LA BELLE ET LA BÊTE de Bill Condon (2017)

Affiche du film La Belle et la Bête
Au 18ème siècle, en France, la rencontre mouvementée entre Belle, jeune femme indépendante éprise de littérature, et la Bête, un être maudit dont la repoussante apparence cache un séduisant prince charmant.
Ils sont venus, ils sont tous là (les Ewan Mc Gregor, Emma Thompson, Stanley Tucci, Ian McKellen…) pour cette « histoire éternelle » comme le clame la chanson du dessin animé Disney sorti en France en 1992 et dont ce film est la copie avec de véritables comédiens.
Le problème, c’est que la plupart de ces grands noms font partie du mobilier et qu’on ne les reconnait pas. Par contre, ce qui saute immédiatement aux yeux (et aux oreilles) c’est ce 18ème siècle d’opérette, aux décors kitsch, tout droit sorti d’un parc Disney. Une sorte d’énorme meringue indigeste à la sauce Broadway plus abêtissante que satisfaisante pour l’amateur de comédies musicales d’antan.
Pas de quoi se faire la belle pour autant. La force du conte, la qualité des effets spéciaux et l’entrain des acteurs non grimés (Emma Watson et Luke Evans – parfait Gaston – en tête) permettent de prendre un certain plaisir à cet énorme pudding même s’il est dénué de grâce et de fantaisie.
Condon n’est pas Cocteau, mais les enfants – et leurs parents nostalgiques du dessin animé – n’en auront cure séduits par ce spectacle sucré et coloré à souhait.

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CINQUANTE NUANCES PLUS SOMBRES de James Foley (2017)

Affiche du film 50 nuances plus sombres
Toujours produit par Univers sale, le bien nommé, la suite de Cinquante nuances de Grey annonce d’entrée sur son affiche « Plus aucune règle ».
Ça commence bien !
Anastasia Steele serait-elle enceinte, voire déjà ménopausée ?
Rien de tout ça, rassurez-vous. La belle semble même en avoir fini avec son herpès labial (elle ne se mordille plus la lèvre inférieure) ainsi qu’avec le riche bellâtre brun Christian Grey.
Elle travaille aujourd’hui comme assistante dans une maison d’édition sous la direction d’un autre bellâtre, blond celui-là, qui se dit intello et que l’on suppose éditeur. La preuve, il se promène dans son bureau avec un crayon coincé sur l’oreille.
Le plus inquiétant c’est que ce type s’appelle Hyde et que la godichonne (en un seul mot) n’a, semble-t-il, jamais lu de roman de Stevenson. Pas méfiante pour deux sous, va-t-elle tomber entre les griffes de ce pervers ?
C’est sans compter sur le retour inopiné (en un seul mot) de Christian.
S’il y a des nuances plus sombres dans ce film, elles sont foutrement bien cachées.
Ici, tout n’est que luxe, « glam » et vacuité.
C’est peu dire qu’il ne se passe rien. Quasiment aucune action (du vin jeté au visage, une voiture peinturlurée et le crash escamoté d’un hélicoptère) au milieu d’un océan de dialogues ineptes.
Lorsque Christian propose un repas à Anastasia pour tenter de la reconquérir, elle ne trouve rien de mieux que de lui dire : « Très bien, je vais dîner avec toi parce que… j’ai faim ».
Et quand – enfin !!! – il la conduit à un lit encore toute habillée, la belle empressée exprime son désarroi par un saisissant : « Je suis trop couverte ! ».
Pour le reste, Anastasia se contente de terminer ses phrases par des petits « Oh, my god ! » censées illustrer son trouble à chaque fois que Monsieur lui déballe tout son matériel.
Les fameuses boules de Geisha notamment, dont la gentille oie blanche à peur qu’elles ne finissent dans son derrière. Heureusement, en bon mâle dominant, Christian va vite lui faire comprendre que ses craintes sont sans fondement et que ce n’est pas demain qu’elle se fera appeler Anustasia.
Dès lors, elle ne s’effraie même plus lorsqu’il recommence à vouloir contrôler sa vie et qu’il lui avoue ne pas être pervers, juste sadique ! Le pauvre garçon fait payer aux soumises qu’il fesse un traumatisme de sa petite enfance.
Rassurée sur son comportement équilibré, Anastasia peut maintenant accepter sans crainte sa demande en mariage. D’autant que Chrichri la bricole n’arrête pas de la surprendre, lui faisant même découvrir – dans une cabine d’ascenseur bondée – qu’elle possède sous la jupe un bouton privé lui permettant de monter au septième… ciel. Oh my god !

