TAKEN 3 de Olivier Megaton (2015)

Affiche du film Taken 3
On reprend les mêmes et on re-recommence.
Accusé à tort de la mort d’un des siens, Bryan Mills n’a plus qu’une idée en tête : aller se faire cuire un œuf…
Non, je rigole !
Que les fans soient rassurés, la seule pensée qui passe toujours par la tête de cet ancien agent secret c’est de se venger !!!
Et si la vengeance est un plat qui se mange froid, on sent nettement dans ce troisième opus que Liam Neeson est pressé de l’engloutir encore tiède sous peine d’être vraiment « trop vieux pour ces conneries » comme le disait avec beaucoup de justesse Roger Murtaugh dans L’Arme fatale.
Parce que c’est vrai qu’un héros de film d’action qui se fait des couleurs pour paraître plus jeune ça ne le fait pas du tout. Surtout qu’il ne trompe personne lorsque, dès la première poursuite dans les rues de Los Angeles, une doublure le remplace pour courir ou sauter chaque palissade qu’il croise. Une agilité d’autant plus suspecte que, quelques minutes plus tard, le Liam a bien du mal à s’extirper du coffre d’une voiture.
Moins rance et porté sur la torture que dans les deux premiers épisodes, le récit ménage prudemment la police américaine qui – à la différence des flics français (Taken) ou turques (Taken 2) – n’est ni corrompue, ni trop incompétente.
Il vaut sans doute mieux éviter de se moquer des forces de l’ordre si l’on espère pouvoir tourner d’autres films sur le sol américain. Et c’est donc à l’excellent Forest Whitaker que revient la charge de relever le niveau, dans le rôle du flic chargé de l’enquête, plutôt qu’à un acteur de seconde zone.
Pour le reste, rien ne change.
Liam Neeson enfile sa veste en cuir noir pour faire « ce qu’il sait faire le mieux » et traîne sa grande carcasse dégingandé de scène en scène avec un air consterné ou constipé (on ne sait pas trop), affrontant cette fois un gang de russes amateur de poncifs : ils sont sans pitié, biturés et tatoués.
Remercions toutefois les scénaristes qui nous évitent le chef mafieux, nouveau riche, amateur de musique classique pour un truand friand de chaînes dorées et de slips kangourou.
Quant à Olivier Megaton, il monte une nouvelle fois son film à la hussarde – pour masquer son incompétence comme réalisateur ? – et hache systématiquement ses scènes d’action pour créer des moments de tension factices (Liam Neeson arrivera-t-il à se sauver avant l’arrivée de la police ?) ou pour faire gober à son public les pires invraisemblances (à l’image de cette improbable évasion d’une voiture poussée dans un ravin). Tournis assuré !
« Taken 3, c’est ici que tout s’achève » nous promet l’affiche.
Pourvu que ce ne soit pas une publicité mensongère…

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GOLDENEYE de Martin Campbell (1995)

Affiche du film Goldeneye
James Bond doit déjouer les plans criminels d’un certain Janus qui s’est emparé de Goldeneye : un redoutable satellite Soviétique, datant de l’époque de la guerre froide, capable de détruire toute activité électrique dans la zone qu’il cible.

17ème aventure de James Bond et premier permis de tuer pour Pierce Brosnan.

Avant qu’il ne réinvente brillamment la franchise avec Casino Royale, Martin Campbell avait déjà relancé les aventures du célèbre 007 avec ce film qui revenait, hélas, à un James Bond plus séduisant et moins sombre que celui incarné par Thimothy Dalton. Efficace mais sans surprise, la mise en scène du cinéaste est ici purement fonctionnelle comme si ce dernier n’avait pas eu les coudées franches pour s’approprier le personnage.
Première aventure à ne pas être issue d’un des écrits de Ian Fleming, ce scénario original marque la volonté de la production d’ancrer les aventures de son célèbre espion dans une certaine réalité. Ici, la chute récente de l’URSS.

C’est Bond !

