LIFE : ORIGINE INCONNUE de Daniel Espinosa (2017)

Affiche du film Life origine inconnue
Une sonde revenant de Mars est récupérée par une Station Spatiale Internationale en orbite autour de la terre. Les six membres d’équipage découvrent parmi les prélèvements effectués une forme de vie extraterrestre que leurs expériences vont réveiller.
Daniel Espinosa confirme le manque d’originalité qu’il traîne de film en film. Si Sécurité rapprochée faisait illusion, Enfant 44 fut loin de convaincre.
Ce Life : Origine inconnue confirme cet état de fait. Un plan séquence en préambule comme dans Gravity, un tentaculaire extraterrestre qui se cache au milieu de l’équipage et les supprime un à un comme dans The Thing ou Alien.
Hormis le réveil intrigant de la créature dont l’apparence frêle cache une force monstrueuse, nous sommes en terrain connu et le scénario ne cherche jamais à sortir des sentiers rebattus de la science-fiction horrifique. Même le rebondissement final est prévisible pour qui a vu passer nombre de ce type de films depuis des années.
Quant aux acteurs, ils semblent s’ennuyer ferme dans leur boîte de conserve et alternent, sans surprise, séquences de parlotes sentimentales et scènes d’action en apesanteur avec un entrain qui n’a rien de « poulpitant ».
Sur un thème similaire, mieux vaut revoir le passionnant et plus plausible Mystère Andromède de Robert Wise.
Circulez, y’Alien à voir !

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THE THING de Matthijs van Heijningen (2011)

Affiche du film The Thing
1982. Une paléontologue est discrètement contactée par une équipe de scientifiques norvégiens qui a fait une fabuleuse découverte en Antarctique : un vaisseau extraterrestre et son occupant prisonniers dans la glace depuis 100 000 ans. Mais un malencontreux prélèvement redonne vie à la créature qui s’attaque aux chercheurs et commence à cloner ses victimes…
Comment appeler cette chose ? Une suite, un remake ?
Non, une préquelle ! Ou, pour parler plus élégamment, un prélude à l’histoire relatée dans le film homonyme de John Carpenter. A la manière d’un puzzle, Matthijs van Heijningen reconstitue les évènements qui se sont déroulés dans la station de recherche norvégienne en se servant des éléments découverts dans le film de 1982, lors de la visite du médecin et du pilote d’hélicoptère américain (interprété par Kurt Russell) dans la base calcinée.
Une intéressante idée de départ qui ne parvient jamais à faire abstraction des péripéties du film original (même tempête qui s’approche, même personnages, même paranoïa galopante en milieu clos, même utilisation du lance flamme…) ni à faire preuve d’innovations, si ce n’est dans le choix d’une femme pour incarner le personnage principal : Mary Elizabeth Winstead plutôt convaincante.
Cet hommage respectueux a heureusement le bon goût de reprendre les abominations visuelles créées par Rob Bottin sans chercher à les numériser.
Dommage que le film finisse par se fourvoyer à l’intérieur de la soucoupe volante pour aboutir à un épilogue ouvert et sans grand intérêt – si ce n’est de permettre une possible suite en cas de succès ? – avant que le réalisateur ne raccroche artificiellement les wagons avec le film original pendant le générique de fin.
Un exercice de style qui se laisse regarder sans déplaisir et à, au moins, une indéniable qualité : il donne envie de (re)voir The Thing de Carpenter.

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SPLIT de M. Night Shyamalan (2017)

Affiche du film Split
Trois adolescentes sont enlevées et séquestrées par un étrange individu nommé Kevin. Un homme d’autant plus imprévisible que 24 personnalités cohabitent en lui.
Après plusieurs années d’errance cinématographique, M. Night Shyamalan revient à ses fondamentaux et raccroche les wagons, au propre comme au figuré, avec le début de sa filmographie. Pour Split, il renoue avec le huis clos angoissant, déjà abordé dans Signes, qu’il explore cette fois par le biais d’un trouble mental particulier qui touche le kidnappeur : celui du trouble dissociatif de l’identité. Une pathologie que le cinéaste, grand amateur de théories fumeuses, présente comme le début d’une possible évolution de la race humaine. Une hypothèse et un scénario malin, à base de maltraitance enfantine, qui sont surtout prétexte à un fantastique numéro d’acteur. James McAvoy porte le film sur ses épaules et donne au personnage de Kevin une ambiguïté vraiment terrifiante. Une prestation d’autant plus efficace qu’elle ne repose finalement que sur la finesse de son jeu.
Affiche américaine du film Split Dommage que le cinéaste gâche un peu la performance dans le dernier quart d’heure de son film par l’utilisation d’effets un peu trop appuyés. Heureusement, la dernière scène ouvre d’intéressantes perspectives, inscrivant Split dans un projet plus ambitieux que M. Night Shyamalan, en avance sur son époque, avait dû abandonner au début de sa carrière faute de succès.
A mi-chemin entre Psychose et Shining, Split a en tous cas le mérite de renouer avec la figure du plus effrayant des monstres de cinéma, celui à visage humain.

