L’ÂGE DE GLACE 5 : LES LOIS DE L’UNIVERS de Mike Thurmeier et Galen T. Chu (2016)

Affiche du film L'âge de glace 5
Scrat, toujours aussi gland, libère une soucoupe volante coincée dans la glace et provoque la création de notre système solaire accompagnée d’une pluie de météorites dont la plus grosse menace de détruire la terre. A moins que Manny, sa famille et ses nombreux amis ne parviennent à sauver le monde.
Après une dérive des continents qui laissait de glace, ce nouvel épisode rectifie le tir et choisit l’option du délire S.F. où Scrat et Sid mènent le bal. Diego se contentant de jouer les faire-valoir et Manny de nous faire barrir avec ses soucis domestiques.
Il est vraiment loin le temps où les trois amis, et l’électron libre Scrat, étaient le noyau dur d’une saga qui aujourd’hui se disperse autour d’un trop grand nombre de personnages et d’intrigues annexes.
Le scénario n’apporte pas grand-chose à son postulat de base et ce nouveau périple se contente de disséminer ses gags (plus ou moins bons) tout en jouant sur le capital sympathie de nos héros qui doivent, cette fois, affronter des méchants plus bêtes qu’effrayants.
Le Big Bang annoncé ressemble une fois de plus à un pétard mouillé, on aurait pourtant aimé que cet âge de glace se termine en beauté.

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STAR TREK SANS LIMITES de Justin Lin (2016)

Affiche du film Star Trek Sans Limites
Sollicité pour un sauvetage dans une contrée inexplorée de l’espace, l’équipage de l’USS Enterprise tombe dans un piège…
Après avoir brillamment relancé (avec Star Trek et Star Trek Into Darkness) une série devenue aussi poussiéreuse que ses acteurs, J.J. Abrams a décidé de passer la main pour se consacrer à une galaxie lointaine, très lointaine.
Il a malheureusement eu la mauvaise idée de laisser les clefs du vaisseau à Justin Lin, le tâcheron en charge d’un grand nombre de Fast & Furious. Devant sa caméra, les scènes d’action – trop sombres et filmées avec les pieds – deviennent vite incompréhensibles et se transforment en une exaspérante bouillie visuelle.
Heureusement que les acteurs s’imposent définitivement dans leurs rôles et que le scénario, co-écrit par Simon Pegg, fait preuve de pas mal d’humour tout en renouant avec la mission première de l’équipage : l’exploration de mondes inconnus.
Seule faute de goût, l’utilisation du Rock’n’roll comme d’un medium forcément rebelle capable de détruire une flotte ennemie ! Un cliché qui semble aussi sans limites, même dans ce futur lointain.
Les petits malins du marketing l’ont compris, Star Trek et le Rock’n’roll c’est avant tout « Longue vie et prospérité » pour le tiroir-caisse…

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MISSION IMPOSSIBLE : ROGUE NATION de Christopher McQuarrie (2015)

Affiche du film Mission Impossible 5 : Rogue Nation
Jugé bien trop incontrôlable, le groupe Mission Impossible est démantelé par le gouvernement américain tandis que leur leader, Ethan Hunt, est traqué par une mystérieuse organisation : Le Syndicat.
Après avoir fait des étincelles avec l’excellent thriller Jack Reacher, le duo Christopher McQuarrie / Tom Cruise se reforme pour enfin allumer la mèche de Mission Impossible et offrir le meilleur épisode de cette licence cinématographique.
Un retour aux sources en forme d’hommage (avec clin d’œil au générique original et disque vinyle qui s’autodétruit) qui retrouve l’esprit de la série, dénaturée depuis le premier film pour mettre en avant le personnage interprété par Tom Cruise au détriment de son groupe.
Ici, l’équipe reprend petit à petit sa place autour de Ethan Hunt et le scénario fait de nouveau la part belle aux manipulations, infiltrations et coups de théâtre qui faisaient le charme du célèbre programme télé. Le rôle principal féminin se voit aussi plus étoffé. Rebecca Ferguson loin de jouer les jolis faire-valoir a autant d’importance dans l’intrigue que Barbara Bain en son temps.
Que les amateurs d’action se rassurent, Christopher McQuarrie n’oublie pas d’insérer dans son récit une bonne dose de cascades et de sensations fortes et prouve, une nouvelle fois, qu’il n’a pas son pareil pour filmer les courses poursuites.
Tout comme il a le bon goût d’apporter un peu d’humour à ces aventures en étoffant le rôle de Simon Pegg (au détriment de Jeremy Renner relégué au second plan) et en continuant de creuser le sillon de l’autodérision qui avait plutôt réussi à sa vedette dans Edge of Tomorrow.