– Un pré-générique qui débute par un impressionnant saut à l’élastique permettant de découvrir le nouveau James Bond, Pierce Brosnan plutôt convaincant, et de croiser 006 avec qui il va faire équipe.
– Le générique de Goldeneye garde la même esthétique (des femmes nues en ombre chinoise se déhanchant sur des pistolets au milieu d’explosions et de jolis effets de lumière) que les précédents opus malgré le décès de Maurice Binder, responsable des génériques depuis le début de la franchise.
– La chanson du générique : « Goldeneye » interprétée par Tina Turner dont la performance vocale rejoint celles de Shirley Bassey (Goldfinger, Les diamants sont éternels, Moonraker) ou de Gladys Knight (Permis de tuer).
– Le clin d’œil à la fameuse Aston Martin de Bond et la course poursuite avec la redoutable Xenia sur une route de montagne qui n’est pas sans rappeler celle entre Michael Caine et Maureen Kerwin dans le film de Robert Parrish : Marseille Contrat (1974).
– Le personnage de M qui se féminise et est interprété par la convaincante Judi Dench.
– La méchante Xénia Onatopp incarnée avec délectation par Famke Janssen qui nous offre un numéro de tueuse sado-maso plutôt réjouissant.

C’est pas Bond !

– Une intrigue truffée d’incohérences.
– Sean Bean dont le jeu semble un peu terne face aux excès de Famke Janssen.
– Izabella Scorupco en James Bond Girl bien fadasse. Une de plus…
– Le méchant Janus dont la véritable identité, trop vite révélée, n’apporte pas de réelle plus-value à un scénario un peu trop simpliste.
– L’agaçant agent de la CIA, Jack Wade.
– La course poursuite en tank vraiment lourdingue et improbable. On se croirait revenu à la pire époque de Roger Moore.
– Le tank de Bond qui percute un camion remplit de bouteilles de Perrier dans un honteux placement publicitaire. Le premier aussi flagrant dans toute l’histoire de la série.
– L’Aston Martin remplacée par une BMW. Placement publicitaire un peu moins ronflant, quoique…
– L’affiche française sponsorisée par la Marine Nationale.
– Avant l’affrontement final, la ridicule discussion amoureuse entre Bond et Natalya sur une plage cubaine au soleil couchant, digne d’une carte postale.
– La lassante bataille de fin dans l’éternel complexe secret dont on se demande comment, vu l’ampleur des infrastructures, personne ne l’a vu se construire.
– Lors de l’ultime bagarre contre Janus, James Bond ne saigne quasiment pas malgré les violents bourre-pifs reçus.

Permis de tuer

Laissé au bénéfice du doute à Goldeneye qui, sous une apparente tentative de modernisation du personnage, renoue avec les basiques de l’époque Roger Moore (humour, charme et p’tites pépées) que l’on croyait révolus.

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X-MEN : DAYS OF FUTURE PAST de Bryan Singer (2014)

Affiche du film X-Men : Days of Future Past
Par peur des mutants et de leurs pouvoirs, les humains ont créé Les sentinelles : robots capables de s’adapter aux différentes attaques de leurs ennemis et de les retourner contre eux. La guerre qui a suivi a ravagé la planète et quasiment décimé les mutants qui n’ont d’autres choix que d’envoyer l’un des leurs dans le passé pour tenter d’empêcher que tout ne commence.
Dans la lignée de X-Men 2 et X-Men : Le commencement, X-Men : Days of Future Past est une bonne surprise.
Il relance la franchise Marvel dédiée aux mutants et fait oublier le mauvais souvenir laissé par X-Men 3 : L’affrontement final, tout en réhabilitant le personnage de Wolverine (et l’image de son acteur Hugh Jackman) mis en pièce par les deux films calamiteux qui lui ont été consacrés :X-Men Origins : Wolverine et Wolverine : Le combat de l’immortel.
Le retour de Bryan Singer aux commandes de la saga et la présence de Matthew Vaughn à la production ne sont certainement pas pour rien dans ce revirement inespéré qui soigne tout autant les scènes d’action (virtuoses et aériennes, comme cette intervention de Vif Argent pendant l’évasion de Magnéto) que la psychologie des personnages.
Un habile dosage initié par le film de Vaughn sur les débuts des X-Men et que Singer reprend à son compte en même temps que ses principaux acteurs : les convaincants Michael Fassbender et James McAvoy dans les rôles de Magnéto et du Professeur Xavier.
Mais si X-Men : Days of Future Past séduit, c’est surtout grâce à son scénario malin, à base de voyage dans le temps, qui permet de réunir dans le même film les jeunes et les anciens X-Men, avec le personnage de Wolverine comme fil rouge.
Une habile manière de lancer également, sans en avoir l’air, une remise à plat de la franchise.
Et même si tout n’est pas parfait (le récit ne s’embarrasse guère de cohérence quand il s’agit de relier entre eux les différents films : l’intrigue fait notamment l’impasse sur la manière dont le Professeur Xavier, mort dans X-Men 3, a pu revenir à la vie), la qualité de l’interprétation, de la réalisation (Bryan Singer se remet en selle après plusieurs films navrants) ainsi qu’un constant mélange entre humour et noirceur font de ce X-Men : Days of Future Past un agréable divertissement et l’un des meilleurs opus de la série.

