LA BELLE ET LA BÊTE de Bill Condon (2017)

Affiche du film La Belle et la Bête
Au 18ème siècle, en France, la rencontre mouvementée entre Belle, jeune femme indépendante éprise de littérature, et la Bête, un être maudit dont la repoussante apparence cache un séduisant prince charmant.
Ils sont venus, ils sont tous là (les Ewan Mc Gregor, Emma Thompson, Stanley Tucci, Ian McKellen…) pour cette « histoire éternelle » comme le clame la chanson du dessin animé Disney sorti en France en 1992 et dont ce film est la copie avec de véritables comédiens.
Le problème, c’est que la plupart de ces grands noms font partie du mobilier et qu’on ne les reconnait pas. Par contre, ce qui saute immédiatement aux yeux (et aux oreilles) c’est ce 18ème siècle d’opérette, aux décors kitsch, tout droit sorti d’un parc Disney. Une sorte d’énorme meringue indigeste à la sauce Broadway plus abêtissante que satisfaisante pour l’amateur de comédies musicales d’antan.
Pas de quoi se faire la belle pour autant. La force du conte, la qualité des effets spéciaux et l’entrain des acteurs non grimés (Emma Watson et Luke Evans – parfait Gaston – en tête) permettent de prendre un certain plaisir à cet énorme pudding même s’il est dénué de grâce et de fantaisie.
Condon n’est pas Cocteau, mais les enfants – et leurs parents nostalgiques du dessin animé – n’en auront cure séduits par ce spectacle sucré et coloré à souhait.

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THE LEGEND OF BARNEY THOMSON de Robert Carlyle (2015)

Pour ce premier tandem critique avec CritiKs MoviZ nous vous proposons le premier film de Robert Carlyle, inédit en France.
A tort ou à raison ?

Affiche du film The legend of Barney Thomson
Apprenant son licenciement, un barbier aux manières de vieux garçon tue accidentellement son patron et passe pour le tueur en série qui sévit dans la région de Glasgow.
Pour sa première réalisation, Robert Carlyle retrouve son Écosse natale (qu’il filme magnifiquement) ainsi que son accent à couper au couteau pour une comédie policière loufoque et grinçante qui, en dépit de son sujet, n’a rien de rasoir.
Un univers à l’humour noir bien aiguisé et où les répliques vachardes fusent, même si le scénario, un tantinet prévisible, accuse quelques faiblesses.
Un handicap que le comédien cinéaste, excellent en barbier timoré dépassé par les évènements, contourne grâce à sa distribution locale et aux deux pointures qui lui donnent la réplique.
Si Ray Winston est parfait en ours anglais exilé chez des Écossais dont il ne comprend ni l’accent, ni le comportement, c’est Emma Thompson (dans le rôle de la mère du barbier, alors que l’actrice n’a que deux ans de plus que Robert Carlyle) qui est la pièce maîtresse de ce jeu de massacre.
Sa prestation de vieille peau vulgaire mérite, à elle seule, la découverte de ce film, hélas toujours inédit en France. A consommer, de préférence, en version originale, of course !

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HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D’AZKABAN de Alfonso Cuaron (2004)

