LES MINIONS de Pierre Coffin (2015)

Affiche du film Les Minions
Les Minions sont déprimés. Depuis des siècles ils cherchent à servir les êtres les plus méchants qu’ils croisent, mais ceux-ci font rarement de vieux os (surtout quand ils sont dans les parages).
Dans les années 60, trois Minions décident de conjurer le sort et partent en quête du méchant le plus redoutable de leur époque.
Après le très réussi Moi, moche et méchant 2, il était évident que les petits troufions jaunes en salopettes bleues allaient vouloir prendre le pouvoir et se démarquer de leur maître Gru.
C’est chose faite avec ce film qui s’avère être… une vraie déception.
Les principaux gags, pour ne pas dire la première demi-heure, sont dévoilés dans les différentes bandes annonces qui circulent depuis quelques mois et le récit se suit avec un sourire plus poli que polisson. Rapidement, il devient évident que le fait d’avoir centré l’intrigue sur trois Minions finit par nuire au comique de destruction massive dont faisait preuve le groupe. Pierre Coffin, cette fois seul aux commandes, semble avoir oublié que, comme chez les Lapins Crétins dont les Minions sont une – jaune – pâle copie, l’uniformisation – sans distinction – faisait la force de ses petits bonshommes délirants.
Reste un hommage gentillet au « Swinging London », une méchante sans envergure (au nom pourtant aussi ronflant qu’un titre de James Bond) et une intrigue qui exploite – sans imagination et jusqu’à la corde du string – le filon Minion.
Bref, cette fois, Les Minions c’est du bidon !

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MOI, MOCHE ET MÉCHANT 2 de Chris Renaud et Pierre Coffin (2013)

Affiche du film Moi, moche et méchant 2
Le méchant Gru s’est assagi depuis qu’il est devenu papa des trois petites orphelines. Mais suite au vol d’un dangereux sérum, il est contacté par une organisation secrète chargée de défendre la planète contre les agissements de savants fous. C’est l’occasion, pour lui, de reprendre du service en compagnie de ses minions et peut-être de trouver, enfin, l’amour…
Contre toute attente, cette suite de Moi, moche et méchant, dessin animé un peu surestimé, s’avère bien plus drôle et enlevé que son modèle.
Les réalisateurs ont sans doute mesuré le potentiel comique des minions qui, de simples faire-valoir, sont devenus les vraies vedettes de ce film et la source principale de gags. Un humour absurde et délirant que n’aurait pas renié Tex Avery, parsemé de références au cinéma (L’espion qui m’aimait de Lewis Gilbert, L’invasion des profanateurs de Philip Kaufman), aux séries (La croisière s’amuse…) et à la chanson (Les Village People), destiné à plaire aux grands comme aux plus jeunes.
Dommage que face aux espiègles petits bonshommes jaunes, seule la craquante petite Agnès tire son épingle du jeu grâce à ses mimiques attendrissantes et à des répliques vraiment drôles.
Si l’intrigue, moins élaborée, laisse un peu Gru patauger dans le guacamole, on rit de bon cœur tout au long d’un récit plein de trouvailles conçu, en grande partie, à Paris par une équipe d’animateurs français. D’où cette discrète publicité pour le surf en Bretagne (Breizh Surf. The Bretagne Coast : avec le dessin d’une Bigoudène chevauchant la vague sur sa planche) dans un magazine que consulte l’un des personnages. Un petit clin d’œil au public français qui finit d’emporter l’adhésion en attendant que les minions prennent définitivement le pouvoir.

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THE DICTATOR de Larry Charles (2012)

