SPECTRAL de Nic Mathieu (2016)

Affiche du film Spectral
Un scientifique travaillant pour le département de la Défense des États-Unis est envoyé en Moldavie où règne une violente guerre civile. Il doit tenter de percer le mystère de la mort de plusieurs soldats américains attaqués par des entités invisibles et invincibles.
Avec son impressionnant décor de ville en ruine, ses effets spéciaux convaincants et ses combats plutôt bien menés, Nic Mathieu compose un intéressant mélange entre film de guerre et science-fiction. Malheureusement, s’il parvient à créer une atmosphère intrigante et glauque plutôt crédible, il peine à faire décoller son sujet en raison de personnages sans nuances qui cumulent les poncifs.
Comment croire à ce MacGyver scientifique capable, en quelques heures seulement, de comprendre de quoi il retourne et de fabriquer des prototypes d’armes futuristes avec trois bouts de ficelle ? Ou de s’intéresser aux bidasses stéréotypés qui l’entourent ? C’est sans doute pour cela que le film n’a pas trouvé le chemin des salles, tout en faisant le bonheur de Netflix qui en a racheté les droits.
Une fois encore, la preuve est faite qu’un thème original et des moyens conséquents ne sont rien si la psychologie des protagonistes reste fantomatique.

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ELIZABETH de Shekhar Kapur (1998)

Affiche du film Elizabeth
L’accession au trône d’Elizabeth Ière d’Angleterre en 1558 et les premières années de son règne où elle va devoir asseoir son autorité sur une cour divisée entre protestants et catholiques et où les complots vont bon train.
Shekhar Kapur n’a pas lésiné sur les moyens pour redonner vie aux débuts du règne de la célèbre reine protestante. Décors grandioses, costumes fastueux et distribution de premier ordre, de John Gielgud à Geoffrey Rush en passant par Daniel Craig en moine espion, apportent une indéniable plus-value à cette biographie filmée qui, tout en prenant quelques libertés avec la vérité historique, décrit habilement la difficulté d’Elizabeth à s’imposer dans un monde d’homme et comment l’exercice du pouvoir petit à petit la transforme.
Quel regret que le cinéaste affaiblisse son propos par une mise en scène un peu trop appuyée dans ses effets (à la recherche du plus bel effet de lumière ou du plus joli mouvement de caméra) et sans réelle invention. Si ce n’est l’idée saugrenue de faire appel à Vincent Cassel (horripilant et caricatural dans le rôle d’Henri d’Anjou) et Éric Cantona pour interpréter le camp français. Sans parler de la pauvre Fanny Ardant qui, face à ses deux compatriotes, a l’air d’être ailleurs et de s’en laver les mains.
Des défauts vite oubliés devant la composition royale de Cate Blanchett qui, pour son premier grand rôle au cinéma, impressionne autant la pellicule que les esprits. Car si Elizabeth donne à voir la naissance d’une grande reine, il contribue aussi à la naissance d’une grande comédienne. Et c’est à une véritable métamorphose que nous convie l’actrice passant, en moins de deux heures, de l’insouciance de la jeunesse à l’austérité de la femme de pouvoir. Une transformation qui rappelle qu’Elizabeth fut aussi, à sa manière, une actrice. C’est en travestissant ses pensées, ses émois et son physique afin de marquer les esprits qu’elle endossa le rôle de mère de la nation anglaise.

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HUGO CABRET de Martin Scorsese (2011)

