L’ILLUSIONNISTE de Neil Burger (2007)

Affiche du film L'illusionniste
Vienne, au début du XXème siècle.
Un mystérieux illusionniste aux tours extraordinaires arrive en ville.
Sa popularité grandissante et le fait qu’il convoite la même femme irrite rapidement le Prince héritier Léopold qui charge l’inspecteur Uhl d’enquêter sur le magicien…
Avec son élégante reconstitution de Vienne en 1900, ses intrigantes images au rendu sépia, ses ouvertures et fermetures à l’iris qui ponctuent le récit et la superbe musique de Philip Glass, Neil Burger compose un magnifique écrin pour son film qui est tout à la fois un hommage à la magie et aux débuts du cinématographe.

Photo vieux magicien sous un arbre
Romantique et fantastique, réaliste et onirique, L’illusionniste soigne ses ambiances qu’il entremêle harmonieusement par différents trucages tout en s’inspirant d’authentiques tours de magie, comme celui de « L’oranger merveilleux » créé par Robert-Houdin, pour mieux distraire de l’essentiel.
Les acteurs tiennent leur promesse et concourent au prestige du spectacle.
Edward Norton, ténébreux à souhait, donne une belle intensité à son personnage de magicien. Alors que dans le rôle du narrateur, Paul Giamatti et son allure affable se place du côté du spectateur qui, comme lui, tente de démêler le vrai du faux.
L'illusionniste et une apparition
Intéressante réflexion sur la manipulation du regard et de l’opinion ainsi que sur l’envie, presque enfantine, de tout un chacun de croire en l’artifice plutôt qu’en la logique ou la vérité, L’illusionniste n’est peut-être pas le film le plus précis sur la magie mais il parvient à en retranscrire l’esprit ce qui, en soi, est déjà un vrai tour de force.
Edward Norton dans le rôle de l'illusionniste

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Bande originale de Philip Glass.

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SAN ANDREAS de Brad Peyton (2015)

Affiche du film San Andreas
Rien ne vaut un bon gros tremblement de terre (et des millions de morts) pour ressouder une famille dont les parents sont sur le point de divorcer.
Heureusement que la faille de San Andreas a la bonne idée de s’ouvrir pour dévoiler l’immense faille que le mari – un costaud au cœur tendre – gardait en lui.
« J’aurais dû m’ouvrir à toi, mais je ne savais pas comment » confie-t-il à sa femme qu’il vient de sauver d’un immeuble en train de s’écrouler.
Quant au film de Brad Peyton, il enchaîne sans faillir les poncifs inhérents aux films catastrophe. A savoir des effets spéciaux impressionnants et un son tonitruant au service de séquences spectaculaires à la limite du n’importe quoi (le pompon revenant sans conteste à l’ascension en bateau de l’impressionnante vague d’un tsunami) entrecoupées de longues scènes mièvres et/ou larmoyantes, alors que tout s’écroule autour des personnages principaux.
Une catastrophe où rien ne nous est épargné : de la résurrection improbable d’un des protagonistes au papa sauveteur, tellement pressé d’aller retrouver sa fille, qu’il passe sans s’arrêter près de plusieurs victimes qui surnagent au milieu des flots envahissant la ville en ruine.
Heureusement, même si God blesse encore America, la morale reste sauve puisque mère nature se débarrasse du lâche futur beau-père, épargne un vieux et son chien et permet à l’immense bannière étoilée de se déployer à nouveau au-dessus de la baie de San Francisco.
« Où serez-vous ? » nous demande-t-on sur l’affiche. Bah, pas forcément dans la salle pour aller voir ce San Andreas au goût de déjà-vu.

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THE AMAZING SPIDER-MAN : LE DESTIN D’UN HÉROS de Marc Webb (2014)

