LE PONT DES ESPIONS de Steven Spielberg (2015)

Affiche du film Le pont des espions
En pleine guerre froide, un avocat new-yorkais est chargé de défendre un espion russe arrêté sur le sol américain.
Avec Le pont des espions, Steven Spielberg retrace le parcours exemplaire et véridique d’un homme seul contre tous au beau milieu de la guerre froide. Loin de se perdre dans les méandres géopolitiques de l’époque ou de sombrer dans un ennuyeux didactisme, le cinéaste rend parfaitement accessible sa complexe histoire d’espions, tout en s’attachant au parcours personnel de son avocat qui devient le vecteur émotionnel de son film et lui permet d’illustrer au mieux son propos humaniste. La mise en scène empreinte de classicisme (et parsemée de quelques pointes d’humour) fait ici merveille, ponctuée de séquences parfaitement maîtrisée : une angoissante filature sous la pluie, l’éjection spectaculaire du pilote d’un avion espion…
Pour sa quatrième collaboration avec Spielberg, Tom Hanks joue avec conviction de son image d’acteur sympathique et incarne idéalement cet habile avocat qui, au contact de son client et face aux manigances du pouvoir judiciaire de son pays, se transforme progressivement en homme intègre, obstiné et courageux.
Face à lui, Mark Rylance campe, avec beaucoup de finesse, un espion soviétique fataliste et attachant.
Sombre mais résolument optimiste, Le pont des espions pose des questions essentielles sur le libre arbitre et l’engagement de chacun pour la sauvegarde de la paix dans le monde. Preuve, s’il en était besoin, que Spielberg croit toujours en la force du cinéma pour faire évoluer les mentalités.

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GRIMSBY – AGENT TROP SPÉCIAL de Louis Leterrier (2016)

Affiche du film Grimsby - Agent trop spécial
Nobby est un cas… social.
Ce chômeur – amateur de bière, de football et père de neuf enfants – n’a qu’un remords, avoir perdu la trace de son petit frère Sebastian, il y a 28 ans.
Aussi, quand Nobby découvre que Sebastian est devenu LE super espion du MI6 (les services secrets britanniques), il décide de se mêler de ses affaires pour le moins bon et surtout pour le pire.
Après Borat et The dictator, Sacha Baron Cohen tend, une nouvelle fois, sa verge pour se faire battre par ses détracteurs.
Sans peur, il touche le fion de la comédie pour atteindre des sommets rarement atteints dans l’humour gras et la scatologie. Tandis que la réalisation bien couillue de Louis Leterrier se met au diapason des excès de son acteur principal, avec des scènes d’action filmées en caméra subjective, façon jeu vidéo.
Un film qui ne sera pas – forcément – du goût de chacun, mais qui ne peut laisser indifférent dans sa recherche de trivialité débridée.

Photo du film Grimsby
Ne manquez pas cet hommage poilant à toutes les sous merdes « qui meurent sur les fronts des guerres que ces bâtards de puissants ont déclenché, qui font vivre la franchise Fast & Furious et qui ne se laisseront jamais torcher sans broncher » que ce soit par Donald Trump ou la FIFA !
Vous l’aurez compris, Grimsby – Agent trop spécial est un film très con… venable !

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AGENTS PRESQUE SECRETS de Rawson Marshall Thurber (2016)

Affiche du film Agents presque secrets
L’ancien souffre-douleur obèse d’un lycée retrouve, vingt ans plus tard, le seul gars à avoir pris sa défense à l’époque : la coqueluche de la promo 1996.
Le premier est aujourd’hui un agent balèze appartenant à la CIA, l’autre un petit comptable sans avenir.
Leurs retrouvailles vont être « presque » explosives.
Devant la caméra de Rawson Marshall Thurber, réalisateur des sympathiques : Dodgeball et Les Miller, une famille en herbe nous avons droit à :
Un duo presque mal assorti.
Deux acteurs presque convaincants.
Un scénario presque calibré.
Des gags presque aboutis.
Des scènes d’action presque ratés.
Une mise en scène presque absente.
Deux apparitions presque réussies.
Un bêtisier presque drôle.
Bref…
Un film qui donne presque la banane.