Photo Rebecca Ferguson en position de tir sexy
La mise en scène élégante (Ah, ce plan sensuel sur les longues jambes de Rebecca Ferguson s’apprêtant à faire feu…) aux ambiances travaillées (rappelant l’atmosphère d’anciens films d’espionnage comme Le troisième homme) achève de donner à ce Mission Impossible : Rogue Nation toutes les qualités requises pour un divertissement haut de gamme.
Vivement le prochain film du tandem pour qui, désormais, rien ne semble mission impossible.

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LE DERNIER PUB AVANT LA FIN DU MONDE de Edgar Wright (2013)

Affiche du film Le dernier pub avant la fin du monde
Cinq amis d’enfance se retrouvent pour terminer un Barathon qu’ils n’avaient pu achever une vingtaine d’années plus tôt.
Le temps d’une nuit, les voilà de nouveau en piste, à l’assaut des douze pubs de la ville où ils ont grandi sans se douter que Newton Haven est en proie à une invasion du troisième type.
Six ans après Hot Fuzz qui pastichait avec plus ou moins de bonheur les codes des films d’action, Simon Pegg et Nick Frost retrouvent le réalisateur de Shaun of the dead pour un hommage alcoolisé aux films d’invasion extraterrestre. Sans doute moins abouti que la comédie sur les morts vivants qui les a fait connaître, Le dernier pub avant la fin du monde n’en reste pas moins efficace en reprenant la structure narrative qui avait fait le succès de leur premier film et en exploitant jusqu’à l’ivresse la thématique – déjà très présente – du pub : ultime refuge quand rien ne va plus.
L’intrigue, coécrite par Simon Pegg et Edgar Wright, commence donc par prendre son temps pour mieux nous décrire les cinq compagnons de beuverie. Petit à petit, après chaque verre consommé, se dévoile leur caractère, leurs fêlures et surtout leurs regrets d’une époque révolue. Les deux scénaristes en profitent au passage pour régler leurs comptes avec nos sociétés de plus en plus standardisées, où l’uniformisation atteint jusqu’au plus petit débit de boisson, et prônent en riant le droit à l’ivresse et à la connerie, valeurs fondamentales de l’humanité.
Adeptes du mélange des genres – et après s’être offert les services d’un ancien agent 007 dans Hot Fuzz avec Timothy Dalton – les deux auteurs font un doublé Bondien en invitant dans leur hymne à la bière : Pierce Brosnan et Rosamund Pike, autrefois réunis dans Meurs un autre jour et tous deux fort convaincants dans le registre de l’autodérision.
Mais si une palme de l’interprétation biturée existe, elle revient sans conteste aux cinq acteurs principaux dont le jeu, virtuose, monte en charge à mesure que l’alcoolémie de leur personnage augmente et que le récit part en vrille. Ils nous offrent alors un réjouissant florilège de mots qui fourchent, de théories sérieusement fumeuses et de discussions sans queue ni tête propre aux délires éthyliques des piliers de bar. Un florilège de brèves de comptoir qui culmine avec deux magnifiques combats de pochtrons qui risquent de laisser plusieurs spectateurs sur le cul, sec ! Il faut dire qu’Edgar Wright n’a pas lésiné sur les effets spéciaux qui, loin d’être saoulant, en mettent plein la tête.
Cependant, la plus grande réussite du film tient surtout au fait que le doute subsiste en permanence sur les mésaventures de nos « cinq mousquetaires ». Véritable invasion ou simple délire de poivrots ? Le réalisateur laisse à chacun son interprétation tandis que ses héros ivre mort dévissent des têtes comme d’autres des bouteilles.
Adeptes de la cinématographie et de la soûlographie réunies, ne manquez pas cette invasion des profanateurs de pubs qui clôt, de manière explosive, une gouleyante trilogie parodique dont on reprendrait volontiers une petite pinte.
Santé, les gars !