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WOLVERINE : LE COMBAT DE L’IMMORTEL de James Mangold (2013)

Affiche du film Wolverine : Le combat de l'immortel
Logan, alias Wolverine, file un mauvais coton dans les bois avec un grizzly suite à la mort de Jean Grey.
Heureusement, une jeune japonaise – fine lame – va venir le sortir de son exil pour l’emmener au Japon.
Là-bas, une ancienne connaissance, a qui il avait sauvé la vie pendant la seconde guerre mondiale, est sur le point de trépasser et veut lui faire deux cadeaux avant de mourir : un sabre et la fin de son immortalité.
Réalisateur à la filmographie chaotique, James Mangold est capable du meilleur (CopLand, 3h10 pour Yuma) comme du moins bon, principalement quand il se trouve en présence de Hugh Jackman.
Après Kate et Léopold, ce Wolverine : Le combat de l’immortel est loin d’être une réussite, le réalisateur ne semblant pas très à son aise avec l’univers des super-héros.
Cela tombe bien, Wolverine ne croise quasiment aucun mutant sur sa route durant cette aventure en solo, si ce n’est une certaine Vipère rappelant, jusqu’au costume, la pathétique Poison Ivy du nullissime Batman & Robin.
Bonjour les références !
Et si l’on sent le réalisateur enchanté de tourner au Japon et de nous resservir touts les clichés circulant sur le pays, les affrontements du mutant griffu contre des yakusas ou de bondissants ninjas ne semblent pas plus l’exciter que cela. Pour une scène d’action réussie sur le toit d’un train lancé à pleine vitesse, les combats – répétitifs – deviennent vite incompréhensibles et désagréables à regarder à trop forcer sur les effets de caméras tremblotantes et le montage hystérique.
Un vrai réalisateur de films de sabres eut certainement été un meilleur choix pour chorégraphier et donner de l’ampleur à des bastons réduites ici à leurs plus simples expressions.
Entre deux batailles que l’on sait gagner d’avance, Wolverine n’ayant pas d’adversaire à sa mesure, Mangold ne parvient pas à nous faire ressentir quoi que ce soit des affres de son personnage et de sa solitude face à l’immortalité. Pas plus qu’il ne réussit à nous attendrir avec son histoire d’amour entre Logan et Mariko, la petite fille de son hôte. Wolverine a beau ne pas vieillir, Hugh Jackman, lui, n’a plus trente ans et semble draguer une gamine qui vient de sortir du lycée.
Et si l’idée de faire revenir Jean Grey hanter les rêves du héros était intéressante, il est dommage d’avoir cantonné la pauvre Famke Janssen à de simples apparitions en nuisette.
Loin des X-Men et après un piteux X-Men Origins : Wolverine, Hugh Jackman n’a toujours pas trouvé d’aventure à la mesure de son rôle fétiche, même au pays du soleil levant.
Quant au réalisateur, il signe là un film qui, contrairement à son héros, est très loin d’être immortel.

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HANSEL & GRETEL : WITCH HUNTERS de Tommy Wirkola (2013)

Affiche du film Hansel & Gretel : Witch Hunters
Après avoir tué dans leur enfance une méchante sorcière anthropophage habitant une maison faite de sucreries, Hansel et Gretel sont devenus de redoutables chasseurs de sorcières…
Depuis maintenant quelques années les grands studios américains vont piller les contes de fées, véritable vivier tombé dans le domaine public et dont les histoires sont connues du plus grand nombre.
Le brouet que nous servent les sorciers d’Hollywood est souvent concocté à partir de la même formule : un mélange – répétitif – à base d’action débridée (qui a dit décérébrée ?) et de romance à deux balles ponctué d’un humour balourd où la morale des vieux contes n’a plus court.
Après Blanche-Neige, c’est au tour d’Hansel et Gretel de boire la mixture sous les instructions de Tommy Wirkola dont le seul titre de gloire est une petite série Z horrifique à base de nazis zombies : Dead Snow.
Le réalisateur norvégien s’inspire largement de la recette des Frères Grimm de Terry Gilliam (la poésie et l’humour fin en moins) qu’il saupoudre d’action façon Underworld : Bastons à répétition, panoplie d’armes improbables et héroïne moulée dans une tenue en cuir mettant en valeur son postérieur.
Du produit calibré mais néanmoins efficace jusque dans sa 3D (chose assez rare pour être soulignée).
Au milieu de cette suite de bagarres et d’effets spéciaux, Gemma Aterton et Famke Janssen sont belles à regarder mais n’ont pas grand-chose à jouer. Quant à Jeremy Renner, il devrait faire attention à ne pas brader son talent dans ce genre d’adaptation sans âme où il risque fort d’y perdre aussi la sienne.

