PREMIER CONTACT de Denis Villeneuve (2016)

Affiche du film Premier contact
Douze vaisseaux gigantesques apparaissent en différents endroits de la planète (à l’exception de la France qui ne fait pas partie du « cercle » des initiés, sans doute à cause de la réputation de ses habitants : râleurs indécrottables aimant jouer sur les mots).
Une linguiste et un physicien sont appelés à la rescousse par l’armée américaine pour tenter de résoudre la quadrature du cercle posée par leurs surprenants visiteurs : les heptapodes.
Roulant sur les traces du Christopher Nolan d’Interstellar, mais avec moins de moyens, Denis Villeneuve tente de nous laisser comme deux ronds de flanc en se lançant dans la grande ronde de la science-fiction intemporelle où l’intime et l’universel sont étroitement imbriqués.
Un film rondement mené et plutôt futé (puisqu’il pose plus de questions qu’il ne donne de réponses) qui devrait diviser autant le public que l’humanité dans le film.
Plaisant pour tous les spectateurs avides d’extrapolations scientifiques, Premier contact risque fort de faire ronfler tous ceux qui ont du mal à s’exciter devant une partie de mots croisés qui tourne en rond.
Car oui, il est permis de préférer le fascinant langage visuel d’un long doigt noueux tendu vers la lune au son de « téléphone maison » plutôt que les jets d’encre de ces deux êtres tentaculaires qui semblent imiter le chant des baleines à l’aide d’une trompe tibétaine et peinent à se bouger la rondelle pour faire passer leur message.
A chacun de voir la forme du Premier contact qu’il préfère.

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CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR de Anthony Russo et Joe Russo (2016)

Affiche du film Captain America : Civil War
Suite aux nombreux dégâts collatéraux qu’ont provoqués les Avengers lors de leurs dernières missions, l’ONU les rappelle à l’ordre et souhaite maintenant diriger leurs actions.
Si Tony Stark/Iron Man et une partie de l’équipe acceptent de se soumettre à la volonté des états, Steve Rogers/Captain America s’y oppose, souhaitant garder sa liberté d’agir.
Après le décevant Avengers 2 : l’ère d’Ultron, ce Captain America : Civil War est plutôt une bonne surprise.
Pourtant c’était loin d’être gagné.
Les frères Russo, qui ont rempilé derrière la caméra après Captain America : Le soldat de l’hiver, continuant de confondre vitesse et agitation, tant au niveau de la mise en scène que du montage.
Heureusement, ils se rattrapent, cette fois, en développant convenablement le lien qui unit Steve Rogers à son ancien ami Bucky Barnes et en faisant de Captain America un personnage un peu plus complexe que dans ses précédents films. Dommage qu’Iron Man, depuis Avengers 2, persiste dans le registre tête à claques.
Pour le reste, tout le baratin géopolitique n’a pour seul et unique but que d’amener nos super-héros à se castagner. Ce qu’ils font bien, là aussi, avec un sens de la réplique qui fait souvent mouche, notamment chez les nouvelles recrues : Ant-Man et Spiderman.
Grâce à eux, l’affrontement prend une plaisante tournure humoristique qui fait oublier le sinistre règlement de compte de leurs concurrents : Batman v Superman : L’aube de la justice et impose la suprématie de l’écurie Marvel dans le domaine super héroïque. Sans trop forcer, cela dit, malgré une révélation surprise en fin de film.
Pas de quoi bouder son plaisir devant ce spectacle calibré mais divertissant.

