WHITE HOUSE DOWN de Roland Emmerich (2013)

Affiche du film White House Down
De passage à la Maison-Blanche, en compagnie de sa fille, un policier se retrouve mêlé à une prise d’otages à la Maison-Blanche. Face à un groupe de mercenaires armés jusqu’aux dents, il va tout faire pour protéger sa fille et le président des États-Unis.
Sorti la même année que le pitoyable La chute de la Maison-Blanche d’Antoine Fuqua, sur un sujet similaire, il y avait tout à craindre du nouveau film de Roland Emmerich, le plus américain des réalisateurs étrangers tournant aux USA.
Contre toute attente, White House Down, s’il fournit effectivement son lot de fusillades et de catastrophes en tous genres, est plutôt une bonne surprise. Roland Emmerich ayant le bon goût de lever le pied sur ses habituels élans patriotiques pour proposer un divertissement dans la lignée des films d’action de la fin des années 80, façon Piège de cristal. Si Channing Tatum n’a pas le charisme de Bruce Willis, son duo avec Jamie Foxx (moins agaçant que d’habitude) ne manque pas d’humour. Et puis c’est toujours un plaisir de voir James Woods jouer les ordures de service.
Moins bête que l’invasion de terroristes nord-coréens filmée par Fuqua, le cinéaste imagine une attaque de la Maison-Blanche assez plausible organisée de l’intérieur par des nationalistes et des industriels de l’armement. Un éclair de lucidité qui ne gâche en rien l’efficacité de ce festival de bagarres et d’explosions, bien au contraire.

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LES HUIT SALOPARDS de Quentin Tarantino (2016)

Affiche du film Les huit salopards
Pour échapper au blizzard, un chasseur de primes et sa prisonnière trouvent refuge dans un relais de diligences en compagnie de cinq autres voyageurs. Amis ou ennemis ?
Car cela fait, tout de même, beaucoup de monde au même endroit au même moment.
Huit salopards pour le huitième Tarantino qui, comme le numéro de son film, semble désormais tourner sur lui-même… à l’infini.
Transformer un genre plutôt porté vers les grands espaces en un huis clos tendu était plutôt une bonne trouvaille. Mais cette idée, le cinéaste ne la transcende jamais, préférant cantonner son western à un spectacle de (grand) Guignol verbeux et creux. Retirez les interminables dialogues – ou carrément certains chapitres – et il ne reste guère plus d’une heure d’intrigue sur les 2h48 que dure le film.
Les acteurs plutôt convaincants (notamment l’étonnant numéro de Jennifer Jason Leigh qui tient la dragée haute à ses partenaires masculins) en sont réduits à caricaturer les pantins qu’ils interprètent pour tenter de leur donner un peu d’épaisseur. Peine perdue, même avec des accents à couper au couteau et en abusant de la caféine, Les huit salopards s’embourbent dans un exercice de style autosatisfait, gore et théâtral. Les chiottes ont beau être plantées à l’écart, entre l’écurie et le relais de diligences, Tarantino se réjouit d’aller vider ses tripes entre le bar et le feu de cheminée de l’auberge de Minnie.
Affiche américaine du film Les huit salopardsPlus qu’à The Thing de Carpenter (dont le film reprend l’acteur principal, Kurt Russell, et un groupe d’hommes isolé au milieu d’une tempête de neige) c’est à une enquête d’Agatha Christie au Far West que le dernier film de Tarantino fait penser, avec Samuel L. Jackson dans le rôle de l’Hercule Poirot de service. Sauf que la romancière anglaise avait un sens de la chute et du rebondissement que ne possède pas ici le réalisateur de Django Unchained, qui nous fait poireauter des plombes avant de dégainer son secret de Polichinelle.
Nul doute que tourné par un inconnu, ce long carnage aurait été flingué par le public et la critique. Mais, plus que son talent d’écriture, Quentin Tarantino a surtout l’art de jeter de la poudre aux yeux. Espérons que pour son neuvième film, il réalise enfin quelque chose de neuf !

