KONG : SKULL ISLAND de Jordan Vogt-Roberts (2017)

Affiche du film  Kong Skull Island
Pas de quoi jouer du Konga ou se Kongratuler devant cette nouvelle mouture qui ferait presque passer le King Kong de Peter Jackson pour un film Art et Essai.
Voulant se démarquer de la version de 1933, Jordan Vogt-Robert tente de donner à son film de monstres une touche Apocalypse Now en situant son film en 1973, à la fin de la guerre du Vietnam.
Si l’intention est là, cette nouvelle expédition sur l’île du grand Kong relève plus de la catastrophe que de l’apocalypse. Les personnages sont aussi creux et stéréotypés que leurs adversaires géants numériques et les scènes d’action prêtent plus à sourire qu’à frémir. Mention spéciale pour le lieutenant-colonel Packard affrontant, sans ciller ni griller, le regard de Kong au milieu d’un brasier ou pour l’utilisation inKongrue d’un masque à gaz par Conrad l’aventurier.
Au milieu de ce spectacle à la bêtise Kongénitale, les acteurs passent leur temps à prendre la pose d’un air Kongestionné. John Goodman joue sans conviction les retors de service, l’horripilant Samuel L. Jackson cachetonne encore une fois dans un film à gros budget, Brie Larson écarquille les yeux, bouche ouverte. Quant à Tom Hiddleston, on le verrait plus Bond-issant dans le rôle de James que dans celui de cet aventurier ectoplasmique.
Il serait peut-être judicieux d’oublier cette Skullcul Island et de Kongeler définitivement son fameux bestiaire pour enfin passer à autre chose. Mais après avoir visionné la scène post-générique, il est hélas permis d’en douter…

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MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS de Tim Burton (2016)

Affiche du film Miss Peregrine et les enfants particuliers
Un jeune homme bercé depuis l’enfance par les histoires fantastiques de son grand-père découvre, à la mort de ce dernier, que le mystérieux refuge pour enfants particuliers tenu par Miss Peregrine existe bel et bien et qu’il est sans doute le seul à pouvoir les sauver du danger qui les menace.
En adaptant le roman de Ransom Riggs, Tim Burton effectue un agréable retour aux sources en revisitant certains de ses thèmes favoris.
L’enfance et le passage à l’âge adulte y sont une nouvelle fois abordés au travers de son univers où se mêlent toujours, avec bonheur, effroi et enchantement. Le cinéaste en profite au passage pour faire quelques clins d’œil à certaines de ses productions, de Edward aux mains d’argent à L’étrange Noël de monsieur Jack.
Loin d’avoir perdu sa griffe, Tim Burton propose avec ses enfants aux talents singuliers une alternative onirique et poétique aux belliqueux X-Men du professeur Xavier ainsi qu’un bel éloge de la différence.
La première partie du film, riche en surprises, offre son lot de personnages originaux et attachants tandis que la seconde, plus classique dans son combat contre les forces du mal, nous gratifie de quelques scènes jubilatoires dont une amusante bataille menée par une armée de squelettes, hommage à Jason et les Argonautes de Don Chaffey.
L’épatante distribution, où brille le talent du jeune Asa Butterfield, n’est pas non plus pour rien dans la réussite de Miss Peregrine et les enfants particuliers.
Enterré un peu vite après quelques films sans saveur, Tim Burton prouve une nouvelle fois qu’il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il cultive ses obsessions si particulières.

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LES HUIT SALOPARDS de Quentin Tarantino (2016)

Affiche du film Les huit salopards
Pour échapper au blizzard, un chasseur de primes et sa prisonnière trouvent refuge dans un relais de diligences en compagnie de cinq autres voyageurs. Amis ou ennemis ?
Car cela fait, tout de même, beaucoup de monde au même endroit au même moment.
Huit salopards pour le huitième Tarantino qui, comme le numéro de son film, semble désormais tourner sur lui-même… à l’infini.
Transformer un genre plutôt porté vers les grands espaces en un huis clos tendu était plutôt une bonne trouvaille. Mais cette idée, le cinéaste ne la transcende jamais, préférant cantonner son western à un spectacle de (grand) Guignol verbeux et creux. Retirez les interminables dialogues – ou carrément certains chapitres – et il ne reste guère plus d’une heure d’intrigue sur les 2h48 que dure le film.
Les acteurs plutôt convaincants (notamment l’étonnant numéro de Jennifer Jason Leigh qui tient la dragée haute à ses partenaires masculins) en sont réduits à caricaturer les pantins qu’ils interprètent pour tenter de leur donner un peu d’épaisseur. Peine perdue, même avec des accents à couper au couteau et en abusant de la caféine, Les huit salopards s’embourbent dans un exercice de style autosatisfait, gore et théâtral. Les chiottes ont beau être plantées à l’écart, entre l’écurie et le relais de diligences, Tarantino se réjouit d’aller vider ses tripes entre le bar et le feu de cheminée de l’auberge de Minnie.
Affiche américaine du film Les huit salopardsPlus qu’à The Thing de Carpenter (dont le film reprend l’acteur principal, Kurt Russell, et un groupe d’hommes isolé au milieu d’une tempête de neige) c’est à une enquête d’Agatha Christie au Far West que le dernier film de Tarantino fait penser, avec Samuel L. Jackson dans le rôle de l’Hercule Poirot de service. Sauf que la romancière anglaise avait un sens de la chute et du rebondissement que ne possède pas ici le réalisateur de Django Unchained, qui nous fait poireauter des plombes avant de dégainer son secret de Polichinelle.
Nul doute que tourné par un inconnu, ce long carnage aurait été flingué par le public et la critique. Mais, plus que son talent d’écriture, Quentin Tarantino a surtout l’art de jeter de la poudre aux yeux. Espérons que pour son neuvième film, il réalise enfin quelque chose de neuf !

