INSAISISSABLES 2 de John M. Chu (2016)

Affiche du film Insaisissables 2
Un an après leurs premières et Insaisissables aventures, les quatre cavaliers – célèbres magiciens redresseurs de torts – affrontent cette fois… Harry Potter !
Ou, plutôt, un ersatz barbant et ridicule, pieds nus dans ses mocassins.
Insaisissables 2 tente, une nouvelle fois, de nous mettre le doigt dans l’Oeil en nous faisant passer pour de la magie de simples tours de cinéma mêlant effets de montage, effets spéciaux, ellipses bienvenues, tours improbables non explicités, hypnose tirée du chapeau pour retourner la situation d’un claquement de doigts et beaucoup de baratins pour assommer le spectateur et l’empêcher de réfléchir. Rien de magique en somme, juste un piètre tour d’enfumage cinématographique.
« Ils reviennent pour un incroyable braquage » nous dit l’accroche.
Vu la tête des comédiens sur l’affiche, il fallait s’attendre à un tour de con.

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LE DERNIER CHASSEUR DE SORCIÈRES de Breck Eisner (2015)

Affiche du film Le dernier chasseur de sorcières
Au moyen-âge, un chasseur de sorcières est condamné par leur reine à vivre éternellement.
800 ans plus tard, Kaulder poursuit son combat dans les rues de New York et à la charge de faire respecter un pacte de non-agression entre humains et sorcières. Mais la mort de son meilleur ami, victime d’une puissante magie noire, va rompre ce fragile équilibre et faire ressurgir des sortilèges qu’il croyait disparu.
Pas de quoi brûler ce film sur le bûcher, ni le soumettre à la question.
La mise en scène fonctionnelle de Breck Eisner n’a vraiment rien de sorcier, les effets numériques sont à peine magiques et les comédiens n’ont rien d’enchanteur.
Elijah Wood, complètement hagard, semble sortir d’une variante de Mon curé chez les Hobbits.
Michael Caine, qui joue les utilités de luxe, à l’honneur de prononcer la seule réplique amusante du film.
Rose Leslie, nouvelle transfuge du Trône de fer, n’a visiblement été choisie que pour sa chevelure rousse.
Quant à Vin Diesel, il reprend son éternel rôle de gros bras xXx avec, cette fois, un balai… dans le cul. Ce qui ne l’empêche pas, à la fin du film, de faire un gros clin d’œil à sa franchise à base de grosses cylindrées, annonçant un possible Witch & Furious ?
« Que la chasse commence » annonce l’affiche de ce spectacle standardisé.
Un conseil, contentez-vous de la tirer !

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KINGSMAN : SERVICES SECRETS de Matthew Vaughn (2015)

Affiche du film Kingsman : Services secrets
KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique et de l’élégance, est à la recherche de sang neuf.
Pour recruter leur nouvel agent secret, elle fait subir un entraînement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune voyou impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy.
Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie ?
S’il fait souvent référence à James Bond et s’amuse à en analyser les ressorts (poncifs ?) dramatiques pour mieux les détourner, Kingsman : Services secrets s’inspire plus volontiers de la série Chapeau melon et bottes de cuir avec ses agents secrets en costumes trois pièces aux noms de code empruntés aux chevaliers de la table ronde. Habiles à manier toutes sortes d’armes pour se battre, parapluies compris.
Il y a aussi un peu de Harry Palmer, l’espion à lunettes qu’interprétait Michael Caine dans les années 60, dans le personnage d’Harry Hart incarné avec flegme et élégance par Colin Firth.
Si le film vaut le détour c’est principalement grâce à sa présence et à la mise en scène inventive de Matthew Vaughn qui réinvente, notamment, la manière de filmer les bagarres, fluides et épileptiques à la fois.
L’intrigue est plus classique et, hormis un surprenant coup de théâtre au deux tiers du film, respecte sagement les conventions du genre. Il n’y a effectivement rien de « fun » ni de « pop » – comme le vendent certaines affiches du film – dans une histoire qui prône quand même en filigrane un retour aux traditions. Pour être sélectionné, le jeune héros (Taron Egerton assez peu charismatique) doit abandonner son côté rebelle pour rentrer dans le rang et arborer le costume cravate. Si c’est ça être rock’n’roll !
Et puis qu’y a-t-il de jouissif et de jubilatoire à voir des centaines de têtes exploser de façons psychédéliques ou à filmer, même si c’est avec maestria, des gens s’entretuer dans une église dans une séquence d’une ahurissante gratuité et d’une indécente complaisance ? Comme si l’abus de sang et de trucages numériques dédouanait de tout sens moral ce genre de scènes proche du jeu vidéo.
Si l’on excepte l’horripilant cabotinage de Samuel L. Jackson avec son cheveu sur la langue, Matthew Vaughn a su s’entourer de bons seconds rôles pour faire avaler la pilule de son ambigu spectacle. De Mark Strong, dans un rôle enfin sympathique, à Mark Hamill en passant par Michael Caine qui joue presque toutes ses scènes assis – amusant clin d’œil pour un film d’action – ils permettent à Kingsman : Service secrets de ne pas être tout à fait vain.

