SPECTRAL de Nic Mathieu (2016)

Affiche du film Spectral
Un scientifique travaillant pour le département de la Défense des États-Unis est envoyé en Moldavie où règne une violente guerre civile. Il doit tenter de percer le mystère de la mort de plusieurs soldats américains attaqués par des entités invisibles et invincibles.
Avec son impressionnant décor de ville en ruine, ses effets spéciaux convaincants et ses combats plutôt bien menés, Nic Mathieu compose un intéressant mélange entre film de guerre et science-fiction. Malheureusement, s’il parvient à créer une atmosphère intrigante et glauque plutôt crédible, il peine à faire décoller son sujet en raison de personnages sans nuances qui cumulent les poncifs.
Comment croire à ce MacGyver scientifique capable, en quelques heures seulement, de comprendre de quoi il retourne et de fabriquer des prototypes d’armes futuristes avec trois bouts de ficelle ? Ou de s’intéresser aux bidasses stéréotypés qui l’entourent ? C’est sans doute pour cela que le film n’a pas trouvé le chemin des salles, tout en faisant le bonheur de Netflix qui en a racheté les droits.
Une fois encore, la preuve est faite qu’un thème original et des moyens conséquents ne sont rien si la psychologie des protagonistes reste fantomatique.

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LONE RANGER, NAISSANCE D’UN HÉROS de Gore Verbinski (2013)

Affiche du film Lone Ranger
USA – 1933.
Au beau milieu d’une fête foraine, un vieil indien énigmatique conte à un jeune garçon les aventures délirantes et humoristiques du Lone Ranger et de son compagnon indien, l’espiègle Tonto.
Mal accueilli par le public et la critique aux États-Unis, Lone Ranger, Naissance d’un héros vaut beaucoup mieux que la fâcheuse réputation qui le précède.
Plus que l’adaptation d’un célèbre feuilleton – radiophonique puis télévisé – d’ailleurs inconnu en France, les aventures du Lone Ranger sont surtout prétexte à rendre un hommage amusé au western, sous influence italienne, et à certains classiques tels que Little Big Man d’Arthur Penn (on y retrouve le même ton décalé du récit fait par un vieil homme) ou La horde sauvage de Sam Peckinpah (le chant des bigots est identique au début des deux films). Même
Hans Zimmer y va de son clin d’œil avec une partition reprenant des accords musicaux chers à Ennio Morricone.
Hommage amusé, la précision est importante car Gore Verbinski ne cherche pas à rivaliser avec ses glorieux aînés. Tout comme Pirates des caraïbes, son Lone Ranger est avant tout un spectacle qu’il maîtrise de bout en bout grâce à des scènes d’action ébouriffantes et fluides. Association rare dans un genre plombé depuis plusieurs années par des réalisateurs qui confondent mise en scène et caméra épileptique.
Gore Verbinski sait où placer son objectif et son film ne manque pas d’entrain et d’ampleur (à l’image de son final ferroviaire digne d’un dessin animé de Tex Avery, bel hommage au Mécano de la General de Buster Keaton et Clyde Bruckman), ni hélas de certaines longueurs tant on sent qu’il s’est fait plaisir à filmer ses chevauchées et ses poursuites dans des décors grandioses.
Mais la principale force du film réside dans son ton décalé et déconnant – qui tranche avec l’humour abrutissant en vigueur sur la plupart des superproductions actuelles – ainsi que dans la bonne alchimie de son duo d’acteurs. Si Armie Hammer apporte la fougue nécessaire à son rôle de justicier naïf et gaffeur, c’est surtout Johnny Depp qui réjouit la galerie en indien facétieux. Une prestation en demi-teinte qui contraste, tout en la rejoignant quand même un peu, avec celle qu’il donne du capitaine Jack Sparrow.
Alors d’où vient ce désaveu au box office américain ?
Les spectateurs gavés de divertissements sans finesse n’apprécieraient-ils plus la loufoquerie et la dérision ? Surtout quand elles égratignent la conquête de l’ouest et sa marche pour le « progrès » en donnant une image peu flatteuse de l’homme blanc ? Pour le coup, ce serait vraiment une mauvaise blague !

En parlant de blagues, il semble que Gore Verbinski ait trouvé le truc pour empêcher la fuite du public dès le début du générique de fin. Un humour fin qui risque, là aussi, de ne pas faire l’unanimité.

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WORLD WAR Z de Marc Forster (2013)

Affiche du film War War Z
Une épidémie mondiale transforme à vitesse grand V les êtres humains en de redoutables zombies véloces se déplaçant en nombre.
En échange de la protection de sa famille, un ancien enquêteur des Nations Unies est chargé de trouver l’origine de l’épidémie et de tenter de l’enrayer avant qu’il ne soit trop tard.
Si l’on veut bien oublier les nombreuses facilités scénaristiques qui parsèment le récit ainsi que les quelques séquences un peu mièvres centrées sur le héros et sa famille, World War Z se révèle être un film d’action et d’horreur d’une redoutable efficacité.
Visuellement impressionnant, le film joue à fond la carte du grand spectacle et offre des scènes de panique sidérantes de réalisme que renforce une 3D convaincante privilégiant l’effet de masse plutôt que les effets tout court.
L’assaut des murs protégeant Jérusalem par une marée humaine déchaînée est un des nombreux morceaux de bravoure de ce long métrage qui alterne habilement les moments d’accalmie et les scènes de folie furieuse à la manière d’un parcours de montagnes russes.
Dans le rôle principal, Brad Pitt sert avec conviction un scénario qui, comme son personnage, est toujours en mouvement – des États-Unis à la Corée en passant par Israël et Le Pays de Galles – et a la bonne idée de ne pas trop se prendre au sérieux. Marc Forster a eu, en effet, l’intelligence d’inoculer avec son virus une bonne dose de dérision et de second degré, notamment dans la dernière partie de son film située dans un laboratoire de recherches à Cardiff.
En dépit d’un final vite expédié, World War Z est un divertissement qui tient ses promesses et devrait rameuter les foules – de spectateurs de plus de 12 ans – aussi certainement que son effrayante pandémie.

