THE THING de Matthijs van Heijningen (2011)

Affiche du film The Thing
1982. Une paléontologue est discrètement contactée par une équipe de scientifiques norvégiens qui a fait une fabuleuse découverte en Antarctique : un vaisseau extraterrestre et son occupant prisonniers dans la glace depuis 100 000 ans. Mais un malencontreux prélèvement redonne vie à la créature qui s’attaque aux chercheurs et commence à cloner ses victimes…
Comment appeler cette chose ? Une suite, un remake ?
Non, une préquelle ! Ou, pour parler plus élégamment, un prélude à l’histoire relatée dans le film homonyme de John Carpenter. A la manière d’un puzzle, Matthijs van Heijningen reconstitue les évènements qui se sont déroulés dans la station de recherche norvégienne en se servant des éléments découverts dans le film de 1982, lors de la visite du médecin et du pilote d’hélicoptère américain (interprété par Kurt Russell) dans la base calcinée.
Une intéressante idée de départ qui ne parvient jamais à faire abstraction des péripéties du film original (même tempête qui s’approche, même personnages, même paranoïa galopante en milieu clos, même utilisation du lance flamme…) ni à faire preuve d’innovations, si ce n’est dans le choix d’une femme pour incarner le personnage principal : Mary Elizabeth Winstead plutôt convaincante.
Cet hommage respectueux a heureusement le bon goût de reprendre les abominations visuelles créées par Rob Bottin sans chercher à les numériser.
Dommage que le film finisse par se fourvoyer à l’intérieur de la soucoupe volante pour aboutir à un épilogue ouvert et sans grand intérêt – si ce n’est de permettre une possible suite en cas de succès ? – avant que le réalisateur ne raccroche artificiellement les wagons avec le film original pendant le générique de fin.
Un exercice de style qui se laisse regarder sans déplaisir et à, au moins, une indéniable qualité : il donne envie de (re)voir The Thing de Carpenter.

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PREMIER CONTACT de Denis Villeneuve (2016)

Affiche du film Premier contact
Douze vaisseaux gigantesques apparaissent en différents endroits de la planète (à l’exception de la France qui ne fait pas partie du « cercle » des initiés, sans doute à cause de la réputation de ses habitants : râleurs indécrottables aimant jouer sur les mots).
Une linguiste et un physicien sont appelés à la rescousse par l’armée américaine pour tenter de résoudre la quadrature du cercle posée par leurs surprenants visiteurs : les heptapodes.
Roulant sur les traces du Christopher Nolan d’Interstellar, mais avec moins de moyens, Denis Villeneuve tente de nous laisser comme deux ronds de flanc en se lançant dans la grande ronde de la science-fiction intemporelle où l’intime et l’universel sont étroitement imbriqués.
Un film rondement mené et plutôt futé (puisqu’il pose plus de questions qu’il ne donne de réponses) qui devrait diviser autant le public que l’humanité dans le film.
Plaisant pour tous les spectateurs avides d’extrapolations scientifiques, Premier contact risque fort de faire ronfler tous ceux qui ont du mal à s’exciter devant une partie de mots croisés qui tourne en rond.
Car oui, il est permis de préférer le fascinant langage visuel d’un long doigt noueux tendu vers la lune au son de « téléphone maison » plutôt que les jets d’encre de ces deux êtres tentaculaires qui semblent imiter le chant des baleines à l’aide d’une trompe tibétaine et peinent à se bouger la rondelle pour faire passer leur message.
A chacun de voir la forme du Premier contact qu’il préfère.

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10 CLOVERFIELD LANE de Dan Trachtenberg (2016)

Affiche du film 10 Cloverfield Lane
Suite à un accident de voiture, une jeune femme se réveille dans un abri antiatomique. Elle y est enfermée avec deux hommes qui la séquestrent au prétexte que la terre a subit une attaque d’envergure contaminant l’atmosphère. L’apocalypse a-t-elle vraiment eu lieu ou a-t-elle affaire à de dangereux psychopathes ?
10 Cloverfield Lane est un cas d’école.
Si vous souhaitez savoir comment enterrer un huis clos angoissant et plutôt bien mené ainsi que la performance d’un prodigieux acteur (John Goodman porte le film sur ses épaules), étudiez les 15 dernières minutes de ce film qui cède, une fois de plus, aux lassantes sirènes des effets numériques. Un cas représentatif d’un cinéma de science-fiction qui ne fait plus confiance à ses scénarios, ni à ses acteurs et croit devoir jouer dans la surenchère pour plaire à son public, au détriment de toute crédibilité (son lien un peu factice avec le film Cloverfield). C’est d’autant plus rageant que 10 Cloverfield Lane ne manque pas de qualités.
Il faudra aussi analyser un jour cette fascination, toute américaine, pour les monstrueux vers de terre – souvent munis crocs – qui rampent régulièrement sur les écrans : de Dune à Tremors jusqu’au prochain Gods of Egypt.
Symbole d’une sexualité refoulée et castratrice ?
Ou tout simplement d’un cinéma standardisé qui manque de couilles ?