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KINGSMAN : SERVICES SECRETS de Matthew Vaughn (2015)

Affiche du film Kingsman : Services secrets
KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique et de l’élégance, est à la recherche de sang neuf.
Pour recruter leur nouvel agent secret, elle fait subir un entraînement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune voyou impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy.
Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie ?
S’il fait souvent référence à James Bond et s’amuse à en analyser les ressorts (poncifs ?) dramatiques pour mieux les détourner, Kingsman : Services secrets s’inspire plus volontiers de la série Chapeau melon et bottes de cuir avec ses agents secrets en costumes trois pièces aux noms de code empruntés aux chevaliers de la table ronde. Habiles à manier toutes sortes d’armes pour se battre, parapluies compris.
Il y a aussi un peu de Harry Palmer, l’espion à lunettes qu’interprétait Michael Caine dans les années 60, dans le personnage d’Harry Hart incarné avec flegme et élégance par Colin Firth.
Si le film vaut le détour c’est principalement grâce à sa présence et à la mise en scène inventive de Matthew Vaughn qui réinvente, notamment, la manière de filmer les bagarres, fluides et épileptiques à la fois.
L’intrigue est plus classique et, hormis un surprenant coup de théâtre au deux tiers du film, respecte sagement les conventions du genre. Il n’y a effectivement rien de « fun » ni de « pop » – comme le vendent certaines affiches du film – dans une histoire qui prône quand même en filigrane un retour aux traditions. Pour être sélectionné, le jeune héros (Taron Egerton assez peu charismatique) doit abandonner son côté rebelle pour rentrer dans le rang et arborer le costume cravate. Si c’est ça être rock’n’roll !
Et puis qu’y a-t-il de jouissif et de jubilatoire à voir des centaines de têtes exploser de façons psychédéliques ou à filmer, même si c’est avec maestria, des gens s’entretuer dans une église dans une séquence d’une ahurissante gratuité et d’une indécente complaisance ? Comme si l’abus de sang et de trucages numériques dédouanait de tout sens moral ce genre de scènes proche du jeu vidéo.
Si l’on excepte l’horripilant cabotinage de Samuel L. Jackson avec son cheveu sur la langue, Matthew Vaughn a su s’entourer de bons seconds rôles pour faire avaler la pilule de son ambigu spectacle. De Mark Strong, dans un rôle enfin sympathique, à Mark Hamill en passant par Michael Caine qui joue presque toutes ses scènes assis – amusant clin d’œil pour un film d’action – ils permettent à Kingsman : Service secrets de ne pas être tout à fait vain.

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AVENGERS 2 : L’ÈRE D’ULTRON de Joss Whedon (2015)

Affiche du film Avengers 2 : l'ère d'Ultron
Pour maintenir la paix sur la planète et protéger l’humanité en cas de nouvelles attaques extraterrestres, Tony Stark décide de créer Ultron : une intelligence artificielle supérieure capable notamment de contrôler la légion des Iron Man.
Mais Ultron se retourne contre son créateur en décidant que les humains sont la première menace à éliminer sur terre.
Face à cette entité aux pouvoirs exponentiels, les Avengers risquent d’être rapidement dépassés. A moins que des nouveaux venus…
La barre était haute à franchir pour Joss Whedon après le succès planétaire de son Avengers et grande devait être la tentation de reproduire la même formule gagnante pour ne pas décevoir les fans. Mais, en oubliant d’insister sur les fêlures et les gros conflits d’égo de ses personnages pour ne se concentrer que sur les nombreuses batailles, le réalisateur s’est hélas fourvoyé dans le dosage de ses ingrédients.
Alors, pendant 2h20, le spectateur voit se succéder de longues bouillies guerrières (les actions vont si vites – et sont si mal filmés – qu’on les devine plus qu’on ne les voit vraiment) et de courtes bouillies romantiques (l’improbable vie de famille d’Œil de Faucon et l’idylle entre Bruce Banner et Natasha Romanoff) pour un brouet qui devient vite indigeste et aussi lourd que le marteau de Thor.
Il faut dire qu’Ultron est loin d’avoir le charme de Loki et qu’il finit par rendre les affrontements à son image : terriblement mécaniques, désincarnés et chiants !
Heureusement qu’un peu d’humour subsiste çà et là – merci Robert Downey Jr – et que l’apparition de nouveaux personnages, Vision notamment, permettent de capter un peu l’attention ailleurs que sur ces répétitifs combats destinés à savoir qui aura la plus grosse… explosion.
En parlant de destruction, saluons tout de même Joss Whedon dont la principale réussite, avec ses deux Avengers, sera d’être parvenu à mettre au point des films de guerre « propre » où des villes entières sont pulvérisées sans qu’il n’y ait jamais de pertes humaines – du moins visible à l’écran – et sans que cela ne choque personne.
Une guerre à l’échelle planétaire aussi insipide qu’un jeu vidéo pour enfants, vous en rêviez ?
Marvel l’a fait.

