INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT de Steven Spielberg (1984)

Affiche du film Indiana Jones et le temple maudit
1935. En tentant d’échapper à un truand chinois, Indiana Jones se retrouve involontairement en Inde. En compagnie d’un gamin et d’une chanteuse de cabaret, il accepte de venir en aide à un village dont une secte a volé les enfants ainsi que leur fameuse pierre sacrée.
Un joyau inestimable puisqu’il serait l’une des cinq pierres de Sankara donnant de grands pouvoirs à celui qui les détient.
Quelle entrée en matière !
Pour le retour de son aventurier, Steven Spielberg s’offre un somptueux prologue mêlant ballets de comédie musicale et action parfaitement chorégraphiée.
Un état de grâce qui s’arrête net dès qu’Indiana et ses deux compagnons arrivent en Inde. Privé de l’effet de surprise des Aventuriers de l’arche perdue, Steven Spielberg tente de compenser la vacuité de son scénario par une suite, presque ininterrompue, de morceaux de bravoure qui sombrent rapidement dans l’excès, le grotesque (les chutes à répétition dans le canot pneumatique) et la caricature (le repas gore servi au palais).
Une surenchère en forme d’attraction – qui culmine avec une poursuite en wagonnets dans une mine – teintée d’une inutile noirceur qui alourdit encore plus le récit.
Coincé entre une horripilante héroïne qui passe son temps à hurler et un enfant tête à claques qui cumule les bourdes, l’archéologue peine à trouver sa place : triste pantin qui s’agite, son fouet à la main, dans un spectacle Grand-Guignol.
Un temple effectivement maudit, pour lui comme pour le spectateur.

Cliquez ici pour voir la bande annonce en vo.

Haut de la page d’accueil

INDIANA JONES ET LA DERNIÈRE CROISADE de Steven Spielberg (1989)

Affiche du film Indiana Jones et la dernière croisade
1938. Indiana Jones se lance dans la quête du Saint Graal ainsi que sur les traces de son père qui a disparu en tentant de le trouver.
Après le caricatural et ridiculement sombre Indiana Jones et le temple maudit, Steven Spielberg renoue avec l’atmosphère et l’esprit des Aventuriers de l’arche perdue – action débridée, exotisme, nazis, et humour second degré – tout en y mêlant un thème qu’il connait bien pour l’avoir abordé dans plusieurs de ses films : celui de la famille et du père absent.
Avec Indiana Jones et la dernière croisade, le cinéaste tente le pari d’un film d’aventure « intimiste » qui entre deux scènes spectaculaires, dont une mémorable course poursuite avec un tank, lève le voile sur la vie privée de l’intrépide archéologue.
Avec un étonnant sens de la concision, le prologue mouvementé présente un épisode de la jeunesse d’Indiana où se trouve dévoilé l’origine de son chapeau, de son fouet, de sa phobie des serpents et de la cicatrice qui lui barre le menton ainsi que la relation distante que son père entretient avec lui.
Car plus que de la quête du Graal, c’est de cette relation père fils, qui lentement se renoue, que Spielberg tire tout le sel de son film. Indiana Jones passe d’ailleurs plus de temps à tenter de récupérer le cahier de son père (qui passe de main en main, comme une certaine arche d’alliance) qu’à chercher le fameux calice du Christ.
Malgré leurs douze ans d’écart, la filiation entre Sean Connery (au jeu plein de malice) et Harrison Ford paraît tout à fait crédible et la complicité entre les deux hommes est l’un des points forts de cette troisième aventure qui a le bon goût de toujours rester à hauteur d’hommes.
Un classique du film d’aventure !