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STAR TREK INTO DARKNESS de J.J. Abrams (2013)

Affiche du film Star Trek Into Darkness
Un homme aux capacités intellectuelles et physiques hors norme s’en prend à Starfleet dans des attentats de grande ampleur.
Désireux de se venger, le capitaine Kirk entraîne son équipage à la poursuite du terroriste au risque de déclencher une guerre globale avec une race extraterrestre hostile : les Klingons.
Après avoir donné en 2009 un salutaire coup de jeune à une série qui avait fini par sombrer sur grand écran dans une suite de films kitsch et poussifs, J.J. Abrams reprend à nouveau en main la destinée du capitaine Kirk et de son équipage qu’il parvient à propulser, grâce à une mise en scène d’une extrême fluidité, dans des péripéties encore plus trépidantes.
Si action, humour et émotion forment le même cocktail de base, Star Trek Into Darkness bénéficie cette fois d’un méchant d’envergure, campé par un formidable Benedict Cumberbatch qui efface la fade prestation d’Eric Bana dans l’opus précédent. Tandis que face à lui, Chris Pine, Zachary Quinto, Simon Pegg et le reste de la distribution reprennent avec conviction les personnages qu’ils avaient contribué à dépoussiérer il y a 4 ans.
Côté scénario, Abrams continue d’explorer avec intelligence les multiples possibilités offertes par le paradoxe temporel déclenché dans le Star Trek de 2009. En revisitant à l’envers Star Trek II : La colère de Khan, il adresse de savoureux clins d’œil aux fans sans perturber les spectateurs qui ne connaissent rien à l’univers créé par Gene Roddenberry.
Dommage que la 3D n’apporte rien, sinon obscurcir une image déjà volontairement sombre, et que quelques scènes d’émotion (la dispute amoureuse entre Spock et Uhura…) cassent bêtement le rythme du récit en d’inutiles et improbables conversations.
Efficace, drôle et inventive cette nouvelle aventure est certainement la mission la plus réussie de l’Enterprise.

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MISSION IMPOSSIBLE : PROTOCOLE FANTÔME de Brad Bird (2011)

Affiche du film Mission Impossible Protocole fantôme
L’équipe Mission : Impossible est dans la mouise. Accusée d’avoir détruit le Kremlin, elle est traquée par la police russe et abandonnée par ses supérieurs qui nient avoir eu connaissance de leurs agissements. Ethan Hunt et ses compagnons vont devoir se débrouiller seuls pour trouver les véritables terroristes et se disculper des charges qui pèsent contre eux.
Tu sectes tu es malin, Tom !
Lâché par ton public, que tes délires fanatiques saturent.
Lâché par les producteurs, qui ne voient plus en toi le messie du box office.
Tu décides de jouer ton va-tout et de relancer la licence qui a fait ton succès.
Prêt à l’impossible, tu te sers de la situation désespérée de ton personnage comme d’une métaphore de tes problèmes.
Et comme tu sectes tu dois bien t’entourer pour de nouveau envoûter les foules, tu décides de faire appel (comme pour Mission : Impossible 3) à un réalisateur novice dans le domaine du cinéma d’action.
Mais là où J.J. Abrams avait une certaine expérience du genre grâce à sa série Alias, Brad Bird n’a pour lui que sa pratique, ô combien maîtrisée du Géant de fer à Ratatouille, du dessin animé.
Et c’est bien là le problème ! Ton réalisateur semble hésiter en permanence entre le film d’action classique et sa parodie, qu’il avait brillamment abordée dans Les Indestructibles. Mais les situations décalées, qui fonctionnent avec des personnages animés, tombent un peu à plat avec des acteurs bien réels. Lors de l’ascension de la tour Burj Khalifa de Dubaï, le gag du gant qui revient se coller contre la paroi du building, s’il est drôle en soi, désamorce le peu de crédibilité de la scène et évacue définitivement toute tension dramatique.
Sectes tu vises également à concurrencer la série des James Bond avec ton générique très graphique, tes espionnes sexy (quoique, dans le genre, Léa Seydoux soit plus fadasse que fatale) et tes nombreux rebondissements ?
Eh, Tom ! Tu sectes tu retardes ?
Roger Moore, ses gadgets et ses clins d’œil humoristiques datent un peu dans le secteur de l’espionnage, surtout depuis que Daniel Craig est venu donner du sang neuf à la saga 007.
Mais ça, apparemment, tu t’en moques. Trop occupé à courir après le succès.
En parlant de courir, tu sectes que tu sprintes toujours comme un con, droit dans tes bottes et dans tes certitudes (une course qui n’aurait pas déplu aux Monthy Python et à leur fameux ministère des démarches ridicules).
Mais bon, tu t’en fous car le film fait un tabac et ne va pas te laisser à secte.
Finalement, tu as réussi, in extremis, à endormir tout le monde – grâce à un méchant aussi fantomatique que ton protocole – et à te faire plein de nouveaux fidèles, euh… de nouveaux fans !
Mission Réussie, donc.
Ron Hubbard peut être fier de toi !

