DARLING LILI de Blake Edwards (1971)

Affiche du film Darling Lili
Alors que la première guerre mondiale fait rage, une célèbre chanteuse anglaise, Lili Smith, joue les espionnes pour le compte de l’Allemagne. Elle doit, d’ailleurs, profiter d’une tournée en France pour séduire le Major Larrabee et lui soutirer des informations militaires top secrètes.
Mais la belle tombe rapidement sous le charme du séduisant aviateur.
Dès le premier plan, où le visage de Julie Andrews apparaît dans le noir, Blake Edwards confectionne pour sa future épouse un véritable écrin cinématographique dont elle est le joyau. Le tout magnifié par la musique d’Henry Mancini et la très belle chanson qu’elle interprète : Whistling away the dark.
Avec Darling Lili, Blake Edwards réalise sans doute l’une des dernières grandes comédies musicales hollywoodienne. Avec ses décors et ses costumes somptueux, sublimés par le technicolor, le réalisateur de Diamants sur canapé fait preuve d’un indéniable formalisme dans la composition de ses plans qu’il ne peut pourtant s’empêcher de dynamiter de l’intérieur par de brusques ruptures de tons ainsi que par son goût pour l’humour décalé : alors que Lili chante pour les blessés du front, un soldat en fauteuil roulant dévale la pente derrière elle pour finir sa course dans un étang.
Le film passe allègrement de la comédie musicale au film de guerre (les affrontements aériens, bien qu’un peu longs, sont filmés avec virtuosité), de la romance au drame, en passant par le film d’espionnage sans que ce mélange des genres ne nuise à l’ensemble.
On y retrouve aussi des personnages récurrents chez Edwards (de l’ivrogne aux domestiques indiscrets) et des thèmes qui lui sont chers. Le burlesque – illustré ici par un tandem d’inspecteurs gaffeurs à la Laurel et Hardy – et Paris, ville souvent présente dans sa filmographie : de La panthère rose à Victor Victoria.
Julie Andrews, charmante et lumineuse, s’emploie, de son côté, à dynamiter son image de jeune femme sage. Avec l’aide du cinéaste, elle va jusqu’à tourner en dérision son personnage de Mary Poppins en entamant un début d’effeuillage dans une tenue proche de celle que portait la nounou anglaise dans le film de Robert Stevenson. Un strip-tease qui sera poussé beaucoup plus loin, quelques années plus tard, dans S.O.B. où le cinéaste reviendra sur le mauvais accueil de son film et règlera ses comptes avec le milieu du cinéma
Finalement, le maillon le plus faible est sans doute Rock Hudson dans le rôle de l’aviateur. Trop vieux pour jouer les jeunes premiers, il ne semble pas très à l’aise avec son personnage et dessert la romance amoureuse auquel on a du mal à croire. Pas dupe, Edwards filme des amoureux qui passent plus de temps à se bécoter qu’à tenter de concrétiser. Et lorsque le major désire enfin passer une nuit avec Lili, la belle ne peut s’empêcher de lui rire au nez.
Académique dans sa forme mais surprenant dans son propos (Lili est une espionne et le reste jusqu’au bout !), Darling Lili est une œuvre déroutante et à part dans la filmographie de Blake Edwards. Peut-être pas la plus réussie mais certainement l’une de celle qui lui tenait le plus à cœur.

Cliquez ici pour écouter la chanson « Whistling away the dark ».

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PETER GUNN, DÉTECTIVE SPÉCIAL de Blake Edwards (1967)