Affiche du film The Dictator
Grandeur et décadence de l’Amiral Général Aladeen, dictateur de la République du Wadiya (Afrique du Nord) après s’être fait couper la barbe lors d’un séjour aux USA.
Fustiger par le rire les dictateurs de tout poil ainsi que les démocraties qui ferment les yeux sur leurs exactions pour un peu de pétrole : tel est le réjouissant programme du nouveau jeu de massacre organisé par Sacha Baron Cohen. Malheureusement, après un début prometteur qui décrit avec une justesse à peine exagérée la mégalomanie meurtrière du tyran, le scénario perd de sa force en arrivant sur le sol américain. C’est qu’à la différence de Borat, le nouveau personnage imaginé par le comique anglais ne confronte plus son humour corrosif à des personnes filmées à leur insu, mais à de vrais acteurs.
Des comédiens plutôt bons au demeurant : Anna Faris, méconnaissable, prouve encore une fois qu’elle est l’une des valeurs sûres de la comédie américaine. Ben Kingsley confirme son don pour la comédie et le second degré, tandis que Megan Fox et Edward Norton font des apparitions gonflées dans leur propre rôle. Mais ils ont beau faire, leur talent réuni ne parvient pas vraiment à faire exploser la charge satirique et à déclencher le rire.
Reste de belles étincelles (comme cette tirade d’Aladeen expliquant ce que serait l’Amérique si elle était une dictature et donnant comme exemples des pratiques déjà en cours aux USA) et quelques gros tirs de mortier (la scène de l’accouchement) qui font d’autant plus regretter l’inaboutissement du projet.
C’est sans doute qu’il aurait fallu derrière la caméra un véritable metteur en scène capable de canaliser la puissance comique de l’acteur principal et de donner à The Dictator une véritable dimension polémique et politique. Faute de quoi, le missile de Sacha Baron Cohen finit par prendre des allures de pétard mouillé dont la déflagration s’avère bien en-dessous des attentes suscitées par l’astucieuse promotion qui lui a été consacrée.

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UN BONHEUR N’ARRIVE JAMAIS SEUL de James Huth (2012)

Affiche du film : Un bonheur n'arrive jamais seul
Sacha est pianiste. Célibataire dragueur, il vit de ses musiques pour la publicité et pour ses soirées entre potes dans son club de jazz préféré. Mais lorsqu’il tombe sur Charlotte toutes ses certitudes sont remises en cause… Jusqu’à ce qu’il découvre que la belle à trois enfants et deux anciens maris.
Alors Sacharlotte ou pas ?
Sincère ! Ce n’est pas Un bonheur n’arrive jamais seul que James Huth aurait dû appeler sa comédie romantique mais plutôt Un poncif n’arrive jamais seul.
Sérieux ! Il les enfile ici avec une telle régularité que cela en devient presque admirable.
Entre un coup de foudre ridicule magnifié par les projecteurs (Ah, la lumière qui vient subitement éclairer le regard des amoureux) et des situations convenues (le copain traitre, l’ex mari revanchard, les trois gamins qui bouffent en une semaine autant qu’une équipe de rugby) distillées dans un scénario décousu monté à la serpe : la pesante partition jouée par James Huth fait rapidement déchanter.
Ajoutez à cela un ahurissant festival de faux raccords et des dialogues consternants à force de vouloir être branchouille : « Tu sais, j’ai pris une claquasse dans ma gueule. Un truc de fou furieux » confie poétiquement Sacha à son meilleur ami pour expliquer sa rencontre avec Charlotte.
Sans oublier des placements publicitaires incessants (Nutella, Danette, Coca Light, Ice tea et Porsche 4X4), une compilation de chansons sucrées anglo-saxonnes pour vendre de la bande originale et des clins d’œil lourdingues et inutiles au cinéma américain et à des films tels que Marathon Man ou Il était une fois en Amérique lorsque Sacha part à New-York.
Formel ! Avec un tel assemblage, le réalisateur et sa scénariste ne sont pas prêts de « déchirer Mogador » et encore moins le box-office.
Et les acteurs ne les aident pas à relever le niveau.
Gad Elmaleh semble se regarder jouer et chanter (prévoyez des boules Quiès) tout en nous faisant des sketches qui semblent en rodage pour un de ses prochains spectacles : Ah, la « fameuse » scène de la Teurgoule de Janville !
Et Sophie Marceau est belle en guêpière et… c’est tout.
A eux deux, ils forment un couple improbable qui le restera jusqu’au bout.
Quant à Maurice Barthélémy, il remporte sans conteste la palme du comédien le plus horripilant dans un pitoyable numéro de copain surexcité, adepte des expressions toutes faites comme celles dont cette critique est truffée.
Honnête ! Inutile de vous déplacer en salles, James Huth ayant la bonté de tout vous montrer dans la bande annonce. Nul doute qu’après l’avoir visionnée vous ne disiez comme le petit Léonard dans le film : « J’ai vomi ! ».

