MACBETH de Justin Kurzel (2015)

Affiche du film Macbeth
L’Écosse au XIème siècle.
Exalté par la prédiction de trois sorcières lui annonçant qu’il deviendrait roi, Macbeth, chef de guerre victorieux, complote avec l’aide de sa femme pour accéder au trône.
Mais ce pouvoir si convoité va bientôt le rendre fou…
C’est effectivement une tragédie que de voir Justin Kurzel jouer les artistes poseurs en adaptant la célèbre pièce de Shakespeare.
Une tragédie également que de devoir subir sa mise en scène chichiteuse qui force sur les brouillards artificiels, les filtres colorés et l’hémoglobine bon marché.
Mais si le traitre parvient à dénaturer la force du propos, en abusant de ralentis et de mouvements de caméra aussi inutiles qu’alambiqués, c’est en vain qu’il tente de masquer la beauté des Highlands. Un décor majestueux où erre comme un acteur en peine – et en chemise de nuit – un Michael Fassbender hagard et peinturluré qui éructe, grimace, bave et crie comme un possédé.
A ses côtés, Marion Cotillard campe une insipide Lady Macbeth qui semble n’avoir été placée là que pour exploiter sa propension aux larmes et à la morve facile, déjà à l’œuvre dans Les petits mouchoirs.
Interminable et pourtant insignifiant, ce film se révèle plus Macbête que Macbeth.

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X-MEN : APOCALYPSE de Bryan Singer (2016)

Affiche du film X-Men Apocalypse
Le plus ancien et le plus puissant des mutants se réveille d’un long sommeil et décide de reprendre le contrôle de la Terre, aidé par quatre des siens dont le redoutable Magnéto.
Seul le Professeur Xavier, et son équipe de jeunes X-Men, semble en mesure de s’opposer à son envie de dominer le monde.
Bryan Singer remet le couvert après le très réussi X-Men : Days of Future Past et abandonne définitivement les anciens X-Men qu’il avait contribué à lancer en 2000 pour la jeune génération concoctée par Matthew Vaughn dans X-Men : Le commencement.
Si X-Men : Apocalypse sait se montrer divertissant et parfois assez sombre (comme le montre le destin tragique de la famille de l’un des mutants), il déçoit dans sa manière de recycler sans ingéniosité une thématique utilisée depuis cinq film, à savoir l’incompréhension entre mutants et humains, et de réutiliser – certes en le peaufinant – un effet déjà vu dans le précédent film : les exploits supersoniques et musicaux de Vif-Argent.
Dommage également que le méchant, malgré son titre de mutant originel, soit si peu effrayant et que certains des X-Men soient au service des acteurs qui les interprètent plutôt que l’inverse. Mystique se retrouve avec un rôle surévalué par rapport au reste du groupe pour cause de Jennifer Lawrence et Jean Grey se récupère la momolle Sophie Turner pour cause de succès du Trône de fer. Sa prestation est pourtant loin d’être aussi convaincante que celle de Famke Janssen.
Ni déshonorant, ni vraiment séduisant, ce produit hybride montre qu’il est peut-être temps que Bryan Singer passe lui aussi la main, histoire d’apporter un peu de sang neuf à la tête de cette saga qui a du mal à sortir les griffes sans la présence de Wolverine.

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X-MEN : DAYS OF FUTURE PAST de Bryan Singer (2014)

