MISS SLOANE de John Madden (2017)

Affiche du film Miss Sloane
Elizabeth Sloane est une lobbyiste redoutable et redoutée pour qui seule la victoire compte.
Contactée pour contrer une loi visant à restreindre l’utilisation des armes à feu aux États-Unis, elle décide de changer d’employeur et de mettre ses talents au service d’un cabinet luttant pour le contrôle des armes.
Une guerre sans merci s’engage alors entre elle et son ancien patron.
Elizabeth Sloane est un peu le pendant féminin du Michael Clayton de Tony Gilroy. Le récit du parcours d’une femme brillante, à laquelle aucune cause ne résiste, qui se voit soudain confrontée à un choix qui va transformer sa vie.
Dans l’air du temps, le film de John Madden lève le voile sur les pratiques douteuses des lobbies et sur leurs accointances avec de nombreux hommes politiques. Toutefois, plus ludique que véritable pamphlet, Miss Sloane est surtout un captivant thriller doublé d’un redoutable film de prétoire plein de rebondissements.
Un film qui repose entièrement sur les épaules et la prestation – impeccable – de Jessica Chastain. Elle est la reine et le cœur de cette partie d’échec machiavélique dans les coulisses du pouvoir.

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MAMA de Andrés Muschietti (2013)

Affiche du film Mama
Deux jeunes sœurs, portées disparues le jour du décès de leurs parents, sont retrouvées cinq ans plus tard dans une inquiétante cabane au fond des bois. Confiées à leur oncle et à sa petite amie, elles tentent de se réadapter à la vie en société, mais un être malfaisant semble les avoir accompagnées…
Au carrefour de deux styles horrifiques en vogue – l’un japonais avec son fantôme de femme désarticulée aux longs cheveux et l’autre espagnol avec sa mère courage et ses enfants en proie à l’au-delà – Mama se démarque pourtant du tout venant des films d’horreur en jouant la carte du conte fantastique et de l’ambiguïté.
Andrés Muschietti dispense avec parcimonie ses effets pour mieux faire peur et à le bon goût de donner une réelle épaisseur à sa revenante (dangereuse mais aimant vraiment les deux fillettes) ainsi qu’à Jessica Chastain, moins lisse et insipide qu’à l’accoutumée.
Plus qu’à une banale histoire de spectre revanchard, c’est finalement à l’affrontement de deux mères adoptives pour la garde de leurs enfants que nous convie ce film. Un changement de point de vue qui fait toute la différence et rend cette Mama plutôt fréquentable.

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LE CHASSEUR ET LA REINE DES GLACES de Cedric Nicolas-Troyan (2016)

Affiche du film Le chasseur et la reine des glaces
Nous ne savions pas tout, hélas…
Avant qu’il ne vienne en aide à Blanche-Neige, le chasseur était tombé amoureux d’une jeune femme sans le consentement de la reine des glaces, la frigorifique Freya.
Exilé, il en a profité pour régler son compte à la reine Ravenna (dans Blanche-Neige et le chasseur). Pas de bol, il doit aujourd’hui faire face à la vengeance de Freya, bien décidé à récupérer le miroir magique de sa grande sœur.
Il y a toujours quelque chose de déglingué au pays des contes de fées…
Mais où sont donc passées les hideuses sorcières de notre enfance ? Pas dans cette suite où elles ont toutes des têtes de top-modèles.
Affiche du film avec Freya et Ravenna Charlize Theron, toute dior vêtue, est loin d’être un laideron.
Quant à Emily Blunt, elle ne laisse pas de glace.
Tant de beautés réunies rendent définitivement consensuelle cette production déjà bien aseptisée.
D’autant que le chasseur aime les fadasses (ça pourrait faire un bon titre pour un troisième film, non ?), puisqu’après Kristen Stewart – qui heureusement ne rempile pas – le grand dadais blond à l’humour balourd s’amourache de la jolie, mais inexpressive, Jessica Chastain.
Bref, à défaut d’avoir du cœur, c’est une fable industrielle que l’on nous sert sur un plateau avec son lot de bons sentiments et de combats filmés à la hache.
Si seulement ce pouvait être un solde de tout… conte.

