LEGEND de Brian Helgeland (2016)

Affiche du film Legend
Durant les années 60, les jumeaux Kray furent les gangsters les plus puissants de Londres. Jusqu’à ce que l’un d’eux tombe amoureux…
Avec sa reconstitution soignée et sa distribution de haute volée, Brian Helgeland peaufine son film dans les moindres détails pour permettre à la double composition de Tom Hardy de s’exprimer totalement.
Une prestation véritablement bluffante qui parvient à faire coexister les deux frères dans un même espace tout en donnant à chacun une réelle personnalité.
Mais une performance desservie par une mise en scène plate en manque d’inspiration (un comble pour le réalisateur du nerveux Payback) et par une voix off féminine qui, à force d’avoir toujours un coup d’avance sur le spectateur, finit par émousser l’intérêt pour le récit.
Trop convenu et superficiel malgré quelques coups d’éclat, Legend n’est pas à la hauteur des attentes suscitées par son titre.

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MACBETH de Justin Kurzel (2015)

Affiche du film Macbeth
L’Écosse au XIème siècle.
Exalté par la prédiction de trois sorcières lui annonçant qu’il deviendrait roi, Macbeth, chef de guerre victorieux, complote avec l’aide de sa femme pour accéder au trône.
Mais ce pouvoir si convoité va bientôt le rendre fou…
C’est effectivement une tragédie que de voir Justin Kurzel jouer les artistes poseurs en adaptant la célèbre pièce de Shakespeare.
Une tragédie également que de devoir subir sa mise en scène chichiteuse qui force sur les brouillards artificiels, les filtres colorés et l’hémoglobine bon marché.
Mais si le traitre parvient à dénaturer la force du propos, en abusant de ralentis et de mouvements de caméra aussi inutiles qu’alambiqués, c’est en vain qu’il tente de masquer la beauté des Highlands. Un décor majestueux où erre comme un acteur en peine – et en chemise de nuit – un Michael Fassbender hagard et peinturluré qui éructe, grimace, bave et crie comme un possédé.
A ses côtés, Marion Cotillard campe une insipide Lady Macbeth qui semble n’avoir été placée là que pour exploiter sa propension aux larmes et à la morve facile, déjà à l’œuvre dans Les petits mouchoirs.
Interminable et pourtant insignifiant, ce film se révèle plus Macbête que Macbeth.

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ZERO THEOREM de Terry Gilliam (2014)

Affiche du film Zero Theorem
Dans un monde futuriste entièrement contrôlé par l’informatique, un programmateur de génie misanthrope a trouvé refuge dans une chapelle abandonnée où il attend un mystérieux coup de téléphone.
Pour patienter, il travaille au service d’une entité qui le surveille jour et nuit et pour laquelle il doit venir à bout d’un programme censé décrypter le sens de la vie.
Si ce résumé vous paraît confus, rassurez-vous le film l’est aussi.
Depuis plusieurs années, Terry Gilliam court après sa gloire passée. Avec Zero Theorem, il tente de retrouver la formule d’un de ses plus grand film : Brazil.
Peine perdue car, de toute évidence, le totalitarisme de l’informatique semble moins l’inspirer que celui de la bureaucratie et sa démonstration mériterait une sévère mise à niveau avec son scénario abscons et ses acteurs déconnectés qui errent dans des décors fauchés.
Plus ridicule qu’absurde, Zero Theorem à tout du film mal configuré.
Véritable bug cinématographique, il mérite un zéro pointé.