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CAPTAIN AMERICA : LE SOLDAT DE L’HIVER de Anthony Russo et Joe Russo (2014)

Affiche du film Captain America : Le soldat de l'hiver
Alors que Steve Rogers, alias Captain America, s’adapte lentement aux mœurs du XXIème siècle, le S.H.I.E.L.D. devient le centre d’une dangereuse conspiration tandis qu’un surprenant ennemi se dresse devant le super soldat.
C’est sous le signe de la perte des repères que se déroulent les nouvelles aventures du super héros patriote.
Avec le départ de Joe Johnston à la mise en scène, le « type bien » décrit dans Captain America : First Avenger est dépossédé de tout ce qui faisait son charme : un second degré bienvenu et une ambiance rétro nostalgique.
Avec l’arrivée des frères Russo derrière la caméra, le pauvre Captain met les deux pieds et le bouclier dans la modernité et se trouve habillé pour l’hiver, entre humour balourd et scènes d’action filmées avec les pieds. L’attaque du navire au début du film est d’ailleurs emblématique de ces nouveaux réalisateurs qui pensent pouvoir filmer une scène d’action – à grand renfort d’images de synthèse – sans la chorégraphier, juste en agitant la caméra et en masquant les faux raccords par un montage épileptique.
XXIème siècle oblige, les deux apprentis cinéastes plongent leur héros falot dans un monde sans valeurs morales où l’on ne peut plus se fier à personne. Belle idée sur le papier, mais leur petite tentative de thriller politique – que cautionne la présence d’un Robert Redford fatigué – fait là aussi long feu rattrapée par les coups de feu, bastons et poursuites inhérents à ce genre de productions. A tel point qu’ils en oublient le principal, ce fameux soldat de l’hiver et le lien si particulier qui l’unit à notre héros au bouclier étoilé. On imagine ce que Joe Johnston aurait pu tirer d’une telle confrontation, ainsi que des retrouvailles de Steve Rogers avec son amour d’antan. Hélas, nos deux Russo leurs préfèrent le charme faussement slave d’une fade veuve noire à la moue boudeuse et les envolées poussives d’un faucon déplumé.
Après un lancer prometteur, le retour de bouclier du Captain Amérique assure le spectacle mais a vraiment de quoi laisser sceptique.

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ROBOCOP de José Padilha (2014)

Affiche du film Robocop
Victime d’un attentat, un flic intègre est transformé en cyborg pour les besoins d’un grand groupe industriel qui cherche à remplacer les policiers par des machines.
Pas question, pour autant, de laisser son libre arbitre à ce prototype de policier mi-homme, mi-robot qui pourrait ralentir leur projet d’expansion.
Qui de l’homme ou de la machine aura le dernier mot ?
Les remises au goût du jour d’anciens succès cinématographiques des années 80 sont devenues depuis quelques années un genre à part entière à Hollywood et se caractérisent, bien souvent, par leur médiocrité.
Alors que penser de ce remake du film de Paul Verhoeven qui ne brillait déjà pas par sa finesse et valait surtout pour ses effets spéciaux ? Contre toute attente, la nouvelle version de José Padilha s’avère plus distrayante que son modèle et beaucoup plus enlevé.
Le nouveau Robocop (effets numériques obligent) est plus véloce que son aîné et le scénario a été habilement revisité pour coller à l’air du temps. Le méchant industriel teste ses robots sur des conflits à l’étranger, délocalise ses usines de construction en Asie et manipule l’opinion avec ses conseillers en communication. Bref, c’est un « pur patriote » comme l’appelle Pat Novak, un animateur télé charismatique aux discours sécuritaires et à la coupe de cheveux crantée qu’interprète avec délectation Samuel L. Jackson.
Gary Oldman et Michal Keaton complètent agréablement la distribution dont le seul point faible est… l’acteur principal : particulièrement inexpressif. Un handicap mineur, voir un avantage, puisque Joel Kinnaman est rapidement transformé en robot !
Sans être inoubliable, cette nouvelle mise en boîte du policier en fer blanc a le mérite de ne pas trop sentir la conserve recyclée.

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