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YOUTH de Paolo Sorrentino (2015)

Affiche du film Youth
Deux vieux amis se retrouvent, comme chaque année, dans un hôtel thalasso de luxe dans les Alpes suisses.
L’un est un compositeur à la retraite, l’autre un cinéaste qui travaille sur le scénario de son prochain film. Entre balades, bains et soins, les deux copains reviennent sur leurs souvenirs et leurs regrets tout en profitant des surprises du quotidien…
Malgré une belle photographie, de somptueux décors et des acteurs de renom, Youth se traîne en langueur.
Avec son hôtel aux allures d’antichambre de la mort où passent quelques beautés nues histoire de réveiller clients et spectateurs, Paolo Sorrentino cherche à délivrer un message sur la vieillesse et le peu de temps qu’elle laisse, mais son discours se perd en de vains et prétentieux papotages.
Entre un concert champêtre pour Cloches et Meuh, un orgasme forestier et une symphonie de coucous suisse, ses deux vieux traînent leur carcasse et ressassent : la mémoire qui s’efface, les amours qui trépassent et les prostates qui se tassent.
Un verbiage presque incessant que le récit tente d’atténuer par des moments incongrus ou des personnages artificiellement décalés.
Rien de bien enthousiasmant à se mettre sous le dentier même si, au détour d’une réplique ou d’une séquence, le cinéaste parvient à surprendre… avant de faire aussitôt retomber son soufflé.
Reste le casting quatre étoiles. Le duo que forment Michael Caine et Harvey Keitel fonctionne plutôt bien et leurs scènes communes sont celles qui sonnent le plus juste. Les femmes sont nettement moins convaincantes avec, d’un côté, une Karel Weisz aux abonnés absents et, de l’autre, une Jane Fonda en pleine caricature.
Loin d’être un bain de jouvence, Youth prend l’eau en tentant de nous faire perdre pied et entraîne une partie de ses acteurs dans le naufrage.
Il ne fait pas bon vieillir devant la caméra de Paolo Sorrentino.

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GET CARTER de Stephen T. Kay (2001)

Affiche du film Get Carter
Jack Carter, un gangster sans état d’âme travaillant pour un prêteur sur gages, quitte précipitamment Las Vegas pour Seattle où à lieu l’enterrement de son frère. Ce dernier est décédé en état d’ivresse dans un accident de voiture.
Une mort à laquelle Jack ne croit pas.
Contre l’avis de tous, il va se mettre en quête de la vérité pour que justice soit faite.
« La vérité blesse » nous dit l’affiche, l’incompétence aussi.
Pourtant, ce remake de La loi du milieu de Mike Hodges commençait plutôt bien en reprenant les premières notes du thème original composé par Roy Budd…
Mais tout dérape très vite lorsque – par souci de la moderniser ? – la musique se transforme en mélodie pour cabines d’ascenseur. Dès lors, Sylvester Stallone peut bien jouer les gros bras, avec ses lunettes noires et son ridicule petit bouc destinés à masquer son inexpressivité, son Jack Carter est vraiment loin d’être aussi inquiétant que celui interprété par Michael Caine en 1971. D’ailleurs, l’acteur anglais, qui sert aussi de caution à cette nouvelle version, parvient même à voler la vedette à son partenaire sous stéroïde le temps d’un bref second rôle.
Finalement, Get Carter est symptomatique de la façon dont, la plupart du temps, les remakes américain édulcorent et appauvrissent les films qu’ils adaptent.
La vision quasi documentaire de Hodges, qui mêlait son récit à la réalité sociale d’une ville ouvrière anglaise en pleine décomposition, se transforme en une ridicule accumulation de poursuites en voiture et de bagarres, toutes plus mal filmées les unes que les autres. Quant à la vendetta de Carter, elle devient vite aussi risible que les effets de caméra foireux et le montage épileptique dont abuse le metteur en scène. Ici, l’implacable truand cause plus qu’il n’agit (versant dans le sentimentalisme dès qu’il discute avec sa nièce) et va jusqu’à donner une incompréhensible seconde chance à l’un de ses adversaires.
Autant dire que lorsque le final aseptisé arrive, le spectateur n’a plus qu’une envie : oublier ce ratage et retrouver Michael Caine et sa carabine dans leur fameux règlement de comptes à Newcastle.

