SPECTRAL de Nic Mathieu (2016)

Affiche du film Spectral
Un scientifique travaillant pour le département de la Défense des États-Unis est envoyé en Moldavie où règne une violente guerre civile. Il doit tenter de percer le mystère de la mort de plusieurs soldats américains attaqués par des entités invisibles et invincibles.
Avec son impressionnant décor de ville en ruine, ses effets spéciaux convaincants et ses combats plutôt bien menés, Nic Mathieu compose un intéressant mélange entre film de guerre et science-fiction. Malheureusement, s’il parvient à créer une atmosphère intrigante et glauque plutôt crédible, il peine à faire décoller son sujet en raison de personnages sans nuances qui cumulent les poncifs.
Comment croire à ce MacGyver scientifique capable, en quelques heures seulement, de comprendre de quoi il retourne et de fabriquer des prototypes d’armes futuristes avec trois bouts de ficelle ? Ou de s’intéresser aux bidasses stéréotypés qui l’entourent ? C’est sans doute pour cela que le film n’a pas trouvé le chemin des salles, tout en faisant le bonheur de Netflix qui en a racheté les droits.
Une fois encore, la preuve est faite qu’un thème original et des moyens conséquents ne sont rien si la psychologie des protagonistes reste fantomatique.

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CINQUANTE NUANCES PLUS SOMBRES de James Foley (2017)

Affiche du film 50 nuances plus sombres
Toujours produit par Univers sale, le bien nommé, la suite de Cinquante nuances de Grey annonce d’entrée sur son affiche « Plus aucune règle ».
Ça commence bien !
Anastasia Steele serait-elle enceinte, voire déjà ménopausée ?
Rien de tout ça, rassurez-vous. La belle semble même en avoir fini avec son herpès labial (elle ne se mordille plus la lèvre inférieure) ainsi qu’avec le riche bellâtre brun Christian Grey.
Elle travaille aujourd’hui comme assistante dans une maison d’édition sous la direction d’un autre bellâtre, blond celui-là, qui se dit intello et que l’on suppose éditeur. La preuve, il se promène dans son bureau avec un crayon coincé sur l’oreille.
Le plus inquiétant c’est que ce type s’appelle Hyde et que la godichonne (en un seul mot) n’a, semble-t-il, jamais lu de roman de Stevenson. Pas méfiante pour deux sous, va-t-elle tomber entre les griffes de ce pervers ?
C’est sans compter sur le retour inopiné (en un seul mot) de Christian.
S’il y a des nuances plus sombres dans ce film, elles sont foutrement bien cachées.
Ici, tout n’est que luxe, « glam » et vacuité.
C’est peu dire qu’il ne se passe rien. Quasiment aucune action (du vin jeté au visage, une voiture peinturlurée et le crash escamoté d’un hélicoptère) au milieu d’un océan de dialogues ineptes.
Lorsque Christian propose un repas à Anastasia pour tenter de la reconquérir, elle ne trouve rien de mieux que de lui dire : « Très bien, je vais dîner avec toi parce que… j’ai faim ».
Et quand – enfin !!! – il la conduit à un lit encore toute habillée, la belle empressée exprime son désarroi par un saisissant : « Je suis trop couverte ! ».
Pour le reste, Anastasia se contente de terminer ses phrases par des petits « Oh, my god ! » censées illustrer son trouble à chaque fois que Monsieur lui déballe tout son matériel.
Les fameuses boules de Geisha notamment, dont la gentille oie blanche à peur qu’elles ne finissent dans son derrière. Heureusement, en bon mâle dominant, Christian va vite lui faire comprendre que ses craintes sont sans fondement et que ce n’est pas demain qu’elle se fera appeler Anustasia.
Dès lors, elle ne s’effraie même plus lorsqu’il recommence à vouloir contrôler sa vie et qu’il lui avoue ne pas être pervers, juste sadique ! Le pauvre garçon fait payer aux soumises qu’il fesse un traumatisme de sa petite enfance.
Rassurée sur son comportement équilibré, Anastasia peut maintenant accepter sans crainte sa demande en mariage. D’autant que Chrichri la bricole n’arrête pas de la surprendre, lui faisant même découvrir – dans une cabine d’ascenseur bondée – qu’elle possède sous la jupe un bouton privé lui permettant de monter au septième… ciel. Oh my god !

