GHOST IN THE SHELL de Rupert Sanders (2017)

Affiche du film Ghost in the shell
Dans le futur, les hommes sont réparés et améliorés grâce aux progrès de la robotique.
Une jeune femme, le Major, dont le cerveau a pu être sauvé à la suite d’un grave accident, est la première à bénéficier d’un corps entièrement cybernétique qui lui permet de lutter plus efficacement contre la criminalité. Jusqu’à ce qu’un nouvel ennemi, capable de pirater les esprits des êtres modifiés, vienne remettre en cause ses certitudes.
Avec ses effets spéciaux et son esthétique qui doivent énormément à Blade Runner, son héroïne intrépide et flingueuse qui doit beaucoup à Selene de Underworld, Rupert Sanders (le tâcheron à l’origine de l’improbable rencontre entre Blanche-Neige et un bûcheron dans Blanche-Neige et le chasseur) continue son travail de recyclage et tente une nouvelle hybridation cinématographique. Après les frères Grimm, c’est le manga de Masamune Shirow qui en fait les frais pour un résultat aussi tape à l’œil que simpliste d’un point de vue narratif.
Un produit de consommation sans âme aussi vite vu qu’effacé de la mémoire.

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GODZILLA de Gareth Edwards (2014)

Affiche du film Godzilla
Des monstres ancestraux se sont réveillés et viennent tout péter avides de pomper notre énergie… Heureusement, l’un d’eux pète pour la bonne cause !
Contrairement à ce que semble croire un bidasse parachutiste en prière sur le point de sauter au-dessus d’un San-Francisco en ruine, Dieu ne semble pas porter dans son cœur la « grande nation » américaine.
Sinon, pourquoi voudrait-il que toutes les catastrophes cinématographiques se déroulent presque exclusivement sur son sol ?
Il faut dire que militaires et scientifiques ricains tendent le bâton pour se faire battre !
Trouver un gigantesque cocon dans une caverne des Philippines et le ramener aux USA dans une zone de stockage nucléaire pour finir par découvrir, quelques années plus tard, qu’il contenait une monstrueuse femelle en rut avide de se faire féconder… Avouez que c’est un peu ballot…
Tout comme la quasi-totalité du long métrage qui compile tous les poncifs du film catastrophe américain de ces vingt dernières années. Du héros forcément militaire et increvable à sa femme forcément infirmière. En passant, forcément, par les gamins et les chiens en péril. Rien ne nous est épargné. Même les longues jérémiades de famille entre le héros et son père qui permettent de meubler le début de l’histoire et de ne pas faire sombrer le budget du film dans un excès d’effets spéciaux.
Des effets numériques plutôt convaincants d’ailleurs, mais systématiquement plombés par des idées de scénario qui laissent songeur…
Comme ce commando de paras qui compte les distances en « clic » (sic) et place des snipers sur les toits des gratte-ciel pour couvrir leur déplacement.
Des snipers pour arrêter les monstres ? Vraiment ? Quand on sait que même les gros missiles leur en touche une sans faire bouger l’autre.
Et que penser de cette monstrueuse femelle Muto qui pond ses œufs en plein quartier chinois de San Francisco ? Qu’elle désire faire la nique à son imposant adversaire japonais ?
Des questions qui resteront sans réponse, de même que celles qui taraudent le spectateur qui peine à rester éveillé malgré les explosions.
La principale interrogation étant : pourquoi les grands studios s’évertuent-ils à filer les commandes de leurs blockbusters à des tâcherons ? Gareth Edwards réussit juste, avec plus de moyens, à rendre son film aussi long et pénible que sa première réalisation : le surestimé Monsters, dont il reprend au passage l’idée de la parade amoureuse des monstres.
D’où l’impression, cette fois encore, de s’être fait posséder par le grand God-zilla du marketing…

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COSMOPOLIS de David Cronenberg (2012)

Affiche du film Cosmopolis
Un jeune loup de la finance décide de prendre sa gigantesque limousine blanche pour aller se faire couper les cheveux à l’autre bout de la ville, alors que de violentes émeutes secouent New York et qu’un tueur le menace.
Avec Cosmopolis, Cronenberg semble revenir à ses thèmes de prédilection et les trente premières minutes du film sont bien à l’image du cinéaste de Crash, déjantées et pourtant incroyablement justes. Dans sa longue limousine insonorisée, Eric Packer vit à côté du monde qui l’entoure. Un monde qu’il voit défiler en silence derrière les vitres de sa voiture matrice (ce que rappelle discrètement le fauteuil aux allures de sexe féminin dans lequel il trône et reçoit ses invités). Mais si certaines marottes du réalisateur sont au rendez-vous : la voiture comme prolongement de soi et de sa virilité, les obsessions anales et sexuelles hardiment abordées via une sidérante scène d’examen de la prostate, son message est brouillé et a du mal à passer.
Car si l’on devine le fond de sa pensée (décrire une société malade qui court à sa perte guidée par des fous avides qui tentent de justifier leurs actes sous couvert de théories fumeuses – qu’elles soient économique ou d’épanouissement de soi), le cinéaste ne parvient pas à s’affranchir des mots du romancier Don DeLillo et ne trouve pas le bon dosage entre images chocs et mots qui tuent, comme ce fut le cas avec A dangerous method.
Quant à la confrontation finale, lourdement filmée sous la forme d’une longue confession, elle finit de plomber le film.
Sans doute aurait-il fallu un acteur moins lisse que Robert Pattinson pour donner un peu plus d’ambigüité au personnage principal et des seconds rôles masculins plus nuancés : Paul Giamatti et Mathieu Amalric en font, une nouvelle fois, des tonnes. Seule les femmes, comme souvent chez le cinéaste canadien, sèment le trouble et tirent leur épingle du jeu, de Sarah Gadon à Juliette Binoche.
Sur un sujet d’une aussi brûlante actualité, il est vraiment regrettable que Cronenberg revienne aux affaires par la petite porte avec cette introduction en bourse aussi « abscul » qu’absconse.

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