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DOCTEUR JEKYLL ET LES FEMMES de Walerian Borowczyk (1981)

Affiche du film Dr Jekyll et les femmes
A Londres, le docteur Jekyll convie chez lui famille et amis de la haute société victorienne afin de fêter ses fiançailles avec la désirable Fanny Osbourne. Une soirée qui vire au cauchemar lorsqu’un dangereux pervers sexuel se glisse dans l’immense demeure, violant et tuant tous ceux qui croisent son chemin.
Reprenant à son compte le fameux roman de Stevenson, Walerian Borowczyk décrit une société corsetée (le fétichisme du corset, récurent dans tout le film, n’est sans doute pas un hasard) devenant la proie de ses pulsions et compose un film sulfureux qu’il imprègne tout entier de la dualité de son personnage principal.
Aux vastes salons éclairés où festoient les convives, le cinéaste oppose les couloirs sombres et tortueux de l’étrange demeure qu’il transforme en un véritable dédale (sorte de représentation tourmentée de l’espace intérieur de Hyde ?), tandis que les femmes, personnages clefs de tous ses films, jouent de leur ambivalence, entre innocence opprimée et tentation de la perversion, face à des hommes arrogants et sans nuances.
Photo de Marina Pierro dans le rôle de Fanny Osbourne
Borowczyk, en parfait esthète, crée pour l’occasion des images dignes de tableaux de maître – mêlant jeu d’ombres et de lumière, escaliers spiralés, visage féminin recomposé dans un reflet et hommage à Vermeer – et fait baigner son film dans une atmosphère cotonneuse et floue, sans doute pour pour mieux illustrer cette idée de perte des repères. L’ambiance fantastique qui en découle est proche de celles composées par Mario Bava en Italie. La maison labyrinthique et l’apparition fugace, en début de film, de la petite fille blonde derrière une fenêtre semblent d’ailleurs faire écho aux plans élaborés par le maître italien de l’angoisse dans Opération peur.
Photo petite fille blonde derrière la fenêtre
Mais, tout à ses compositions esthétiques, Borowczyk en oublie son scénario, beaucoup trop décousu et verbeux, ainsi que sa direction d’acteur avec des comédiens en roue libre. Si le choix d’Udo Kier et de son regard magnétique, pour jouer Jekyll, est tout à fait judicieux, sa prestation relève le plus souvent du cabotinage. Le doublage approximatif de certains de ses partenaires n’arrange rien et participe au côté calamiteux de l’ensemble.
Parfois à la limite du grotesque, Dr Jekyll et les femmes peine à convaincre même si le film possède d’indéniables fulgurances fantastiques (le bain où se transforme le docteur) et érotiques (l’effeuillage de la fille du général penchée sur la table d’une machine à coudre).
Il n’en reste pas moins une véritable curiosité réservée à un public averti.

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LISA ET LE DIABLE de Mario Bava (1973)

