MISS SLOANE de John Madden (2017)

Affiche du film Miss Sloane
Elizabeth Sloane est une lobbyiste redoutable et redoutée pour qui seule la victoire compte.
Contactée pour contrer une loi visant à restreindre l’utilisation des armes à feu aux États-Unis, elle décide de changer d’employeur et de mettre ses talents au service d’un cabinet luttant pour le contrôle des armes.
Une guerre sans merci s’engage alors entre elle et son ancien patron.
Elizabeth Sloane est un peu le pendant féminin du Michael Clayton de Tony Gilroy. Le récit du parcours d’une femme brillante, à laquelle aucune cause ne résiste, qui se voit soudain confrontée à un choix qui va transformer sa vie.
Dans l’air du temps, le film de John Madden lève le voile sur les pratiques douteuses des lobbies et sur leurs accointances avec de nombreux hommes politiques. Toutefois, plus ludique que véritable pamphlet, Miss Sloane est surtout un captivant thriller doublé d’un redoutable film de prétoire plein de rebondissements.
Un film qui repose entièrement sur les épaules et la prestation – impeccable – de Jessica Chastain. Elle est la reine et le cœur de cette partie d’échec machiavélique dans les coulisses du pouvoir.

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GRIMSBY – AGENT TROP SPÉCIAL de Louis Leterrier (2016)

Affiche du film Grimsby - Agent trop spécial
Nobby est un cas… social.
Ce chômeur – amateur de bière, de football et père de neuf enfants – n’a qu’un remords, avoir perdu la trace de son petit frère Sebastian, il y a 28 ans.
Aussi, quand Nobby découvre que Sebastian est devenu LE super espion du MI6 (les services secrets britanniques), il décide de se mêler de ses affaires pour le moins bon et surtout pour le pire.
Après Borat et The dictator, Sacha Baron Cohen tend, une nouvelle fois, sa verge pour se faire battre par ses détracteurs.
Sans peur, il touche le fion de la comédie pour atteindre des sommets rarement atteints dans l’humour gras et la scatologie. Tandis que la réalisation bien couillue de Louis Leterrier se met au diapason des excès de son acteur principal, avec des scènes d’action filmées en caméra subjective, façon jeu vidéo.
Un film qui ne sera pas – forcément – du goût de chacun, mais qui ne peut laisser indifférent dans sa recherche de trivialité débridée.

Photo du film Grimsby
Ne manquez pas cet hommage poilant à toutes les sous merdes « qui meurent sur les fronts des guerres que ces bâtards de puissants ont déclenché, qui font vivre la franchise Fast & Furious et qui ne se laisseront jamais torcher sans broncher » que ce soit par Donald Trump ou la FIFA !
Vous l’aurez compris, Grimsby – Agent trop spécial est un film très con… venable !

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KINGSMAN : SERVICES SECRETS de Matthew Vaughn (2015)

Affiche du film Kingsman : Services secrets
KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique et de l’élégance, est à la recherche de sang neuf.
Pour recruter leur nouvel agent secret, elle fait subir un entraînement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune voyou impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy.
Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie ?
S’il fait souvent référence à James Bond et s’amuse à en analyser les ressorts (poncifs ?) dramatiques pour mieux les détourner, Kingsman : Services secrets s’inspire plus volontiers de la série Chapeau melon et bottes de cuir avec ses agents secrets en costumes trois pièces aux noms de code empruntés aux chevaliers de la table ronde. Habiles à manier toutes sortes d’armes pour se battre, parapluies compris.
Il y a aussi un peu de Harry Palmer, l’espion à lunettes qu’interprétait Michael Caine dans les années 60, dans le personnage d’Harry Hart incarné avec flegme et élégance par Colin Firth.
Si le film vaut le détour c’est principalement grâce à sa présence et à la mise en scène inventive de Matthew Vaughn qui réinvente, notamment, la manière de filmer les bagarres, fluides et épileptiques à la fois.
L’intrigue est plus classique et, hormis un surprenant coup de théâtre au deux tiers du film, respecte sagement les conventions du genre. Il n’y a effectivement rien de « fun » ni de « pop » – comme le vendent certaines affiches du film – dans une histoire qui prône quand même en filigrane un retour aux traditions. Pour être sélectionné, le jeune héros (Taron Egerton assez peu charismatique) doit abandonner son côté rebelle pour rentrer dans le rang et arborer le costume cravate. Si c’est ça être rock’n’roll !
Et puis qu’y a-t-il de jouissif et de jubilatoire à voir des centaines de têtes exploser de façons psychédéliques ou à filmer, même si c’est avec maestria, des gens s’entretuer dans une église dans une séquence d’une ahurissante gratuité et d’une indécente complaisance ? Comme si l’abus de sang et de trucages numériques dédouanait de tout sens moral ce genre de scènes proche du jeu vidéo.
Si l’on excepte l’horripilant cabotinage de Samuel L. Jackson avec son cheveu sur la langue, Matthew Vaughn a su s’entourer de bons seconds rôles pour faire avaler la pilule de son ambigu spectacle. De Mark Strong, dans un rôle enfin sympathique, à Mark Hamill en passant par Michael Caine qui joue presque toutes ses scènes assis – amusant clin d’œil pour un film d’action – ils permettent à Kingsman : Service secrets de ne pas être tout à fait vain.

