CAROL de Todd Haynes (2016)

Affiche du film Carol
New York, 1952.
Therese, jeune employée d’un grand magasin, croise Carol, une élégante cliente en instance de divorce.
Attirées l’une par l’autre, les deux femmes vont apprendre à se connaître tout en composant avec les interdits de leur époque, au risque de se perdre…
Avec sa mise en scène élaborée, ses images somptueuses et ses deux actrices (chacune dans un registre très différent, Cate Blanchett et Rooney Mara sont parfaites) : tout concourt à faire de Carol un mélodrame haut de gamme. D’autant que Todd Haynes choisit habilement de s’attacher aux différents transports amoureux de ses deux héroïnes plutôt que de s’attarder sur l’attirance physique qui les tenaille ou de s’appesantir sur la difficulté de vivre son homosexualité dans l’Amérique puritaine d’après-guerre.
La voiture – symbole de liberté mais aussi d’isolement, voire d’enfermement pour les personnages – est d’ailleurs au centre d’un récit qui s’anime à mi-parcours, en quittant la ville et ses artifices pour s’offrir une escapade campagnarde à l’abri des regards indiscrets, dans l’intimité de l’auto de Carol.
Un voyage sensuel et intime commence alors, permettant enfin aux deux femmes de se (re)trouver et de laisser parler leurs sentiments.
Un périple qui arrive, cependant, un peu tard dans un film beaucoup trop long. Une langueur voulue par le réalisateur mais qui donne à l’ensemble l’apparence d’une romance sur papier glacé. Dommage, car la dernière scène – portée par la très belle musique de Carter Burwell – est d’une sidérante beauté et touche, enfin, au cœur de la passion amoureuse.

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LE HOBBIT : LA BATAILLE DES CINQ ARMÉES de Peter Jackson (2014)

Affiche du film Le Hobbit : La bataille des cinq armées
Le dragon a pris du plomb dans l’aile.
Avec l’aide de Bilbon, Thorain et sa troupe de Nains ont repris possession de la Montagne Solitaire et s’opposent aux Humains venus réclamer leur part de butin.
Alors quand les Elfes et leur roi Thranduil viennent à leur tour en jeter sur le feu, la friture entre les trois communautés est proche.
A moins que l’attaque imminente des Orques et des Wrags ne réconcilie les trois armées dans un ultime combat contre les puissances du mal.
Le Hobbit : La bataille des cinq armées serait-il le film de Trop ?
Trop long côté durée.
Trop creux côté scénario.
Trop répétitif côté batailles.
Trop numérique côté personnages.
Trop balourd côté humour.
Trop fatigué côté acteurs.
Trop attendu côté mise en scène.
Et pourtant, il se dégage dans la dernière demi-heure une indéniable mélancolie qui rattrape, un peu, le délayage intempestif du récit à des fins mercantiles.
Une émotion bienvenue qui avait cruellement fait défaut à Un voyage inattendu et à La désolation de Smaug.
Pas de quoi, cependant, redorer le blason d’une trilogie qui ne sera jamais parvenue à se hisser à la hauteur de celle du Seigneur des anneaux.

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ELIZABETH L’ÂGE D’OR de Shekhar Kapur (2007)

