LA GRANDE MURAILLE de Zhang Yimou (2017)

Affiche du film La Grande Muraille
Deux mercenaires, en quête de la redoutable poudre noire, atteignent la Grande Muraille de Chine et découvrent la raison d’être de cet immense édifice : contenir et repousser les assauts de monstrueuses créatures prêtes à décimer l’humanité.
Fantasy à la chinoise, mêlant le film de siège au film de monstres, La Grande Muraille retrouve la magnificence des décors et des costumes des précédents films de Zhang Yimou, ainsi que l’art du cinéaste à mettre en scène de vastes mouvements de foule et des combats fluides. Toute une virtuosité un peu gâchée par un récit simpliste rédigé par six scénaristes américains, dont le pourtant talentueux Tony Gilroy.
Cette hybridation sino-américaine, loin de faire des étincelles, troque la grâce poétique dont avait su faire preuve Zhang Yimou, notamment dans son chef d’œuvre Le secret des poignards volants, contre une suite de batailles efficaces mais sans âme, agrémentée de quelques vannes balourdes.
Matt Damon et Pedro Pascal ne se sortent pas trop mal de ce mélange bancal et se taillent la part du lion face à des acteurs chinois, Jing Tian et Andy Lau mis à part, un peu trop effacés.
Distrayant à défaut d’être inoubliable.

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JASON BOURNE de Paul Greengrass (2016)

Affiche du film Jason Bourne
Contacté par un ancien agent du programme Treadstone, Jason Bourne reprend sa quête pour éclaircir les dernières zones d’ombre de son passé. Aussitôt, sa traque est relancée de Grèce en Angleterre et jusqu’aux États-Unis.
Après une trilogie quasi parfaite, le retour de l’espion emblématique des années 2000 semblait être une idée jouable, d’autant que Matt Damon et Paul Greengrass rempilaient devant et derrière la caméra. Mais pour que l’équation soit parfaite encore fallait-il que Tony Gilroy, le brillant scénariste des trois premiers films, soit aussi de la fête.
Sans lui, ce retour s’avère un peu cousu de fils blancs et les aventures de Bourne – qui a en partie retrouvé la mémoire – moins complexes qu’auparavant. Et cela malgré la tentative louable de les faire coïncider avec les troubles politiques récents en Europe.
Matt Damon a d’ailleurs l’air de s’en apercevoir et fait la gueule du début à la fin du film, ne s’embarrassant même plus à apporter la touche d’ambiguïté qui faisait le charme de son personnage. Face à lui, Tommy Lee Jones traîne sa carcasse fatiguée et Vincent Cassel – l’atout de service – est loin d’être un as. Quant à Alicia Vikander, moins à l’aise que dans Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E, elle n’a pas la carrure de Joan Allen dans les deux films précédents pour rendre son personnage vraiment crédible.
La mise en scène de Paul Greengrass n’arrange rien qui retombe vite dans les travers de la caméra secouée de La mort dans la peau et oublie le côté vraisemblable de ses scènes d’action. L’impressionnante course-poursuite finale dans les rues de Las Vegas est plus proche de l’esbroufe d’un Fast & Furious que de l’esprit initial de la saga.
Bien que sévèrement « Bournés », les nouveaux exploits de l’espion amnésique, si ils surclassent toujours ceux de James Bond qui n’est plus que le Spectre de lui-même, sont distancés par les plaisants rebondissements de la dernière mission impossible (Rogue Nation) d’Ethan Hunt.

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LA VENGEANCE DANS LA PEAU de Paul Greengrass (2007)

Affiche du film La vengeance dans la peau
De Londres à Tanger en passant par Turin, Jason Bourne est toujours à la recherche de son identité, poursuivit sans relâche par de redoutables tueurs.
Une nouvelle piste, menant au créateur du programme qui l’a transformé en super soldat, va l’obliger à rentrer au pays pour en finir, une bonne fois pour toute, avec sa quête et son passé.
Paul Greengrass clôture en beauté la trilogie Jason Bourne, épaulé par l’astucieux scénario de Tony Gilroy qui place une partie de l’intrigue de ce troisième opus entre les deux dernières scènes de La mort dans la peau.
La réalisation moins secouée du cinéaste permet, cette fois, de profiter pleinement des rebondissements d’une intrigue toujours en phase avec son époque (elle met notamment en lumière la surveillance généralisée des citoyens orchestrée par la CIA) et parsemée de nombreux morceaux de bravoure, dont cette haletante course poursuite – en moto puis sur les toits de Tanger – qui se conclue par un âpre combat au corps à corps dans une pièce exiguë.
Après deux films, Matt Damon maîtrise parfaitement son rôle et explore un peu plus l’ambiguïté de son personnage, en guerre contre tous mais surtout contre lui-même.
On ne peut que regretter que le film cède, par moment, aux effets spectaculaires, nuisant à la crédibilité de cette saga d’espionnage qui avait fait de la vraisemblance son crédo. Comment croire, en effet, que Bourne puisse se glisser aussi facilement dans un immeuble hautement surveillé de le CIA sans se faire remarquer et assez bête pour annoncer à son ennemi qu’il se trouve dans son bureau au risque de se faire prendre ?
Toutefois, en multipliant les références au premier film (Nicky se teint et se coupe les cheveux de la même façon que Marie, Bourne reprend à son compte la dernière réplique du professeur Clive Owen dans La mémoire dans la peau : « Ils vont jusqu’à prendre nos vies ») et en ne perdant jamais de vue la recherche de rédemption de son héros, la saga Jason Bourne forme une trilogie cohérente et de qualité. Une indéniable référence qui a su renouveler le genre de l’espionnage musclé et donner la voie à suivre à tous ses concurrents, de James Bond à Ethan Hunt.
Mission accomplie Mister Bourne !