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LA TAUPE de Tomas Alfredson (2012)

Affiche du film La taupe
1973.
Une taupe a infiltré le plus haut niveau des services secrets britanniques.
Smiley, un ancien du MI6 en retraite forcée, est chargé par le gouvernement de surveiller ses anciens collègues afin de démasquer l’agent double travaillant pour l’Union soviétique.
Fans de James Bond passez votre chemin. Ici l’espionnage est plus affaire de dissimulation et de manipulation que d’action et d’explosions.
Avec sa mise en scène austère, qui se refuse à toute forme de spectaculaire, Tomas Alfredson rend palpable l’inquiétante banalité d’un métier qui n’a pourtant rien d’ordinaire. Et c’est avec une certaine habileté qu’il dépeint ces hommes de l’ombre, à la fois fragiles et sans pitié, pris au piège de leurs propres règles.
Les comédiens, tous excellents, font honneur au minutieux travail de reconstitution voulu par le réalisateur et parviennent à maintenir l’intérêt pour un récit qui a parfois tendance à se noyer dans les ellipses de son intrigue alambiquée.
Malgré toutes ses qualités, et sans trahir le roman de John le Carré, un peu de fantaisie n’aurait sans doute pas nui à cette Taupe car, même en pleine guerre froide, les espions (qui venaient du froid ou d’ailleurs) ne devaient pas être dépourvus d’humour.

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JOHN CARTER de Andrew Stanton (2012)

Affiche du film John Carter
Les aventures d’un soldat de la guerre de sécession propulsé sur Mars au beau milieu d’une guerre opposant les différentes peuplades de la planète rouge.
John Carter est aux années 2010 ce que fut Flash Gordon aux années 80. Un énorme film de science-fiction indigeste peuplé de créatures ridicules et de comédiens semblant concourir à l’oscar de l’acteur le plus ringard.
Mark Strong nous rejoue les méchants avec une constance qui force le respect, Ciaran Hinds et James Purefoy nous livrent une version gay de leurs personnages issus de la série Rome et Willem Dafoe nous refait le bouffon vert mais cette fois muni de quatre bras. Quant à Lynn Collins, dans le rôle de la princesse, elle tente de se hisser à la hauteur du nom de son partenaire : l’insipide Taylor Kitsch.
Sans doute conscient d’être aux commandes d’un énorme salmigondis où se croisent Conan le barbare, Star Wars, Flash Gordon, Dune et Trinita va tout casser, Andrew Stanton tente dès le début de son film (avec les différentes tentatives d’évasion de son héros) d’instaurer du second degré à son récit. Peine perdue. Son humour tombe le plus souvent à plat comme les premiers pas de John Carter sur Mars. Et attendez de voir le gars en pagne avec ses bottes de cowboy aux pieds ! De là à dire que les péripéties auquel il est mêlé pour sauver la ville d’Helium auraient tendance à gonfler le spectateur est une image qui ne manque pas d’air et pourtant…
Quelle mouche a donc piqué les studios Disney de vouloir adapter le premier volume du Cycle de Mars d’Edgar Rice Burroughs ? Roman qui, s’il a inspiré nombre de films de science fiction, a été tellement pillé qu’on a l’impression de l’avoir déjà vu cent fois !
Voulaient-ils, comme pour Le monde de Narnia, nous refaire un cours de catéchisme, mais cette fois à la sauce heroic fantay ? Les initiales du héros de mars rappelant étrangement ceux d’un autre messie sur terre.
Voulaient-ils trouver un nouveau patriote droit dans ses bottes qui, s’il ne s’enroule pas dans la bannière étoilée pendant sa virée martienne, apprend tout de même aux autochtones de Mars le martial salut militaire ?
Ou cherchaient-ils, plus prosaïquement, à faire du fric en lançant, à grand renfort d’effets spéciaux, une nouvelle franchise ?
John Carter ne serait, alors, qu’un simple produit marketing à la 3D, une nouvelle fois, sans relief ?
C’est ce que l’on est en droit de penser en lisant, pendant le générique de fin, à qui le film rend hommage.
Au talent de conteur du papa de Tarzan ? Non, vous n’y êtes pas !
Le film est dédié au père de l’iPad : « A la mémoire de Steve Jobs, notre source d’inspiration à tous » !!!
John Carter : ode à un marchand de soupe high-tech ?
Comme le disait l’autre JC, sur terre : « Tout est consommé ».

