu de couleurs à un cinéma de divertissement bien mal en point à force d’être formaté.

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CAPTAIN AMERICA : First Avenger de Joe Johnston (2011)

Captain America - First Avenger : Affiche
New York, 1941, Steve Rogers, jeune homme frêle et chétif n’ayant pas froid aux yeux, cherche en vain à s’engager pour aller combattre les forces de l’Axe. Sa détermination et sa grandeur d’âme vont, cependant, attirer l’attention d’un scientifique qui dirige un programme secret chargé de créer un super soldat…
On pouvait tout craindre d’une nouvelle adaptation cinématographique de ce super héros patriote, portant costume et bouclier aux couleurs du drapeau américain, créé en 1941 pour soutenir la propagande et l’effort de guerre américain contre la menace nazie.
Heureusement, Captain America a le bon goût de suivre l’exemple du Iron Man de Jon Favreau plutôt que celui du Thor de Kenneth Branagh. On retrouve donc ici un habile cocktail d’action et d’humour qui respecte les personnages de la bande dessinée d’origine tout en y injectant une bonne dose de second degré. Le regard ironique porté sur les débuts du super soldat transformé dans un premier temps en meneur de revue est un des moments surprenants de ce film plutôt bien ficelé.
Que les fans du Captain se rassurent, le super héros aura sa revanche sur les moqueurs et sa minute de gloire, toute patriotique. On ne se refait pas…
Le choix de Joe Johnston comme metteur en scène est également à porter au crédit de ce nouveau blockbuster à la gloire des productions Marvel. Le réalisateur de The Rocketeer, qui mélangeait déjà avec succès super héros de BD, seconde guerre mondiale et humour, ne pouvait être que l’homme de la situation. Et de fait, pour l’occasion, il recrée une Amérique en guerre plausible bien que totalement fantasmée. Surtout, il parvient à donner à l’ensemble une belle unité visuelle en soignant ses ambiances autant que ses effets, comme c’était le cas pour Wolfman, son précédent film. On passe ainsi d’une aile volante prisonnière des glaces, à une forêt brumeuse d’Europe abritant une inquiétante usine d’armement dans des séquences empreintes d’une certaine nostalgie. Celle d’une époque où il existait encore des types biens. C’est l’histoire d’un de ces gars que Joe Johnston a choisi de nous raconter plutôt que le énième récit des bastons d’un justicier en combinaison et le résultat, à défaut d’être original, est tout à fait plaisant.

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SLEVIN de Paul Mc Guigan (2006)


Même si il ne renouvelle pas le genre, ce petit polar futé se laisse regarder sans déplaisir grâce à un scénario habile qui lorgne du côté de Tarantino.
Personnages loufoques, situations incongrues, récit fragmenté et répliques qui tuent s’enchaînent sans temps mort jusqu’à un final surprenant quoiqu’un peu cousu de fils blancs. Surtout, ce film fait la part belle aux acteurs qui s’en donnent à cœur joie.
Bruce Willis, en second couteau de luxe, affûte ses armes et ses répliques avec une dérision réjouissante. Lucy Liu fait preuve d’une belle fantaisie et Morgan Freeman et Stanley Tucci assurent et assument leur personnage comme personne.
Pourtant, malgré toutes ces qualités, on ne peut s’empêcher de penser que Slevin serait moins réussi sans l’abattage de Ben Kingsley – qui confirme ici ses grands talents d’acteur en composant un parrain rabbin délirant – et la distanciation comique dont fait preuve Josh Hartnett, vraie révélation de ce séduisant petit film de gangsters.

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