Affiche du film Lisa et le diable
En visite touristique à Tolède, Lisa est troublée par ancienne fresque murale représentant le diable. Plus tard, dans une étrange boutique d’antiquités, elle croise un homme ressemblant au démon. Mal à l’aise, elle se sauve et se perd dans des ruelles qui semblent avoir été désertées par leurs habitants.
A la nuit tombée, un couple de riches et leur chauffeur acceptent de la prendre en stop. Mais la voiture tombe en panne juste devant un inquiétant domaine.
Lisa et le diable (rebaptisé La maison de l’exorcisme dans un nouveau montage qui se voulait plus commercial mais que n’a pas reconnu le cinéaste) est l’un des derniers films de Mario Bava. Un film en forme d’adieu à un genre, l’épouvante gothique, qui l’a fait connaitre dès son premier film : Le masque du démon.
Comme dans Opération peur, il est question de revenants et d’errance dans une vaste demeure abritant un dédale de couloirs et de pièces désertes.
La perte des repères, un thème récurrent chez Mario Bava et annonciateur des prémices de la peur chez ses personnages. Lisa ne fait pas exception à la règle, la jeune femme commençant par s’égarer dans une ville qu’elle ne reconnait plus avant d’échouer dans une propriété labyrinthique.
Tout comme la boutique d’antiquités, le choix des décors lugubres, des cadrages étranges, du montage et de la bande son – où les ricanements se mêlent au bruit du vent – contribuent au passage de l’héroïne dans un angoissant univers parallèle où le temps semble s’être figé. Une variation funèbre d’Alice au pays des merveilles qui a, peut-être, inspiré à Claude Chabrol l’un de ses films les plus étranges : Alice ou la dernière fugue sorti en 1977.
Par sa maîtrise des panoramiques, des travellings et des zooms agressifs, l’ancien directeur de la photo qu’est Mario Bava élabore un surprenant poème macabre, un songe teinté d’érotisme et de nécrophilie.
Du cinéma baroque qui s’accommode mal des années 70 et des « Chabadabada » musicaux en vogue à l’époque. Rapidement, le spectateur se perd en conjectures sur le sens à donner à cette intrigue et s’agace du cabotinage de certains des comédiens, dont un Telly Savalas en roue libre qui étrennait ici les fameuses sucettes de Kojak.
Mais peut-être n’y a-t-il rien à comprendre et qu’il ne faut voir en Lisa et le diable qu’une métaphore de la carrière finissante de Bava. Lui qui – comme Leandro, le maître d’hôtel interprété par Telly Savalas – s’est efforcé, au travers de ses films, de donner vie à des pantins plus ou moins bons. Des mannequins déjà présents dans Six femmes pour l’assassin qui avait contribué à faire de lui l’un des maîtres du Giallo.
C’est dire qu’en dépit de ses imperfections, les aventures de Lisa au pays de l’effroi n’en reste pas moins un œuvre troublante, aussi séduisante (Elke Sommer et Sylva Koscina sont superbes) que mortifère.

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MAMA de Andrés Muschietti (2013)

Affiche du film Mama
Deux jeunes sœurs, portées disparues le jour du décès de leurs parents, sont retrouvées cinq ans plus tard dans une inquiétante cabane au fond des bois. Confiées à leur oncle et à sa petite amie, elles tentent de se réadapter à la vie en société, mais un être malfaisant semble les avoir accompagnées…
Au carrefour de deux styles horrifiques en vogue – l’un japonais avec son fantôme de femme désarticulée aux longs cheveux et l’autre espagnol avec sa mère courage et ses enfants en proie à l’au-delà – Mama se démarque pourtant du tout venant des films d’horreur en jouant la carte du conte fantastique et de l’ambiguïté.
Andrés Muschietti dispense avec parcimonie ses effets pour mieux faire peur et à le bon goût de donner une réelle épaisseur à sa revenante (dangereuse mais aimant vraiment les deux fillettes) ainsi qu’à Jessica Chastain, moins lisse et insipide qu’à l’accoutumée.
Plus qu’à une banale histoire de spectre revanchard, c’est finalement à l’affrontement de deux mères adoptives pour la garde de leurs enfants que nous convie ce film. Un changement de point de vue qui fait toute la différence et rend cette Mama plutôt fréquentable.

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DERNIER TRAIN POUR BUSAN de Sang-Ho Yeon (2016)

Affiche du film Dernier train pour Busan
Alors qu’un virus se propage à toute allure en Corée du Sud, transformant la population en une horde de zombies déchaînés, les passagers d’un train se démènent pour rester en vie jusqu’au terminus.
Après le train fantôme, voici que nous vient le train zombie. Lancé à pleine vitesse, Dernier Train pour Busan est un spectacle visuellement impressionnant.
Croisement entre World War Z et Snowpiercer, le récit multiplie les morceaux de bravoure face aux ruées de contaminés désarticulés. Des attaques massives d’autant plus saisissantes que, contrairement au film avec Brad Pitt, elles sont le plus souvent effectuées par des cascadeurs plutôt que par des êtres numériques. Une incarnation vraiment bluffante qui fait toute la différence.
Illustration schématique mais plutôt pertinente de nos sociétés capitalistes fonçant à leur perte en se voilant la face (les voyageurs mettent du papier journal sur les portes vitrées des wagons afin d’ignorer les monstres qui se trouvent derrière), le train de Sang-Ho Yeon est un concentré d’humanité égoïste et déboussolée qui doit, si elle veut survivre, retrouver le sens du dialogue, de l’altruisme et du sacrifice.
Une métaphore sombre qui ne manque pas d’humour ni de personnages attachants, même si l’on peut regretter le caractère un peu trop stéréotypé de certains voyageurs et un excès de sentimentalisme larmoyant.
Ne restez pas sur le quai et embarquez pour ce voyage mené à un train d’enfer.

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