Anastasia et Christian sont dans un ascenseur
Autour du couple mal assorti que forment Jamie Dornan et Dakota Johnson, le reste de la distribution est franchement pathétique. La palme revenant à Kim Basinger, méconnaissable avec son visage figé et inexpressif.
Botox ou abus de sperme sur le visage ? La question reste en suspens pour celle qui joue le rôle d’une patronne d’un salon de coiffure qu’elle a appelé : Esclava !
De quoi faire bouillir un peu plus l’esprit de ces dames qui lisent E.L. James sous leurs casques de coiffure.
Avec sa jeune ingénue, son homme très riche et ses scènes de sexe plus cucul que panpan… Ces « Harlequinades » cinématographiques n’ont vraiment rien de bandant !

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MY OLD LADY de Israël Horovitz (2015)

Affiche du film My old lady
Un américain divorcé et fauché (nommé Mathias Gold !) arrive à Paris pour prendre possession d’un héritage : un bel hôtel particulier situé dans le Marais.
Mais la somptueuse bâtisse est déjà occupée par Mathilde, une vieille dame de 92 ans, à qui son père avait acheté la demeure en viager.
Maggie Smith, Kevin Kline et Kristin Scott Thomas. Avec un tel trio, Israël Horovitz avait de quoi tiré un film plein d’esprit. Malheureusement, le résultat est aussi vieillot que la lady du titre et l’on peine à s’intéresser aux traumatismes familiaux des trois protagonistes.
L’intrigue, poussive, tombe rapidement dans le cliché parisien avec ses images de carte postale, sa musique à l’accordéon et ses comédiens français – Dominique Pinon, Stéphane Freiss, Noémie Lvovsky – qui jouent si bien les utilités pittoresques avec leur petit accent frenchy.
Face à eux, Kevin Kline ne sait s’il doit rire ou pleurer et tente d’oublier comme il peut, le goulot d’une bouteille vissé aux lèvres, que Maggie Smith joue devant lui en robe de chambre et charentaises. Quant à Kristin Scott Thomas, elle erre sans conviction dans les couloirs de la vaste demeure ou dans les rues de Paris tentant, vainement, d’apporter un peu de vie à ce drame d’un autre âge.
My old movie !

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L’HOMME IRRATIONNEL de Woody Allen (2015)

Affiche du film L'homme irrationnel
Synopsis : Source Allociné

Professeur de philosophie, Abe Lucas est un homme dévasté sur le plan affectif, qui a perdu toute joie de vivre. Il a le sentiment que quoi qu’il ait entrepris – militantisme politique ou enseignement – n’a servi à rien.Peu de temps après son arrivée dans l’université d’une petite ville, Abe entame deux liaisons. D’abord, avec Rita Richards, collègue en manque de compagnie qui compte sur lui pour lui faire oublier son mariage désastreux. Ensuite, avec Jill Pollard, sa meilleure étudiante, qui devient aussi sa meilleure amie. Si Jill est amoureuse de son petit copain Roy, elle trouve irrésistibles le tempérament torturé et fantasque d’Abe, comme son passé exotique. Et tandis que les troubles psychologiques de ce dernier s’intensifient, Jill est de plus en plus fascinée par lui. Mais quand elle commence à lui témoigner ses sentiments, il la rejette. C’est alors que le hasard le plus total bouscule le destin de nos personnages dès lors qu’Abe et Jill surprennent la conversation d’un étranger et s’y intéressent tout particulièrement. Après avoir pris une décision cruciale, Abe est de nouveau à même de jouir pleinement de la vie. Mais ce choix déclenche une série d’événements qui le marqueront, lui, Jill et Rita à tout jamais.

