A BITTERSWEET LIFE de Kim Jee-Woon (2006)

Affiche du film A bittersweet life
Sunwoo, un gangster aussi redoutable qu’élégant, est l’homme de confiance d’un impitoyable chef de la mafia qui lui demande de surveiller, pendant son absence, sa jeune maîtresse qu’il soupçonne d’avoir un amant.
Après 2 sœurs, surprenant drame horrifique, Kim Jee-Woon s’attaque au polar (genre en vogue dans le cinéma Coréen de Sympathy for Mister Vengeance à Memories of Murder) et marque A Bittersweet Life de sa patte.
On y retrouve sa mise en scène raffinée ponctuée d’éclats de violence qu’il marie, cette fois, à une ambiance nocturne et citadine. Une atmosphère qui n’est pas sans évoquer Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, d’autant que l’interprétation avenante et taciturne de Byung-Hun Lee rappelle un peu celle d’Alain Delon.
La comparaison s’arrête là, le scénario – mal conçu et parfois confus – desservant assez rapidement un film dont le point d’orgue tombe bizarrement en plein milieu du récit, lors d’un enterrement pluvieux et d’un hallucinant affrontement à mains nues digne de Old Boy.
Le soufflé a ensuite tendance à retomber pour sombrer dans un banal règlement de compte sanglant qui lorgne du côté du Scarface de Brian De Palma, en moins réussi. Cet exercice de style racé et glacé, aux multiples références, aurait été bien inspiré d’exploiter davantage son humour décalé, bien plus efficace pour marquer les esprits que cette suite de fusillades aigres-douces au goût de déjà-vu.

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LE BON, LA BRUTE, LE CINGLÉ de Kim Jee-Woon (2008)

Affiche du film : Le bon, La brute, Le cinglé
Mandchourie, années 30.
Une mystérieuse carte est convoitée par l’armée japonaise et des bandits chinois et coréens.
Dans cette course au trésor où tous les coups sont permis, un chasseur de prime (le bon), un tueur (la brute) et un voleur (le cinglé) vont tenter de tirer leur épingle du jeu pour remporter le magot.
Avec son titre en forme de clin d’œil au film de Sergio Leone, Le bon, La brute, Le cinglé est un hommage assumé au western italien dont il reprend le ton décalé, l’humour et le goût pour l’esbroufe.
Dès les premières séquences mettant en scène l’attaque d’un train, Kim Jee-won remporte son pari de rendre crédible ce western à la sauce asiatique qu’il pimente d’ébouriffantes fusillades et de cavalcades endiablées. Mais en préférant miser sur une surenchère perpétuelle plutôt que de développer un scénario faiblard qui s’étale sur plus de deux heures, le film ne tient pas la distance. A l’image de sa conclusion bâclée et quasiment incompréhensible – car amputée de plusieurs minutes – destinée à la version européenne.
Dommage, car le film bénéficie de la mise en scène brillante et inventive du réalisateur de 2 sœurs et que Song Kang-ho, dans le rôle du cinglé, fait des étincelles. Un peu trop même. Car, face à sa puissance comique, ses deux partenaires de jeu ont bien du mal à imposer leur personnage au profil beaucoup plus convenu.
Cet exercice de style à la maestria un peu vaine n’a, finalement, pour principal intérêt que de donner une furieuse envie de revoir Le bon, la brute et le truand.

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