Affiche du film Peter Gunn détective spécial
Peter Gunn, détective privé amateur de jolies femmes et de jazz, est engagé par la propriétaire d’un luxueux lupanar pour trouver le commanditaire du meurtre d’un chef de la mafia locale.
Adaptation cinématographique de la série créée par Blake Edwards à la fin des années 50, le film ne garde, 6 ans après l’arrêt de la diffusion télé, que l’acteur Craig Stevens dans le rôle-titre et le célèbre générique jazzy de Henry Mancini qui sera repris dans le film Les Blues Brothers (1980), ainsi que par le groupe Art of Noise.
On est loin des grandes réalisations du cinéaste avec ce polar de série platement filmé et à l’intrigue convenue.
Si Peter Gunn, détective spécial se laisse encore suivre, c’est grâce à son étrange atmosphère décalée (le héros ne paraît pas en phase avec son époque, à l’image d’une partie de la filmographie de Blake Edwards) et à une certaine décontraction due, principalement, aux dialogues et à la musique de Mancini.
On retrouve aussi quelques personnages chers au réalisateur, du serveur roublard (au club Mother’s) à l’alcoolique (l’indic au franc-parler).
Pourtant, même si quelques séquences étonnent : notamment celles dans ce bordel flottant où n’exercent que des jumelles de différentes nationalités, le film peine à trouver son rythme et flirte parfois avec le ridicule comme dans cette scène où le héros est pris pour cible au milieu d’une partie de squash.
Pour Blake Edwards, c’est un coup de Gunn pour – presque – rien.

Cliquez ici pour voir le générique du film et écouter la célèbre composition de Henry Mancini.

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LE RETOUR DE LA PANTHÈRE ROSE de Blake Edwards (1975)

Affiche du film Le retour de la panthère rose
La panthère rose, un des plus gros diamants du monde, a encore été dérobée et le gant blanc du Phantom, le célèbre cambrioleur, laissé sur place pour signer le méfait.
Suspecté par le gaffeur inspecteur Clouseau, Sir Charles Lytton, qui coule une paisible retraite dans le sud de la France, décide de découvrir qui a usurpé son ancienne identité de voleur de bijoux.
Onze ans après La panthère rose, Blake Edwards et Peter Sellers se retrouvent pour une troisième aventure de l’inspecteur Clouseau. Une association plus opportuniste qu’artistique puisque les deux hommes ne s’entendent plus depuis Quand l’inspecteur s’emmêle. Un handicap qui ne dessert pourtant pas ce Retour de la panthère rose qui mêle habilement les personnages des deux premiers opus et en recycle, en les améliorant, les gags les plus emblématiques.

Photo Clouseau
Les fameux combats dévastateurs entre Clouseau et son serviteur Kato deviennent des chorégraphies parfaitement orchestrées et la mise en scène d’Edwards excelle dans le comique de répétition qu’il pousse jusqu’à l’absurde. Peter Seller le complète idéalement par son goût du déguisement crétin (Ah, Guy Gadebois !) et son art de détourner de leurs fonctions les objets les plus anodins. A son contact, un aspirateur se transforme en engin de destruction, la porte-tambour d’un hôtel devient un dangereux piège à voyageurs et la pose d’un micro dans un téléphone transforme un bureau en champ de bataille.

Photo Clouseau déguisé en Guy Gadebois
Seul bémol à ce retour : avoir voulu conserver un semblant d’intrigue policière au milieu de ce festival de non-sens.
C’est peu dire que l’enquête menée par Sir Charles Lytton peine à convaincre, d’autant que Sellers en est totalement absent. Moins pince sans rire que David Niven (dont il reprend le gant du Phantom) et plus homme d’action, Christopher Plummer ne paraît pas à sa place au milieu de toutes ces dingueries. A la différence de Catherine Schell qui semble beaucoup s’amuser des pitreries de Peter Sellers.
Pourtant, en dépit de ses faiblesses, le film reste l’un des meilleurs de la série. Grâce à son, désormais célèbre, générique en dessin animé (rempli de gags et de clins d’œil au cinéma), à l’antagonisme qui s’intensifie entre le commissaire Dreyfus – mémorable Herbert Lom avec son regard de fou – et son inspecteur gaffeur et aux nombreuses répliques vachardes qui émaillent ce retour : « A côté de Clouseau, Attila était un volontaire de la Croix Rouge ».

Photo Dreyfus et Clouseau
Saluons enfin la qualité de version française et l’excellente prestation de Michel Roux qui prête sa voix à Peter Sellers. Ainsi que la brillante traduction de certaines phrases chocs du film. La plus fameuse étant celle que l’inspecteur lance à son jaune ami Kato qu’il vient d’assommer en traître : « Ta braguette est béante et ta défense est branlante ». Imparable !