Voilà un synopsis à l’image de cet Homme irrationnel, aussi long que creux.
En réalisant un film par an, Woody Allen est devenu au cinéma ce qu’Amélie Nothomb est à la littérature, un passage obligé qu’il est bon d’aimer avant d’être vite oublié.
Ce nouvel opus ne fait pas exception à la règle et propose une intrigue simplette prétexte à beaucoup de blabla qu’alourdissent deux voix off. Le tout entrecoupé de morceaux de jazz.
Joaquin Phoenix et Emma Stone en font des tonnes pour compenser un récit sans intérêt sur les affres existentielles qui vire, par un prétexte factice, à la comédie policière un peu noire.
Une agaçante désinvolture qui serait loin de faire l’unanimité si elle n’était pas associée au nom de Woody Allen.

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LA LA LAND de Damien Chazelle (2017)

Affiche du film La La Land
Le destin et les amours contrariés d’une comédienne débutante et d’un pianiste de jazz à la poursuite de leurs rêves dans la cité des stars.
Après le formidable duel musical de Whiplash, Damien Chazelle s’essaie à la comédie musicale.
Tentative en grande partie réussie qui débute par un impressionnant mouvement de foule chorégraphié sur un pont autoroutier embouteillé, au son de l’entraînant « Another Day Of Sun ».
La suite, à une ou deux scène près, se rapproche plus de la comédie musicale intimiste (on pense parfois à Jacques Demy) que des grands numéros de danse des films de Vincente Minnelli.
La La Land est à Los Angeles ce que Coup de cœur de Francis Ford Coppola est à Las Vegas, une romance nostalgique et musicale, un rêve coloré sous les néons.
La mise en scène fluide et virevoltante de Damien Chazelle ainsi que la beauté des images – qui font la part belle aux ambiances nocturnes – participent au charme de l’ensemble. Sans oublier le séduisant couple de cinéma formé par Ryan Gosling et Emma Stone.
Dommage que les deux comédiens, en dépit de leurs indéniables talents, ne maîtrisent pas à la perfection l’art du chant et de la danse. Car, et c’est là que film atteint ses limites, ils sont loin de rivaliser avec Gene Kelly et Cyd Charisse. Il suffit de regarder leur Pas de deux, gentillet et appliqué, sur une route dominant Los Angeles pour s’en convaincre.
Damien Chazelle le sait aussi qui, à plusieurs reprises, cherche des parades pour masquer les points faibles de ses acteurs, comme lors de la valse en ombres chinoises au planétarium.
Le cinéaste parvient toutefois à tirer le meilleur d’eux même, notamment au niveau vocal, lors de deux superbes séquences. L’une sur une jetée au crépuscule où Ryan Gosling entonne le très mélancolique : « City Of Stars », l’autre lors du vibrant « Audition » chanté par Emma Stone.

Photo Ryan Gosling sur une jetée bordée de réverbères
Hommage au jazz, au cinéma et à La fureur de vivre, La La Land fait aussi de brefs clins d’œil à la peinture (dans un Paris idéalisé qui renvoie à Un américain à Paris) ou au théâtre d’ombres lors d’une des auditions de Mia. Affiche américaine du film La La Land
Mais le film ne serait rien sans la magnifique bande originale composée pour l’occasion par Justin Hurwitz, déjà à l’œuvre sur Whiplash. De morceaux jazzy en partitions plus classiques, rappelant par instant George Gershwin ou même Tchaïkovski, la musique d’Hurwitz est l’âme de La La Land.
Une musique qui accompagne parfaitement le récit et les états d’âme des personnages jusqu’à la superbe rêverie mélancolique finale concoctée par Damien Chazelle qui confirme, dès son troisième film, un indéniable talent au cœur d’un univers filmique et musical déjà bien affirmé.
Souhaitons qu’il continue encore longtemps à nous enchanter avec ses films.

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L’APPARTEMENT DES FILLES de Michel Deville (1963)