Affiche du film X-Men : Days of Future Past
Par peur des mutants et de leurs pouvoirs, les humains ont créé Les sentinelles : robots capables de s’adapter aux différentes attaques de leurs ennemis et de les retourner contre eux. La guerre qui a suivi a ravagé la planète et quasiment décimé les mutants qui n’ont d’autres choix que d’envoyer l’un des leurs dans le passé pour tenter d’empêcher que tout ne commence.
Dans la lignée de X-Men 2 et X-Men : Le commencement, X-Men : Days of Future Past est une bonne surprise.
Il relance la franchise Marvel dédiée aux mutants et fait oublier le mauvais souvenir laissé par X-Men 3 : L’affrontement final, tout en réhabilitant le personnage de Wolverine (et l’image de son acteur Hugh Jackman) mis en pièce par les deux films calamiteux qui lui ont été consacrés :X-Men Origins : Wolverine et Wolverine : Le combat de l’immortel.
Le retour de Bryan Singer aux commandes de la saga et la présence de Matthew Vaughn à la production ne sont certainement pas pour rien dans ce revirement inespéré qui soigne tout autant les scènes d’action (virtuoses et aériennes, comme cette intervention de Vif Argent pendant l’évasion de Magnéto) que la psychologie des personnages.
Un habile dosage initié par le film de Vaughn sur les débuts des X-Men et que Singer reprend à son compte en même temps que ses principaux acteurs : les convaincants Michael Fassbender et James McAvoy dans les rôles de Magnéto et du Professeur Xavier.
Mais si X-Men : Days of Future Past séduit, c’est surtout grâce à son scénario malin, à base de voyage dans le temps, qui permet de réunir dans le même film les jeunes et les anciens X-Men, avec le personnage de Wolverine comme fil rouge.
Une habile manière de lancer également, sans en avoir l’air, une remise à plat de la franchise.
Et même si tout n’est pas parfait (le récit ne s’embarrasse guère de cohérence quand il s’agit de relier entre eux les différents films : l’intrigue fait notamment l’impasse sur la manière dont le Professeur Xavier, mort dans X-Men 3, a pu revenir à la vie), la qualité de l’interprétation, de la réalisation (Bryan Singer se remet en selle après plusieurs films navrants) ainsi qu’un constant mélange entre humour et noirceur font de ce X-Men : Days of Future Past un agréable divertissement et l’un des meilleurs opus de la série.

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300 de Zack Snyder (2006)

Affiche du film 300
La bataille des Thermopyles, et la résistance désespérée du roi Léonidas et de ses 300 Spartes contre les immenses armées Perse du roi Xerxès, revisitée par Zack Snyder sous la houlette visuelle du dessinateur Frank Miller vaut son pesant de chocolat rance.
Faussement original, le film reprend le style graphique élaboré un an plus tôt par Robert Rodriguez pour adapter Sin City, une autre œuvre de l’auteur de bandes dessinées américain.
Sauf que Zack Snyder a le mauvais goût d’enfler le procédé en y rajoutant ralentis et brusques accélérations au cœur de violents combats où gicle abondamment des flots de sang virtuel.
Si le spectacle possède par moment une indéniable force picturale (la chute des Perses du haut d’une falaise), il souffre aussi d’une représentation académique de l’antiquité grecque. Bref, 300 est au cinéma ce que l’art pompier est à la peinture : une représentation idéalisée et boursouflée d’un évènement historique connu.
Une vision qui n’a vraiment rien d’original puisqu’elle reprend aussi les poncifs en vogue dans les péplums remis au goût du jour depuis Gladiator. Chant de femmes modulant des « Ooooh » et des « Aaaaah » sur des airs arabisants, décors numériques à foison et, bien sûr, l’éternel champ de blé qui est devenu au péplum moderne ce que le chien est au film catastrophe : un élément obligatoire.
Mais le plus embarrassant reste le sous-texte glauque que trimballe le film de Zack Snyder.
Les héros, menés par un roi Léonidas au torse glabre et aux tablettes de chocolat apparentes, sont représentés comme de valeureux blancs, droits dans leurs spartiates. Des Supermen à la cape rouge qui poussent des « Houha » guerriers dignes de GI et défendent leur pays contre l’envahisseur Perse (aujourd’hui l’Iran… tiens, tiens !) : ramassis de monstres dégénérés aux pratiques contre nature dirigés par un Xerxès, grande drag queen en calbute doré couverte de piercing et de chaînes, fourbe et sanguinaire.
Face à eux, les 300 Spartes prônent la fraternité et l’esprit de corps dont rien ne peut venir à bout si ce n’est la traîtrise de l’un des leurs.
Enfin, l’un des leurs… un « monstre » là aussi : un nain laid et bossu que ses parents ont sauvé de la « glorieuse » politique eugéniste prônée par Sparte qui consistait à balancer dans un ravin les bébés faibles ou mal formés.
En résumé, 300 c’est un peu les fachos repoussant la Gay Pride. Un discours puant enrobé dans un joli paquet cadeau qui flatte l’œil et les plus bas instincts du spectateur.