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil

STAR WARS 7 : LE RÉVEIL DE LA FORCE de J.J. Abrams (2015)

Affiche du film Star Wars 7 Le réveil de la force
30 ans après la bataille d’Endor et la mort de Dark Vador, le Premier Ordre a succédé à L’Empire et continue de faire régner la terreur.
Seul un Jedi pourrait remettre de l’ordre dans la galaxie, mais le dernier d’entre eux – Luke Skywalker – est introuvable depuis bien longtemps.
Relancer Star Wars : Mission Impossible ?
Pas pour celui qui a su relancer avec succès la franchise moribonde de Tom Cruise ou mettre un peu de vitalité dans la saga pour retraités Star Trek.
Mais que faire des films de George Lucas ? S’en s’affranchir et faire œuvre personnelle ou en tirer un hommage respectueux qui séduira les fans à condition de ne pas sombrer du côté sombre de la simple copie des précédentes trilogies ? Enfin, de la première trilogie, celle qui a marqué tous les esprits. Car vu les tirs, mérités, de blasters que ce sont pris les trois derniers films de Lucas, le choix de J.J. Abrams était finalement plutôt restreint.
Il a donc logiquement opté pour une suite au Retour du Jedi, en jouant sur le capital sympathie des acteurs de la première trilogie et en élaborant une variation sur les thèmes de Star Wars 4 : Un nouvel espoir. Variation que les plus remontés des fans ne pourront s’empêcher de qualifier de remake déguisé.
Pas faux. Mais ce Réveil de la force est surtout symptomatique d’un cinéma d’aventure américain incapable de se renouveler avec des sujets originaux, parce qu’assujetti à la tentation du fric facile des grands studios qui cherchent, vainement, à moderniser des films qui font partie de l’imaginaire collectif.
Oui, le scénario de Star Wars 7 est bien mince.
Mais celui de l’épisode 4 l’était tout autant et parvenait à donner le change grâce à ses effets spéciaux étonnants pour l’époque.
Et si l’on s’amuse au jeu des comparaisons, Le Réveil de la force est plus réussi que la Farce que nous avait infligée George Lucas avec sa Menace Fantôme.
Alors bien sûr, J.J Abrams fait des d’erreurs :
En dévoilant, dès le premier épisode de cette nouvelle trilogie, le visage du méchant Kylo Ren, d’autant que l’acteur qui l’interprète n’a vraiment rien d’effrayant, ni de charismatique, pour rester poli.
En montrant que le premier venu est capable de se servir d’un sabre laser (alors qu’il avait fallu deux films à Luke pour le maîtriser) et de tenir tête à un adversaire soi-disant rompu au maniement de cette arme.
Heureusement, le robot BB-8 et la présence d’Harrison Ford apportent un peu d’humour à l’ensemble. Tandis que la jeune Daisy Ridley, fort convaincante, fait oublier les prestations en demi-teinte de John Boyega et Oscar Isaac.
Sans oublier un joli coup de théâtre et une dernière scène qui laisse espérer des jours meilleurs pour l’alliance rebelle comme pour le spectateur.
Ni déshonorant, ni éblouissant, ce Réveil en manque de Force (auquel la 3D n’apporte rien) est un produit calibré pour plaire au plus grand nombre, en parfaite adéquation avec l’esprit Disney.
La fable se vérifie une fois de plus : la montagne Star Wars a accouché d’une souris (à grandes oreilles !).

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil

EXPENDABLES 3 de Patrick Hughes (2014)