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LA 5ème VAGUE de J BLAKESON (2016)

Affiche du film La 5ème vague
Après Hunger Games, Divergente et Le labyrinthe, voici la nouvelle vague d’adaptation d’une saga littéraire de science-fiction pour adolescents à base d’apocalypse. Plus efficaces que les extraterrestres, la machine à flatter la jeunesse – pour mieux la lobotomiser ? – des grands studios américains est de nouveau en marche. Et rien ne lui résiste, pas même la Hit Girl de Kick Ass, Chloë Grace Moretz, que le film parvient à rendre fade et gnangnan. Une série de vagues qui sont pourtant loin d’être anodines.
1ère VAGUE : Simplisme.
En transformant une jeune file lambda en une spécialiste des armes à feu.
2ème VAGUE : Propagande.
En présentant l’armée sous un aspect ludique.
3ème VAGUE : Embrigadement.
En prônant l’autodéfense.
4ème VAGUE : Démagogie.
En présentant les jeunes – aux physiques de beaux gosses  –  comme le dernier rempart de l’humanité face à des adultes peu recommandables.
5ème VAGUE : Manipulation.
En faisant d’un film pour la jeunesse un outil promotionnel pour la National Rifle Association.

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SUPER 8 de J.J. Abrams (2011)

Affiche du film Super 8
1979.
Alors qu’ils s’amusent à tourner un film de zombies en super 8, un groupe d’enfants assiste au déraillement spectaculaire d’un train militaire et à l’évasion d’une inquiétante créature d’un des wagons blindés. A l’insu de leurs parents et des soldats, qui ont envahi leur petite ville, les six copains décident de mener l’enquête.
Après avoir débutés sa carrière cinématographique en relançant, plutôt bien, la franchise Mission Impossible et après avoir enchaîné en remettant, plutôt bien, au goût du jour la série Star Trek, J.J. Abrams tente d’actualiser les films fantastiques et familiaux du Spielberg du début des années 80, façon E.T.
Le réalisateur se sort, là encore, plutôt bien de l’exercice (que produit d’ailleurs Steven Spielberg), notamment lorsqu’il aborde les relations entre ses jeunes héros. Grâce à leur interprétation touchante et à une sympathique reconstitution de la fin des années 70, Super 8 ne manque ni d’émotion, ni de charme. Un titre qui rend également hommage aux vocations de nombreux cinéastes nées de l’utilisation de ce support dans leur jeunesse.
Le film est, par contre, beaucoup moins convaincant dès lors qu’il se penche sur la chose échappée du train. A trop jouer le mystère autour d’une créature qu’on ne voit quasiment pas, le cinéaste peine à la définir (amie ou ennemie ?) et la rend finalement secondaire à l’intrigue.
Malgré ces réserves, et les agaçants effets lumineux avec lesquels J.J. Abrams pense nous éblouir à chacun de ses films, Super 8 parvient à atteindre son but et offre un spectacle divertissant sans être abrutissant.
Et l’originalité dans tout cela ?
Abrams n’en a cure puisqu’il s’est attaqué depuis à la saga Star Wars.
Prends garde, J.J. ! A force de passer ton temps à réactualiser des franchises célèbres, tu risques, bien plus tôt que tu ne le penses, de sombrer du côté obscur de la force – commerciale – et d’acquérir le titre peu enviable de : Roi des clones !

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EDGE OF TOMORROW de Doug Liman (2014)