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CENTURION de Neil Marshall (2010)

Affiche du film Centurion
Au 2ème siècle après Jésus-Christ, au nord de l’Angleterre, la prestigieuse neuvième légion est massacrée par les Pictes. Rescapé du combat, le centurion Marcus Dias va tout tenter pour ramener les quelques survivants en territoire romain, de l’autre côté du mur d’Hadrien.
Un an avant la sortie de L’aigle de la neuvième légion – qui pourrait être considéré comme une suite au scénario élaboré par Neill Marshall – Centurion aborde le destin plein de bruit et de fureur de la fameuse légion romaine disparue.
Malheureusement, contrairement au film de Kevin Mcdonald, le film s’attarde peu sur la psychologie des personnages et préfère privilégier les combats, d’une surprenante brutalité, et une âpre chasse à l’homme. Bien que sans temps mort, cette succession incessante d’étripage finit vite par lasser, d’autant que le réalisateur abuse du sang numérique qui gicle à tout propos dans les magnifiques paysages Écossais.
Bien interprété, Centurion se laisse suivre sans déplaisir mais ne dépasse pas le cadre du film de survie en milieu hostile, se contentant de jouer sur l’originalité de l’époque à laquelle se déroule l’action sans en tirer vraiment profit, ni en exploiter tout le potentiel.
Faire un film aussi violent pour un résultat proche du coup de glaive dans l’eau, avouez qu’il y a de quoi perdre son latin.

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CARTEL de Ridley Scott (2013)

Affiche du film Cartel
Alors c’est l’histoire d’un avocat amoureux qui va acheter un diamant…
Ou l’histoire d’un avocat cupide qui s’associe à un couple sulfureux ?
Ou l’histoire d’un couple sulfureux aimant les guépards et le bling-bling ?
Ou l’histoire d’un intermédiaire donneur de leçons aux allures de cowboy ?
Ou l’histoire d’un camion qui sent la fosse septique ?
Ou l’histoire d’un baron de la drogue qui se la pète poète et philosophe ?
Difficile de savoir…
A défaut de retourner dans l’espace pour donner une suite à Prometheus, histoire de ne plus entendre ses fans crier, Ridley Scott a préféré s’associer à un écrivain de renom (Cormac McCarthy) pour, cette fois, les entendre ronfler.
Mission réussie : son film est d’une vacuité intersidérale.
Pauvres acteurs glamours, obligés de se farcir des personnages antipathiques, un récit interminable, une intrigue alambiquée, des dialogues pompeux, des décors blancs, des images léchées, un érotisme qui ne l’est pas assez et une fin qui ne ressemble à rien sous la direction d’un cinéaste qui a visiblement oublié la réplique pleine de bon sens de Tuco dans Le bon, la brute et le truand de Sergio Léone : « Quand on tire, on raconte pas sa vie ! ».
Devant un tel cocktail, Fassbender, Diaz, Bardem, Cruz et Pitt auraient dû se méfier : Cartel n’a aucune chance de faire un carton.

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PIÉGÉE de Steven Soderbergh (2012)

Affiche du film Piégée
Vieilles notes trouvées sur un morceau de papier toilette dans le lieu d’aisance de Mr Soderbergh .

Le pitch :
Mallory Kane est un agent d’élite en colère.
Comme le titre l’indique, elle vient de se faire piéger.
Alors… elle pète la gueule à tous ceux qui l’ont piégé.

Note d’intention en dix commandements :
1- Miser sur le succès de Jason Bourne et de ses combats musclés.
2- Remplacer le héros par une fille.
3- Prendre une vraie championne d’arts martiaux pour que les bagarres fassent plus vraies. Peu importe qu’elle ne sache pas jouer la comédie et qu’elle soit aussi sexy qu’un travelo sous stéroïdes. Il suffira de détourner l’attention du spectateur par l’apparition de nombreuses vedettes venues cachetonner. (Méthode Coué efficace : elles passeront leur temps à dire à l’héroïne qu’elle est belle. Les vedettes seront d’autant plus convaincantes qu’elles auront peur de s’en prendre vraiment une…).
4- La vraisemblance du scénario on s’en fout, pourvu que cela cogne.
5- Prendre un acteur français pour jouer les méchants.
6- Refaire appel au compositeur David Holmes. Plagier les musiques de la trilogie « Ocean » est une option qu’il faut creuser pour faire croire au public qu’il a affaire à un film sophistiqué.
7- Penser à un concept de film d’action lounge : rajouter quelques filtres sur l’objectif (pendant un combat sur une plage ?) ou tourner une baston dans une maison plongée dans le noir… Cela donnera quelques « petits plaisirs de cinéma » au critique des Inrockuptibles.
8- Laisser la mise en scène à mon premier assistant et aller passer mes journées au café en discutant avec Michael Douglas et Antonio Banderas de l’époque où l’on participait à des films de qualité.
9- Avec tout ça, si le spectateur ne sent pas piégé…
10- Ah ! Penser à tirer la chasse.

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