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QUAND L’INSPECTEUR S’EMMÊLE de Blake Edwards (1965)

Affiche du film Quand l'inspecteur s'emmêle
Un meurtre est commis dans la grande demeure d’un homme d’affaire influent.
Or donc, tout accuse la bonne – Maria Gambrelli – retrouvée près du corps de son amant, l’arme du crime à la main. Une thèse que réfute le gaffeur inspecteur Clouseau – qui en pince pour la belle – au grand désespoir de son chef, l’irritable commissaire Dreyfus.
Sorti dans la foulée de La panthère rose, Quand l’inspecteur s’emmêle tient une place à part dans la saga initiée par Blake Edwards car, profitant de l’absence du fameux diamant qui donne son nom à la série, ce film fait définitivement passer l’inspecteur Clouseau, toujours interprété par le génial Peter Sellers, du statut de second rôle à celui de personnage principal.
Le cinéaste y affine le caractère de son héros, toujours maladroit mais aussi très vaniteux, ainsi que ses innombrables lubies, dont un goût immodéré pour les déguisements aussi « sots que grenus ».
Il introduit également tout une galerie de personnages haut en couleur dont certains deviendront les indispensables faire-valoir de l’inspecteur. Les plus célèbres étant le commissaire Dreyfus (et son œil qui frétille à mesure qu’il sombre dans la folie) et Kato, le serviteur asiatique de Clouseau, qui a pour tâche d’attaquer son patron à la moindre occasion générant des affrontements ravageurs.

Photo du film Clouseau avec Kato
Dès la première scène du film, on retrouve la patte du metteur en scène qui compose un Fenêtre sur cour de l’adultère aussi chorégraphié qu’un ballet, symbole de son goût pour les chassés croisés et les portes qui claquent.
Des thèmes sont de nouveau présents comme l’alcoolisme mondain, les fêtes et les domestiques incontrôlables tandis que des gags déjà présents dans le film précédent refont surface avec quelques variations : le jeu avec la fameuse mappemonde.
Photo du film Clouseau et la mappemonde
D’autres blagues seront réutilisées plus tard comme celles tournant autour du billard (La Party), ou des chauffeurs se sauvant – avec ou sans voiture – sans attendre que leurs passagers soient à bord (Le retour de la panthère rose).
Toujours emballée par la musique d’Henry Mancini (ainsi que par un générique en dessin animé très réussi) mais sans Panthère rose à retrouver, le scénario se résume à une intrigue à la Agatha Christie où la résolution de l’énigme compte moins que les pitreries qui y ont conduit. Les numéros burlesques de Peter Sellers commençant à prendre le pas sur tout le reste.Affiche américaine de Quand l'inspecteur s'emmêle
Peut-être est-ce là l’origine du conflit qui débuta, dès ce second film, entre l’acteur et son réalisateur ?
Une divergence de point de vue sur l’humour à suivre alors que c’était justement l’alliance contre nature entre l’élégance de la mise en scène d’Edwards et le comique destructeur de Sellers qui en faisait tout le prix.

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LA PANTHÈRE ROSE de Blake Edwards (1964)