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LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg (2011)

Affiche de Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne
Tintin, jeune reporter belge, achète sur un marché aux puces la maquette d’un vieux galion : La Licorne. Un objet très convoité qui va l’emporter dans des aventures mouvementées à la rencontre du capitaine Haddock…
Avec Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne, c’est pour Steven Spielberg l’aboutissement d’un projet de 30 ans qui se concrétise sur grand écran. (Le cinéaste avait découvert le héros d’Hergé à la sortie de son film Les aventuriers de l’arche perdue (1981), après qu’un journaliste lui ait dit avoir trouvé des similitudes entre Tintin et Indiana Jones). Afin d’adapter au mieux la célèbre bande dessinée, Steven Spielberg décide – sur les conseils de Peter Jackson – de transposer à l’écran l’œuvre d’Hergé à l’aide de la « Performance Capture » utilisée pour donner vie aux Na’vi d’Avatar de James Cameron. Grâce à ce procédé, à mi-chemin entre la prise de vue réelle et le dessin animé, on comprend dès les premières minutes du film que le pari fou du réalisateur d’E.T. est, en partie, gagné en parvenant à redonner vie aux années 40 dessinées par Hergé. D’autant que Spielberg soigne particulièrement ses ambiances : du quartier où habite Tintin à la découverte nocturne du château de Moulinsart, qui est certainement la plus belle et mystérieuse scène du film.
Portée par de solides comédiens, l’utilisation de la Performance Capture est particulièrement convaincante et s’est beaucoup amélioré depuis Le Pôle Express et Beowulf de Robert Zemeckis. Les personnages ont troqué leurs yeux de poissons morts pour des regards beaucoup plus expressifs. Des regards qui surprennent, ici, puisque les héros d’Hergé n’ont, paradoxalement, que deux points noirs pour représenter leurs yeux.
Autre étrangeté, dont on ne sait si elle est due au procédé de captation de mouvement, les Dupondt et le capitaine Haddock ont le visage étrangement rond et bouffi. Le cinéaste, sans doute conscient de ces différences un peu perturbantes, s’amuse de cette transition dès le début de son film où, sous forme d’une animation plus traditionnelle, il truffe le générique de références visuelles aux premières aventures de Tintin. Le passage de témoin d’un univers à l’autre se faisant de la main même d’Hergé qui, en caricaturiste sur le marché aux puces, croque le héros de cinéma en le dessinant avec son visage de papier.
Après le retour raté d’Indiana Jones il y a trois ans, l’univers d’Hergé semble donner une cure de jouvence à Spielberg. A l’image du générique plein d’inventivité qui évoque celui de Arrête-moi si tu peux et de la mise en scène énergique, remplie de clins d’œil à ses premiers films : la houppe de Tintin sortant de l’eau et fendant les flots en direction de ses adversaires évoque immanquablement l’aileron du requin des Dents de la mer fonçant sur ses proies.
Le scénario n’est pas en reste qui mélange habilement les albums Le secret de la Licorne et Le crabe aux pinces d’or en faisant la part belle aux aventures trépidantes du reporter.
Toutefois, en mettant un peu trop l’accent sur les multiples rebondissements du récit, il oublie de créer des moments de pause qui auraient permis de développer un peu plus la psychologie des personnages et d’apprécier pleinement la beauté et la variété des décors. Cette absence de temps morts finit par parasiter l’intrigue qui en devient, par moment, confuse.
Mais le principal regret vient du capitaine Haddock. Devant la caméra de Spielberg, le marin colérique et alcoolique (parfait contrepoint du très lisse Tintin) semble s’assagir au point de devenir quasiment abstinent à la fin du film. Perdu dans le désert et complètement assoiffé, il ne prend même plus Tintin pour une bouteille de champagne, c’est dire…
Si il est vrai que cette tentation du politiquement correct se manifestait dans les derniers albums d’Hergé, il est vraiment dommage qu’elle apparaisse dès les premières aventures cinématographiques du tandem. Une concession de plus aux ligues de vertu qui, pour protéger la santé de nos enfants, ont fait disparaitre la cigarette de Lucky Luke et la pipe de M. Hulot.
Malgré cette agaçante édulcoration, Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne est un agréable divertissement (auquel la 3D n’apporte, une fois de plus, pas grand-chose, sinon des sous dans la poche des studios qui l’ont produit) qui laisse espérer de très prochaines aventures pour tous les jeunes de 7 à 77 ans.