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LA MORT DANS LA PEAU de Paul Greengrass (2004)

Affiche du film La mort dans la peau
Voilà deux ans que Jason Bourne et Marie sillonnent la planète pour échapper à la traque dont ils sont l’objet. Une pause de courte durée puisqu’un tueur a retrouvé leur piste en Inde.
Pris au piège d’une machination qui vise à protéger une taupe au sein de la CIA, l’ancien agent n’a d’autre choix que de reprendre les armes…
La mort dans la peau n’est pas qu’un nouvel épisode des aventures de Jason Bourne mais bien une suite directe à La mémoire dans la peau qui approfondit le passé trouble du personnage et soulève, un peu plus, le voile amnésique qui recouvre encore sa véritable identité. Tony Gilroy, toujours en charge du scénario, mêle habilement les figures imposées du film d’action à la quête de son héros dont la soif de vengeance se transforme, au fil de ses découvertes, en un besoin viscéral de demander pardon pour ses fautes passées. Une évolution qui rend le personnage encore plus attachant, toujours incarné avec conviction par un Matt Damon qui semble murir en même temps que son alter ego. Les vêtements sombres et le teint de plus en plus blême, il rend toujours aussi crédible son super agent aux allures de monsieur tout le monde.
Paul Greengrass, qui a pris la place de Doug Liman derrière la caméra, apporte à l’aide de ses prises de vue façon documentaire – caméra à l’épaule ou embarquée au cœur de l’action – une forme d’énergie brute en parfaite adéquation avec un récit qui n’hésite pas à asséner un véritable coup de théâtre dès le début du film, histoire de bien faire comprendre au spectateur que tout peut arriver.
Sous la houlette du réalisateur de Bloody Sunday, les affrontements deviennent encore plus rugueux et les courses-poursuites plus immersives. Trop, peut-être. L’image, secouée ou recadrée en permanence, si elle apporte de l’énergie aux plans donne à l’ensemble un côté brouillon qui tend à devenir agaçant. Tandis que la recherche de réalisme (Matt Damon effectue lui-même ses cascades) achoppe parfois sur la vraisemblance de certaines scènes, notamment la mémorable – mais très improbable – poursuite automobile en Russie.
Malgré ces quelques bémols, La mort dans la peau impose définitivement, grâce à son supplément d’âme, la suprématie de Bourne sur les autres espions musclés de l’époque.

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LA MÉMOIRE DANS LA PEAU de Doug Liman (2002)

