QUELQUES MINUTES APRÈS MINUIT de Juan Antonio Bayona (2017)

Affiche du film Quelques minutes après minuit
Un jeune garçon, dont la mère est atteinte d’un cancer, se réfugie dans un monde imaginaire où un arbre extraordinaire vient chaque soir lui raconter une histoire pour l’aider à faire face à une vérité qu’il refuse d’affronter.
Comme dans L’Orphelinat, il est question d’amour et de deuil entre une mère et son fils, mais, cette fois, vu par le regard de l’enfant. Un ancrage réaliste qui dérive vers le conte fantastique dans une atmosphère plus proche de celle des films de Guillermo del Toro, comme Le labyrinthe de Pan, que de l’ambiance horrifique du premier film de Bayona.
Le cinéaste peaufine ses effets (notamment grâce à des séquences bienvenues en dessin animé) et crée pour l’occasion un monstre plutôt touchant auquel il donne une vraie présence grâce à la voix grave et enveloppante de Liam Neeson. Pourtant, malgré les efforts louables du réalisateur et de ses comédiens pour nous émouvoir, Quelques minutes après minuit ne parvient jamais à totalement convaincre, sans doute à cause d’un récit prévisible et de la trop grande simplicité de son mystère.

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ALBERT A L’OUEST de Seth MacFarlane (2014)

Affiche du film Albert à l'ouest
Arizona, 1882.
Albert, un éleveur de moutons, vit une époque rude.
Entre les maladies, les bagarres au saloon, les bandits, les indiens et les serpents à sonnette : les manières de mourir dans l’Ouest américain sont diverses et variées.
Peureux, Albert passe donc son temps à éviter tout problème. Mais la rencontre avec une jolie blonde, experte dans le maniement des armes et épouse d’un redoutable hors-la-loi va mettre à mal ses habitudes.
Mélange d’humour très gras et de violence qui tâche, Albert à l’ouest tente de nous trouer le cul par sa vulgarité. Mais malgré son humour de merde, le film fait rarement mouche ou alors le temps d’une réplique, voire d’une apparition savoureuse comme celle de Christopher Lloyd reprenant son rôle de Doc Emmett Brown de Retour vers le futur.
Finalement, le plus chiant est de découvrir ici la présence de comédiens de talent comme Charlize Theron, Liam Neeson ou Giovanni Ribisi. Sans doute venus marcher dans cette grosse bouse dans l’espoir qu’elle leur porte bonheur.
Après Ted, Seth MacFarlane s’obstine à vouloir nous refourguer ses blagues Fuca en misant sur le goût de chiotte de certains spectateurs.
Pas sûr que cette « chevauchiée » westernienne fasse, cette fois, l’unanimité.

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TAKEN 3 de Olivier Megaton (2015)

Affiche du film Taken 3
On reprend les mêmes et on re-recommence.
Accusé à tort de la mort d’un des siens, Bryan Mills n’a plus qu’une idée en tête : aller se faire cuire un œuf…
Non, je rigole !
Que les fans soient rassurés, la seule pensée qui passe toujours par la tête de cet ancien agent secret c’est de se venger !!!
Et si la vengeance est un plat qui se mange froid, on sent nettement dans ce troisième opus que Liam Neeson est pressé de l’engloutir encore tiède sous peine d’être vraiment « trop vieux pour ces conneries » comme le disait avec beaucoup de justesse Roger Murtaugh dans L’Arme fatale.
Parce que c’est vrai qu’un héros de film d’action qui se fait des couleurs pour paraître plus jeune ça ne le fait pas du tout. Surtout qu’il ne trompe personne lorsque, dès la première poursuite dans les rues de Los Angeles, une doublure le remplace pour courir ou sauter chaque palissade qu’il croise. Une agilité d’autant plus suspecte que, quelques minutes plus tard, le Liam a bien du mal à s’extirper du coffre d’une voiture.
Moins rance et porté sur la torture que dans les deux premiers épisodes, le récit ménage prudemment la police américaine qui – à la différence des flics français (Taken) ou turques (Taken 2) – n’est ni corrompue, ni trop incompétente.
Il vaut sans doute mieux éviter de se moquer des forces de l’ordre si l’on espère pouvoir tourner d’autres films sur le sol américain. Et c’est donc à l’excellent Forest Whitaker que revient la charge de relever le niveau, dans le rôle du flic chargé de l’enquête, plutôt qu’à un acteur de seconde zone.
Pour le reste, rien ne change.
Liam Neeson enfile sa veste en cuir noir pour faire « ce qu’il sait faire le mieux » et traîne sa grande carcasse dégingandé de scène en scène avec un air consterné ou constipé (on ne sait pas trop), affrontant cette fois un gang de russes amateur de poncifs : ils sont sans pitié, biturés et tatoués.
Remercions toutefois les scénaristes qui nous évitent le chef mafieux, nouveau riche, amateur de musique classique pour un truand friand de chaînes dorées et de slips kangourou.
Quant à Olivier Megaton, il monte une nouvelle fois son film à la hussarde – pour masquer son incompétence comme réalisateur ? – et hache systématiquement ses scènes d’action pour créer des moments de tension factices (Liam Neeson arrivera-t-il à se sauver avant l’arrivée de la police ?) ou pour faire gober à son public les pires invraisemblances (à l’image de cette improbable évasion d’une voiture poussée dans un ravin). Tournis assuré !
« Taken 3, c’est ici que tout s’achève » nous promet l’affiche.
Pourvu que ce ne soit pas une publicité mensongère…