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OR NOIR de Jean-Jacques Annaud (2011)

Affiche du film Or Noir
Dans les années 1930, deux sultans se disputent un coin de désert qui renferme un véritable trésor : le pétrole. Source de développement pour l’un, néfaste pour l’autre : les deux courants s’affrontent. Qui va l’emporter ?
Dès les premières scènes d’Or noir, Jean-Jacques Annaud dévoile son ambition. Offrir aux spectateurs un film digne des grandes épopées d’autrefois (façon Lawrence d’Arabie de David Lean) avec images somptueuses et pléthore de figurants. S’il est louable de ne pas avoir cédé au mirage de l’action tout numérique, il est regrettable que le réalisateur français ne se soit pas donné les moyens de son ambition.
Traité sous la forme d’un conte moral (n’allez pas chercher ici une quelconque vérité historique), le scénario se tire une balle dans le pied en tentant de justifier les motivations des deux adversaires.
Car en voulant éviter tout manichéisme, le récit ne permet pas de prendre fait et cause pour l’un ou l’autre des sultans : les deux étant, tout à la fois, sympathiques et antipathiques. Point de vue fort louable, mais pour que ce traitement subtil fonctionne, encore eut-il fallu que les personnages soient développés avec plus de finesse.
En père aimant mais homme d’affaire roublard, Antonio Banderas compose un sultan à la limite de la caricature. Avec ses froncements de sourcils et ses roulements d’yeux, il en fait des tonnes et revisite le loup de Tex Avery en remplaçant, hélas, le lubrique par le pathétique.
Freida Pinto en princesse de 1001 nuits est jolie et… jolie.
Quant au prince Auda, censé incarner la vertu et la raison, s’il réussit à préserver l’intégrité de son peuple face aux intérêts étrangers, il ne parvient pas, lui non plus, à sauver le film. Tahar Rahim semble, d’ailleurs, bien mal à l’aise avec son personnage de gentil intellectuel sensible qui se découvre subitement (en même temps qu’il perd l’usage de ses lunettes) brillant meneur d’hommes et redoutable chef de guerre.
Heureusement que Mark Strong (souvent cantonné aux rôles de méchant du Sherlock Holmes de Guy Ritchie au Kick Ass de Matthew Vaughn) donne à son rôle de souverain, droit et inflexible, une véritable prestance et un indéniable charme. Sa prestation mérite vraiment le détour, ainsi que celle de Riz Ahmed. En médecin progressiste et cynique, il vole littéralement la vedette aux autres acteurs et apporte, brièvement, un peu d’air frais à un film bien trop ampoulé.
Il faut dire que l’on a connu le réalisateur plus inspiré. Ici, sa mise en scène manque singulièrement de lyrisme et les scènes de bataille laissent de marbre, malgré l’impressionnante débauche de moyens et les jolies envolées musicales de James Horner.
Sur un sujet pourtant brûlant, Jean-Jacques Annaud nous livre un film tiède et Or Noir, qui n’a rien de la pépite annoncée, pédale sérieusement dans l’huile. Plutôt que de se cantonner aux grosses productions sans âme, souhaitons au cinéaste de retrouver le feu guerrier de ses débuts et son coup de tête de jeunesse, son cinéma y gagnera en qualité et ses spectateurs en plaisir partagé…

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L’AIGLE DE LA NEUVIÈME LÉGION de Kevin Macdonald (2011)


140 après J-C, Marcus Aquila, jeune centurion fraîchement nommé en Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), décide de s’aventurer au-delà du mur d’Hadrien séparant l’Empire romain des terres sauvages du nord de l’Ecosse. Accompagné dans son voyage par Esca, un jeune esclave originaire de ces contrées, Marcus veut découvrir ce qui est arrivé à son père disparu, vingt ans plus tôt, à la tête de neuvième légion et ramener l’Aigle d’or – emblème de Rome et de la légion – pour restaurer l’honneur de sa famille…
Loin des grandes fresques historiques façon Ben-Hur ou Gladiator, L’aigle de la neuvième légion propose une aventure à hauteur d’hommes. Kevin Macdonald s’intéressant davantage aux rapports humains qu’aux batailles filmées avec crudité mais sans véritable souffle épique. Par manque de moyens (ou de savoir-faire ?), le réalisateur du Dernier roi d’Ecosse filme les attaques à coups de gros plans violents plutôt que d’élaborer une mise en scène épique et chorégraphiée. Peu importe, le propos du film ne réside pas dans les combats mais bien plutôt dans le message politique qu’illustre l’amitié entre deux êtres que tout oppose. (Marcus devenant le symbole de l’armée d’occupation et Esca celui des tribus envahies)
Avec la quête de ses deux hommes en territoire hostile, le récit prend peu à peu des allures de western – qu’accentue la silhouette des guerriers Pictes rappelant celle des indiens Iroquois – mais aussi de voyage initiatique. Un voyage initiatique conforté par la superbe photographie d’Anthony Dod Mantle qui magnifie la nature indomptée, entre forêts brumeuses et terres à la beauté aride.
Servi par une interprétation irréprochable – Channing Tatum et Jamie Bell sont tout à fait convaincants dans les rôles titres et Tahar Rahim (Un prophète de Jacques Audiard) méconnaissable dans le rôle du prince Picte – L’aigle de la neuvième légion mérite vraiment qu’on s’aventure sur les traces de Marcus et Esca au son d’une belle partition musicale où résonnent chants gaéliques et airs de uilleann pipes.

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