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JASON BOURNE de Paul Greengrass (2016)

Affiche du film Jason Bourne
Contacté par un ancien agent du programme Treadstone, Jason Bourne reprend sa quête pour éclaircir les dernières zones d’ombre de son passé. Aussitôt, sa traque est relancée de Grèce en Angleterre et jusqu’aux États-Unis.
Après une trilogie quasi parfaite, le retour de l’espion emblématique des années 2000 semblait être une idée jouable, d’autant que Matt Damon et Paul Greengrass rempilaient devant et derrière la caméra. Mais pour que l’équation soit parfaite encore fallait-il que Tony Gilroy, le brillant scénariste des trois premiers films, soit aussi de la fête.
Sans lui, ce retour s’avère un peu cousu de fils blancs et les aventures de Bourne – qui a en partie retrouvé la mémoire – moins complexes qu’auparavant. Et cela malgré la tentative louable de les faire coïncider avec les troubles politiques récents en Europe.
Matt Damon a d’ailleurs l’air de s’en apercevoir et fait la gueule du début à la fin du film, ne s’embarrassant même plus à apporter la touche d’ambiguïté qui faisait le charme de son personnage. Face à lui, Tommy Lee Jones traîne sa carcasse fatiguée et Vincent Cassel – l’atout de service – est loin d’être un as. Quant à Alicia Vikander, moins à l’aise que dans Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E, elle n’a pas la carrure de Joan Allen dans les deux films précédents pour rendre son personnage vraiment crédible.
La mise en scène de Paul Greengrass n’arrange rien qui retombe vite dans les travers de la caméra secouée de La mort dans la peau et oublie le côté vraisemblable de ses scènes d’action. L’impressionnante course-poursuite finale dans les rues de Las Vegas est plus proche de l’esbroufe d’un Fast & Furious que de l’esprit initial de la saga.
Bien que sévèrement « Bournés », les nouveaux exploits de l’espion amnésique, si ils surclassent toujours ceux de James Bond qui n’est plus que le Spectre de lui-même, sont distancés par les plaisants rebondissements de la dernière mission impossible (Rogue Nation) d’Ethan Hunt.

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LA VENGEANCE DANS LA PEAU de Paul Greengrass (2007)

Affiche du film La vengeance dans la peau
De Londres à Tanger en passant par Turin, Jason Bourne est toujours à la recherche de son identité, poursuivit sans relâche par de redoutables tueurs.
Une nouvelle piste, menant au créateur du programme qui l’a transformé en super soldat, va l’obliger à rentrer au pays pour en finir, une bonne fois pour toute, avec sa quête et son passé.
Paul Greengrass clôture en beauté la trilogie Jason Bourne, épaulé par l’astucieux scénario de Tony Gilroy qui place une partie de l’intrigue de ce troisième opus entre les deux dernières scènes de La mort dans la peau.
La réalisation moins secouée du cinéaste permet, cette fois, de profiter pleinement des rebondissements d’une intrigue toujours en phase avec son époque (elle met notamment en lumière la surveillance généralisée des citoyens orchestrée par la CIA) et parsemée de nombreux morceaux de bravoure, dont cette haletante course poursuite – en moto puis sur les toits de Tanger – qui se conclue par un âpre combat au corps à corps dans une pièce exiguë.
Après deux films, Matt Damon maîtrise parfaitement son rôle et explore un peu plus l’ambiguïté de son personnage, en guerre contre tous mais surtout contre lui-même.
On ne peut que regretter que le film cède, par moment, aux effets spectaculaires, nuisant à la crédibilité de cette saga d’espionnage qui avait fait de la vraisemblance son crédo. Comment croire, en effet, que Bourne puisse se glisser aussi facilement dans un immeuble hautement surveillé de le CIA sans se faire remarquer et assez bête pour annoncer à son ennemi qu’il se trouve dans son bureau au risque de se faire prendre ?
Toutefois, en multipliant les références au premier film (Nicky se teint et se coupe les cheveux de la même façon que Marie, Bourne reprend à son compte la dernière réplique du professeur Clive Owen dans La mémoire dans la peau : « Ils vont jusqu’à prendre nos vies ») et en ne perdant jamais de vue la recherche de rédemption de son héros, la saga Jason Bourne forme une trilogie cohérente et de qualité. Une indéniable référence qui a su renouveler le genre de l’espionnage musclé et donner la voie à suivre à tous ses concurrents, de James Bond à Ethan Hunt.
Mission accomplie Mister Bourne !