Affiche du film Expendables 3
Les Expendèbeuls prennent du plomb dans l’aile lorsqu’ils découvrent que leur nouvel adversaire n’est autre que le peu recommandèbeul Conrad Stonebanks : cofondateur avec Brigitte… je veux dire avec Barney, du fameux groupe de mercenaires.
Pour traîner son meilleur ennemi devant le tribunal pénal international, Brigitte… je veux dire Barney, va jouer un tour pendèbeul à ses anciens partenaires en les mettant au rebut et en faisant appel à de jeunes recrues jugées liquidèbeuls pour une mission suicide.
Si le troisième épisode des aventures des Expendèbeuls n’a rien de formidèbeuls, il n’est pourtant pas si indéfendèbeul que ça.
Comme dans Expendèbeuls 2, le scénario joue la carte d’un second degré souvent regrettèbeul mais qui arrive parfois à faire mouche quand il évoque, à demi-mots, les démêlés de Wesley Snipes avec le fisc ou la disparition du personnage de Chapelle (alias Bruce Willis) qui « ne fait plus partie du scénario », comme le précise son remplaçant. Un remplaçant admirèbeul, puisque au héros des Die Hard succède le héros des Aventuriers de l’arche perdue. Mais un Harrison Ford qui joue malheureusement en pilotage automatique puisqu’il ne fait que tenir le manche d’un hélicoptère.
Bref, si Expendèbeuls 3 reste regardèbeul, c’est surtout grâce aux prestations bienvenues d’Antonio Banderas et de Mel Gibson.
Le premier apporte un peu d’humour et de fantaisie à ce film oublièbeul et le second campe le meilleur méchant des trois opus, remisant au placard la prestation exécrèbeul de son prédécesseur : Jean Vilain (alias Jean-Claude Van Damme). Après Machete Kills, le héros de L’arme fatale semble se complaire dans les rôles de méchants haïssèbeuls et il le fait plutôt bien.
Et Sylvester Stallone dans tout ça ? Indéboulonnèbeul, il reprend le rôle de Brigitte… je veux dire de Barney, avec un visage de plus en plus inébranlèbeul et des répliques inarticulèbeuls.
Pour le quatrième opus, qu’on ne lui souhaite vraiment pas, il devrait songer à entrer en guerre contre son chirurgien esthétique et les tâcherons qu’il place aux commandes de ses films.

PS : Sans doute vous demandez vous pourquoi je n’arrête pas de confondre Barney avec Brigitte depuis le début de cette critique ? Cet impardonnèbeul amalgame vient d’une réplique vers la fin du film lorsque, s’apprêtant à en finir avec son adversaire qui s’étonne de ne pas être traîné en justice, Brigitte, je voulais dire Barney, à cette réponse lapidaire et impayèbeul : « La Haye, c’est moi ! »

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil

INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRÂNE DE CRISTAL de Steven Spielberg (2008)

Affiche du film Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal
En pleine guerre froide, Indiana Jones reprend du service et entreprend de retrouver, avant de dangereux militaires russes, le mythique Eldorado.
Après 20 ans d’absence, Indiana Jones est de retour pour le meilleur et surtout pour le pire dans cet Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de la mort qui tue (tant qu’à se lâcher dans un titre à la con, autant se lâcher à fond !).
Le meilleur se trouve au début.
Avec ce retour à l’entrepôt où est stockée l’arche d’alliance et par ce clin d’œil à l’ombre d’Indiana dessinant sa fameuse silhouette au chapeau. Là, pendant 15 minutes, Steven Spielberg retrouve le rythme et la désinvolture des premières aventures de l’archéologue.
Mais l’état de grâce ne dure pas.
Indiana a vieilli et n’est plus que l’ombre de lui-même.
Steven Spielberg aussi, qui semble se désintéresser de son célèbre personnage, un peu anachronique à la veille des années 60.
Pour compenser, le cinéaste joue la carte de la surenchère.
Certes, les trois premiers Indiana Jones ne brillaient pas par leur vraisemblance (rappelez-vous la sortie de l’avion en canot pneumatique dans Indiana Jones et le temple maudit), mais là on nage de bout en bout en pleine caricature : du frigo emporté par une explosion nucléaire à la chute dans trois gigantesques cascades.
Des excès qui finissent par nuire à la crédibilité du personnage.
A se demander si le réalisateur n’avait pas déjà l’esprit tourné vers d’autres tribulations (celles des Aventures de Tintin : Le secret de la Licorne) pendant que son premier assistant remplissait laborieusement le cahier des charges. En gros, refaire Les aventuriers de l’arche perdue en montant les scènes dans un ordre différent (ici, le combat à mains nus contre un militaire balèze vient après la course poursuite) et en compensant le manque d’imagination par une inflation d’effets spéciaux, tous plus grotesques les uns que les autres.
L’interminable course poursuite dans la jungle est un vrai cas d’école et symptomatique de tous les défauts du film :
– Montage frisant le grand n’importe quoi avec faux raccord à foison.
– Invraisemblances en pagaille : la jungle ressemble à un long boulevard sans obstacle, les poursuivants deviennent, sans raison, les poursuivis tandis que l’un des personnages saute de lianes en lianes (!!!) et rattrape des véhicules lancés à pleine vitesse…
Malgré le sympathique retour de Karen Allen (héroïne des Aventuriers de l’arche perdue) et la prestation honorable de Cate Blanchett, dans le rôle de la méchante de service qui roule les « r » avec gourmandise, on comprend mieux pourquoi Sean Connery a refusé de participer à cette nouvelle aventure (le rôle dévolu à John Hurt lui était vraisemblablement destiné) qui était censée réunir au grand complet la famille d’Indy et, peut être, passer le fouet et le chapeau à un comédien plus jeune.
Une décision sur laquelle même le réalisateur semble finalement hésiter au vu de la piètre prestation de Shia LaBeouf : Marlon Brando du pauvre (son apparition en moto sur le quai de la gare vaut son pesant de cacahuètes !) qui, avec son peigne et sa banane, aurait été plus crédible dans un remake de Grease.
La quête de trop pour l’archéologue au chapeau.