Affiche du film The Amazing Spiderman : Le destin d'un héros
Spider-Man est mort !
Du moins, le Spider-Man cinématographique.
Il n’a pas résisté aux attaques conjuguées de deux super-vilains.
Tacheron Man, alias Marc Webb, n’en avait pas fini avec le tisseur de toiles qu’il avait pourtant mis à mal avec The amazing Spider-Man, affadissant le personnage que Sam Raimi avait contribué à rendre populaire.
Il nous revient, cette fois, encore plus énervé et armé de la 3D.
Confondant mise en scène et numéros de voltige en mode subjectif façon parc d’attraction.
Tout occupé à ses petits effets, il transforme le timide Peter Parker en grand dadais à l’humour aussi bêta que ses interventions ridicules – mention spéciale à Spider-Man coiffé d’un casque de pompier ! – et s’inspire plus de Batman que des comics de Stan Lee et Steve Ditko.
La disparition des parents de Peter Parker devient un élément essentiel dans la transformation du jeune homme en justicier et le bouffon vert (un surnom mérité vu sa dégaine !) à des faux airs de Joker. De là à dire que Tacheron Man serait un mercenaire à la solde de DC Comics, chargé d’achever un des héros vedette de la Marvel, il n’y a qu’un jet de toile que confirme la partition composée pour l’occasion par Hans Zimmer avec ses airs fortement inspirés par les envolées cuivrées des films de Superman.
Entre deux ralentis à la Matrix, le récit ne décolle jamais (tout est de la faute de la compagnie Oscorp) et se complait régulièrement dans d’ineptes scènes romantiques aux dialogues affligeants. (On se croirait dans Toilelight !)
L’interprétation, loin de relever le niveau, hésite constamment entre le poussif et le calamiteux : Andrew Garfield, Emma Stone et Jamie Foxx en tête.
En parlant de tête, c’est là qu’intervient le second super-vilain qui, de plusieurs coups de ciseaux fatals, prend définitivement le spectateur à rebrousse-poil.
Sans doute inspiré par le travail de sape d’un de ses homologues sur le Da Vinci Code, Capillicultor applique son sale boulot sur tous les comédiens.
De la tignasse en dessous de bras d’Andrew Garfield à la coupe de lévrier afghan d’Emma Stone en passant par la ridicule mèche avec raie sur le coté de Dane deHaan, les cinq poils revêches sur la tête de Jamie Foxx ou le crane suturé de Paul Giamatti. Sans oublier les cheveux gras et hirsutes du Docteur Kafka ! (fallait l’inventer celui là !)
Une bombe capillaire qui finit par défriser jusqu’au fan le mieux gominé.
Bref, comme dirait Spidey : une toile pour rien !

PS : Ne reculant devant aucune fourberie, Tacheron Man est même parvenu à glisser au milieu du générique de fin un incompréhensible extrait de X-Men : Days of Future Past qui n’a absolument rien à voir avec son film.
A moins que ce ne soit encore un coup d’Oscorp ?

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DANS L’OMBRE DE MARY – LA PROMESSE DE WALT DISNEY de John Lee Hancock (2014)

Affiche du film Dans l'ombre de Mary
Walt Disney avait promis à ses filles d’adapter au cinéma leur livre préféré : Mary Poppins.
Il mettra 20 ans à obtenir les droits de l’auteur qui rechigne à voir son héroïne dénaturée par le géant du divertissement pour enfants.
Pour une fois, le titre français, Dans l’ombre de Mary, résume bien l’impression générale que laisse le film de John Lee Hancock qui est, hélas, bien loin d’être « supercalifragilisticexpialidocious ».
Les deux principaux acteurs ne sont pas en cause.
Emma Thompson est une nouvelle fois impressionnante et son face à face avec Tom Hanks fait tout le sel de cette histoire vraie.
Malheureusement – production Disney oblige ? – le récit manque de mordant quand il « critique » l’usine à rêve de tonton Walt et les quelques scènes un peu fantaisistes – les séances de travail en chansons avec les frères Sherman notamment – sonnent le plus souvent faux, desservies par une mise en scène plan-plan et sans imagination.
Surtout, le réalisateur nous inflige d’incessants allers-retours entre le présent (l’année 1961) et le passé (début du XXème siècle) censés nous expliquer pourquoi l’écrivain refuse de céder les droits de son personnage. Un drame familial de jeunesse en serait la cause.
Soit ! Mais ce nouveau récit finit par diluer l’affrontement entre Travers et Disney et plombe le film qui sombre lentement dans le mélodrame consensuel.
Alors quand arrive l’avant première et que quelques extraits de Mary Poppins sont projetés sur grand écran, l’envie est grande de quitter rapidement la salle pour aller retrouver en DVD la vraie allée des cerisiers et sa gouvernante volante. Car, on le sait bien, elle seule a le morceau de sucre qui aidera la fade médecine de John Lee Hancock à couler.

PS : Par politesse, restez toutefois jusqu’au générique de fin qui propose un véritable extrait sonore des sessions de travail entre Miss Travers et l’équipe Disney chargée d’élaborer le scénario.
La réalité y dépasse encore une fois la fiction. Magique !

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TURBO de David Soren (2013)

Affiche du film Turbo
Pas de quoi baver devant cette histoire d’escargot rêvant de devenir un as des circuits automobiles.
Si l’animation est correcte (une banalité pour ce genre de productions), le récit (pauvre en gags, en rebondissements, en poésie…) fait du sur place et participe surtout à l’abrutissement des gamins à coup de musiques rap et de vrombissement de moteurs.
Une manière comme une autre d’en faire, au pire les futurs fous du volant, au mieux les prochains spectateurs de Fast & Furious 7, 8, 9,10… (Michelle Rodriguez donne d’ailleurs ici de la voix !).
Triste hymne à la gagne et à la vitesse qui ne propose finalement aux enfants qu’un imaginaire au rabais à base de grosses caisses, de tuning et d’émotion factice, le tout emballé dans l’éternelle morale américaine du « Quand on veut, on peut ! ».
Coquille vide maquillée comme une grosse cylindrée, Turbo n’a vraiment rien sous le capot !

