JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS de Bryan Singer (2013)

Affiche du film Jack le chasseur de géant
Jack, jeune paysan sans le sou, récupère par hasard quelques graines de haricots dotées d’étranges pouvoirs. Une fois mouillées, elles poussent rapidement en direction du ciel où, derrière les nuages, se cache le pays des géants amateurs de chairs fraîches.
Ce qu’il y a de plus effrayant dans la modernisation des contes de fées entreprit ces derniers temps par Hollywood, c’est le nivellement par le bas quasi systématique de ces récits soudain privés de leur contenu symbolique et/ou poétique au profit d’effets numériques tape-à-l’œil.
Jack le chasseur de géants ne fait pas exception à la règle avec son Moyen Âge d’opérettes (les costumes et les décors sont affreusement kitsch) et ses géants laids et demeurés qui rotent, pètent et mangent leurs crottes de nez.
Ici, peu de suspense mais un récit balourd (à l’image de ce ridicule affrontement au tir à la corde (!!!) entre humains et géants pour franchir le pont levis) destiné à mettre en avant des effets spéciaux corrects mais dénués de toute poésie.
Les acteurs eux-mêmes ne semblent guère passionnés par le sujet.
Stanley Tucci cabotine dans son énième rôle de méchant, tandis qu’Ewan McGregor fait dans le second degré : sans doute conscient d’avoir, encore une fois, misé sur le mauvais film. Quant à Nicholas Hoult, s’il avait fait illusion en zombie dans le récent Warm Bodies, son interprétation de Jack se révèle être aussi fade que ses aventures.
Mais le plus intriguant dans l’affaire reste le cas de Bryan Singer, réalisateur surestimé depuis le succès (mérité) de son second film : Usual Suspects, qui s’échine à vouloir faire du cinéma à grand spectacle alors que ce n’est visiblement pas son truc : X-Men, Superman Returns, Walkyrie
Si vous cherchez, en ce moment, un peu d’émerveillement au cinéma, suivez plutôt la route de briques jaunes du Monde fantastique d’Oz. Sam Raimi y a su redonner un peu de couleurs à un cinéma de divertissement bien mal en point à force d’être formaté.

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VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU de Woody Allen (2010)

Affiche du film Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu
Petits chassés-croisés amoureux londonien au sein d’une même famille…
Woody Allen a-t-il encore quelque chose à dire ?
La question peut se poser devant ces petites histoires d’amour ineptes et convenues qui s’entrecroisent mollement.
A la manière de ses personnages, le cinéaste papillonne d’une aventure sentimentale à une autre avec une superficialité qui frise le « je m’en foutisme », mais qu’une presse un peu trop bienveillante qualifie d’esquisse ou d’hymne à la légèreté ! (Si le même film avait été tourné par un inconnu, fut-il bel et sombre, nul doute que ce réalisateur aurait été prié de revoir sa copie).
Plutôt que de courir plusieurs lièvres à la fois, il eut certainement mieux valu développer une seule intrigue. Mais le Woody Allen nouveau est semble-t-il plus occupé à parcourir les capitales européennes qu’à peaufiner ses scénarios.
Ce soap opera pépère sur la vieillesse et le démon de midi a beau être soutenu par un impressionnant casting, soyez prévenu que si vous vous y risquez Vous allez rencontrer une belle et sombre… déconvenue.

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