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MISSION IMPOSSIBLE : ROGUE NATION de Christopher McQuarrie (2015)

Affiche du film Mission Impossible 5 : Rogue Nation
Jugé bien trop incontrôlable, le groupe Mission Impossible est démantelé par le gouvernement américain tandis que leur leader, Ethan Hunt, est traqué par une mystérieuse organisation : Le Syndicat.
Après avoir fait des étincelles avec l’excellent thriller Jack Reacher, le duo Christopher McQuarrie / Tom Cruise se reforme pour enfin allumer la mèche de Mission Impossible et offrir le meilleur épisode de cette licence cinématographique.
Un retour aux sources en forme d’hommage (avec clin d’œil au générique original et disque vinyle qui s’autodétruit) qui retrouve l’esprit de la série, dénaturée depuis le premier film pour mettre en avant le personnage interprété par Tom Cruise au détriment de son groupe.
Ici, l’équipe reprend petit à petit sa place autour de Ethan Hunt et le scénario fait de nouveau la part belle aux manipulations, infiltrations et coups de théâtre qui faisaient le charme du célèbre programme télé. Le rôle principal féminin se voit aussi plus étoffé. Rebecca Ferguson loin de jouer les jolis faire-valoir a autant d’importance dans l’intrigue que Barbara Bain en son temps.
Que les amateurs d’action se rassurent, Christopher McQuarrie n’oublie pas d’insérer dans son récit une bonne dose de cascades et de sensations fortes et prouve, une nouvelle fois, qu’il n’a pas son pareil pour filmer les courses poursuites.
Tout comme il a le bon goût d’apporter un peu d’humour à ces aventures en étoffant le rôle de Simon Pegg (au détriment de Jeremy Renner relégué au second plan) et en continuant de creuser le sillon de l’autodérision qui avait plutôt réussi à sa vedette dans Edge of Tomorrow.

Photo Rebecca Ferguson en position de tir sexy
La mise en scène élégante (Ah, ce plan sensuel sur les longues jambes de Rebecca Ferguson s’apprêtant à faire feu…) aux ambiances travaillées (rappelant l’atmosphère d’anciens films d’espionnage comme Le troisième homme) achève de donner à ce Mission Impossible : Rogue Nation toutes les qualités requises pour un divertissement haut de gamme.
Vivement le prochain film du tandem pour qui, désormais, rien ne semble mission impossible.

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AVENGERS 2 : L’ÈRE D’ULTRON de Joss Whedon (2015)

Affiche du film Avengers 2 : l'ère d'Ultron
Pour maintenir la paix sur la planète et protéger l’humanité en cas de nouvelles attaques extraterrestres, Tony Stark décide de créer Ultron : une intelligence artificielle supérieure capable notamment de contrôler la légion des Iron Man.
Mais Ultron se retourne contre son créateur en décidant que les humains sont la première menace à éliminer sur terre.
Face à cette entité aux pouvoirs exponentiels, les Avengers risquent d’être rapidement dépassés. A moins que des nouveaux venus…
La barre était haute à franchir pour Joss Whedon après le succès planétaire de son Avengers et grande devait être la tentation de reproduire la même formule gagnante pour ne pas décevoir les fans. Mais, en oubliant d’insister sur les fêlures et les gros conflits d’égo de ses personnages pour ne se concentrer que sur les nombreuses batailles, le réalisateur s’est hélas fourvoyé dans le dosage de ses ingrédients.
Alors, pendant 2h20, le spectateur voit se succéder de longues bouillies guerrières (les actions vont si vites – et sont si mal filmés – qu’on les devine plus qu’on ne les voit vraiment) et de courtes bouillies romantiques (l’improbable vie de famille d’Œil de Faucon et l’idylle entre Bruce Banner et Natasha Romanoff) pour un brouet qui devient vite indigeste et aussi lourd que le marteau de Thor.
Il faut dire qu’Ultron est loin d’avoir le charme de Loki et qu’il finit par rendre les affrontements à son image : terriblement mécaniques, désincarnés et chiants !
Heureusement qu’un peu d’humour subsiste çà et là – merci Robert Downey Jr – et que l’apparition de nouveaux personnages, Vision notamment, permettent de capter un peu l’attention ailleurs que sur ces répétitifs combats destinés à savoir qui aura la plus grosse… explosion.
En parlant de destruction, saluons tout de même Joss Whedon dont la principale réussite, avec ses deux Avengers, sera d’être parvenu à mettre au point des films de guerre « propre » où des villes entières sont pulvérisées sans qu’il n’y ait jamais de pertes humaines – du moins visible à l’écran – et sans que cela ne choque personne.
Une guerre à l’échelle planétaire aussi insipide qu’un jeu vidéo pour enfants, vous en rêviez ?
Marvel l’a fait.

