LA BELLE ET LA BÊTE de Bill Condon (2017)

Affiche du film La Belle et la Bête
Au 18ème siècle, en France, la rencontre mouvementée entre Belle, jeune femme indépendante éprise de littérature, et la Bête, un être maudit dont la repoussante apparence cache un séduisant prince charmant.
Ils sont venus, ils sont tous là (les Ewan Mc Gregor, Emma Thompson, Stanley Tucci, Ian McKellen…) pour cette « histoire éternelle » comme le clame la chanson du dessin animé Disney sorti en France en 1992 et dont ce film est la copie avec de véritables comédiens.
Le problème, c’est que la plupart de ces grands noms font partie du mobilier et qu’on ne les reconnait pas. Par contre, ce qui saute immédiatement aux yeux (et aux oreilles) c’est ce 18ème siècle d’opérette, aux décors kitsch, tout droit sorti d’un parc Disney. Une sorte d’énorme meringue indigeste à la sauce Broadway plus abêtissante que satisfaisante pour l’amateur de comédies musicales d’antan.
Pas de quoi se faire la belle pour autant. La force du conte, la qualité des effets spéciaux et l’entrain des acteurs non grimés (Emma Watson et Luke Evans – parfait Gaston – en tête) permettent de prendre un certain plaisir à cet énorme pudding même s’il est dénué de grâce et de fantaisie.
Condon n’est pas Cocteau, mais les enfants – et leurs parents nostalgiques du dessin animé – n’en auront cure séduits par ce spectacle sucré et coloré à souhait.

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UN TRAÎTRE IDÉAL de Susanna White (2016)

Affiche du film Un traître idéal
En vacances à Marrakech, un couple d’Anglais croise la route d’un russe extravagant et fortuné qui leur demande de l’aide. Menacé de mort par la mafia russe, pour laquelle il blanchit de l’argent, il souhaite transmettre des informations sensibles aux services secrets britanniques en échange de l’asile politique pour lui et sa famille.
Susanna White ne trahit pas John le Carré en adaptant, sans temps mort, cette histoire de corruption dans l’air du temps où se côtoient mafia russe, politiciens véreux et monde de la finance pour qui l’argent n’a pas d’odeur. Mais elle en affaiblit la portée en tentant de sublimer l’univers très sombre de l’écrivain par un excès de belles images qui affadissent le propos et glissent sur les personnalités, pourtant complexes, de chacun des protagonistes.
Heureusement, la réalisatrice s’est entourée de comédiens convaincants qui parviennent à donner le change et à nous tenir en haleine. En particulier Stellan Skarsgård, ambigu à souhait.
Un thriller distrayant à défaut d’être idéal.

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JANE GOT A GUN de Gavin O’Connor (2016)

Affiche du film Jane got a gun
Jane got a family.
Jane got a daughter and a husband.
Jane got a douloureux secret.
Jane got a lot of ennemies.
Jane got a husband gravement blessé.
Jane got an idea : demander l’aide de son ancien prétendant, une fine gâchette.
Jane got effectivement a gun, mais s’en sert moins que Sharon Stone dans Mort ou vif de Sam Raimi.
Jane got a gun mais se cantonne à son rôle de mère digne et d’épouse courageuse.
Jane got a gun mais ne flingue pas un scénario classique et prévisible.
Jane got a gun et refroidit des flash-back romantiques à coups de scènes niaisement bucoliques et ambrées.
Jane got a gun et le joli minois de Natalie Portman.
Jane got a gun mais son Alamo du pauvre a peu de chance de séduire les jeunes.
Jane got a gun mais ce n’est pas suffisant pour être fun.

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ALBERT A L’OUEST de Seth MacFarlane (2014)

Affiche du film Albert à l'ouest
Arizona, 1882.
Albert, un éleveur de moutons, vit une époque rude.
Entre les maladies, les bagarres au saloon, les bandits, les indiens et les serpents à sonnette : les manières de mourir dans l’Ouest américain sont diverses et variées.
Peureux, Albert passe donc son temps à éviter tout problème. Mais la rencontre avec une jolie blonde, experte dans le maniement des armes et épouse d’un redoutable hors-la-loi va mettre à mal ses habitudes.
Mélange d’humour très gras et de violence qui tâche, Albert à l’ouest tente de nous trouer le cul par sa vulgarité. Mais malgré son humour de merde, le film fait rarement mouche ou alors le temps d’une réplique, voire d’une apparition savoureuse comme celle de Christopher Lloyd reprenant son rôle de Doc Emmett Brown de Retour vers le futur.
Finalement, le plus chiant est de découvrir ici la présence de comédiens de talent comme Charlize Theron, Liam Neeson ou Giovanni Ribisi. Sans doute venus marcher dans cette grosse bouse dans l’espoir qu’elle leur porte bonheur.
Après Ted, Seth MacFarlane s’obstine à vouloir nous refourguer ses blagues Fuca en misant sur le goût de chiotte de certains spectateurs.
Pas sûr que cette « chevauchiée » westernienne fasse, cette fois, l’unanimité.