Affiche du film Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban
Pour sa troisième année à l’école de Poudlard, Harry Potter doit faire face à un nouvel adversaire : Sirius Black.
Ce dangereux criminel, évadé de la sinistre prison d’Azkaban, aurait l’intention de le tuer après avoir, autrefois, livré ses parents à Lord Voldemort.
Pour le jeune sorcier, le temps est compté s’il veut éclaircir ce mystère et venger les siens. D’autant que les geôliers d’Azkaban, les dangereux Détraqueurs, rôdent autour de l’école de magie, bien décidés à capturer le fugitif.
Des huit films tirés des romans de J.K. Rowling, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban est certainement la meilleure adaptation des aventures du jeune magicien.
Avec le passage d’Harry et de ses camarades dans le monde de l’adolescence, Alfonso Cuaron inscrit son film dans une tonalité plus sombre que les deux précédents opus tout en apportant une touche de modernité qui tranche avec l’univers propret des films de Chris Columbus. Une transformation que le cinéaste aborde avec finesse en mêlant subtilement humour et noirceur.
Loin d’illustrer platement le roman dont il a hérité, comme le feront par la suite ses successeurs, Cuaron s’amuse à jouer avec les artifices du cinéma (fermeture et ouverture à l’iris entre deux scènes, éclairages inquiétants et jeux d’ombre) et donne un véritable style à son film.
Il soigne particulièrement ses ambiances et compose plusieurs scènes nocturnes à l’atmosphère cauchemardesque (la fuite d’Harry Potter de chez les Dursley, l’apparition du Détraqueur dans le train) qui symbolisent – mieux que par des mots – les troubles qui assaillent Harry : son passage de l’insouciance de l’enfance aux angoisses et questionnements de l’adolescence.
Le temps ayant une grande importance dans cette nouvelle histoire, le réalisateur marque habilement le changement des saisons grâce aux interventions percutantes du saule cogneur. Tandis qu’à l’humour gentillet des débuts, Cuaron préfère les gags proches du burlesque (la tante Marge qui gonfle comme un ballon) ou de l’absurde (la brève confrontation entre la femme de ménage du Chaudron Baveur et l’occupant invisible d’une des chambres).
La distribution exclusivement anglaise continue de faire la force de cette franchise. Et si, dans le rôle de Dumbledore, Michael Gambon n’a pas l’œil aussi malicieux que celui de Richard Harris (décédé après le tournage de Harry Potter et la chambre des secrets), l’arrivée de Emma Thompson, David Thewlis et surtout de Gary Oldman aux côté d’Alan Rickman et de Maggie Smith contribue grandement au plaisir que l’on prend au spectacle.
Méfait – parfaitement – accompli !

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GOOD MORNING ENGLAND de Richard Curtis (2009)

Affiche du film Good Morning England
En 1966, 25 millions de personnes écoutent Radio Rock. Une radio pirate qui émet depuis un bateau en pleine mer du nord. A son bord, huit hommes se relaient devant le micro, huit disc jockeys qui n’ont pas de limite et ont décidé de consacrer leur vie au rock’n roll. Une voix indisciplinée qui agace le gouvernement britannique qui va tout mettre en œuvre pour la faire taire. Attention, il va y avoir du roulis…
Une série de chansons connues et une brochette d’acteurs sympathiques suffisent-ils à faire un bon film ?
En voyant Good Morning England la réponse est clairement non.
Le film de Michael Curtis offre une vision beaucoup trop binaire (à l’image du rock qu’il plébiscite) de cette histoire inspirée de faits réels.
En gros, les DJ’s sont des gens forcément drôles et sympas (voyez comme ils fument des pétards et baisent à tout va), que tout le monde apprécie (voyez comme jeunes et vieux dansent sur leurs musiques) en butte à une autorité forcément répressive dirigée par de vieilles badernes sans scrupule aux méthodes de nazis (voyez comme Kenneth Branagh porte bien la petite moustache d’Hitler, au cas où le message ne serait pas assez explicite).
Une approche simpliste et longuette qui ne s’attarde pas vraiment sur les conditions difficile de cette vie en mer (un comble !) et préfère privilégier les petits numéros, pas toujours drôles d’ailleurs, de chaque DJ où dominent les prestations de Rhys Ifans et Philip Seymour Hoffman.
Une approche qui ne se pose pas non plus les bonnes questions.
Avez-vous remarqué comme on adore faire passer le rock pour une victime et ressasser comment il a eu du mal à s’imposer ? Alors que lui et ses dérivés encombrent les ondes et les émissions télé depuis bientôt 50 ans, au détriment des autres formes de musique ?
Et puis quel intérêt de mettre en avant des types qui sont devenus « célèbres » en passant les disques des autres ?
Sans doute soucieux de ne pas faire de vague afin de toucher le plus grand nombre, Richard Curtis se contente de mener mollement sa barque en laissant un peu trop souvent la barre à ses comédiens en roue libre.
Sans véritable maître à bord, le navire finit par prendre l’eau et le spectateur par sombrer dans les eaux troubles de… l’ennui.
Good Night England !