Affiche du film L'appartement des filles
Un charmant trafiquant est chargé de séduire des hôtesses de l’air afin qu’elles acceptent de faire passer de l’or à Bombay. Son choix se porte sur la belle Elena, une jeune femme frivole qui partage un grand appartement avec deux autres ravissantes hôtesses : Lolotte et Mélanie.
Mais c’est sans compter sur les jeux de l’amour et du hasard…
D’un film de commande proposé par Mylène Demongeot, avec qui ils venaient de tourner A cause, à cause d’une femme, Michel Deville et Nina Companeez composent une comédie policière qui, bien que mineure, surprend par sa fantaisie et cela dès la première séquence où, dans un hall d’aéroport, le générique est annoncé au micro par la voix suave d’une hôtesse d’accueil.
Plus qu’au polar, cet exercice de style frivole et léger rend hommage aux comédies américaines dont Michel Deville retrouve ici la vivacité des dialogues sans pour autant délaisser ce ton si particulier qui est le sien.
Les jeunes femmes délurées et gentiment manipulatrices sont une nouvelle fois mises en valeur, tandis que le goût du cinéaste pour le théâtre se retrouve dans la première partie du film qui se déroule presque exclusivement dans l’appartement, grande pièce unique où les chambres des filles sont séparées par trois grands rideaux. Des alcôves où elles s’amusent à recevoir, à comploter et à mettre leur vie en scène en attendant que leurs amants les rejoignent par un balcon aux allures de coulisse.
Photo des trois filles
Loin d’être bridé par cet espace clos, Deville en joue pour mieux s’en affranchir grâce à une mise en scène fluide, des déplacements d’acteurs parfaitement chorégraphiés, une musique qui fait des va-et-vient de la fosse à l’écran et un montage rythmé qui enchaîne raccords dans le mouvement et répliques à cheval sur deux scènes. Une ébauche de ce que sera son style cinématographique dans les films suivants.
Bizarrement, c’est lorsque le cinéaste quitte L’appartement des filles que le film patine et que l’artificialité du scénario se fait ressentir. La balade romantique et la course poursuite qui clôturent le film traînent en longueur et peinent à enthousiasmer. Deville a beau tenter – pour la première fois – de donner des couleurs à ses images dans le dernier plan, rien n’y fait, son polar enjoué retombe comme un soufflé. Heureusement, son talent pour diriger ses actrices et les mettre en valeur reste intact : Mylène Demongeot, Sylva Koscina, Renate Ewert sont parfaites.
Photo Sami Frey et les trois filles

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TIGRE ET DRAGON de Ang Lee (2000)

Affiche du film Tigre et dragon
Chine. XIXème siècle. Li Mu Bai, grand maître en arts martiaux, ne veux plus passer sa vie à se battre. Il abandonne sa célèbre épée, Destinée, à une redoutable aventurière dont il est secrètement amoureux, lui confiant la mission de remettre l’arme à un ami. Mais à peine la tâche accomplie, l’épée est subtilisée par un voleur aussi habile qu’excellent combattant.
Avec Tigre et Dragon, Ang Lee réussit le mariage entre les codes du film de sabre chinois et ceux du cinéma de divertissement hollywoodien.
A l’image de ses magnifiques combats en apesanteur, le cinéaste parvient à trouver un subtil équilibre entre les affrontements virtuoses qui émaillent le film (chorégraphiés par Woo-Ping Yuen, déjà à l’œuvre sur Matrix en 1999) et les histoires d’amour contrariées de ses personnages, sans que jamais les deux styles viennent se contrarier.
Au contraire, arts martiaux et mélodrame (qui occupe, au propre comme au figuré, la place centrale du film) s’entremêlent harmonieusement pour tendre vers une sorte de grâce poétique qui trouve son aboutissement dans une superbe poursuite sensuelle sur les cimes d’une forêt de bambous.
Décors et costumes sont de toute beauté et l’intrigue, romanesque à souhait, peut s’enorgueillir de plusieurs niveaux de lecture que viennent enrichir les divers affrontements : tous dotés d’une remarquable finesse d’exécution et de quelques élégantes pointes d’humour.
Les nombreux effets spéciaux ont, quant à eux, le bon goût de se fondre dans le récit et de rester constamment à son service.
Chow Yun-Fat, Michelle Yeoh, Zhang Ziyi et Chang Chen forment un séduisant quatuor d’aventuriers amoureux et offrent une prestation aussi sensible que virevoltante.
« L’art du Wu Tang t’enseignera le mouvement dans l’immobilité. » dit Li Mu Bai à la jeune et intrépide Jen. Ang Lee a visiblement retenu la leçon et n’hésite pas à poser sa caméra pour assister pleinement aux passes d’armes et chassés-croisés de ses comédiens.
Si Tigre et dragon est de ces films qui dévoilent de nouvelles facettes à chaque visionnage, une constante demeure : son charme triste et mélancolique, celui des amours perdus.

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