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NON-STOP de Jaume Collet-Serra (2014)

Affiche de Non-Stop
Au cours d’un vol long courrier, un marshal des airs reçoit d’inquiétants sms sur sa ligne sécurisée. Un passager menace de tuer quelqu’un à bord toutes les 20 minutes si on ne lui verse pas immédiatement 150 millions de dollars.
Après l’efficace série B Sans identité, le tandem Liam Neeson/Jaume Collet-Serra se reforme en oubliant ce qui faisait le charme de leur première collaboration : un scénario habile et des effets spectaculaires utilisés à bon escient.
Ici, on vole au milieu des clichés avec un policier soupçonné à tort qui noie un drame dans l’alcool, des passagers stéréotypés (ne manque que le chien, le cinéaste ayant le bon goût de nous épargner la visite de la soute), des suspects trop évidents pour être coupables, un coupable trop sympathique pour être honnête.
Le scénario bat de l’aile dès la troisième victime et enchaîne les loopings improbables.
La mise en scène part en vrille.
Les scènes d’action sont proches du trou d’air.
Et l’on espère jusqu’à la fin un kiss landing* pour Liam Neeson et Julianne Moore dont le jeu fait malheureusement du radada**.
Du grand n’importe quoi…
Non-Stop.

* un atterrissage en douceur.
** vole en rase motte.

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TAKEN 2 de Olivier Megaton (2012)

Affiche du film Taken 2
On prend les mêmes et on recommence.
Rejoint par sa femme et sa fille à Istanbul, Bryan Mills va devoir faire face à la vengeance du père d’un des proxénètes albanais tué dans Taken. (Vous savez, le gars qui avait eu la chance de tester la qualité des équipements électriques des pays développés).
Tel fils, tel père, celui-ci enlève l’ancien agent secret et sa femme et c’est au tour de leur fille de les délivrer…
Après la représentation glauque de Paris, Taken 2 offre une vision d’Istanbul que ne va pas cautionner le syndicat d’initiative local.
Flics corrompus et incompétents, quartiers malfamés et autochtones patibulaires n’invitent pas franchement à faire du tourisme en Turquie, malgré la présence de quelques palaces… Mais même là, on n’est pas en sécurité, ma bonne dame !
L’action, toujours aussi rance, est cette fois ponctuée par les appels réguliers du muezzin, histoire de jouer sur les peurs qu’engendre actuellement l’islam en occident.
Le scénario se cantonne à une bête histoire de vengeance, comme le fait d’ailleurs remarquer au méchant un Liam Neeson dont le regard est aussi éteint que le jeu. Heureusement que les accessoiristes ont eu la bonne idée de nous ressortir sa veste en cuir noir pour nous faire comprendre à quel moment il va faire « ce qu’il sait faire le mieux ».
Quant aux invraisemblances… Elles sont une nouvelle fois légions. Allant du ridicule (l’incroyable méthode de Mills pour se repérer les yeux bandés dans une camionnette en mouvement) au carrément débile (les grenades lancées en pleine ville pour permettre au héros de situer l’endroit où il est prisonnier).
C’est à se demander pourquoi les Mills s’obstinent à quitter leur pays si calme et idyllique. Sans doute pour permettre à leur fille d’apprendre à conduire sans peur d’emboutir une voiture ou d’écraser quelqu’un. Car, au final, tout l’enjeu du film se trouve là : Kim aura-t-elle son permis à la fin de ces éprouvantes aventures ?
Y’a pas à dire, le nouveau film de Mégaton à tout d’une Mégadaube !