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UN MONSTRE A PARIS de Bibo Bergeron (2011)


1910. La Seine est en crue et un mystérieux monstre hante les rues inondées de la capitale.
Qui est-il ? D’où vient-il ?
C’est ce que vont découvrir Lucille, l’ange du cabaret « L’oiseau rare » de Montmartre, et ses amis Raoul, le livreur, et Emile, le projectionniste…
Comme dans The Artist de Michel Hazanavicius qui sort le même jour, le début du siècle dernier et le cinéma muet sont également à l’honneur dans le nouveau dessin animé de Bibo Bergeron, réalisateur remarqué il y a onze ans pour son sympathique La route d’El Dorado qu’il avait coréalisé aux Etats-Unis avec Don Paul.
Pour son retour en France, le cinéaste nous offre un joli conte musical ayant pour cadre la grande crue de janvier 1910. Ce choix original et judicieux lui permet de développer son récit entre faits historiques avérés et rêverie nostalgique autour d’une cité à demi engloutie dominée par la tour Eiffel.
Un dessin animé rempli de clins d’œil et de références s’inspirant autant des Aristochats pour sa reconstitution du Paris des années 1900, que de King Kong avec son monstre injustement pourchassé, ou de Toulouse-Lautrec : la tenue de la créature rappelant celle d’Aristide Bruant sur les affiches croquées par le célèbre peintre.
Il faut d’ailleurs saluer l’énorme travail de documentation du réalisateur et de son équipe qui font revivre sous nos yeux ravis un Paris disparu avec ses rues pavées, ses petits métiers, ses cabarets et sa basilique du Sacré-Cœur encore en chantier.
On pourra, certes, reprocher le manque de folie du scénario et un doublage parfois décevant (François Cluzet, qui prête sa voix au méchant préfet, surjoue un peu trop son personnage pour vraiment convaincre) mais ces quelques critiques sont bien vite oubliées devant le charme indéniable que dégage ce Monstre à Paris.
Un charme auquel contribue grandement la partition rétro de Patrice Renson et les chansons composées pour l’occasion par -M-. « La Seine » qu’il chante en duo avec Vanessa Paradis est d’ailleurs un tube en puissance qui devrait vous titiller l’oreille dès la première écoute.
Ne vous étonnez donc pas si votre enfant sort de la salle en fredonnant les paroles de la chanson et vous demande de lui offrir la bande originale du film, une caméra et… un manteau en foin.
Enchantement assuré !

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HORS DE PRIX de Pierre Salvadori (2006)

Hors de prix
Un serveur timide, travaillant dans un palace, se fait passer pour un milliardaire auprès d’une séductrice d’hommes riches. Econduit par la belle qui a découvert sa vraie identité, il décide d’adopter le mode de vie de celle dont il est tombé amoureux…
Hommage aux « couples mal assortis » des comédies américaines de la grande époque Hollywoodienne, celles où excellaient Cary Grant, James Stewart ou Katharine Hepburn, le film de Pierre Salvadori déçoit et manque sa cible en nous offrant une comédie insipide et convenue pour spectateurs du troisième âge fraîchement liftés, désireux de ne pas trop rire afin de ne pas faire sauter les coutures de leur récente opération.
Le scénario, linéaire, est pauvre en péripéties comiques et les personnages sont un peu trop stéréotypés pour surprendre. Quant aux acteurs, ils n’ont pas l’abattage de leurs aînés. Audrey Tautou, mignonnette, est assez peu crédible dans son rôle de croqueuse d’hommes et Gad Elmaleh reste un mystère cinématographique. Talentueux sur scène ou lorsqu’il adapte ses propres textes (Chouchou), son jeu devient étrangement atone et sans saveur quant on écrit pour lui. Il nous rejoue ainsi pour la troisième fois en quelques mois, après Olé et La doublure, l’éternel gentil à qui finalement tout réussit. Manque d’imagination des réalisateurs ou incapacité à se renouveler sur grand écran ? L’avenir nous le dira…
Quoiqu’il en soit, avec sa fin à un euro, Hors de prix n’a malheureusement rien de la perle rare annoncée.

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