Affiche du film La panthère rose
Mondain le jour et insaisissable cambrioleur la nuit, Sir Charles Lytton – alias le Phantom – a décidé de s’emparer de l’un des plus gros diamants du monde : La panthère rose.
Pour arriver à ses fins, il entreprend de séduire la propriétaire du bijou, la jolie princesse Dala. Mais l’inspecteur Clouseau veille…
Du moins, lorsqu’il n’enchaîne pas les gaffes !
La panthère rose ou l’association inespérée de quatre talents – Blake Edwards, Peter Sellers, Henri Mancini et Fritz Freleng – qui va donner naissance à l’une des plus célèbres sagas comiques de l’histoire du cinéma.
Réalisé par Blake Edwards, dont la mise en scène raffinée avait déjà fait briller Diamants sur canapé, cette élégante comédie policière tournant autour d’un séduisant voleur de bijoux va surtout permettre la rencontre entre le cinéaste et Peter Sellers avec qui il va former l’un des tandems comique les plus efficaces des années 60/70.
Photo Peter Sellers
En un plan et un gag emblématique de la série, celui de la mappemonde, Edwards impose le jeu physique et l’accent français de celui qui allait devenir son acteur fétiche et commence à exploiter son comique de destruction massive. Au détriment de l’intrigue policière et de la « vraie » star du film, David Niven. D’ailleurs, dès leur première rencontre à l’écran, Sellers/Clouseau ne s’étale-t-il pas sur le brancard de Niven/Lytton en lui volant la vedette ?
Blake Edwards ne s’y trompe pas, qui va jusqu’à poser sa caméra au pied du lit de l’inspecteur pour le regarder faire son numéro.
Ce qui ne l’empêche pas de déployer son art de la mise en scène pendant les fameuses scènes de fêtes dont il a le secret, ainsi que son sens du tempo comique lors des nombreux chassés-croisés qui émaillent le film.

Photo course-poursuite
Ceux dans la chambre de Clouseau sont un modèle du genre, de même que la poursuite en voitures finale qui passe et repasse devant un badaud médusé. Évident clin d’œil aux fameuses courses-poursuites du cinéma muet que souligne la musique endiablée du fidèle compositeur d’Edwards : Henry Mancini, l’homme qui a donné son identité musicale à La panthère rose en composant son célèbre thème jazzy. Un générique rendu également inoubliable grâce à la patte de Fritz Freleng qui crée pour l’occasion la célèbre panthère et la fait interagir avec un générique rempli de trouvailles visuelles.
Autre affiche du film La panthère rose Ajoutez-y les présences pétillantes de Capucine, Claudia Cardinale et Robert Wagner et vous obtenez l’un des bijoux de la comédie américaine, un diamant dont l’éclat ne s’est jamais démenti malgré ses suites multiples et variés, allant du calamiteux au sublime.

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S.O.B. de Blake Edwards (1981)

Affiche du film S.O.B.
Un réalisateur hollywoodien tente de se suicider après l’échec retentissant de sa nouvelle comédie musicale. Tandis que sa femme le quitte et que les studios veulent remonter son film, ses amis tentent de le distraire en organisant une fête orgiaque qui va lui donner une idée osée.
Dans la droite ligne de La Party tourné treize ans plus tôt, et inspiré de ses déboires sur le film Darling Lili, Blake Edwards continue de brocarder et de régler ses comptes avec le petit monde hollywoodien qui passe son temps à lui réclamer des suites à sa Panthère rose plutôt que de lui permettre de développer des sujets plus personnels. Mais, « autres temps, autres mœurs », la soirée organisée ici se transforme vite en une orgie troublée par les coups de fils inquiets des pontes des studios qui ne veulent pas perdre leur argent.
Sexe, argent, domination : il est beau le petit monde du cinéma dépeint par le cinéaste. Le titre S.O.B. est un acronyme qui peut se traduire par Son Of a Bitch : Fils de pute.
Comme à son habitude, Edwards joue avec ses thèmes de prédilection – l’alcoolisme, le travestissement, les employés grossiers et impertinents – au milieu des chassés croisés et des gags à double détente dont il a le secret.
Ajoutez des répliques caustiques (« J’crois que la zoophilie en musique, ça ne colle pas ! ») et des situations scabreuses abordées avec humour (Les scènes avec Marisa Berenson en intrigante du sexe sont plutôt savoureuses) et vous obtenez une sympathique satire qui, malheureusement, ne tient pas toutes ses promesses. Sans doute à cause du trop grand nombre de protagonistes et de l’absence d’un personnage principal autour duquel se cristallise vraiment l’intrigue.
Dans le rôle de la femme du réalisateur, Julie Andrews rayonne et se paye le luxe de briser son image d’actrice tous publics en dévoilant ses seins, tournant définitivement le dos à Mary Poppins et à La mélodie du bonheur.
Son abattage a certainement dû donner l’idée à son vrai réalisateur de mari de la mettre en vedette, l’année suivante, dans ce qui sera le dernier grand film edwardien : Victor Victoria.
Affiche française du film S.O.B.
S.O.B. bénéficia d’une sortie en France en 1984, soit trois ans après sa réalisation. L’affiche française (voir ci-contre) mettait en avant le succès récent de Victor Victoria (1982) ainsi que le visage de Larry Hagman (qui n’a pourtant qu’un second rôle dans le film) du fait de sa notoriété récente dans le rôle de J.R. dans la série Dallas.