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22 JUMP STREET de Phil Lord et Christopher Miller (2014)

Affiche du film 22 Jump Street
Les deux flics immatures de 21 Jump Street sont, cette fois, chargés d’infiltrer une université où sévit une nouvelle drogue.
Dès le début du film, le ton est donné lorsque le supérieur des deux nigauds leur annonce que, au vu du succès de leur première mission, sa hiérarchie a décidé de leur donner plus de moyen pour faire exactement la même chose. Ce petit clin d’œil cynique au phénomène des suites cinématographiques permet aux réalisateurs et aux comédiens de se lancer dans un festival de conneries autoréférentielles qui finit rapidement par ne plus faire rire qu’eux.
De la comédie en circuit fermé qui privilégie la quantité des gags plutôt que leur qualité et dont on a rapidement fait le tour en l’absence d’un véritable scénario.
Il faut attendre le générique de fin pour trouver le moment le plus drôle du film : une compilation improbable et délirante de toutes les suites possibles à ce 22 Jump Street.
En espérant sincèrement qu’elles ne voient jamais le jour !

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21 JUMP STREET de Phil Lord et Christopher Miller (2012)

Affiche du film 21 Jump Street
Alors qu’ils ne s’appréciaient pas au lycée, un beau gosse sportif pas très futé et un petit rondouillard intello font équipe pour réussir l’examen de l’école police.
Vite remarqués pour leur comportement immature, les deux amis vont être mutés dans l’unité sous couverture du 21 Jump Street dont les membres sont chargés d’infiltrer les lycées à problèmes.
Ce retour à l’adolescence ne va pas être de tout repos…
Cette adaptation d’une série télévisée à succès de la fin des années 80 est plus une réinvention qu’une copie fidèle à son modèle. Le ton choisit par les réalisateurs étant, ici, franchement déconnant.
Dans les rôles principaux, Jonah Hill et Channing Tatum se lâchent et en font des tonnes, sans parvenir toujours à convaincre. La faute à une mise en scène standardisée qui ne fait qu’enregistrer leurs numéros délirants sans parvenir à y apporter une réelle plus-value.
Pourtant, à condition de ne pas être trop critique et plutôt adepte des comédies régressives, 21 Jump Street se laisse regarder et offre même quelques surprises, comme cette apparition bouffonne de deux anciens acteurs de la série d’origine.
Pas sûr, toutefois, que les anciens fans sautent dans la rue de joie en découvrant cette nouvelle mouture parodique qui frôle – certes joyeusement – l’overdose de mauvais goût.

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JUPITER, LE DESTIN DE L’UNIVERS de Andy et Lana Wachowski (2015)

Affiche du film Jupiter, le destin de l'univers
C’est l’histoire d’une Cendrillon russe, nommée Jupiter, partie récurer les chiottes en Amérique tout en rêvant qu’un jour son prince viendra.
Agressée par des extraterrestres ressemblant à celui de Roswell, la pauvrette ne doit son salut qu’à un ancien chasseur militaire interplanétaire aux gènes recombinés avec celui d’un chien (si, si !).
Le beau gosse un peu cabot, avec son regard de cocker triste, a flairé sa trace jusque sur la terre et a pour mission de l’emmener dans une sorte de Bavière astrale aux confins de la galaxie pour y rencontrer les Abrasax : riche dynastie galactique dont elle semble être la descendante…
Plus Sosotte impératrice que Sissi, Mila Kunis promène son joli minois inexpressif dans ce conte de fée futuriste qui ne brille pas par ses choix esthétiques. Car Jupiter, le destin de l’univers a tout d’une grosse meringue kitsch.
Un cas loin d’être isolé puisque, depuis Hunger Games et ses ridicules citoyens du Capitole, le mauvais goût semble être devenu la marque de fabrique de nombre de blockbusters américains. Comme si, après avoir gâté les papilles des spectateurs avec le soda et les popcorns, il fallait maintenant leur donner des goûts de chiotte (que Jupiter nettoie à plusieurs reprises dans une sorte de gag à répétition à chier).
Le scénario, simpliste, se met au diapason des décors et déroule bêtement son aventure saupoudrée de guimauve que vient pimenter un zeste de zoophilie, la belle tombant évidemment amoureuse de son sauveur mi-homme, mi-clébard.
Mais à quoi bon des personnages étranges s’ils n’ont aucune consistance ?
Les deux héros, comme leurs interprètes, sont bien fades et combattent une famille de têtes à claques neurasthéniques qui n’a vraiment rien de terrifiant. La palme du cabotinage revenant, haut la main, à Eddie Redmayne et sa voix traînante dans le rôle du méchant Balem.
Quant au bestiaire, propre à tout bon space opera, il frise le ridicule avec ses gros lézards volants et son Babar pilote de l’espace.
Si les tribulations spatiales de Jupiter parviennent à faire illusion, c’est uniquement grâce aux effets spéciaux, que les réalisateurs réussissent là aussi à plomber en abusant d’un montage hystérique qui pique les yeux et gâche la lisibilité des scènes d’action.
A la poursuite du succès de Matrix, le nouveau film des Wachowski n’est finalement rien de plus qu’un Jupiter mouillé.