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil

STAR WARS 4 : UN NOUVEL ESPOIR – LA GUERRE DES ÉTOILES de George Lucas (1977)

Affiche du film Star Wars 4 : Un nouvel espoir - La guerre des étoiles
Dans une galaxie lointaine, une violente guerre civile oppose l’Empire Galactique à l’Alliance Rebelle. Une princesse tente de résister à l’Empereur et à son âme damnée Dark Vador en dérobant les plans de leur nouvelle station spatiale blindée. Invulnérable, l’Étoile noire est dotée d’un armement capable de détruire des planètes entières. Avec l’aide de deux robots, d’un jeune fermier idéaliste, d’un vieux guerrier et d’un mercenaire, la jeune femme va tenter de restaurer la paix et la liberté.
Il y a bien longtemps, dans une époque lointaine, très lointaine…
Un jeune réalisateur nommé George Lucas redonnait un coup de jeune à la science-fiction et créait une sorte de mythe moderne en s’appropriant d’anciens archétypes.
Hommage aux serials, façon Flash Gordon, en vogue dans la première moitié du XXème siècle et à leur côté feuilletonesque, La guerre des étoiles est un western moderne qui revisite également le film de chevalerie avec ses princesses à sauver, ses combats à l’épée (les sabres laser) et ses chevaliers luttant pour la paix et la justice. L’ordre Jedi n’est pas sans rappeler celui des templiers auquel vient se mêler le code de l’honneur des Samouraï et la quête mystique des chevaliers de la table ronde, la Force ayant remplacé le Saint Graal.
Proche du parcours initiatique, le récit pioche aussi bien dans les contes de fées que dans les mythes antiques ou médiévaux.
Des recettes que le cinéaste de THX 1138 revisite avec sincérité tout en misant sur des idées novatrices. Car s’il s’appuie sur le classique mythe fondateur du héros, George Lucas sait aussi parfaitement jouer la carte du dépaysement et de la surprise.
Aucun film, avant lui, n’avaient osé développer une histoire se déroulant ailleurs que sur terre avec des héros n’en étant pas issus. Une singularité que le cinéaste entérine, dès les 15 premières minutes du film, en concentrant son attention sur la fuite de deux robots plutôt que sur les héros humains du récit.
Grâce à ce type de choix, Lucas parvient à créer un univers cohérent sans avoir besoin de préciser le cadre où se déroule l’action et laisse ainsi, peut-être sans le vouloir et par manque de moyens, le soin au spectateur de compléter les zones d’ombre du film et de faire travailler son imagination.
Oscillant sans cesse entre bricolage et effets spéciaux novateurs, le film frappe surtout aujourd’hui par son aspect crédible. C-3PO et R2-D2 font « réels ». Leur ferraille se grippe avec le sable et ils ont des soucis terre à terre d’huile de vidange, tandis que leurs rapports houleux achèvent de leur donner une vraie personnalité et constituent la principale source de gags du film. Sortes de Laurel et Hardy du futur qui ne cessent d’émerveiller tout en faisant rire.
Face à eux, les humains nous rejouent un conte de fées avec princesse et chevaliers servants opposés à un méchant d’anthologie : Dark Vador. Sa silhouette noire et son sinistre casque intégral muni d’un inquiétant respirateur vont marquer à jamais tout une génération de spectateurs. De même que les ébouriffants effets spéciaux (à l’époque) comme le saut dans l’hyper espace ou l’attaque de l’Étoile de la mort par les chasseurs X, avec ses plongées en vue subjective au cœur des tranchées de la base spatiale.
Un enchaînement de trouvailles – scénaristiques et techniques – combiné à un choix judicieux d’acteurs complémentaires. Mélange de débutants (Mark Hamill et son visage poupin facilite l’identification des jeunes spectateurs, Carrie Fischer emporte l’adhésion des jeunes spectatrices par sa modernité tandis qu’Harrison Ford séduit les parents par son charme et sa gouaille) et de vétérans comme Alec Guinness et Peter Cushing.
Il faut saluer la volonté du cinéaste d’avoir cherché à rendre ses lettres de noblesse au cinéma d’aventure en général et au space opera en particulier, sans céder à la facilité de faire un film uniquement destiné aux enfants. Et si l’humour y est parfois naïf, il n’est jamais niais comme cela sera malheureusement le cas, 22 ans plus tard, avec le premier film de la nouvelle trilogie : La menace fantôme. Finalement, seuls les extraterrestres de la cantina de Mos Eisley paraissent aujourd’hui un peu ridicules. Ils contribuent malgré tout au charme intemporel de cette Guerre des étoiles que même les nouvelles versions, avec leurs multiples bidouillages numériques, ne sont pas parvenues à écorner.
C’est dire si la Force est bien avec ce film… et avec John Williams qui composa pour l’occasion une de ses plus célèbres partitions !

