A BITTERSWEET LIFE de Kim Jee-Woon (2006)

Affiche du film A bittersweet life
Sunwoo, un gangster aussi redoutable qu’élégant, est l’homme de confiance d’un impitoyable chef de la mafia qui lui demande de surveiller, pendant son absence, sa jeune maîtresse qu’il soupçonne d’avoir un amant.
Après 2 sœurs, surprenant drame horrifique, Kim Jee-Woon s’attaque au polar (genre en vogue dans le cinéma Coréen de Sympathy for Mister Vengeance à Memories of Murder) et marque A Bittersweet Life de sa patte.
On y retrouve sa mise en scène raffinée ponctuée d’éclats de violence qu’il marie, cette fois, à une ambiance nocturne et citadine. Une atmosphère qui n’est pas sans évoquer Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, d’autant que l’interprétation avenante et taciturne de Byung-Hun Lee rappelle un peu celle d’Alain Delon.
La comparaison s’arrête là, le scénario – mal conçu et parfois confus – desservant assez rapidement un film dont le point d’orgue tombe bizarrement en plein milieu du récit, lors d’un enterrement pluvieux et d’un hallucinant affrontement à mains nues digne de Old Boy.
Le soufflé a ensuite tendance à retomber pour sombrer dans un banal règlement de compte sanglant qui lorgne du côté du Scarface de Brian De Palma, en moins réussi. Cet exercice de style racé et glacé, aux multiples références, aurait été bien inspiré d’exploiter davantage son humour décalé, bien plus efficace pour marquer les esprits que cette suite de fusillades aigres-douces au goût de déjà-vu.

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PROPRIÉTÉ PRIVÉE de Leslie Stevens (1960)

Affiche du film Propriété privée
Duke et Boots, deux voyous désœuvrés, aperçoivent dans une station-service une séduisante femme blonde au volant d’une belle voiture.
Ils décident de la suivre jusqu’à son domicile, une luxueuse villa isolée sur les hauteurs de Los Angeles. Là, ils s’installent dans la maison inoccupée d’à côté afin de pouvoir épier la belle à leur aise.
Doté d’un somptueux noir et blanc, Propriété privée est une réflexion sur le désir et la frustration (tant sexuelle que matérielle) qui fourmille d’idées de mise en scène, à l’image de ce couple ivre semblant danser à l’intérieur d’un verre vide posé au premier plan.
Hommage à Hitchcock, avec son héroïne blonde et ses deux marginaux qui fantasment devant leur fenêtre sur jardin en forme d’écran de télévision, le film de Leslie Stevens instaure, avec trois fois rien, une véritable tension sexuelle tout au long d’un huis clos parfaitement maîtrisé.

Duke et Boots devant leur fenêtre
Le récit où se séduisent et s’affrontent un trio aux comportements ambigus est d’une surprenante modernité, évoquant aussi bien l’homosexualité latente des deux hommes que les envies inassouvies de la femme qu’ils convoitent.
Face à Warren Oates, dont c’est l’une des premières apparitions au cinéma, Corey Allen ne manque pas de charme. Un charme équivoque, aussi attirant qu’angoissant, qui fait regretter sa trop brève carrière d’acteur. Mais c’est, sans conteste, la prestation de Kate Manx qui fascine et marque les esprits.

Kate Manx
Femme du réalisateur et étoile filante qui s’éteindra quatre ans plus tard, elle apporte à cette histoire un indéniable trouble érotique, que ce soit dans ses poses lascives ou dans sa façon de caresser, avec dépit, une bougie sur la table du dîner.
Tourné en quelques jours pour un budget modeste, Propriété privée est un chef d’œuvre méconnu. Un petit bijou du polar noir, récemment retrouvé, qu’il ne faut surtout pas manquer.

Affiche reprise Propriété privée
Carlotta édite dès le 1er mars 2017 une très belle restauration 4K en DVD et Blu-ray de Propriété privée qui rend vraiment justice aux superbes images en noir et blanc du chef opérateur Ted D. McCord.
Une restauration parfaite accompagnée d’un supplément instructif : un entretien avec Alexander Singer, photographe de plateau, qui évoque ses souvenirs du tournage.