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LA LÉGENDE DE MANOLO de Jorge R. Gutierrez (2014)

Affiche du film La légende de Manolo
Au Mexique, le jour de la fête des défunts, deux amis d’enfance s’affrontent pour obtenir le cœur de la belle Maria sans savoir qu’ils sont l’objet d’un pari entre deux dieux des morts.
En dire plus gâcherait le peu de surprises que réserve cette variation de la légende d’Orphée à l’humour poussif, véritable festival de poncifs sur la culture mexicaine.
Produit par Guillermo del Toro et visiblement destiné à l’exportation, La légende de Manolo se veut « coloré, chatoyant et festif » mais laisse totalement de bois comme ses pantins stéréotypés et aseptisés. Le pompon revenant au dieu des dieux, le Chandeleur, avec son phrasé de rappeur.
Quant à la musique et aux chansons, formatées à souhaits, elles sont plus proches de la soupe RnB que des airs de mariachis.
Un film d’animation aussi digeste qu’un cornet de churros bien huileux.

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PIÉGÉE de Steven Soderbergh (2012)

Affiche du film Piégée
Vieilles notes trouvées sur un morceau de papier toilette dans le lieu d’aisance de Mr Soderbergh .

Le pitch :
Mallory Kane est un agent d’élite en colère.
Comme le titre l’indique, elle vient de se faire piéger.
Alors… elle pète la gueule à tous ceux qui l’ont piégé.

Note d’intention en dix commandements :
1- Miser sur le succès de Jason Bourne et de ses combats musclés.
2- Remplacer le héros par une fille.
3- Prendre une vraie championne d’arts martiaux pour que les bagarres fassent plus vraies. Peu importe qu’elle ne sache pas jouer la comédie et qu’elle soit aussi sexy qu’un travelo sous stéroïdes. Il suffira de détourner l’attention du spectateur par l’apparition de nombreuses vedettes venues cachetonner. (Méthode Coué efficace : elles passeront leur temps à dire à l’héroïne qu’elle est belle. Les vedettes seront d’autant plus convaincantes qu’elles auront peur de s’en prendre vraiment une…).
4- La vraisemblance du scénario on s’en fout, pourvu que cela cogne.
5- Prendre un acteur français pour jouer les méchants.
6- Refaire appel au compositeur David Holmes. Plagier les musiques de la trilogie « Ocean » est une option qu’il faut creuser pour faire croire au public qu’il a affaire à un film sophistiqué.
7- Penser à un concept de film d’action lounge : rajouter quelques filtres sur l’objectif (pendant un combat sur une plage ?) ou tourner une baston dans une maison plongée dans le noir… Cela donnera quelques « petits plaisirs de cinéma » au critique des Inrockuptibles.
8- Laisser la mise en scène à mon premier assistant et aller passer mes journées au café en discutant avec Michael Douglas et Antonio Banderas de l’époque où l’on participait à des films de qualité.
9- Avec tout ça, si le spectateur ne sent pas piégé…
10- Ah ! Penser à tirer la chasse.

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