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil

LA STRATÉGIE ENDER de Gavin Hood (2013)

Affiche du film La stratégie Ender
Depuis que la terre a échappé de peu à une invasion extraterrestre, les forces militaires internationales recrutent dans leurs rangs des enfants, considérés comme plus aptes à appréhender les stratégies guerrières de façon intuitive via les simulateurs et les jeux vidéo.
Leur espoir ? Trouver parmi eux le futur officier capable de repousser une prochaine attaque.
Inspirée du premier volume du cycle d’Ender d’Orson Scott Card paru en 1985, l’adaptation cinématographique de La stratégie Ender ne manque pas d’atouts.
Contrairement à nombre de films de science-fiction récents, celui de Gavin Hood a la bonne idée de soigner autant le fond que la forme. Plutôt que de céder à la mise en scène épileptique et au montage haché en vogue actuellement dans ce genre de productions, le cinéaste fait le choix d’un film « à l’ancienne » où le récit, les acteurs et l’action ont le temps de déployer leurs atouts respectifs de manière convaincante. Une approche classique et sans fioritures dans la manière de filmer qui s’accorde avec le sujet et la formation militaire reçue par les jeunes recrues.
Si la qualité des effets spéciaux est bien au rendez-vous, c’est surtout sur le jeu impeccable des acteurs que repose La stratégie Ender.
Dans le rôle principal, le jeune Asa Butterfield (le Hugo Cabret de Scorsese) livre une interprétation toute en nuances d’Ender Wiggin : personnage aussi froid et calculateur que sympathique et plein d’empathie. Les autres adolescents qui l’entourent ne sont pas en reste, d’Hailee Steinfeld (remarquée dans True Grit) à Abigail Breslin (The Call, Little Miss Sunshine), et contribuent grandement à la crédibilité du film, soutenus par leurs prestigieux aînés : Harrison Ford et Ben Kingsley.
Quant au réalisateur, il adapte avec un certain courage le roman d’Orson Scott Card sans en édulcorer le propos dérangeant et visionnaire – inquiétante réflexion sur l’influence de l’image, la manipulation et la déréalisation d’enfants soldats pour qui la guerre n’est rien de plus qu’un jeu vidéo grandeur nature – ni en gommer les terrifiantes conséquences.
Parabole sur nos sociétés fascinées par l’image et sur le conditionnement des enfants à qui l’on met, de plus en plus tôt, un ordinateur entre les mains, La stratégie Ender surprend agréablement et trouve un honorable compromis entre spectacle et réflexion.

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil

Previous Older Entries