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HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D’AZKABAN de Alfonso Cuaron (2004)

Affiche du film Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban
Pour sa troisième année à l’école de Poudlard, Harry Potter doit faire face à un nouvel adversaire : Sirius Black.
Ce dangereux criminel, évadé de la sinistre prison d’Azkaban, aurait l’intention de le tuer après avoir, autrefois, livré ses parents à Lord Voldemort.
Pour le jeune sorcier, le temps est compté s’il veut éclaircir ce mystère et venger les siens. D’autant que les geôliers d’Azkaban, les dangereux Détraqueurs, rôdent autour de l’école de magie, bien décidés à capturer le fugitif.
Des huit films tirés des romans de J.K. Rowling, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban est certainement la meilleure adaptation des aventures du jeune magicien.
Avec le passage d’Harry et de ses camarades dans le monde de l’adolescence, Alfonso Cuaron inscrit son film dans une tonalité plus sombre que les deux précédents opus tout en apportant une touche de modernité qui tranche avec l’univers propret des films de Chris Columbus. Une transformation que le cinéaste aborde avec finesse en mêlant subtilement humour et noirceur.
Loin d’illustrer platement le roman dont il a hérité, comme le feront par la suite ses successeurs, Cuaron s’amuse à jouer avec les artifices du cinéma (fermeture et ouverture à l’iris entre deux scènes, éclairages inquiétants et jeux d’ombre) et donne un véritable style à son film.
Il soigne particulièrement ses ambiances et compose plusieurs scènes nocturnes à l’atmosphère cauchemardesque (la fuite d’Harry Potter de chez les Dursley, l’apparition du Détraqueur dans le train) qui symbolisent – mieux que par des mots – les troubles qui assaillent Harry : son passage de l’insouciance de l’enfance aux angoisses et questionnements de l’adolescence.
Le temps ayant une grande importance dans cette nouvelle histoire, le réalisateur marque habilement le changement des saisons grâce aux interventions percutantes du saule cogneur. Tandis qu’à l’humour gentillet des débuts, Cuaron préfère les gags proches du burlesque (la tante Marge qui gonfle comme un ballon) ou de l’absurde (la brève confrontation entre la femme de ménage du Chaudron Baveur et l’occupant invisible d’une des chambres).
La distribution exclusivement anglaise continue de faire la force de cette franchise. Et si, dans le rôle de Dumbledore, Michael Gambon n’a pas l’œil aussi malicieux que celui de Richard Harris (décédé après le tournage de Harry Potter et la chambre des secrets), l’arrivée de Emma Thompson, David Thewlis et surtout de Gary Oldman aux côté d’Alan Rickman et de Maggie Smith contribue grandement au plaisir que l’on prend au spectacle.
Méfait – parfaitement – accompli !

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UNE MERVEILLEUSE HISTOIRE DU TEMPS de James Marsh (2015)

Affiche du film Une merveilleuse histoire du temps
Vie et pas mort du physicien britannique Stephen Hawking.
Le malheur des autres fascine toujours, surtout si celui-ci touche un des plus grands scientifiques de notre époque.
C’est ce que démontre le film de James Marsh qui s’attarde principalement sur la vie sentimentale chaotique du couple Hawking et sur la lente dégradation physique du savant.
Une leçon de courage édifiante heureusement non dénuée d’humour à l’image de Stephen Hawking.
Dommage que ses recherches ne correspondent ici qu’à un inquiétant trou noir où le scénario évite prudemment de se perdre. Le réalisateur cherchant surtout à montrer que le célèbre physicien est un gars comme tout le monde…
Grands sentiments, romance contrariée, lutte acharnée contre la maladie et esthétique chiadée pour un résultat qui, s’il n’est pas désagréable, s’avère bien trop consensuel et tire-larmes.
Pour faire bref, si Une merveilleuse histoire du temps vaut d’y perdre le sien c’est uniquement pour la prestation de ses deux interprètes principaux.
Dans le rôle de Stephen Hawking, Eddie Redmayne, avec ses yeux malicieux et son corps désarticulé, livre une étonnante performance tandis que Felicity Jones (repérée dans l’excellent Oh My God !) enchante par la subtilité de son jeu : attachant et ambigu.
Une merveilleuse histoire pour les Oscars, en somme.