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DANS L’OMBRE DE MARY – LA PROMESSE DE WALT DISNEY de John Lee Hancock (2014)

Affiche du film Dans l'ombre de Mary
Walt Disney avait promis à ses filles d’adapter au cinéma leur livre préféré : Mary Poppins.
Il mettra 20 ans à obtenir les droits de l’auteur qui rechigne à voir son héroïne dénaturée par le géant du divertissement pour enfants.
Pour une fois, le titre français, Dans l’ombre de Mary, résume bien l’impression générale que laisse le film de John Lee Hancock qui est, hélas, bien loin d’être « supercalifragilisticexpialidocious ».
Les deux principaux acteurs ne sont pas en cause.
Emma Thompson est une nouvelle fois impressionnante et son face à face avec Tom Hanks fait tout le sel de cette histoire vraie.
Malheureusement – production Disney oblige ? – le récit manque de mordant quand il « critique » l’usine à rêve de tonton Walt et les quelques scènes un peu fantaisistes – les séances de travail en chansons avec les frères Sherman notamment – sonnent le plus souvent faux, desservies par une mise en scène plan-plan et sans imagination.
Surtout, le réalisateur nous inflige d’incessants allers-retours entre le présent (l’année 1961) et le passé (début du XXème siècle) censés nous expliquer pourquoi l’écrivain refuse de céder les droits de son personnage. Un drame familial de jeunesse en serait la cause.
Soit ! Mais ce nouveau récit finit par diluer l’affrontement entre Travers et Disney et plombe le film qui sombre lentement dans le mélodrame consensuel.
Alors quand arrive l’avant première et que quelques extraits de Mary Poppins sont projetés sur grand écran, l’envie est grande de quitter rapidement la salle pour aller retrouver en DVD la vraie allée des cerisiers et sa gouvernante volante. Car, on le sait bien, elle seule a le morceau de sucre qui aidera la fade médecine de John Lee Hancock à couler.

PS : Par politesse, restez toutefois jusqu’au générique de fin qui propose un véritable extrait sonore des sessions de travail entre Miss Travers et l’équipe Disney chargée d’élaborer le scénario.
La réalité y dépasse encore une fois la fiction. Magique !

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SUBLIMES CRÉATURES de Richard LaGravenese (2013)