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INTERSTELLAR de Christopher Nolan (2014)

Affiche du film Interstellar
Pollution, surpopulation, ressources naturelles épuisées…
La vie de l’homme sur terre touche à sa fin.
Une expédition est envoyée dans l’espace, pour explorer une faille temporelle qui s’est formée à proximité de Saturne, afin de trouver un nouveau lieu de vie pour l’humanité.
Christopher Nolan a, depuis Inception, découvert l’art d’enfumer son public avec des discours abscons qui font passer ses films pour plus réfléchis qu’ils ne le sont !
Avec Interstellar, vous noterez le titre qui commence aussi par un « i », il tente une symbiose entre le métaphysique et le mystique, entre Kubrick et Malick, entre le spatial et le familial.
Dans ce long voyage vers l’inconnu, non dénué d’un certain charme visuel, les acteurs semblent être les premiers perdus et déblatèrent leur texte sans avoir vraiment l’air de comprendre ce qu’ils racontent.
Un film tellement fourre-tout qu’à quelques mots près, Audi aurait pu en faire la critique via sa dernière publicité.

La preuve :
Ce n’est pas un film, c’est une invitation.
Ce n’est pas de la mise en scène, c’est une expérience.
Ce n’est pas la fin du monde, ça n’existe pas.
Ce n’est pas un mur d’eau, c’est un challenge.
D’accord c’est de la glace, et alors ?
Ce n’est pas du stress, c’est de la passion.
Ce n’est un pas un trou de ver, c’est la prochaine étape.
C’est bien plus qu’en enfumage 4 étoiles, c’est la toute dernière Nolânerie Interstellar.
Sur tous les réseaux sociaux, la perfection.

Un film réservé aux amateurs de fumisterie et aux possesseurs d’une Audi Quattro.

Texte original de la publicité Audi Quattro :
Ce n’est pas une route, c’est une invitation
Ce n’est pas de la conduite, c’est une expérience
Ce ne sont pas de mauvaises conditions, ça n’existe pas
Ce n’est pas un torrent, c’est un challenge
D’accord c’est de la glace, et alors ?
Ce n’est pas du stress, c’est de la passion.
Ce n’est pas une montagne, c’est la prochaine étape.
C’est bien plus qu’un système 4 roues motrices, c’est la toute dernière technologie Quattro.
En toutes conditions, la perfection.

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INSAISISSABLES de Louis Leterrier (2013)

Affiche du film Insaisissables
La police n’en croit pas ses yeux.
Comment arrêter quatre insaisissables magiciens qui organisent un casse à l’autre bout du monde ou détournent des fonds pendant leurs spectacles ?
Quelles sont leurs motivations ?
Comment s’y prennent-ils ?
C’est sur un rythme abrutissant que Louis Leterrier nous entraîne dans son histoire de magiciens. Images, montage, musique : tout est tonitruant, sans doute pour tenter de masquer la vacuité de son récit.
D’ailleurs, la magie n’est pas le cœur de son spectacle. Elle en est juste l’artifice, destiné à justifier les invraisemblances de scénario les plus énormes. Tout comme le casting prestigieux, à qui le réalisateur donne des rôles aussi volatiles que le papier flash (papier qui s’enflamme instantanément sans laisser de traces) utilisé par les quatre héros.
Le plus insaisissable dans cette histoire, c’est que le réalisateur multiplie les mauvais tours :
– En se concentrant sur les amourettes d’un flic américain avec une française d’Interpol – Mélanie Laurent dans un rôle improbable – plutôt que sur les relations au sein de l’équipe de magiciens.
– En offrant à Michael Caine un simple rôle de faire-valoir.
– En agitant sa caméra à tout propos mais, hélas, sans à-propos.
– En offrant un épilogue prévisible et une explication simpliste qui donnent l’impression d’avoir assister à beaucoup de bruit pour rien.
Au final, seul le numéro de mentaliste de Woody Harrelson parvient à tirer quelques sourires…
Un conseil si vous aimez les magiciens, (re)découvrez plutôt Le Prestige de Christopher Nolan et surtout le merveilleux Illusionniste de Neil Burger, plutôt que ce film artificiel sur la magie qui ne fait pas longtemps illusion.

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