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L’HOMME IRRATIONNEL de Woody Allen (2015)

Affiche du film L'homme irrationnel
Synopsis : Source Allociné

Professeur de philosophie, Abe Lucas est un homme dévasté sur le plan affectif, qui a perdu toute joie de vivre. Il a le sentiment que quoi qu’il ait entrepris – militantisme politique ou enseignement – n’a servi à rien.Peu de temps après son arrivée dans l’université d’une petite ville, Abe entame deux liaisons. D’abord, avec Rita Richards, collègue en manque de compagnie qui compte sur lui pour lui faire oublier son mariage désastreux. Ensuite, avec Jill Pollard, sa meilleure étudiante, qui devient aussi sa meilleure amie. Si Jill est amoureuse de son petit copain Roy, elle trouve irrésistibles le tempérament torturé et fantasque d’Abe, comme son passé exotique. Et tandis que les troubles psychologiques de ce dernier s’intensifient, Jill est de plus en plus fascinée par lui. Mais quand elle commence à lui témoigner ses sentiments, il la rejette. C’est alors que le hasard le plus total bouscule le destin de nos personnages dès lors qu’Abe et Jill surprennent la conversation d’un étranger et s’y intéressent tout particulièrement. Après avoir pris une décision cruciale, Abe est de nouveau à même de jouir pleinement de la vie. Mais ce choix déclenche une série d’événements qui le marqueront, lui, Jill et Rita à tout jamais.

Voilà un synopsis à l’image de cet Homme irrationnel, aussi long que creux.
En réalisant un film par an, Woody Allen est devenu au cinéma ce qu’Amélie Nothomb est à la littérature, un passage obligé qu’il est bon d’aimer avant d’être vite oublié.
Ce nouvel opus ne fait pas exception à la règle et propose une intrigue simplette prétexte à beaucoup de blabla qu’alourdissent deux voix off. Le tout entrecoupé de morceaux de jazz.
Joaquin Phoenix et Emma Stone en font des tonnes pour compenser un récit sans intérêt sur les affres existentielles qui vire, par un prétexte factice, à la comédie policière un peu noire.
Une agaçante désinvolture qui serait loin de faire l’unanimité si elle n’était pas associée au nom de Woody Allen.

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LIVE BY NIGHT de Ben Affleck (2017)

Affiche du film Live by night
De Boston à Tampa pendant la prohibition, le parcours d’un hors-la-loi qui rechigna, toujours par amour, à faire le jeu des caïds de l’époque.
Avec sa mise en scène élégante et sa reconstitution classieuse, Ben Affleck ne lésine pas sur les moyens pour redonner vie aux années 20/30. Mais cette bonne volonté évidente ne suffit pas à convaincre d’autant que, hormis une originale course-poursuite en voitures d’époque et une fusillade sanglante plutôt bien orchestrée, cette fresque en eau trouble s’étire inconsidérément tandis que Ben Affleck offre sa peu convaincante « Droopy attitude » à un personnage qui aurait mérité une interprétation plus nuancée.
Il serait peut-être temps que le cinéaste repense à ses débuts de réalisateur et qu’il s’oublie un peu en tant que comédien comme il avait si bien su le faire avec Gone Baby Gone – également adapté d’un roman de Dennis Lehane – petite perle noire qui reste, à ce jour, son meilleur film.

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LEGEND de Brian Helgeland (2016)

Affiche du film Legend
Durant les années 60, les jumeaux Kray furent les gangsters les plus puissants de Londres. Jusqu’à ce que l’un d’eux tombe amoureux…
Avec sa reconstitution soignée et sa distribution de haute volée, Brian Helgeland peaufine son film dans les moindres détails pour permettre à la double composition de Tom Hardy de s’exprimer totalement.
Une prestation véritablement bluffante qui parvient à faire coexister les deux frères dans un même espace tout en donnant à chacun une réelle personnalité.
Mais une performance desservie par une mise en scène plate en manque d’inspiration (un comble pour le réalisateur du nerveux Payback) et par une voix off féminine qui, à force d’avoir toujours un coup d’avance sur le spectateur, finit par émousser l’intérêt pour le récit.
Trop convenu et superficiel malgré quelques coups d’éclat, Legend n’est pas à la hauteur des attentes suscitées par son titre.

