FAST & FURIOUS 8 de F. Gary Gray (2017)

Affiche du film Fast & Furious 8
Fa(s)t Dom entraîne les siens dans une nouvelle mission impossible motorisée avant de les trahir. Son équipe, incrédule et vraiment Furious, se lance à sa poursuite, bien décidée à comprendre la raison qui l’a poussé à quitter la famille.
Avec son début à Cuba à base de culasses et de culs haut perchés sous des mini-jupes, ce huitième épisode fait d’abord craindre le pire. Mais, plus réussi que Fast & Furious 7 qui frôlait la sortie de route pour tenter de rendre cohérent l’hommage au défunt Paul Walker, cette huitième aventure renoue avec l’esprit feuilletonnesque qui faisait le charme de Fast & Furious 6 tout en continuant d’enchaîner les cascades délirantes à la manière d’un dessin animé.
L’évasion musclée d’une prison ou la folle échappée de voitures zombies dans les rues de New York comptent parmi les meilleurs moments d’un récit un peu indigeste lorsqu’il nous gratifie des assommantes considérations familiales de chacun des protagonistes.
Heureusement que le casting continue de s’étoffer et que les acteurs ont visiblement l’air de s’amuser. Du moins quand Vin n’est pas là. Dwayne Johnson (dont c’est vraisemblablement le dernier tour de piste) ne s’adresse d’ailleurs jamais à lui, hormis lors d’un bref échange téléphonique. Il faut dire que monsieur Diesel, à défaut de mouiller sa chemise comme le reste de ses compagnons, préfère mettre les gaz bien calé au fond de son auto ou discuter pépère de ses affres de père en compagnie de la perverse Charlize Theron. Un manque de vélocité qui laisse à penser que les grâces qu’il impose avant chaque banquet familial lui sont aussi tombées sur le ventre. Ventre qui commence à s’arrondir sous le marcel.
Pas de quoi mettre à la casse cette franchise qui semble en avoir encore sous le capot.

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LES HUIT SALOPARDS de Quentin Tarantino (2016)

Affiche du film Les huit salopards
Pour échapper au blizzard, un chasseur de primes et sa prisonnière trouvent refuge dans un relais de diligences en compagnie de cinq autres voyageurs. Amis ou ennemis ?
Car cela fait, tout de même, beaucoup de monde au même endroit au même moment.
Huit salopards pour le huitième Tarantino qui, comme le numéro de son film, semble désormais tourner sur lui-même… à l’infini.
Transformer un genre plutôt porté vers les grands espaces en un huis clos tendu était plutôt une bonne trouvaille. Mais cette idée, le cinéaste ne la transcende jamais, préférant cantonner son western à un spectacle de (grand) Guignol verbeux et creux. Retirez les interminables dialogues – ou carrément certains chapitres – et il ne reste guère plus d’une heure d’intrigue sur les 2h48 que dure le film.
Les acteurs plutôt convaincants (notamment l’étonnant numéro de Jennifer Jason Leigh qui tient la dragée haute à ses partenaires masculins) en sont réduits à caricaturer les pantins qu’ils interprètent pour tenter de leur donner un peu d’épaisseur. Peine perdue, même avec des accents à couper au couteau et en abusant de la caféine, Les huit salopards s’embourbent dans un exercice de style autosatisfait, gore et théâtral. Les chiottes ont beau être plantées à l’écart, entre l’écurie et le relais de diligences, Tarantino se réjouit d’aller vider ses tripes entre le bar et le feu de cheminée de l’auberge de Minnie.
Affiche américaine du film Les huit salopardsPlus qu’à The Thing de Carpenter (dont le film reprend l’acteur principal, Kurt Russell, et un groupe d’hommes isolé au milieu d’une tempête de neige) c’est à une enquête d’Agatha Christie au Far West que le dernier film de Tarantino fait penser, avec Samuel L. Jackson dans le rôle de l’Hercule Poirot de service. Sauf que la romancière anglaise avait un sens de la chute et du rebondissement que ne possède pas ici le réalisateur de Django Unchained, qui nous fait poireauter des plombes avant de dégainer son secret de Polichinelle.
Nul doute que tourné par un inconnu, ce long carnage aurait été flingué par le public et la critique. Mais, plus que son talent d’écriture, Quentin Tarantino a surtout l’art de jeter de la poudre aux yeux. Espérons que pour son neuvième film, il réalise enfin quelque chose de neuf !

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FAST & FURIOUS 7 de James Wan (2015)

Affiche du film Fast & Furious 7
Dom et sa bande doivent affronter le grand frère du méchant de Fast & Furious 6 qui a juré leur perte…
On allait voir ce qu’on allait voir, le générique de fin du précédent opus – plutôt réussi – ayant révélé l’identité du futur gros bras devant affronter Vin Diesel et Dwayne Johnson : l’impayable Jason Statham et sa trogne de mal embouché.
Malheureusement, les moteurs ont beau rugir et Statham tout tataner, James Wan n’a rien d’un as du volant pour ce qui est de mettre en scène poursuites et bastons.
Si habile à nous faire peur dans Conjuring : Les dossiers Warren, le réalisateur parvient seulement à nous effrayer avec un montage surgonflé et des courses au radar, nous faisant regretter celles élaborées par Justin Lin (qui en avait un peu plus dans la culasse).
Un petit stage chez les réalisateurs de John Wick aurait certainement apporté un peu plus de fluidité à l’ensemble et permis l’antipatinage de cette nouvelle ode aux grosses caisses de destruction massive.
Bricolé sur un coin d’établi, le scénario semble uniquement conçu pour customiser ce qui était prévu comme le premier épisode d’une nouvelle trilogie en un film hommage à un de ses acteurs principaux – Paul Walker – disparu pendant le tournage.
Résultat, Dwayne Johnson et Jordana Brewster n’ont plus rien à se mettre sous la pédale et la série doit abandonner le côté feuilletonnant des trois derniers épisodes pour revenir aux interminables distributions de bourre-pifs et autres concours pour savoir qui aura la plus grosse bielle, histoire de permettre au beau gosse d’être une dernière fois de tous les plans, même lorsque c’est inutile.
Bref, avec sa recette approximative, Fast & Furious 7 finit rapidement par patiner dans l’huile. Car, plutôt que de choisir entre Igol ou Motul, James Wan a préféré forcé sur l’huile Puget ! (Les apparitions numériques de Paul Walker sont, par moment, aussi pathétiques que celles de Fernandel dans la publicité).
Autant dire qu’il va falloir un sérieux correcteur de trajectoire pour remettre la licence sur la bonne route.

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