Affiche du film Edge of Tomorrow
Dans un futur proche, une invasion extraterrestre a envahi l’Europe et quasiment annihilé les armées terrestres qui décident de lancer leurs dernières forces dans un débarquement sur une plage française.
Un commandant n’ayant jamais combattu est embarqué, contre son gré, dans cette mission suicide. Il y trouvera la mort avant de se retrouver coincé dans une étrange boucle temporelle qui l’oblige à revivre sans cesse son premier et dernier combat.
La boucle temporelle ne cesse d’inspirer le cinéma et a prouvé qu’elle pouvait se conjuguer à des genres aussi divers que la comédie (Un jour sans fin), le thriller (Looper) et, bien sûr, le fantastique (Triangle, Haunter…).
Le film d’invasion extraterrestre bénéficie désormais de son paradoxe temporel grâce à Doug Liman qui offre, avec Edge of Tomorrow, un spectacle calibré plutôt décevant côté scènes d’action mais assez réussi dès qu’il s’essaye à la comédie. Car lorsque le réalisateur de La mémoire dans la peau ne nous pique pas les yeux avec des combats épileptiques mal cadrés et à la limite du flou, il nous amuse franchement avec les morts diverses et variées du soldat Cruise qui se coltine – boucle temporelle oblige ? – une nouvelle attaque d’aliens après Oblivion.
Comme à son habitude, le petit Tom se dépense sans compter (il court, mitraille, saute, plonge et, pour une fois, s’en prend plein la gueule… à répétition !), confirmant au passage un certain talent dans l’autodérision brièvement entrevu dans Tonnerre sous les tropiques. Tandis qu’Emily Blunt, adepte des boucles temporelles depuis Looper, parvient à conjuguer charisme et charme même affublée d’un affreux exosquelette, ce qui n’est pas un mince exploit.
Dommage que le cinéaste n’évite pas l’écueil du récit répétitif (paradoxe prévisible vu le sujet !), et ne propose finalement qu’un petit film distrayant qui ne laissera pas, à la différence de son héros, un souvenir impérissable.

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INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRÂNE DE CRISTAL de Steven Spielberg (2008)

Affiche du film Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal
En pleine guerre froide, Indiana Jones reprend du service et entreprend de retrouver, avant de dangereux militaires russes, le mythique Eldorado.
Après 20 ans d’absence, Indiana Jones est de retour pour le meilleur et surtout pour le pire dans cet Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de la mort qui tue (tant qu’à se lâcher dans un titre à la con, autant se lâcher à fond !).
Le meilleur se trouve au début.
Avec ce retour à l’entrepôt où est stockée l’arche d’alliance et par ce clin d’œil à l’ombre d’Indiana dessinant sa fameuse silhouette au chapeau. Là, pendant 15 minutes, Steven Spielberg retrouve le rythme et la désinvolture des premières aventures de l’archéologue.
Mais l’état de grâce ne dure pas.
Indiana a vieilli et n’est plus que l’ombre de lui-même.
Steven Spielberg aussi, qui semble se désintéresser de son célèbre personnage, un peu anachronique à la veille des années 60.
Pour compenser, le cinéaste joue la carte de la surenchère.
Certes, les trois premiers Indiana Jones ne brillaient pas par leur vraisemblance (rappelez-vous la sortie de l’avion en canot pneumatique dans Indiana Jones et le temple maudit), mais là on nage de bout en bout en pleine caricature : du frigo emporté par une explosion nucléaire à la chute dans trois gigantesques cascades.
Des excès qui finissent par nuire à la crédibilité du personnage.
A se demander si le réalisateur n’avait pas déjà l’esprit tourné vers d’autres tribulations (celles des Aventures de Tintin : Le secret de la Licorne) pendant que son premier assistant remplissait laborieusement le cahier des charges. En gros, refaire Les aventuriers de l’arche perdue en montant les scènes dans un ordre différent (ici, le combat à mains nus contre un militaire balèze vient après la course poursuite) et en compensant le manque d’imagination par une inflation d’effets spéciaux, tous plus grotesques les uns que les autres.
L’interminable course poursuite dans la jungle est un vrai cas d’école et symptomatique de tous les défauts du film :
– Montage frisant le grand n’importe quoi avec faux raccord à foison.
– Invraisemblances en pagaille : la jungle ressemble à un long boulevard sans obstacle, les poursuivants deviennent, sans raison, les poursuivis tandis que l’un des personnages saute de lianes en lianes (!!!) et rattrape des véhicules lancés à pleine vitesse…
Malgré le sympathique retour de Karen Allen (héroïne des Aventuriers de l’arche perdue) et la prestation honorable de Cate Blanchett, dans le rôle de la méchante de service qui roule les « r » avec gourmandise, on comprend mieux pourquoi Sean Connery a refusé de participer à cette nouvelle aventure (le rôle dévolu à John Hurt lui était vraisemblablement destiné) qui était censée réunir au grand complet la famille d’Indy et, peut être, passer le fouet et le chapeau à un comédien plus jeune.
Une décision sur laquelle même le réalisateur semble finalement hésiter au vu de la piètre prestation de Shia LaBeouf : Marlon Brando du pauvre (son apparition en moto sur le quai de la gare vaut son pesant de cacahuètes !) qui, avec son peigne et sa banane, aurait été plus crédible dans un remake de Grease.
La quête de trop pour l’archéologue au chapeau.

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