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COSMOPOLIS de David Cronenberg (2012)

Affiche du film Cosmopolis
Un jeune loup de la finance décide de prendre sa gigantesque limousine blanche pour aller se faire couper les cheveux à l’autre bout de la ville, alors que de violentes émeutes secouent New York et qu’un tueur le menace.
Avec Cosmopolis, Cronenberg semble revenir à ses thèmes de prédilection et les trente premières minutes du film sont bien à l’image du cinéaste de Crash, déjantées et pourtant incroyablement justes. Dans sa longue limousine insonorisée, Eric Packer vit à côté du monde qui l’entoure. Un monde qu’il voit défiler en silence derrière les vitres de sa voiture matrice (ce que rappelle discrètement le fauteuil aux allures de sexe féminin dans lequel il trône et reçoit ses invités). Mais si certaines marottes du réalisateur sont au rendez-vous : la voiture comme prolongement de soi et de sa virilité, les obsessions anales et sexuelles hardiment abordées via une sidérante scène d’examen de la prostate, son message est brouillé et a du mal à passer.
Car si l’on devine le fond de sa pensée (décrire une société malade qui court à sa perte guidée par des fous avides qui tentent de justifier leurs actes sous couvert de théories fumeuses – qu’elles soient économique ou d’épanouissement de soi), le cinéaste ne parvient pas à s’affranchir des mots du romancier Don DeLillo et ne trouve pas le bon dosage entre images chocs et mots qui tuent, comme ce fut le cas avec A dangerous method.
Quant à la confrontation finale, lourdement filmée sous la forme d’une longue confession, elle finit de plomber le film.
Sans doute aurait-il fallu un acteur moins lisse que Robert Pattinson pour donner un peu plus d’ambigüité au personnage principal et des seconds rôles masculins plus nuancés : Paul Giamatti et Mathieu Amalric en font, une nouvelle fois, des tonnes. Seule les femmes, comme souvent chez le cinéaste canadien, sèment le trouble et tirent leur épingle du jeu, de Sarah Gadon à Juliette Binoche.
Sur un sujet d’une aussi brûlante actualité, il est vraiment regrettable que Cronenberg revienne aux affaires par la petite porte avec cette introduction en bourse aussi « abscul » qu’absconse.

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LE SANG DES TEMPLIERS de Jonathan English (2011)

Affiche du film : Le sang des Templiers
1215, un templier et six compagnons doivent défendre la forteresse de Rochester contre le roi Jean sans Terre qui, après avoir été contraint de signer une charte – la Magna Carta – garantissant le droit à la liberté individuelle, a décidé de reprendre en main son royaume avec l’aide de guerriers danois. A vingt contre toute une armée, les assiégés pourront-ils tenir leur position en attendant l’hypothétique arrivée de renforts venus de France ?
Si le Templier est à la mode cette année, il est malheureusement tendance à être accommodé à toutes les sauces cinématographiques. Après la version exorciste du Dernier des Templiers, voici venir la version guerrière façon Il faut sauver le château Rochester.
Basé sur un fait historique, Le sang des Templiers (étrange titre puisqu’il n’y a qu’un Templier à l’écran) donne une vision âpre et sombre du moyen-âge, assez proche de l’esprit du film de Franklin J. Schaffner : Le seigneur de la guerre (1965) auquel on aurait rajouté la férocité des combats du débarquement du film de Steven Spielberg.
Cette approche sans concession, qui détaille les différentes étapes d’un siège avec ses machines de guerre, ses affrontements sanglants et les tortures infligés aux prisonniers, est certainement l’aspect le plus intéressant du film. Hélas, avec son esthétique de téléfilm fauché et ses images systématiquement secouées pour donner l’illusion d’être sur le champ de bataille, Le sang des templiers finit vite par décevoir. D’autant que le réalisateur ne peut s’empêcher de parasiter son sujet en nous resservant une inutile et prévisible histoire d’amour entre l’énigmatique chevalier Templier et la jolie dame du château marié à un vieux beau. James Purefoy, avec sa longue épée de moine soldat, ne manque pourtant pas de charisme et de prestance. Mais il est bien le seul ! Dans cette version moyenâgeuse des 7 samouraïs/mercenaires, ses six compagnons d’armes sont plus des stéréotypes (Le gros balèze, le voleur, l’archer, le jeune écuyer naïf) que des personnages véritablement attachants. La palme du grotesque revenant à Paul Giamatti nous rejouant pour la énième fois son rôle de méchant grimaçant et atrabilaire.
Un scénario un peu plus étoffé et des références cinématographiques un peu moins marquées auraient certainement profité au film qui ne se distingue que par la surprenante crudité de ses batailles. Pas de quoi prendre d’assaut son cinéma pour aller le voir, le siège de votre télé – bien calé dans votre canapé – devrait amplement suffire.

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