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BASIL, DÉTECTIVE PRIVÉ de Ron Clements et Burny Mattinson (1986)

Affiche de Basil, détective privé
Londres, 1897. Après que son père, le fabriquant de jouets Mister Flaversham, ait été enlevé, la petite Olivia trouve refuge et assistance chez Basil, célèbre détective qui loge dans les fondations du 221b Baker Street.
Après une bluette animalière gnangnan (Rox et Rouky – 1981) et une sinistre et ennuyeuse Fantasy vaguement inspirée des œuvres de Tolkien (Taram et le chaudron magique – 1985), les studios Disney retrouvaient, avec cette variation pour souris du mythe de Sherlock Holmes, le charme et l’esprit de leurs meilleurs dessins animés tout en amorçant une évolution durable du genre.
Comme le fameux détective, dont il squatte la demeure, Basil (hommage à Basil Rathbone célèbre interprète de Sherlock Holmes dans les années 40) est un fin limier misanthrope qui ne vit que pour ses aventures, ses expériences et ses fameuses déductions. Adepte du violon à ses heures perdues, il est aussi un as du déguisement et ne serait rien sans son compagnon, le fidèle docteur… Dawson.
Il faut saluer les réalisateurs d’avoir su combiner avec justesse l’univers de Conan Doyle (avec sa capitale britannique nocturne et brumeuse) à une intrigue qui, si elle est avant tout destinée aux enfants, n’en est pas moins drôle et enlevée.
Cette façon , tout en clins d’œil, de naviguer entre premier et second degré (Ratigan joue de la harpe dans une ambiance feutrée comme Duchesse dans Les aristochats) et cette volonté de faire « un peu » peur pour s’attirer les faveurs des petits et des grands (le méchant professeur fait carrément bouffer un de ses complices par sa chatte de compagnie obèse !), annoncent déjà la belle liberté de ton qui fera le succès de nombre de ses successeurs de Toy Story à Shrek.
De plus, le film de Ron Clements et Burny Mattinson marque une autre rupture dans le domaine du dessin animé en combinant, pour la première fois dans un long métrage, animation traditionnelle et images de synthèse qui seront utilisées ici pour donner vie aux rouages complexes de l’horloge de Big Ben.
Pourtant, loin de se reposer sur cette prouesse technique indéniable, Basil, détective privé se distingue surtout par la qualité de son scénario et de son humour. Entre deux références sympathiques à l’univers de Conan Doyle ou de Disney, avec cet automate de Dumbo que l’on aperçoit dans un magasin de jouets, le film déploie tout un trésor d’inventivité dont le morceau de bravoure est certainement la manière dont Basil et Dawson se délivrent de la tapette sur laquelle leur ennemi juré les a ligotés.
Surfant sur la crête de la vague technologique et artistique, Ron Clements allait nous offrir quelques années plus tard le superbe Aladdin (1992) avant d’opérer tout récemment un très beau retour aux sources de l’animation traditionnelle avec La Princesse et la Grenouille (2009)
Copié mais difficilement égalé (la méchante chauve-souris Bartok dans le dessin animé Anastasia de Don Bluth (1997) semble être à une version édulcorée de l’affreux Fidget, l’âme damnée de Ratigan), Basil, détective privé – bien que moins célèbre que ses aînés disneyien – demeure un modèle du genre porté par la voix suave et fourbe (en version originale) de Vincent Price dans le rôle du Professeur Ratigan et magnifié par la musique d’Henry Mancini, ébauche de la superbe partition qu’il composera en 1988 pour Élémentaire mon cher… Lock Holmes, autre hommage humoristique au célèbre détective anglais.

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