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CHARLIE MORTDECAI de David Koepp (2015)

Affiche du film Charlie Mortdecai
Un dandy anglais marchand d’art, dont les bonnes manières servent à dissimuler les activités douteuses, est contacté par les services secrets britanniques pour retrouver un tableau dérobé.
Une mission à risque qu’il va devoir mener à bien sans s’abîmer la moustache.
Devant cette ineptie qui pique le nez comme une moustache mal peignée, on se dit que David Koepp ferait mieux de revenir à l’angoisse avec laquelle il avait si bien joué dans Hypnose, plutôt que de nous faire peur avec une comédie faussement pétillante et un acteur qui cabotine à l’excès dans un numéro outrancier de préciosité.
Morbleu ! Charlie Mortdecai ne fait vraiment pas le poids face aux autres gaffeurs british que sont Austin Powers ou même Johnny English.
Un film de faussaire du rire qui ne trompe personne, pas même l’ennui.
Si Johnny Depp est Mortdecai, le public, lui, n’est pas Mortderire !

PS : Par contre le morceau pop Johanna composé pour l’occasion est à écouter sans modération !

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JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS de Bryan Singer (2013)

Affiche du film Jack le chasseur de géant
Jack, jeune paysan sans le sou, récupère par hasard quelques graines de haricots dotées d’étranges pouvoirs. Une fois mouillées, elles poussent rapidement en direction du ciel où, derrière les nuages, se cache le pays des géants amateurs de chairs fraîches.
Ce qu’il y a de plus effrayant dans la modernisation des contes de fées entreprit ces derniers temps par Hollywood, c’est le nivellement par le bas quasi systématique de ces récits soudain privés de leur contenu symbolique et/ou poétique au profit d’effets numériques tape-à-l’œil.
Jack le chasseur de géants ne fait pas exception à la règle avec son Moyen Âge d’opérettes (les costumes et les décors sont affreusement kitsch) et ses géants laids et demeurés qui rotent, pètent et mangent leurs crottes de nez.
Ici, peu de suspense mais un récit balourd (à l’image de ce ridicule affrontement au tir à la corde (!!!) entre humains et géants pour franchir le pont levis) destiné à mettre en avant des effets spéciaux corrects mais dénués de toute poésie.
Les acteurs eux-mêmes ne semblent guère passionnés par le sujet.
Stanley Tucci cabotine dans son énième rôle de méchant, tandis qu’Ewan McGregor fait dans le second degré : sans doute conscient d’avoir, encore une fois, misé sur le mauvais film. Quant à Nicholas Hoult, s’il avait fait illusion en zombie dans le récent Warm Bodies, son interprétation de Jack se révèle être aussi fade que ses aventures.
Mais le plus intriguant dans l’affaire reste le cas de Bryan Singer, réalisateur surestimé depuis le succès (mérité) de son second film : Usual Suspects, qui s’échine à vouloir faire du cinéma à grand spectacle alors que ce n’est visiblement pas son truc : X-Men, Superman Returns, Walkyrie
Si vous cherchez, en ce moment, un peu d’émerveillement au cinéma, suivez plutôt la route de briques jaunes du Monde fantastique d’Oz. Sam Raimi y a su redonner un peu de couleurs à un cinéma de divertissement bien mal en point à force d’être formaté.

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PIÉGÉE de Steven Soderbergh (2012)

Affiche du film Piégée
Vieilles notes trouvées sur un morceau de papier toilette dans le lieu d’aisance de Mr Soderbergh .

Le pitch :
Mallory Kane est un agent d’élite en colère.
Comme le titre l’indique, elle vient de se faire piéger.
Alors… elle pète la gueule à tous ceux qui l’ont piégé.

Note d’intention en dix commandements :
1- Miser sur le succès de Jason Bourne et de ses combats musclés.
2- Remplacer le héros par une fille.
3- Prendre une vraie championne d’arts martiaux pour que les bagarres fassent plus vraies. Peu importe qu’elle ne sache pas jouer la comédie et qu’elle soit aussi sexy qu’un travelo sous stéroïdes. Il suffira de détourner l’attention du spectateur par l’apparition de nombreuses vedettes venues cachetonner. (Méthode Coué efficace : elles passeront leur temps à dire à l’héroïne qu’elle est belle. Les vedettes seront d’autant plus convaincantes qu’elles auront peur de s’en prendre vraiment une…).
4- La vraisemblance du scénario on s’en fout, pourvu que cela cogne.
5- Prendre un acteur français pour jouer les méchants.
6- Refaire appel au compositeur David Holmes. Plagier les musiques de la trilogie « Ocean » est une option qu’il faut creuser pour faire croire au public qu’il a affaire à un film sophistiqué.
7- Penser à un concept de film d’action lounge : rajouter quelques filtres sur l’objectif (pendant un combat sur une plage ?) ou tourner une baston dans une maison plongée dans le noir… Cela donnera quelques « petits plaisirs de cinéma » au critique des Inrockuptibles.
8- Laisser la mise en scène à mon premier assistant et aller passer mes journées au café en discutant avec Michael Douglas et Antonio Banderas de l’époque où l’on participait à des films de qualité.
9- Avec tout ça, si le spectateur ne sent pas piégé…
10- Ah ! Penser à tirer la chasse.

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