Anastasia et Christian sont dans un ascenseur
Autour du couple mal assorti que forment Jamie Dornan et Dakota Johnson, le reste de la distribution est franchement pathétique. La palme revenant à Kim Basinger, méconnaissable avec son visage figé et inexpressif.
Botox ou abus de sperme sur le visage ? La question reste en suspens pour celle qui joue le rôle d’une patronne d’un salon de coiffure qu’elle a appelé : Esclava !
De quoi faire bouillir un peu plus l’esprit de ces dames qui lisent E.L. James sous leurs casques de coiffure.
Avec sa jeune ingénue, son homme très riche et ses scènes de sexe plus cucul que panpan… Ces « Harlequinades » cinématographiques n’ont vraiment rien de bandant !

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CINQUANTE NUANCES DE GREY de Sam Taylor-Johnson (2015)

À deux, c’est mieux. Et c’est surtout plus amusant. C’est ce qu’on s’est dit avec Polinacide pour notre première collaboration « ciné », inaugurée avec le très attendu Cinquante nuances de Grey. Histoire de marquer le « coup », quoi.

Affiche du film 50 nuances de Grey
Énorme…
C’est à une queue énorme que le critique, toujours prêt à recevoir une bonne claque cinématographique, s’était préparé en arrivant au cinéma.
Prêt à être acculé devant la caisse par une horde de ménagères de, plus ou moins, 50 ans (tout est dans la nuance) avides de découvrir l’adaptation sur grand écran du roman à succès de E.L. James.
Mais, comme souvent après un bon fantasme, la réalité a le don malicieux de faire retomber la pression. Pas de queue devant le cinéma et cinq personnes dans la salle. Votre serviteur, deux adolescentes et deux mamies.
Les premières suivirent le film tout en regardant les messages sur leur portable, les secondes en commentant l’action comme devant la télé.
Voilà pour l’ambiance torride.
Quant à votre serviteur, il se demandait s’il allait appliquer le « lâcher prise » recommandé par l’affiche ou démonter hardiment cette rencontre entre Anastasia, jeune oie blanche adepte de littérature et de culottes en coton, et Christian, petit branluchon arrogant qui, comme les schtroumpfs, n’a dans sa garde-robe qu’un seul type de tenue : costume sombre et chemise blanche qu’il agrémente de cravates (de notaire ?) aux différentes nuances de gris.

Affiches cravate et mordillage de lèvres Une cravate qui semble être le symbole de la virilité de cet ambitieux chef d’entreprise pour qui prendre son pied consiste à faire des nœuds dedans afin d’attacher ses partenaires de jeu, que l’on imagine consentante même si le film n’est pas en odorama.
De son côté, la jeune étudiante en lettres passe son temps à se mordiller le coin de la lèvre inférieure, signe d’une intense excitation contenue ou d’un herpès labial particulièrement irritant.
Rendons grâce à la réalisatrice qui, dès les premiers plans, nous fait « subtilement » rentrer dans l’ambiance grâce à une vue aérienne sur de gros nuages gris d’aspects spermatiques.
S’en suit l’arrivée de l’héroïne qui laisse échapper un « Waow » d’admiration devant le building Grey qui se dresse fièrement devant ses yeux.
Puis un rencontre plus que tendu avec son bel Apollon, qui la laissera toute mouillée sur le trottoir (il pleut, qu’allez-vous donc imaginer ?).

Photo d'Anastasia suçotant sensuellement son crayon Notre héroïne (à laquelle Dakota Johnson – fille de Don Johnson et de Melanie Griffith – prête son joli minois et ses petits gloussements) n’a alors plus qu’une envie : aller suivre distraitement ses cours de littérature en suçotant sensuellement un long crayon rigide avec Grey marqué dessus.
Il faut la comprendre, Christian est interprété par l’insipide Jamie Dornan : une des anciennes égéries de Calvin Klein. C’est sans doute pourquoi il vit dans un grand loft façon « Carte Noire », raffole des balades en forêt idéales pour promouvoir les vestes en cuir et adore s’envoyer en l’air dans des hélicoptères intérieur cuir ou des planeurs aux allures de spermatozoïdes.
Vous noterez, au passage, qu’avant qu’il ne croque la pomme, Christian offre un Mac à sa dulcinée pour des échanges en ligne… hmmmmm, très coquins !
De là à dire que 50 nuances de Grey fait aussi dans le placement de produits…
Et les scènes de sexe ?
Peu nombreuses, elles sont aussi excitantes que des pubs pour gels douche, la réalisatrice se bornant à filmer les fesses de ses deux gravures de mode tout en s’ingéniant à dissimuler leur sexe. Mention spéciale pour la première séance de bondage au son de chœurs angéliques. Sans doute pour mieux faire ressentir l’extase de la soumise et nous faire agréablement patienter en attendant l’arrivée du petit Jésus… dont les miracles supposés resteront invisibles, désolé mesdames !
Vous l’aurez compris, 50 nuances de Grey est aux films érotiques, ce que Twilight est aux films de vampires : une niaiserie romantique pour midinettes, vaguement pimentée de poncifs sexuels éculés.
Les spectateurs ont de quoi faire grise mine car, à trop cravacher pour édulcorer ses petites sauteries, Sam Taylor-Johnson manque de doigté dans le choix de ses nuances.
Un coup pour rien !