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AMERICAN BLUFF de David O. Russell (2014)

Affiche du film American Bluff
1978. Irving et Sydney, deux petits arnaqueurs, se font pincer par le FBI et sont contraints de collaborer avec un de ses agents : Richie DiMaso.
Leur mission ? Piéger un homme politique corrompu qui a des accointances avec la mafia. C’est le début d’un engrenage dangereux où le moindre faux pas peut être mortel…
Qu’est-il arrivé à David O. Russell qui nous avait offert, avec Happiness Therapy, une des comédies les plus fines de l’année 2013 ? Bizarrement, pour American Bluff, il semble plus intéressé par un pastiche des postiches des années 70 que par son arnaque qui se voit comme le nez au milieu de la figure. Dès le début du film, il évente ce qui aurait pu être un joli coup de bluff cinématographique pour ne s’intéresser qu’aux coiffures et aux tenues extravagantes de ses interprètes. La première scène est d’ailleurs assez emblématique de l’ensemble du film où l’on voit un Christian Bale, gras du bide, se coller méticuleusement une moumoute sur son crâne dégarni avant de figer sa coiffure élaborée avec de la laque. De la même manière, David O. Russell soigne (un peu trop) sa reconstitution des années 70 et finit par engluer son récit dans tout son décorum tape à l’œil.
Si ces surcharges capillaires, pondérales et vestimentaires amusent un temps, elles finissent vite par agacer car elles noient le jeu des acteurs.
Ce n’est pas trop grave pour Christian Bale qui, de film en film, à l’habitude de confondre déguisement et rôle de composition et dissimule ici son manque d’expressivité derrière de grosses lunettes fumées et son gros ventre.
C’est plus embêtant pour Bradley Cooper qui est obligé d’en faire des tonnes pour faire oublier ses frisettes ridicules et pour Jennifer Lawrence dont les choucroutes permanentées ont du mal à cacher qu’elle est beaucoup trop jeune pour le rôle. Elle frise l’erreur de casting.
Même l’apparition de Robert De Niro en mafieux déplumé ne parvient pas à décoiffer et vire à la mauvaise auto-parodie.
Au final, seuls Amy Adams (plus sexy que ridicule) et Jeremy Renner (émouvant malgré sa banane) parviennent à se sortir avec les honneurs de leur rôle.
Alors, qu’est-il arrivé à David O. Russell ?
Sans doute a-t-il compris que pour qu’un film marche aujourd’hui il faut privilégier la forme au fond. La fameuse histoire de pêche sur la glace racontée, par morceaux, à DiMaso – le bien nommé – est assez révélatrice de ce constat. (L’effet comique de l’anecdote fonctionne un temps par son côté répétitif mais le spectateur n’en connaîtra jamais la morale et il est fort probable qu’il s’en moque).
Le succès en salles d’American Bluff est malheureusement en train de donner raison au cinéaste…

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HANSEL & GRETEL : WITCH HUNTERS de Tommy Wirkola (2013)