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RED 2 de Dean Parisot (2013)

Affiche du film Red 2
Un mystérieux « Projet Nightshade », convoité par les services secrets de différents pays occidentaux, oblige Franck Moses et ses anciens collègues de la CIA à reprendre du service.
Après un Red divertissant, cette suite avait de quoi éveiller l’intérêt par la présence, derrière la caméra, du réalisateur de l’hilarant Galaxy Quest. Mais c’était oublier un peu vite que, depuis cette excellente parodie de Star Trek, Dean Parisot n’avait plus fait d’étincelles au cinéma et semblait avoir décidé de couler une retraite paisible comme réalisateur de séries télévisées.
Les aventures bien barrées de ces barbouzes aussi ridés qu’increvables allaient-elles l’aider à redresser la barre et retrouver le chemin des étoiles ?
Peine perdue…
Si les acteurs du premier opus ont quasiment tous répondu présent à l’appel, ils ont l’air de beaucoup moins s’amuser que la première fois. Pire, ils donnent même l’impression d’être venus cachetonner uniquement pour faire du tourisme dans les grandes villes européennes (Paris, Londres, Moscou…) entre deux scènes d’action mollassonnes et quelques gags dispensés, sans conviction, par un John Malkovich qui semble dormir debout.
L’intrigue, guère passionnante, dévoile surtout la lassitude d’un Anthony Hopkins qui se traîne dans un rôle auquel personne ne croit pas et permet d’observer, tout à loisirs, les outrages du botox sur le visage désormais inexpressif de Catherine Zeta-Jones. Et ce ne sont pas les acrobaties martiales de Byung-Hun Lee qui parviennent à redonner du punch à l’ensemble tant elles font déplacées dans cet univers de gros bras où seule l’espièglerie d’Helen Mirren parvient encore à faire mouche.
Cette fois, c’est sûr, Franck Moses et ses compagnons peuvent prendre définitivement leur retraite, personne ne les regrettera…

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CHEVAL DE GUERRE de Steven Spielberg (2012)

Affiche du film Cheval de guerre
Les aventures d’un étalon anglais pris dans la tourmente de la première guerre mondiale.
Mais qu’est-il arrivé aux belles histoires de l’oncle Spielberg ?
Lui qui savait si bien nous divertir, en mêlant solides intrigues et rebondissements spectaculaires, semble, depuis quelques temps, se concentrer uniquement sur la manière de raconter une histoire ou d’intégrer de nouveaux effets spéciaux. Recherches louables si elles ne donnaient pas à chacun de ces derniers films une impression d’inachevée.
Après le retour décevant de son héros emblématique (Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal) et l’adaptation d’une célèbre BD sur grand écran (Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne) dont le rendu et le rythme ébouriffants avaient du mal à cacher un récit à bout de souffle, Cheval de guerre s’apparente encore à une gageure pour le cinéaste – celle de raconter une histoire du point de vue d’un cheval – plus qu’à un projet vraiment abouti.
Pour donner à son film un côté livre pour enfants, Spielberg choisit de l’enrober d’images d’Épinal faisant, au mieux, penser à John Ford (avec la profondeur de champ mais sans la profondeur de vue) ou, au pire, à la vision d’un jeune publicitaire adepte d’images léchées et standardisées. On a donc droit à la silhouette du cheval et de son maître se découpant, à l’horizon, sur fond de soleil couchant ou à la jolie « carte postale » de la campagne française avec sa ferme pittoresque et son pépé sympathique (Niels Arestrup à contre-emploi) qui entrepose, dans son cellier, conserves et confitures maison à quelques kilomètres des hostilités. (Mais que fait Jean-Pierre Pernaut ?).
Au milieu de ce salmigondis de clichés et de bons sentiments quelques scènes impressionnent, prouvant que Spielberg n’a pas perdu la main : comme cette charge sanglante au milieu des tranchées ou lors de la fraternisation de deux soldats ennemis, au cœur du no man’s land, le temps de délivrer l’étalon emmêlé dans des fils barbelés.
Toutefois, si le cinéaste a le bon goût de ne prendre parti pour aucun des belligérants et d’adopter le point de vue « neutre » du cheval, il est permis de trouver discutable sa mise en scène qui rend plus émouvant un canasson en train de labourer un champ que deux jeunes hommes se faisant fusiller.
Comme elle semble lointaine, l’époque où vous nous contiez avec conviction La couleur pourpre ou la façon de Sauver le soldat Ryan.

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