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LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg (2011)

Affiche de Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne
Tintin, jeune reporter belge, achète sur un marché aux puces la maquette d’un vieux galion : La Licorne. Un objet très convoité qui va l’emporter dans des aventures mouvementées à la rencontre du capitaine Haddock…
Avec Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne, c’est pour Steven Spielberg l’aboutissement d’un projet de 30 ans qui se concrétise sur grand écran. (Le cinéaste avait découvert le héros d’Hergé à la sortie de son film Les aventuriers de l’arche perdue (1981), après qu’un journaliste lui ait dit avoir trouvé des similitudes entre Tintin et Indiana Jones). Afin d’adapter au mieux la célèbre bande dessinée, Steven Spielberg décide – sur les conseils de Peter Jackson – de transposer à l’écran l’œuvre d’Hergé à l’aide de la « Performance Capture » utilisée pour donner vie aux Na’vi d’Avatar de James Cameron. Grâce à ce procédé, à mi-chemin entre la prise de vue réelle et le dessin animé, on comprend dès les premières minutes du film que le pari fou du réalisateur d’E.T. est, en partie, gagné en parvenant à redonner vie aux années 40 dessinées par Hergé. D’autant que Spielberg soigne particulièrement ses ambiances : du quartier où habite Tintin à la découverte nocturne du château de Moulinsart, qui est certainement la plus belle et mystérieuse scène du film.
Portée par de solides comédiens, l’utilisation de la Performance Capture est particulièrement convaincante et s’est beaucoup amélioré depuis Le Pôle Express et Beowulf de Robert Zemeckis. Les personnages ont troqué leurs yeux de poissons morts pour des regards beaucoup plus expressifs. Des regards qui surprennent, ici, puisque les héros d’Hergé n’ont, paradoxalement, que deux points noirs pour représenter leurs yeux.
Autre étrangeté, dont on ne sait si elle est due au procédé de captation de mouvement, les Dupondt et le capitaine Haddock ont le visage étrangement rond et bouffi. Le cinéaste, sans doute conscient de ces différences un peu perturbantes, s’amuse de cette transition dès le début de son film où, sous forme d’une animation plus traditionnelle, il truffe le générique de références visuelles aux premières aventures de Tintin. Le passage de témoin d’un univers à l’autre se faisant de la main même d’Hergé qui, en caricaturiste sur le marché aux puces, croque le héros de cinéma en le dessinant avec son visage de papier.
Après le retour raté d’Indiana Jones il y a trois ans, l’univers d’Hergé semble donner une cure de jouvence à Spielberg. A l’image du générique plein d’inventivité qui évoque celui de Arrête-moi si tu peux et de la mise en scène énergique, remplie de clins d’œil à ses premiers films : la houppe de Tintin sortant de l’eau et fendant les flots en direction de ses adversaires évoque immanquablement l’aileron du requin des Dents de la mer fonçant sur ses proies.
Le scénario n’est pas en reste qui mélange habilement les albums Le secret de la Licorne et Le crabe aux pinces d’or en faisant la part belle aux aventures trépidantes du reporter.
Toutefois, en mettant un peu trop l’accent sur les multiples rebondissements du récit, il oublie de créer des moments de pause qui auraient permis de développer un peu plus la psychologie des personnages et d’apprécier pleinement la beauté et la variété des décors. Cette absence de temps morts finit par parasiter l’intrigue qui en devient, par moment, confuse.
Mais le principal regret vient du capitaine Haddock. Devant la caméra de Spielberg, le marin colérique et alcoolique (parfait contrepoint du très lisse Tintin) semble s’assagir au point de devenir quasiment abstinent à la fin du film. Perdu dans le désert et complètement assoiffé, il ne prend même plus Tintin pour une bouteille de champagne, c’est dire…
Si il est vrai que cette tentation du politiquement correct se manifestait dans les derniers albums d’Hergé, il est vraiment dommage qu’elle apparaisse dès les premières aventures cinématographiques du tandem. Une concession de plus aux ligues de vertu qui, pour protéger la santé de nos enfants, ont fait disparaitre la cigarette de Lucky Luke et la pipe de M. Hulot.
Malgré cette agaçante édulcoration, Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne est un agréable divertissement (auquel la 3D n’apporte, une fois de plus, pas grand-chose, sinon des sous dans la poche des studios qui l’ont produit) qui laisse espérer de très prochaines aventures pour tous les jeunes de 7 à 77 ans.

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