Affiche du film Hugo Cabret
Paris, début des années 30.
Le jeune Hugo vit seul dans une gare parisienne dont il remonte secrètement les pendules. Mais sa motivation principale est de faire fonctionner un automate que son père voulait réparer avant sa mort.
Pour cela, il chaparde des pièces dans une boutique de jouets tenue par un vieil homme qui n’est autre que le célèbre cinéaste Georges Méliès.
Au vu de sa filmographie, qui aurait pu dire que Martin Scorsese adapterait un jour un livre destiné aux enfants ? Pourtant, par son sujet qui aborde les débuts du cinéma et l’œuvre de Geoges Méliès, le roman de Brian Selznick ne pouvait qu’inspirer le Scorsese cinéphile.
Dès les premières scènes, le réalisateur de Casino nous fait entrer dans l’univers d’Hugo Cabret grâce à une mise en scène fluide qui suit le parcours du jeune orphelin dans les coulisses de la gare et nous fait découvrir son univers quotidien. Une mise en place intrigante que renforce la présence de l’automate et de son mystérieux secret ainsi que la création d’un Paris fantasmé.
Aux trousses d’Hugo, le cinéaste atteint son véritable but : redonner vie aux premiers pas du cinématographe et à ses pionniers. Des prémices, avec les frères Lumières et leur célèbre Arrivée d’un train en gare de La Ciotat, aux comédies burlesques d’Harold Lloyd et tout particulièrement au film Monte là-dessus ! auquel le cinéaste rend, par deux fois, hommage.
Mais c’est surtout à Georges Méliès que Hugo Cabret est dédié et à la magie qu’il apporta à l’art naissant du cinéma. Dans le rôle du vieux cinéaste désabusé, Ben Kingsley, toujours parfait, apporte ce qu’il faut de malice et d’émotion à son personnage. Face à lui, le jeune Asa Butterfield campe un Hugo entêté tout à fait convaincant.
Dommage que le personnage du chef de gare joué par Sacha Baron Cohen soit un peu trop caricatural (l’acteur aurait fait un excellent inspecteur Clouseau dans un remake de la Panthère rose) et sous exploité. De même que la fleuriste interprétée par la trop rare Emily Mortimer.
C’est là le point faible du film. Martin Scorsese n’a visiblement d’yeux que pour le vieux cinéaste oublié dont il s’amuse, avec gourmandise, à recréer les tournages et les fameux trucages. Un hommage sincère et très didactique aux débuts du septième art qui se fait, hélas, au détriment de la mystérieuse quête d’Hugo pour réparer son automate. Comme si, en voulant montrer la magie et l’invention des tournages de Méliès, le réalisateur des Affranchis avait oublié d’en injecter dans le sien.
Malgré ces petits défauts, Hugo Cabret a néanmoins le mérite de faire découvrir, de façon ludique, aux petits et aux grands les balbutiements d’un spectacle de foire qui allait devenir un art majeur au XXème siècle.

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CARS 2 de Brad Lewis et John Lasseter (2011)

Cars 2 : Affiche
Voici le retour de Flash McQueen et de ses amis.
Le petit bolide rouge se prépare pour de nouvelles courses, mais cette fois à l’échelle planétaire, afin de promouvoir un carburant révolutionnaire, plus respectueux de l’environnement.
Hélas, un méchant consortium pétrolier a décidé de mettre un frein au projet et prend l’idole des circuits, ainsi que ses adversaires, pour cible.
Heureusement, Martin la dépanneuse veille sur son meilleur ami, épaulé par une Aston Martin au service de sa majesté.
On pensait en avoir fini avec les petits problèmes de pistons des héros à quatre roues de Cars, le maillon faible des productions Pixar. Aussi, quelle (mauvaise ?) surprise que de voir se pointer, cinq ans après ses derniers vrombissements, le bout du capot de l’agaçante petite voiture de course.
Heureusement, sans doute conscient du faible potentiel de son héros et de l’attrait mitigé des enfants pour les tours de circuit répétitifs, les scénaristes ont eu la bonne idée de mettre en valeur le personnage, ô combien plus sympathique, de Martin la dépanneuse en le plongeant dans une aventure digne d’un film de James Bond.
Si Brad Lewis et John Lasseter connaissent leur petit 007 par cœur et débutent leur film par un pré-générique rendant un bel hommage aux aventures du plus célèbre des espions Britannique (le personnage de Finn McMissile n’est pas doublé par Sean Connery, mais le timbre si particulier de Michael Caine convient fort bien à la vieille Aston Martin), ils n’évitent pas les poncifs et nous resservent, entre autre, la même carte postale datée de Paris que pour Ratatouille : Tour Eiffel, Notre-Dame de Paris, baguette et béret basque avec, en prime, l’inusable mime Marceau version 2CV.
Bref, Cars 2 gagne en humour, gadgets et aventures ce qu’il perd en histoire d’amour gnangnan et en moral un brin paternaliste. Ce qui ne l’empêche pas d’être beaucoup trop long et ses autos héros toujours aussi peu attachantes. Les deux réalisateurs ont beau tenir un message écolo aux enfants, l’éloge ringard de la vitesse n’est jamais bien loin et vient très vite refaire aux jeunes spectateurs des coups de rétroviseurs appuyés. Quant aux petites voitures, l’agente Holley Shiftwell mise à part, elles jouent forcément les groupies tout en surveillant leur liquide de refroidissement dès que passe près d’elles une formule 1.
Chassez le naturel… Il revient très vite au paddock.
Hélas !