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CRIMSON PEAK de Guillermo del Toro (2015)

Affiche du film Crimson Peak
Une jeune américaine candide et fortunée – littéralement hantée par la mort de sa mère – s’éprend d’un séduisant Baronnet qui l’emmène vivre dans son sinistre château en Angleterre. Entre son inquiétante belle-sœur et de terrifiants spectres, les nerfs et la santé d’Edith vont être mis à rude épreuve.
Quelle tristesse de voir un cinéaste brader son talent pour tenter de garder sa place à Hollywood, affadissant au passage son style et son originalité pour rentrer dans la norme.
Allant jusqu’à plagier l’aspect de son poétique fantôme dans L’échine du diable, Guillermo del Toro nous offre dans Crimson Peak une série de hideux ectoplasmes au rendu trop numérique pour être réellement effrayant.
A l’inverse des décors baroques et surchargés de la vieille demeure, le scénario, d’une indigente pauvreté, nous resserre les éternels lieux communs sur les maisons hantées. Tandis que pour masquer son secret de Polichinelle, le réalisateur se cantonne dans le sursaut facile (notamment en abusant des effets sonores) plutôt que de tenter d’instiller une réelle angoisse.
Entre hommage et clins d’œil (l’héroïne se nomme Cushing comme le célèbre acteur de films fantastiques), la luxueuse demeure préfabriquée de Guillermo del Toro déçoit car elle ne parvient jamais à retrouver le charme vénéneux de La maison du diable de Robert Wise, ni l’ambiance frissonnante et gothique du château du Masque du démon de Mario Bava.
Mais le plus horrible se trouve dans la confrontation entre les deux actrices les plus fades du moment : Jessica Chastain et Mia Wasikowska. Leur affrontement en fin de film y atteint des sommets de Grand-Guignol. Face à elles, même Tom Hiddleston, plutôt convaincant, ne parvient à renouveler sa fantastique performance de Only Lovers Left Alive.
Bref, mieux vaut que l’adaptation de Lovecraft – dont rêve Guillermo del Toro – reste dans un tiroir si elle doit ressembler à ça…

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INTERSTELLAR de Christopher Nolan (2014)

Affiche du film Interstellar
Pollution, surpopulation, ressources naturelles épuisées…
La vie de l’homme sur terre touche à sa fin.
Une expédition est envoyée dans l’espace, pour explorer une faille temporelle qui s’est formée à proximité de Saturne, afin de trouver un nouveau lieu de vie pour l’humanité.
Christopher Nolan a, depuis Inception, découvert l’art d’enfumer son public avec des discours abscons qui font passer ses films pour plus réfléchis qu’ils ne le sont !
Avec Interstellar, vous noterez le titre qui commence aussi par un « i », il tente une symbiose entre le métaphysique et le mystique, entre Kubrick et Malick, entre le spatial et le familial.
Dans ce long voyage vers l’inconnu, non dénué d’un certain charme visuel, les acteurs semblent être les premiers perdus et déblatèrent leur texte sans avoir vraiment l’air de comprendre ce qu’ils racontent.
Un film tellement fourre-tout qu’à quelques mots près, Audi aurait pu en faire la critique via sa dernière publicité.

La preuve :
Ce n’est pas un film, c’est une invitation.
Ce n’est pas de la mise en scène, c’est une expérience.
Ce n’est pas la fin du monde, ça n’existe pas.
Ce n’est pas un mur d’eau, c’est un challenge.
D’accord c’est de la glace, et alors ?
Ce n’est pas du stress, c’est de la passion.
Ce n’est un pas un trou de ver, c’est la prochaine étape.
C’est bien plus qu’en enfumage 4 étoiles, c’est la toute dernière Nolânerie Interstellar.
Sur tous les réseaux sociaux, la perfection.

Un film réservé aux amateurs de fumisterie et aux possesseurs d’une Audi Quattro.

Texte original de la publicité Audi Quattro :
Ce n’est pas une route, c’est une invitation
Ce n’est pas de la conduite, c’est une expérience
Ce ne sont pas de mauvaises conditions, ça n’existe pas
Ce n’est pas un torrent, c’est un challenge
D’accord c’est de la glace, et alors ?
Ce n’est pas du stress, c’est de la passion.
Ce n’est pas une montagne, c’est la prochaine étape.
C’est bien plus qu’un système 4 roues motrices, c’est la toute dernière technologie Quattro.
En toutes conditions, la perfection.