Affiche du film Hansel & Gretel : Witch Hunters
Après avoir tué dans leur enfance une méchante sorcière anthropophage habitant une maison faite de sucreries, Hansel et Gretel sont devenus de redoutables chasseurs de sorcières…
Depuis maintenant quelques années les grands studios américains vont piller les contes de fées, véritable vivier tombé dans le domaine public et dont les histoires sont connues du plus grand nombre.
Le brouet que nous servent les sorciers d’Hollywood est souvent concocté à partir de la même formule : un mélange – répétitif – à base d’action débridée (qui a dit décérébrée ?) et de romance à deux balles ponctué d’un humour balourd où la morale des vieux contes n’a plus court.
Après Blanche-Neige, c’est au tour d’Hansel et Gretel de boire la mixture sous les instructions de Tommy Wirkola dont le seul titre de gloire est une petite série Z horrifique à base de nazis zombies : Dead Snow.
Le réalisateur norvégien s’inspire largement de la recette des Frères Grimm de Terry Gilliam (la poésie et l’humour fin en moins) qu’il saupoudre d’action façon Underworld : Bastons à répétition, panoplie d’armes improbables et héroïne moulée dans une tenue en cuir mettant en valeur son postérieur.
Du produit calibré mais néanmoins efficace jusque dans sa 3D (chose assez rare pour être soulignée).
Au milieu de cette suite de bagarres et d’effets spéciaux, Gemma Aterton et Famke Janssen sont belles à regarder mais n’ont pas grand-chose à jouer. Quant à Jeremy Renner, il devrait faire attention à ne pas brader son talent dans ce genre d’adaptation sans âme où il risque fort d’y perdre aussi la sienne.

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JASON BOURNE : L’HÉRITAGE de Tony Gilroy (2012)

Affiche de Jason Bourne : l'héritage
Panique au sein des agences de renseignement américaines.
L’affaire Jason Bourne risque de mettre à jour d’autres expériences militaires menées en secret par certains de leurs services et destinées à créer des super soldats.
Ordre est donné de faire disparaître toutes traces de ces activités compromettantes : agents de terrain et scientifiques compris. Mais le sujet numéro 5, Aaron Cross, n’entend pas se laisser enterrer sans rien faire.
Tant qu’à poursuivre la trilogie d’action la plus novatrice – et la plus rentable – de ces dix dernières années, le choix de confier les rênes d’une nouvelle saga issue de l’univers Bourne (Matt Damon n’ayant pas souhaité reprendre son rôle) au scénariste des trois premiers films était une bonne idée. Plutôt que de garder le même héros et de changer son visage à la manière des James Bond, Tony Gilroy préfère créer un nouveau personnage et développer une intrigue parallèle à celle de La vengeance dans la peau. Cet habile choix scénaristique permet à Jason Bourne : l’héritage de se démarquer, du moins dans sa première demi-heure, des suites convenues qu’appelle souvent ce genre de grosse production. Et c’est avec plaisir que l’on retrouve l’attrait du réalisateur de Michael Clayton et de Duplicity pour les intrigues à tiroirs ainsi que son goût pour les castings solides et attrayants : de Jeremy Renner à Rachel Weisz en passant par Edward Norton.
Mais les bonnes surprises s’arrêtent là.
En prenant les commandes de cette superproduction d’action, Tony Gilroy à étrangement négligé ce qui faisait le charme de ses précédents films et de ses scénarios : à savoir la dimension humaine de ses personnages et leur finesse de caractère.
Contrairement à Jason Bourne, Aaron Cross paraît n’avoir aucune faille. Et puisqu’il n’a pas à rechercher qui il est, sa seule motivation réside dans le fait de découvrir qui veut le tuer, tout en se sevrant du traitement qui augmente ses capacités physiques et intellectuelles. Le manque d’ambigüité du personnage et sa quête un peu simpliste enlèvent tout enjeu à un récit plombé par un discours patriotique douteux et une banale histoire d’amour qui gâche jusqu’au dernier plan du film. L’ensemble donne l’impression d’assister à un pâle remake de La mémoire dans la peau, l’originalité du sujet de Doug Liman et la nervosité de la mise en scène de Paul Greengrass en moins.
Plus proche d’un James Bond de série que de la brillante trilogie dont il s’inspire, Jason Bourne : l’héritage ne fait pas honneur à la saga qui semble avoir définitivement perdu son identité dans des considérations mercantiles.
Un spectacle décevant qui ne satisfera que ceux qui ont l’oubli dans la peau…

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