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IRON MAN 3 de Shane Black (2013)

Affiche du film Iron Man 3
En proie à des crises d’angoisse suite à ses éprouvantes aventures avec les Avengers, Tony Stark (alias Iron Man) doit affronter une nouvelle menace : Le Mandarin, un super vilain sanguinaire qui va s’en prendre à tous ceux qu’il aime.
Après le méconnu mais divertissant polar Kiss Kiss Bang Bang (première réalisation du scénariste de L’Arme fatale) les retrouvailles de Robert Downey Jr avec le cinéaste Shane Black avaient tout pour faire des étincelles.
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on n’est pas déçu. Iron Man 3 surpasse même le premier opus qui avait pourtant habilement remis au goût du jour le héros à l’armure rouge et or.
Tout en inscrivant son récit dans la droite ligne du film Avengers, Shane Black met à profit les erreurs d’Iron Man 2 et replace Tony Stark au centre de l’intrigue. Il en profite pour explorer avec humour les ambivalences de l’industriel playboy, ses comportements enfantins et sa difficulté à nouer des relations apaisées avec ceux qu’il aime. Surtout, le cinéaste a l’intelligence de s’approprier le personnage et son univers quitte à en pervertir joyeusement certains aspects. La représentation du Mandarin, ennemi emblématique d’Iron Man, risque fort de faire hurler les fans purs et durs de la bande dessinée mais a au moins le mérite de surprendre et de faire sortir la saga des sentiers balisés où elle s’était endormie.
Il faut saluer la qualité de l’écriture qui, au milieu des nombreuses scènes d’action, sait ménager d’imprévisibles coups de théâtre et préfère étoffer les motivations des différents protagonistes plutôt que de miser uniquement sur un déluge d’effets spéciaux. Côté clin d’œil, l’impressionnante attaque de la villa de Stark par trois hélicoptères venant de la mer n’est pas sans rappeler une scène emblématique de L’Arme fatale.
Se mettant au diapason de l’interprétation tout en dérision de Robert Downey Jr, la mise en scène lui offre de vraies scènes à jouer avec des partenaires qui ont enfin du répondant. Ben Kingsley compose un réjouissant Mandarin tandis Guy Pearce semble se délecter de son statut de mauvais garçon.
Gwyneth Paltrow hérite, quant à elle, d’un rôle plus étoffé qui permet de développer intelligemment la relation entre Tony Stark et Pepper Potts.
Seul bémol : le personnage de Rebecca Hall, sacrifié sur l’autel de l’efficacité scénaristique.
Quoiqu’il en soit, les bons divertissements se font si rares qu’il serait vraiment dommage de manquer celui-ci. Alors, une fois n’est pas coutume, vivement la suite…

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LE TERRITOIRE DES LOUPS de Joe Carnahan (2012)

Affiche du film Le territoire des loups
Un avion ramenant à Anchorage les employés d’une compagnie pétrolière située en Alaska s’écrase dans le grand nord. Les quelques rescapés vont tenter de survivre aux morsures du froid et à celles d’une meute de loups.
Disons le tout net, Le territoire des loups est une excellente surprise et s’impose comme une référence dans le genre survie en milieu hostile.
Filmé à hauteur d’hommes, cette course contre la mort ménage ses effets pour mieux faire monter l’angoisse. Efficace et viril, le récit n’est pas pour autant dénué d’émotions grâce au jeu convaincant des acteurs (Liam Neeson en tête) et à la présence de quelques scènes oniriques hantées par le deuil.
Après L’agence tous risques et son déluge pyrotechnique un peu indigeste, Joe Carnahan surprend agréablement avec ce film âpre et sans fioritures qui joue habilement sur la peur ancestrale du loup.
On pense naturellement à The Thing (1982) de John Carpenter dans la façon qu’a le réalisateur d’installer une forme de huis clos au milieu de grands espaces enneigés balayés par la tempête mais aussi à Assaut (1976) avec ces ennemis invisibles aux attaques aussi imprévisibles que brutales.
En misant intelligemment sur l’imagination galopante du spectateur, le cinéaste parvient à créer un climat de plus en plus oppressant sans autre artifice que l’utilisation du hors champ et le soin tout particulier apporté aux effets sonores (les hurlements des loups notamment). La scène où des dizaines d’yeux apparaissent dans la nuit face aux survivants apeurés est, à ce titre, un modèle du genre et renvoie à tous les contes fantastiques à base de loups qui ont bercés notre enfance.
Une réussite qui n’aidera pas à la réimplantation de l’espèce dans nos forêts et devrait calmer quelques temps les promenades dans les bois. Mais si vous souhaitez passer un bon moment de cinéma, ce territoire est fort recommandable… du moins, tant que le loup n’y est pas !

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