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DES HOMMES SANS LOI de John Hillcoat (2012)

Affiche du film Des hommes sans loi
Le destin des trois frères Bondurant, distillateurs clandestins et trafiquants d’alcool, dans les années 30, au cœur des forêts de Virginie.
Leur fratrie, réputée invincible, survivra-t-elle à la prohibition ?
Après La route, road movie sombre et apocalyptique, John Hillcoat poursuit sa veine noire en abordant les terres du film de gangsters. Un genre qu’il traite avec un élégant classicisme, sûr de l’originalité de son sujet. Car ici, les héros ne sont ni des truands, ni des policiers mais de simples campagnards qui arrondissent leurs fins de mois en écoulant leur tord-boyaux, bien loin des des luttes de pouvoir des mafieux des grandes villes.
Un changement de décor qui n’exclut pas les règlements de compte, d’autant plus violents et imprévisibles qu’ils ont lieu au sein d’une communauté où tout le monde se connait. Une ambiance lourde et étouffante que le réalisateur parvient à incarner en opposant la beauté et la tranquillité des paysages aux brusques excès de violence des hommes qui y vivent.
Dommage que l’interprétation ne soit pas tout à fait à la hauteur de la mise en scène et aille de l’excellence au très moyen.
Shia LaBeouf manque de carrure et se fait rapidement voler la vedette par Tom Hardy qui, avec une étonnante économie de jeu, impose son personnage de chef de clan taiseux. Difficile d’oublier ses inquiétants silences et les grognements ponctuant ses rares répliques.
Face à eux, le reste de la distribution principale a du mal à convaincre.
Si Jason Clarke, en géant violent, tire son épingle du jeu, Guy Pearce, en policier maniaque et psychopathe, force un peu trop le trait tandis que Jessica Chastain, d’une étonnante fadeur, ôte tout mystère à son personnage. Quant à Gary Oldman, il n’a bizarrement que peu de scènes à jouer…
Malgré ces quelques réserves, ce polar rural aux accents westerniens est tout à fait recommandable.

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MADAGASCAR 3, BONS BAISERS D’EUROPE de Eric Darnell et Tom McGrath (2012)

Affiche du film Madagascar 3
Après Madagascar et l’Afrique, Alex le lion et ses amis poursuivent leur virée du côté de l’Europe dans l’espoir de retrouver leur cher zoo new-yorkais de Central Park.
Sans doute le meilleur épisode de la saga (en même temps, y’a pas de mal…), Madagascar 3 devrait plaire aux enfants grâce à son rythme effréné – la poursuite à Monaco est l’un des moments les plus réussis du film – son hommage coloré au cirque et à sa 3D plutôt convaincante.
Hélas, cette virée clownesque, qui ne brille pas par la qualité de son scénario, finit vite par agacer car elle trimballe aussi tous les vieux poncifs américains sur l’Europe en général et la France en particulier : pays où on ne travaille que deux semaines par an, avec les congés payés, les 35h et les RTT !
Bien évidemment, la méchante est française, vulgaire, fourbe et chante du Edith Piaf (les scénaristes ont la bonté de nous épargner la tour Eiffel, le béret basque et la baguette). Quant à la gendarmerie, elle utilise des ordinateurs datant des années 90 et de gros téléphones portables munis d’antennes. Belle image de l’Europe donnée à nos petits à qui, dans le même temps, on assène une bande originale truffée de tubes ricains à la mode. De là à penser qu’il y a aussi derrière ce film d’animation une formidable machine à formater le goût des enfants, il n’y a qu’un pas que le spectateur un peu critique franchira sans peine.
Distrayant si vous avez décidé de laisser votre cerveau à l’accueil du cinéma, Madagascar 3 est aussi terriblement consternant si vous commencez à réfléchir aux messages « innocemment » inoculés dans l’esprit des plus jeunes.
Pas vraiment de quoi rugir de plaisir…

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