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TAKEN 2 de Olivier Megaton (2012)

Affiche du film Taken 2
On prend les mêmes et on recommence.
Rejoint par sa femme et sa fille à Istanbul, Bryan Mills va devoir faire face à la vengeance du père d’un des proxénètes albanais tué dans Taken. (Vous savez, le gars qui avait eu la chance de tester la qualité des équipements électriques des pays développés).
Tel fils, tel père, celui-ci enlève l’ancien agent secret et sa femme et c’est au tour de leur fille de les délivrer…
Après la représentation glauque de Paris, Taken 2 offre une vision d’Istanbul que ne va pas cautionner le syndicat d’initiative local.
Flics corrompus et incompétents, quartiers malfamés et autochtones patibulaires n’invitent pas franchement à faire du tourisme en Turquie, malgré la présence de quelques palaces… Mais même là, on n’est pas en sécurité, ma bonne dame !
L’action, toujours aussi rance, est cette fois ponctuée par les appels réguliers du muezzin, histoire de jouer sur les peurs qu’engendre actuellement l’islam en occident.
Le scénario se cantonne à une bête histoire de vengeance, comme le fait d’ailleurs remarquer au méchant un Liam Neeson dont le regard est aussi éteint que le jeu. Heureusement que les accessoiristes ont eu la bonne idée de nous ressortir sa veste en cuir noir pour nous faire comprendre à quel moment il va faire « ce qu’il sait faire le mieux ».
Quant aux invraisemblances… Elles sont une nouvelle fois légions. Allant du ridicule (l’incroyable méthode de Mills pour se repérer les yeux bandés dans une camionnette en mouvement) au carrément débile (les grenades lancées en pleine ville pour permettre au héros de situer l’endroit où il est prisonnier).
C’est à se demander pourquoi les Mills s’obstinent à quitter leur pays si calme et idyllique. Sans doute pour permettre à leur fille d’apprendre à conduire sans peur d’emboutir une voiture ou d’écraser quelqu’un. Car, au final, tout l’enjeu du film se trouve là : Kim aura-t-elle son permis à la fin de ces éprouvantes aventures ?
Y’a pas à dire, le nouveau film de Mégaton à tout d’une Mégadaube !

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TAKEN de Pierre Morel (2008)

Affiche du film Taken
Une jeune américaine se fait enlever lors de son séjour en France. Manque de pot pour les ravisseurs, son père est un ancien agent des services secrets américains…
Luc Besson vient de créer son Jason Bourne à lui. Mais tout en décalquant – mal, comme d’habitude – ce qui a fait le succès de son aîné (action sur vitaminée et combats au corps à corps) il y ajoute un discours ambigu et franchement déplaisant. Plaidoyer pro-Bush jouant sur la peur des pays étrangers en général et de la France en particulier, Taken soutient que le monde n’est rempli que de terroristes et que, hors des USA, personne n’est en sécurité (pourtant, traverser un campus américain semble beaucoup plus dangereux que de se promener dans le 20ème arrondissement de Paris). Bref, la capitale serait aux mains des Albanais et la police française (forcément corrompue ou incompétente) laisserait faire.
Heureusement, le grand héros américain (L’irlandais Liam Neeson, complètement hagard) est là pour venir remettre de l’ordre et accessoirement récupérer sa progéniture. Il vous trucide une armée de tueurs en deux temps trois mouvements et n’hésite pas à utiliser les bonnes vieilles méthodes pour faire parler ses ennemis. Il torture donc allègrement à l’électricité un des kidnappeurs de sa fille tout en lui faisant remarquer la qualité des installations électriques des pays occidentaux comparée à celle des pays du tiers monde, souvent soumis à d’intempestives coupures de courant qui empêchent de torturer en paix.
Finalement, un tel cynisme n’a d’égal que la volonté du producteur décidé à vendre son produit outre-Atlantique, quitte pour cela à flatter les plus bas instincts de ses spectateurs.

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