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BATTLESHIP de Peter Berg (2012)

Affiche du film Battleship: un énorme vaisseau extraterrestre sort de l'eau face à un navire de guerre
Nouveau drame dû à la barrière des langues.
Pas très malin d’appeler « Projet Beacon » la tentative de communication avec une planète similaire à la nôtre, située dans une galaxie éloignée.
Aussitôt, cinq vaisseaux extraterrestres rappliquent avec dans l’idée de faire des humains leur « Bacon » du matin.
Heureusement pour l’humanité que quelques Marines, bien ancrés du pantalon, décident de ne pas se laisser transformer en bâtonnets de poisson…
Naviguant entre patriotisme exacerbé et ridicule assumé (du moins, on ose l’espérer en découvrant la sidérante marche des vétérans au ralenti) le scénario, d’un vide abyssal, se maintient tout juste à flot grâce à l’efficacité de ses effets spéciaux.
Moins neuneu que la série des Transformers mais tout aussi inepte, Battleship plaira surtout aux amateurs de films d’action où la femme est à l’honneur… Vous savez, ces films qui louent, entre deux scènes viriles, la présence d’esprit des blondes en mini short et qui sollicitent les starlettes du R’n’B pour venir jouer les rebelles tatouées, avec dans leurs petits bras musclés une grosse mitrailleuse à la place du micro.
Du côté des hommes, Taylor Kitsch, après avoir participé au naufrage de John Carter, poursuit avec la légèreté d’un jeune cachalot son entreprise de destruction (de l’intérieur) des blockbusters américains, tandis que Liam Neeson vient cachetonner quelques minutes avant de sombrer… dans l’oubli.
Devant tant d’atouts réunis, pas étonnant que les extraterrestres, avec leur tête de chèvre et leurs longs doigts boudinés, ne fassent pas le poids.
Vous l’aurez compris, avec ses concours de gros canons, Battleship fait dans la catégorie poids lourd. Mais, plus invraisemblable que vraiment dingue, cette ode maritime à la gloire du trouffion des mers finit par devenir vraiment lourdingue !

Bande annonce du film Battleship

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LE TERRITOIRE DES LOUPS de Joe Carnahan (2012)

Affiche du film Le territoire des loups
Un avion ramenant à Anchorage les employés d’une compagnie pétrolière située en Alaska s’écrase dans le grand nord. Les quelques rescapés vont tenter de survivre aux morsures du froid et à celles d’une meute de loups.
Disons le tout net, Le territoire des loups est une excellente surprise et s’impose comme une référence dans le genre survie en milieu hostile.
Filmé à hauteur d’hommes, cette course contre la mort ménage ses effets pour mieux faire monter l’angoisse. Efficace et viril, le récit n’est pas pour autant dénué d’émotions grâce au jeu convaincant des acteurs (Liam Neeson en tête) et à la présence de quelques scènes oniriques hantées par le deuil.
Après L’agence tous risques et son déluge pyrotechnique un peu indigeste, Joe Carnahan surprend agréablement avec ce film âpre et sans fioritures qui joue habilement sur la peur ancestrale du loup.
On pense naturellement à The Thing (1982) de John Carpenter dans la façon qu’a le réalisateur d’installer une forme de huis clos au milieu de grands espaces enneigés balayés par la tempête mais aussi à Assaut (1976) avec ces ennemis invisibles aux attaques aussi imprévisibles que brutales.
En misant intelligemment sur l’imagination galopante du spectateur, le cinéaste parvient à créer un climat de plus en plus oppressant sans autre artifice que l’utilisation du hors champ et le soin tout particulier apporté aux effets sonores (les hurlements des loups notamment). La scène où des dizaines d’yeux apparaissent dans la nuit face aux survivants apeurés est, à ce titre, un modèle du genre et renvoie à tous les contes fantastiques à base de loups qui ont bercés notre enfance.
Une réussite qui n’aidera pas à la réimplantation de l’espèce dans nos forêts et devrait calmer quelques temps les promenades dans les bois. Mais si vous souhaitez passer un bon moment de cinéma, ce territoire est fort recommandable… du moins, tant que le loup n’y est pas !

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