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L’APPARTEMENT DES FILLES de Michel Deville (1963)

Affiche du film L'appartement des filles
Un charmant trafiquant est chargé de séduire des hôtesses de l’air afin qu’elles acceptent de faire passer de l’or à Bombay. Son choix se porte sur la belle Elena, une jeune femme frivole qui partage un grand appartement avec deux autres ravissantes hôtesses : Lolotte et Mélanie.
Mais c’est sans compter sur les jeux de l’amour et du hasard…
D’un film de commande proposé par Mylène Demongeot, avec qui ils venaient de tourner A cause, à cause d’une femme, Michel Deville et Nina Companeez composent une comédie policière qui, bien que mineure, surprend par sa fantaisie et cela dès la première séquence où, dans un hall d’aéroport, le générique est annoncé au micro par la voix suave d’une hôtesse d’accueil.
Plus qu’au polar, cet exercice de style frivole et léger rend hommage aux comédies américaines dont Michel Deville retrouve ici la vivacité des dialogues sans pour autant délaisser ce ton si particulier qui est le sien.
Les jeunes femmes délurées et gentiment manipulatrices sont une nouvelle fois mises en valeur, tandis que le goût du cinéaste pour le théâtre se retrouve dans la première partie du film qui se déroule presque exclusivement dans l’appartement, grande pièce unique où les chambres des filles sont séparées par trois grands rideaux. Des alcôves où elles s’amusent à recevoir, à comploter et à mettre leur vie en scène en attendant que leurs amants les rejoignent par un balcon aux allures de coulisse.
Photo des trois filles
Loin d’être bridé par cet espace clos, Deville en joue pour mieux s’en affranchir grâce à une mise en scène fluide, des déplacements d’acteurs parfaitement chorégraphiés, une musique qui fait des va-et-vient de la fosse à l’écran et un montage rythmé qui enchaîne raccords dans le mouvement et répliques à cheval sur deux scènes. Une ébauche de ce que sera son style cinématographique dans les films suivants.
Bizarrement, c’est lorsque le cinéaste quitte L’appartement des filles que le film patine et que l’artificialité du scénario se fait ressentir. La balade romantique et la course poursuite qui clôturent le film traînent en longueur et peinent à enthousiasmer. Deville a beau tenter – pour la première fois – de donner des couleurs à ses images dans le dernier plan, rien n’y fait, son polar enjoué retombe comme un soufflé. Heureusement, son talent pour diriger ses actrices et les mettre en valeur reste intact : Mylène Demongeot, Sylva Koscina, Renate Ewert sont parfaites.
Photo Sami Frey et les trois filles

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THE LEGEND OF BARNEY THOMSON de Robert Carlyle (2015)

Pour ce premier tandem critique avec CritiKs MoviZ nous vous proposons le premier film de Robert Carlyle, inédit en France.
A tort ou à raison ?

Affiche du film The legend of Barney Thomson
Apprenant son licenciement, un barbier aux manières de vieux garçon tue accidentellement son patron et passe pour le tueur en série qui sévit dans la région de Glasgow.
Pour sa première réalisation, Robert Carlyle retrouve son Écosse natale (qu’il filme magnifiquement) ainsi que son accent à couper au couteau pour une comédie policière loufoque et grinçante qui, en dépit de son sujet, n’a rien de rasoir.
Un univers à l’humour noir bien aiguisé et où les répliques vachardes fusent, même si le scénario, un tantinet prévisible, accuse quelques faiblesses.
Un handicap que le comédien cinéaste, excellent en barbier timoré dépassé par les évènements, contourne grâce à sa distribution locale et aux deux pointures qui lui donnent la réplique.
Si Ray Winston est parfait en ours anglais exilé chez des Écossais dont il ne comprend ni l’accent, ni le comportement, c’est Emma Thompson (dans le rôle de la mère du barbier, alors que l’actrice n’a que deux ans de plus que Robert Carlyle) qui est la pièce maîtresse de ce jeu de massacre.
Sa prestation de vieille peau vulgaire mérite, à elle seule, la découverte de ce film, hélas toujours inédit en France. A consommer, de préférence, en version originale, of course !

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