GHOST IN THE SHELL de Rupert Sanders (2017)

Affiche du film Ghost in the shell
Dans le futur, les hommes sont réparés et améliorés grâce aux progrès de la robotique.
Une jeune femme, le Major, dont le cerveau a pu être sauvé à la suite d’un grave accident, est la première à bénéficier d’un corps entièrement cybernétique qui lui permet de lutter plus efficacement contre la criminalité. Jusqu’à ce qu’un nouvel ennemi, capable de pirater les esprits des êtres modifiés, vienne remettre en cause ses certitudes.
Avec ses effets spéciaux et son esthétique qui doivent énormément à Blade Runner, son héroïne intrépide et flingueuse qui doit beaucoup à Selene de Underworld, Rupert Sanders (le tâcheron à l’origine de l’improbable rencontre entre Blanche-Neige et un bûcheron dans Blanche-Neige et le chasseur) continue son travail de recyclage et tente une nouvelle hybridation cinématographique. Après les frères Grimm, c’est le manga de Masamune Shirow qui en fait les frais pour un résultat aussi tape à l’œil que simpliste d’un point de vue narratif.
Un produit de consommation sans âme aussi vite vu qu’effacé de la mémoire.

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HUGO CABRET de Martin Scorsese (2011)

Affiche du film Hugo Cabret
Paris, début des années 30.
Le jeune Hugo vit seul dans une gare parisienne dont il remonte secrètement les pendules. Mais sa motivation principale est de faire fonctionner un automate que son père voulait réparer avant sa mort.
Pour cela, il chaparde des pièces dans une boutique de jouets tenue par un vieil homme qui n’est autre que le célèbre cinéaste Georges Méliès.
Au vu de sa filmographie, qui aurait pu dire que Martin Scorsese adapterait un jour un livre destiné aux enfants ? Pourtant, par son sujet qui aborde les débuts du cinéma et l’œuvre de Geoges Méliès, le roman de Brian Selznick ne pouvait qu’inspirer le Scorsese cinéphile.
Dès les premières scènes, le réalisateur de Casino nous fait entrer dans l’univers d’Hugo Cabret grâce à une mise en scène fluide qui suit le parcours du jeune orphelin dans les coulisses de la gare et nous fait découvrir son univers quotidien. Une mise en place intrigante que renforce la présence de l’automate et de son mystérieux secret ainsi que la création d’un Paris fantasmé.
Aux trousses d’Hugo, le cinéaste atteint son véritable but : redonner vie aux premiers pas du cinématographe et à ses pionniers. Des prémices, avec les frères Lumières et leur célèbre Arrivée d’un train en gare de La Ciotat, aux comédies burlesques d’Harold Lloyd et tout particulièrement au film Monte là-dessus ! auquel le cinéaste rend, par deux fois, hommage.
Mais c’est surtout à Georges Méliès que Hugo Cabret est dédié et à la magie qu’il apporta à l’art naissant du cinéma. Dans le rôle du vieux cinéaste désabusé, Ben Kingsley, toujours parfait, apporte ce qu’il faut de malice et d’émotion à son personnage. Face à lui, le jeune Asa Butterfield campe un Hugo entêté tout à fait convaincant.
Dommage que le personnage du chef de gare joué par Sacha Baron Cohen soit un peu trop caricatural (l’acteur aurait fait un excellent inspecteur Clouseau dans un remake de la Panthère rose) et sous exploité. De même que la fleuriste interprétée par la trop rare Emily Mortimer.
C’est là le point faible du film. Martin Scorsese n’a visiblement d’yeux que pour le vieux cinéaste oublié dont il s’amuse, avec gourmandise, à recréer les tournages et les fameux trucages. Un hommage sincère et très didactique aux débuts du septième art qui se fait, hélas, au détriment de la mystérieuse quête d’Hugo pour réparer son automate. Comme si, en voulant montrer la magie et l’invention des tournages de Méliès, le réalisateur des Affranchis avait oublié d’en injecter dans le sien.
Malgré ces petits défauts, Hugo Cabret a néanmoins le mérite de faire découvrir, de façon ludique, aux petits et aux grands les balbutiements d’un spectacle de foire qui allait devenir un art majeur au XXème siècle.

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7 PSYCHOPATHES de Martin McDonagh (2013)

Affiche du film 7 psychopathes
Marty, un scénariste hollywoodien en panne d’inspiration ne parvient pas à aller plus loin que le titre de son nouveau projet : 7 psychopathes.
Son meilleur ami, spécialisé dans le rapt de chiens, décide de lui donner un coup de main en lui faisant rencontrer de vrais tueurs givrés. Mais, sombrant petit à petit dans l’alcool, Marty ne parvient plus très bien à savoir où commence la fiction et où finit sa réalité…
Après Bons baisers de Bruges, polar noir et déjanté aux dialogues poilants, le nouveau film de Martin McDonagh était attendu avec impatience.
Malheureusement, si l’humour anglais se mariait parfaitement aux brumes de la ville belge, il semble s’être asséché sous le soleil de Californie. C’est d’autant plus dommage que 7 psychopathes bénéficie d’un casting alléchant et particulièrement allumé : de l’épatant Sam Rockwell à l’excellent Christopher Walken, en passant par Woody Harrelson et Tom Waits. Sans oublier Colin Farrell dont le réalisateur parvient, une nouvelle fois, à tempérer le jeu.
Peine perdue ! Malgré l’effort louable des comédiens, quelques répliques amusantes et deux ou trois bonnes idées, le thriller peine à décoller et s’écrase à mi parcours dans le désert, nous offrant un long final verbeux aussi monotone que le paysage.
Le film à, au moins, le mérite de nous montrer que jouer avec les poncifs d’un genre tout en baratinant le spectateur avec des dialogues brillants est un exercice délicat qui n’est pas à la portée du premier Tarantino venu, comme certains aimeraient nous le faire croire.
La leçon de cette histoire se vérifie directement dans la salle où l’ennui finit par faire plus de victimes que les balles ne tuent de psychopathes sur l’écran.
Vivement que Martin McDonagh reparte se ressourcer à Bruges !

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