La mémoire dans la peau
Un homme inconscient est sauvé par un bateau de pêche alors qu’il dérive en mer avec deux balles dans le dos. A son réveil, l’inconnu a tout oublié mais fait preuve d’impressionnantes capacités dans différents domaines. Il excelle, notamment, dans le combat au corps à corps et le maniement des armes.
Rapidement pourchassé par des hommes qui tentent de l’éliminer, il va devoir faire appel à ses remarquables compétences pour survivre et découvrir son identité.
Avec cette libre adaptation d’un roman à succès de Robert Ludlum, Doug Liman réinvente le film d’espionnage musclé dont un certain James Bond s’était fait une spécialité et donne un coup de vieux aux aventures du célèbre espion britannique.
Même si ses exploits sont également hors du commun, Jason Bourne semble plus en phase avec son époque et séduit par les façons « plausibles » qu’il a de se tirer d’affaire, comme d’utiliser le plan d’évacuation d’un bâtiment pour en trouver les issues de secours.
Plus habitué, à l’époque, aux rôles psychologiques que physiques, le choix de Matt Damon pour interpréter le rôle principal est une vraie surprise mais se révèle un choix judicieux. Le comédien, avec son physique de gentil garçon, apporte une réelle épaisseur au personnage et facilite l’empathie du spectateur, étonné de le voir affronter ses adversaires dans des combats violents et rugueux.
Si la mise en scène fluide et efficace de Loug Liman fait merveille : d’une impressionnante bagarre dans un appartement parisien (où l’objet le plus anodin se transforme en instrument de mort) à une ébouriffante course poursuite en Austin Mini, elle sait aussi se faire plus sobre, voire carrément sombre, lors de l’affrontement au milieu d’un champ entre Matt Damon et Clive Owen, impeccable en tueur à lunettes froid et mutique.
La qualité du scénario de Tony Gilroy (futur réalisateur des excellents Michael Clayton et Duplicity) participe pour beaucoup à la réussite du film. Malgré quelques invraisemblances, il parvient intelligemment à tenir le spectateur en haleine en exploitant au mieux les nombreuses zones d’ombre du récit et des personnages, l’amnésie du héros étant particulièrement propice aux rebondissements et coups de théâtre.
Bénéficiant d’une superbe photographie et porté par la chanson de Moby, Extreme Ways, qui lui donne son identité musicale, La mémoire dans la peau est, dans sa catégorie, une indéniable réussite.
Sans lui, Casino Royale de Martin Campbell n’aurait sans doute pas existé sous la forme âpre et noire que nous lui connaissons. Belle reconnaissance.

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ZERO THEOREM de Terry Gilliam (2014)

Affiche du film Zero Theorem
Dans un monde futuriste entièrement contrôlé par l’informatique, un programmateur de génie misanthrope a trouvé refuge dans une chapelle abandonnée où il attend un mystérieux coup de téléphone.
Pour patienter, il travaille au service d’une entité qui le surveille jour et nuit et pour laquelle il doit venir à bout d’un programme censé décrypter le sens de la vie.
Si ce résumé vous paraît confus, rassurez-vous le film l’est aussi.
Depuis plusieurs années, Terry Gilliam court après sa gloire passée. Avec Zero Theorem, il tente de retrouver la formule d’un de ses plus grand film : Brazil.
Peine perdue car, de toute évidence, le totalitarisme de l’informatique semble moins l’inspirer que celui de la bureaucratie et sa démonstration mériterait une sévère mise à niveau avec son scénario abscons et ses acteurs déconnectés qui errent dans des décors fauchés.
Plus ridicule qu’absurde, Zero Theorem à tout du film mal configuré.
Véritable bug cinématographique, il mérite un zéro pointé.

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INTERSTELLAR de Christopher Nolan (2014)

Affiche du film Interstellar
Pollution, surpopulation, ressources naturelles épuisées…
La vie de l’homme sur terre touche à sa fin.
Une expédition est envoyée dans l’espace, pour explorer une faille temporelle qui s’est formée à proximité de Saturne, afin de trouver un nouveau lieu de vie pour l’humanité.
Christopher Nolan a, depuis Inception, découvert l’art d’enfumer son public avec des discours abscons qui font passer ses films pour plus réfléchis qu’ils ne le sont !
Avec Interstellar, vous noterez le titre qui commence aussi par un « i », il tente une symbiose entre le métaphysique et le mystique, entre Kubrick et Malick, entre le spatial et le familial.
Dans ce long voyage vers l’inconnu, non dénué d’un certain charme visuel, les acteurs semblent être les premiers perdus et déblatèrent leur texte sans avoir vraiment l’air de comprendre ce qu’ils racontent.
Un film tellement fourre-tout qu’à quelques mots près, Audi aurait pu en faire la critique via sa dernière publicité.

La preuve :
Ce n’est pas un film, c’est une invitation.
Ce n’est pas de la mise en scène, c’est une expérience.
Ce n’est pas la fin du monde, ça n’existe pas.
Ce n’est pas un mur d’eau, c’est un challenge.
D’accord c’est de la glace, et alors ?
Ce n’est pas du stress, c’est de la passion.
Ce n’est un pas un trou de ver, c’est la prochaine étape.
C’est bien plus qu’en enfumage 4 étoiles, c’est la toute dernière Nolânerie Interstellar.
Sur tous les réseaux sociaux, la perfection.

Un film réservé aux amateurs de fumisterie et aux possesseurs d’une Audi Quattro.

Texte original de la publicité Audi Quattro :
Ce n’est pas une route, c’est une invitation
Ce n’est pas de la conduite, c’est une expérience
Ce ne sont pas de mauvaises conditions, ça n’existe pas
Ce n’est pas un torrent, c’est un challenge
D’accord c’est de la glace, et alors ?
Ce n’est pas du stress, c’est de la passion.
Ce n’est pas une montagne, c’est la prochaine étape.
C’est bien plus qu’un système 4 roues motrices, c’est la toute dernière technologie Quattro.
En toutes conditions, la perfection.

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