Affiche du film Sublimes créatures
Dans une petite ville morne du sud des Etats-Unis, Ethan, un lycéen, trompe son ennui dans la lecture en rêvant de voir le monde. L’arrivée en classe d’une mystérieuse élève, Lena, va chambouler son existence et celle de sa communauté d’autant qu’elle coïncide avec l’apparition d’étranges phénomènes.
La jeune fille, recluse dans la propriété de son inquiétant et richissime oncle, serait-elle une sorcière comme le sermonnent les bigotes de la ville ? Contre l’avis de tous, Ethan tombe sous le charme de Lena.
Vampires, zombies et sorcières sont à la mode chez les adolescents que ce soit en littérature ou au cinéma. Après les amours contrariés d’une adolescente avec un vampire (la saga Twilight) et en attendant ceux d’une adolescente avec un zombie (Warm Bodies), voici la romance entre une sorcière et un lycéen.
Par son affiche et les thèmes qu’il aborde (le fantastique au service d’une romance adolescente et d’un désir d’émancipation), Sublimes créatures semble vouloir surfer sur le succès de Twilight en reprenant une formule presque identique.
A première vue seulement car le film de Richard LaGravenese le surpasse en tout point grâce à un scénario qui convoque autant la magie que l’humour et la littérature. Un film fantastique pour adolescents qui a des lettres, cite Kurt Vonnegut ou Charles Bukowski, critique avec âpreté l’intolérance et prône l’ouverture aux autres : voilà qui interpelle.
Loin des mièvres atermoiements des protagonistes de la saga vampirique, les personnages de Sublimes créatures développent au fil de l’intrigue des personnalités attachantes, d’autant plus intéressantes qu’elles ne craignent pas le ridicule : à l’image d’Ethan tout à la fois héros et victime – pas toujours consentante – des sortilèges en tous genres de sa « belle famille ». Sorte de variation, rajeunie et plus sombre, du Jean-Pierre de Ma sorcière bien aimée
La force du film tient donc aussi à son casting particulièrement convaincant.
Alice Englert et Alden Ehrenreich (découvert dans Tetro de Francis Ford Coppola) ne manquent pas de talent et de charme. Mais ce sont surtout leurs aînés qui emballent. Jeremy Irons et Emma Thompson, tous deux trop rares sur les écrans, sont vraiment épatants et leur confrontation dans l’église est l’un des meilleurs moments de cette romance fantastique qui n’hésite pas à s’en prendre aux fanatiques de tous poils et à Nancy Reagan.
Saluons enfin la qualité de la mise en scène qui sait prendre son temps et a le bon goût d’osciller entre un fantastique tantôt efficace, tantôt empreint de poésie, telle cette jolie scène de mise en abyme où Ethan perd son chemin, ainsi que la raison, à l’entrée de la propriété de sa belle.
Certes, le film n’est pas exempt de défauts, notamment sa fin rapidement expédiée, mais les bons divertissements se font tellement rare ces derniers temps qu’il serait vraiment dommage de ne pas se laisser envoûter par celui-ci.

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REBELLE de Mark Andrews et Brenda Chapman (2012)

Affiche du film Rebelle
En Écosse, Merida, une jeune princesse fougueuse et téméraire, se révolte contre ses parents qui désirent la marier contre son gré…
Pour leur nouvelle association, Disney continue de formater Pixar à ses (mauvais) goûts artistiques.
Si les graphismes et l’animation continuent de bénéficier du savoir faire des studios qui ont donné le jour à Toy Story (les Highlands et ses sombres forêts sont magnifiquement mis en image et les personnages gagnent encore en expressivité et en fluidité), il est regrettable de constater que le film de Mark Andrew et Brenda Chapman fasse plus de cas des mouvements de mèches de son héroïne (sans doute parce qu’elle le vaut bien !) que des rebondissements d’une intrigue que l’on croit sortie d’une photocopieuse.
Car à bien y regarder, Rebelle n’est qu’un mélange plutôt grossier de Raiponce et de Frère des ours agrémenté à la sauce Braveheart. Dans le rôle d’un des prétendants de la princesse, Mel Gibson est d’ailleurs lourdement parodié en bagarreur peinturluré et maniaque de l’épée dont les cheveux longs cachent, bizarrement, plutôt les traits de Gad Elmaleh que ceux du héros de Mad Max.
Entre deux chansons niaiseuses, le film n’a rien d’autre à narrer que les affres d’une adolescente – forcément ! – incomprise qui saura – forcément ! – revenir à de meilleurs sentiments. Et si quelques gags font preuve d’une belle vivacité (notamment grâce aux trois petits frères de Merida), le récit baigne le plus souvent dans un humour aussi lourdaud que son ours. Dans ce triste gâchis, les studios Disney ont tout de même réussi une chose : celle d’avoir créé le personnage de sorcière le plus minable de toute leur longue histoire dans le domaine de l’animation. Plus âpre aux gains que vraiment inquiétante et refusant son rôle de magicienne, elle répond vite aux abonnés absents. Sans doute pour se transformer en directrice du merchandising. Car, Rebelle ou pas, une chose est sûre, Merida finira par venir s’aligner bien sagement, comme sa copine Raiponce, sur les linéaires de jouets des grandes surfaces pour Noël. Histoire qu’à défaut de développer l’imaginaire des petites filles, elle puisse au moins leur apprendre, grâce à ses beaux cheveux, à faire des tresses en rêvant qu’un jour leur prince viendra…

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