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CAPITAINE PHILLIPS de Paul Greengrass (2013)

Affiche du film Capitaine Phillips
Avril 2009.
Au large des côtes africaines, un porte-conteneurs est attaqué par des pirates Somaliens.
Richard Phillips, le capitaine du navire, va tout tenter pour éviter que la situation ne dégénère.
De cette histoire, inspirée d’un fait divers, Paul Greengrass tire un thriller qui tient véritablement en haleine, deux heures durant, grâce à son souci de réalisme et à des prises de vue, caméra sur l’épaule, au cœur des évènements et au plus près des personnages. Une manière de filmer qui, si elle pouvait agacer sur les précédents films du cinéaste – La mort dans la peau et sa suite, Green Zone – se justifie ici pleinement et donne à Capitaine Phillips son côté âpre et son aspect documentaire.
Les acteurs contribuent grandement à la réussite du film et le face à face entre Tom Hanks et Barkhad Abdi, tous deux excellents, ne manque pas de tension, ni d’humanité.
Bien sûr, on pourra toujours reprocher au film une approche superficielle des motivations des pirates et de ne faire qu’évoquer les raisons (protestation contre la surpêche étrangère, pauvreté, business criminel..) qui conduisent ses jeunes hommes à prendre d’assaut des cargos au péril de leur vie.
Ces réserves faîtes, Capitaine Phillips n’en reste pas moins un film haletant ainsi qu’une troublante allégorie sur les tensions qui se creusent entre pays riches et pays pauvres et la manière dont elles sont malheureusement réglées.
Glaçant !

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PACIFIC RIM de Guillermo del Toro (2013)

Affiche du film Pacific Rim
Dans un futur proche, des monstres gigantesques sortent d’une faille sous-marine avec dans l’idée de conquérir la terre. Pour lutter contre cette menace, les hommes mettent au point des Jaegers : robots géants manœuvrés simultanément par deux pilotes en osmose.
Face aux robots de Pacific Rim, ceux de Transformers peuvent partir à la casse.
Visuellement bluffant, le film de Guillermo del Toro réussit à rendre crédible ses grandes boîtes de conserve surarmées tout en rendant leurs affrontements titanesques fluides et parfaitement compréhensibles. Il faut dire qu’il y a un vrai réalisateur derrière la caméra et non un tâcheron qui confond pyrotechnie et langage cinématographique.
Bonne pioche, alors ? Pas vraiment !
Car si le cinéaste Mexicain se démarque nettement au niveau de la mise en scène et des effets spéciaux, il cumule les clichés avec son scénario (sans parler des dialogues particulièrement affligeants) et ne parvient à apporter ni nouveautés, ni surprises.
Bref, du côté du déjà-vu, on trouve pêle-mêle :
– Un héros et une héroïne traumatisés.
– Des militaires forcément plus lucides que les hommes politiques…
– Un chef de projet rigide mais juste (il est militaire…) qui cache un lourd secret.
– Un affrontement factice entre deux pilotes.
– Un clébard.
– Un vieux robot qui va surclasser les nouveaux modèles (Merci Real Steel !)
– Deux scientifiques aux allures de savants fous.
– Une harangue des troupes convenue avant de livrer le dernier combat.
– Un sacrifice héroïque.
– Une panne de matériel et le recours à l’éternelle « commande manuelle » ! (Tarte à la crème de toute histoire à base de compte à rebours)
– Une fin que n’aurait pas reniée Roger Moore du temps où il était James Bond.
– Et le gag improbable durant le générique final.
La seule chose que del Toro nous épargne, c’est le plan sur le drapeau américain battant au vent.
Un manque d’originalité qui nuit gravement au film d’autant que les acteurs sont assez peu charismatiques, un comble quand on pense à Charlie Hunnam dans Hooligans ou à Idris Elba dans la série Luther.
Guillermo del Toro aurait dû le savoir : même dans un film de robots, le pilotage automatique n’a vraiment rien d’excitant.

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