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HARRY BROWN de Daniel Barber (2011)


Harry Brown est un vieil homme fatigué vivant dans une banlieue sordide de Londres livrée aux gangs et aux trafics en tous genres.
Le jour où son seul ami est retrouvé mort, assassiné par de jeunes voyous de la cité, l’ancien marine décide de reprendre les armes.
Ce film âpre, entièrement tourné au milieu de grands ensembles en béton, n’a rien d’une promenade de santé. Avec sa mise en scène sèche et sobre mêlant prise de vue classique (l’univers d’Harry Brown) et images de téléphones portables (le monde des jeunes délinquants), Daniel Barber nous dépeint une société en détresse plutôt terrifiante.
Détresse d’un vieil homme que la caméra saisit avec acuité, en quelques plans silencieux. La façon dont nous est présenté le rituel immuable des préparatifs matinaux d’Harry Brown en est d’ailleurs un bel exemple.
Détresse de jeunes laissés pour compte exprimant leur colère par la violence.
C’est de la coexistence de ces deux mondes que nait la tension baignant tout le film. Dans ces conditions, la rencontre entre Harry Brown et deux junkies, receleurs d’armes, ne peut être qu’explosive.
Dans le rôle principal, Michael Caine déploie toute la palette de son talent et prouve qu’il n’est pas seulement l’excellent second rôle des derniers films de Christopher Nolan. A 77 ans, il reste un acteur d’exception. Avec une belle économie de jeu (un geste, un sourire, une attitude) il met à jour les fêlures et les peurs de son personnage mais aussi sa détermination. Car si le corps a vieilli, le regard inflexible de l’acteur, celui de Jack Carter dans La loi du milieu, reste le même.
D’ailleurs, la filiation entre le film de Mike Hodges et celui de Daniel Barber ne fait aucun doute. Une histoire de vengeance ancrée dans un milieu social difficile avec un héros aussi froid et sans pitié que ses adversaires.
Radical, le film de Daniel Barber se voudrait sans concession. Malheureusement, le dernier plan du film (un brin cynique ?) vient un peu gâcher la portée du propos. En 1971, Mike Hodges n’avait pas eu cette délicatesse et avait tenu la gageure d’un film noir jusqu’au-boutiste.
Harry Brown n’en reste pas moins une œuvre dérangeante dont la vision n’est vraiment pas de tout repos.

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CITY ISLAND de Raymond de Felitta (2010)


Comédie sympathique et gentiment barrée, City Island vaut vraiment le détour.
Avec sa famille de doux dingues qui cache ses secrets et ses rêves derrière des engueulades monstres dès que vient l’heure des repas.
Avec son scénario qui a l’habileté de préférer l’humour au mélodrame tout en faisant preuve de beaucoup de tendresse et d’humanité envers chacun des personnages. (Petit bémol, toutefois, sur un final un peu trop conventionnel où l’on nous ressert le couplet éculé du rêve américain).
Avec ses acteurs, tous excellents.
Emily Mortimer, vue dans les nouvelles moutures de La panthère rose, à la fois pétillante et émouvante, confirme qu’elle a l’étoffe d’une grande.
Quant à Andy Garcia, très convaincant, après ses prestations effacées dans la trilogie Ocean’s voir carrément médiocre dans La panthère rose 2, il trouve là son meilleur rôle.

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LA PANTHÈRE ROSE 2 de Harald Zwart (2009)


Après un retour plutôt réussi de La panthère rose en 2006 (avec Steve Martin sous les traits de Clouseau) qui parvenait à retrouver l’esprit de la saga originale tout en l’adaptant à notre époque, quelle déception de constater que Harald Zwart n’a retenu aucune des leçons de Shawn Levy et encore moins celles de Blake Edwards.
Même le générique en dessin animé avec la célèbre panthère n’est, cette fois, pas à la hauteur… Malgré un casting intéressant, allant d’Alfred Molina à Andy Garcia, le film fait preuve d’énormes fautes de goûts à commencer par son scénario mou du genou et ses gags téléphonés.
Livrés à eux-mêmes, les acteurs peinent et cabotinent pour essayer de relever le niveau et nous tirer un sourire (A ce jeu, c’est encore John Cleese qui s’en sort le mieux !). Mais rien n’y fait.
Lentement, mais sûrement, la comédie déjantée tant attendue sombre dans le nanar et atteint des sommets avec l’apparition ridicule d’un Johnny Hallyday plus figé que sa réplique en cire du Musée Grévin.
Et que penser du remplacement des monstrueux combats entre l’inspecteur et son serviteur chinois, par des bagarres contre deux insupportables mômes que le politiquement correct oblige à épargner.
Bref, un vrai naufrage où ne surnagent que quelques gags : Un diner dans un restaurant Italien qui prend lentement de la bouteille et une visite au pape plutôt réjouissante. Pas de quoi donner envie de repartir une nouvelle fois à la recherche de la panthère rose !

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