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LA MORT DANS LA PEAU de Paul Greengrass (2004)

Affiche du film La mort dans la peau
Voilà deux ans que Jason Bourne et Marie sillonnent la planète pour échapper à la traque dont ils sont l’objet. Une pause de courte durée puisqu’un tueur a retrouvé leur piste en Inde.
Pris au piège d’une machination qui vise à protéger une taupe au sein de la CIA, l’ancien agent n’a d’autre choix que de reprendre les armes…
La mort dans la peau n’est pas qu’un nouvel épisode des aventures de Jason Bourne mais bien une suite directe à La mémoire dans la peau qui approfondit le passé trouble du personnage et soulève, un peu plus, le voile amnésique qui recouvre encore sa véritable identité. Tony Gilroy, toujours en charge du scénario, mêle habilement les figures imposées du film d’action à la quête de son héros dont la soif de vengeance se transforme, au fil de ses découvertes, en un besoin viscéral de demander pardon pour ses fautes passées. Une évolution qui rend le personnage encore plus attachant, toujours incarné avec conviction par un Matt Damon qui semble murir en même temps que son alter ego. Les vêtements sombres et le teint de plus en plus blême, il rend toujours aussi crédible son super agent aux allures de monsieur tout le monde.
Paul Greengrass, qui a pris la place de Doug Liman derrière la caméra, apporte à l’aide de ses prises de vue façon documentaire – caméra à l’épaule ou embarquée au cœur de l’action – une forme d’énergie brute en parfaite adéquation avec un récit qui n’hésite pas à asséner un véritable coup de théâtre dès le début du film, histoire de bien faire comprendre au spectateur que tout peut arriver.
Sous la houlette du réalisateur de Bloody Sunday, les affrontements deviennent encore plus rugueux et les courses-poursuites plus immersives. Trop, peut-être. L’image, secouée ou recadrée en permanence, si elle apporte de l’énergie aux plans donne à l’ensemble un côté brouillon qui tend à devenir agaçant. Tandis que la recherche de réalisme (Matt Damon effectue lui-même ses cascades) achoppe parfois sur la vraisemblance de certaines scènes, notamment la mémorable – mais très improbable – poursuite automobile en Russie.
Malgré ces quelques bémols, La mort dans la peau impose définitivement, grâce à son supplément d’âme, la suprématie de Bourne sur les autres espions musclés de l’époque.

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LA MÉMOIRE DANS LA PEAU de Doug Liman (2002)

La mémoire dans la peau
Un homme inconscient est sauvé par un bateau de pêche alors qu’il dérive en mer avec deux balles dans le dos. A son réveil, l’inconnu a tout oublié mais fait preuve d’impressionnantes capacités dans différents domaines. Il excelle, notamment, dans le combat au corps à corps et le maniement des armes.
Rapidement pourchassé par des hommes qui tentent de l’éliminer, il va devoir faire appel à ses remarquables compétences pour survivre et découvrir son identité.
Avec cette libre adaptation d’un roman à succès de Robert Ludlum, Doug Liman réinvente le film d’espionnage musclé dont un certain James Bond s’était fait une spécialité et donne un coup de vieux aux aventures du célèbre espion britannique.
Même si ses exploits sont également hors du commun, Jason Bourne semble plus en phase avec son époque et séduit par les façons « plausibles » qu’il a de se tirer d’affaire, comme d’utiliser le plan d’évacuation d’un bâtiment pour en trouver les issues de secours.
Plus habitué, à l’époque, aux rôles psychologiques que physiques, le choix de Matt Damon pour interpréter le rôle principal est une vraie surprise mais se révèle un choix judicieux. Le comédien, avec son physique de gentil garçon, apporte une réelle épaisseur au personnage et facilite l’empathie du spectateur, étonné de le voir affronter ses adversaires dans des combats violents et rugueux.
Si la mise en scène fluide et efficace de Loug Liman fait merveille : d’une impressionnante bagarre dans un appartement parisien (où l’objet le plus anodin se transforme en instrument de mort) à une ébouriffante course poursuite en Austin Mini, elle sait aussi se faire plus sobre, voire carrément sombre, lors de l’affrontement au milieu d’un champ entre Matt Damon et Clive Owen, impeccable en tueur à lunettes froid et mutique.
La qualité du scénario de Tony Gilroy (futur réalisateur des excellents Michael Clayton et Duplicity) participe pour beaucoup à la réussite du film. Malgré quelques invraisemblances, il parvient intelligemment à tenir le spectateur en haleine en exploitant au mieux les nombreuses zones d’ombre du récit et des personnages, l’amnésie du héros étant particulièrement propice aux rebondissements et coups de théâtre.
Bénéficiant d’une superbe photographie et porté par la chanson de Moby, Extreme Ways, qui lui donne son identité musicale, La mémoire dans la peau est, dans sa catégorie, une indéniable réussite.
Sans lui, Casino Royale de Martin Campbell n’aurait sans doute pas existé sous la forme âpre et noire que nous lui connaissons. Belle reconnaissance.

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