Affiche du film Elizabeth l'âge d'or
1585.
Voilà 27 ans qu’Elizabeth est devenue reine.
Sans héritier légitime, les tentatives pour lui reprendre le trône continuent. Entre les prétendants opportunistes, la conspiration de Marie Stuart la catholique et les complots de Philippe II d’Espagne qui projette d’envahir l’Angleterre à l’aide d’une flotte gigantesque : l’invincible Armada.
A moins que le plus grand péril pour la « Reine Vierge » soit son attirance pour le fringant explorateur Walter Raleigh.
Si Shekhar Kapur n’a pas attendu 27 ans pour donner une suite à son Elizabeth, les neuf ans qui séparent les deux films permettent à Cate Blanchett et Geoffrey Rush d’apporter, par leur maturité, l’authenticité et la crédibilité nécessaire à leur personnage respectif. Une fois de plus, ils sont tous les deux impeccables tandis que, face à eux, Clive Owen est plutôt séduisant dans le rôle de l’explorateur.
Si les décors et les costumes sont toujours aussi impressionnants, le choix du réalisateur de passer de la grande fresque historique à une intrigue plus intimiste n’arrive pas à convaincre. Les frustrations amoureuses de la reine passionnent nettement moins que la grande Histoire et ses complots. Pire, ce choix donne la sensation que Shekhar Kapur n’a pas eu les moyens de ses ambitions alors que son budget a été plus important que sur le précédent opus. Une impression due également à des choix esthétiques discutables, à l’image de cette attaque très théâtrale de l’invincible Armada au rendu quelque peu fauché.
Reste quelques belles scènes – la reine à cheval apparaissant devant ses troupes vêtue d’une armure rutilante – ainsi qu’une intéressante critique des extrémismes religieux. On voit ici le pape promettre une place de choix au Royaume des cieux à celui qui assassinera Elizabeth.
Un discours qui reste, hélas, toujours d’actualité.

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MONUMENTS MEN de George Clooney (2014)

Affiche du film Monuments Men
Alors que la seconde guerre mondiale touche à sa fin, sept spécialistes en beaux-arts sont enrôlés dans l’armée afin de retrouver et de restituer les œuvres d’art volées en Europe par les nazis.
« Inspiré d’une histoire vraie » nous dit l’affiche. Comme si cela était un gage de qualité…
Si la sincérité du réalisateur George Clooney n’est pas à mettre en doute et si son sujet – plutôt original – ne manque pas d’intérêt, cette chasse aux trésors dans une Europe en guerre semble, comme les chefs-d’œuvre qu’elle recherche, dater d’un autre âge.
Le débarquement pépère de ces fameux spécialistes en Normandie – un mois après le véritable Jour J – ne manque pas d’humour mais il semble aussi avoir déteint sur la suite de leurs aventures, vraiment mollassonnes.
La complicité entre les comédiens est évidente, mais George Clooney ne sait pas en tirer parti et ne semble savoir que faire de son impressionnant casting. Sa mise en scène, qui se voudrait « à l’ancienne », s’avère aussi surannée que ses héros et cumule les habituels lieux communs sur la France dont Cate Blanchett est l’improbable représentante et Jean Dujardin la ridicule caution.
Le scénario, quant à lui, est constamment à côté de ses rangers. Très bavard, il ne lésine pas sur l’ellipse facile et ne parvient jamais à trouver le bon compromis entre drame (un peu factice) et humour (vraiment balourd). Autant dire que l’émotion a vite fait de déserter ce récit où les invraisemblances font plus de mal que les quelques scènes d’action et où l’on nous sert, encore une fois, le petit plan patriotique sur la bannière étoilée.
Cette accumulation de maladresses finit par enlever le peu de crédibilité de ce film qui se regarde avec la consternation gênée que l’on éprouve devant la toile ratée d’un faussaire malhabile.
Certes, la critique est aisée et l’art est difficile. Mais pour ce qui est des Monuments Men, une chose est quasiment certaine, ils ne finiront pas au panthéon des films de guerre.

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ELIZABETH de Shekhar Kapur (1998)

Affiche du film Elizabeth
L’accession au trône d’Elizabeth Ière d’Angleterre en 1558 et les premières années de son règne où elle va devoir asseoir son autorité sur une cour divisée entre protestants et catholiques et où les complots vont bon train.
Shekhar Kapur n’a pas lésiné sur les moyens pour redonner vie aux débuts du règne de la célèbre reine protestante. Décors grandioses, costumes fastueux et distribution de premier ordre, de John Gielgud à Geoffrey Rush en passant par Daniel Craig en moine espion, apportent une indéniable plus-value à cette biographie filmée qui, tout en prenant quelques libertés avec la vérité historique, décrit habilement la difficulté d’Elizabeth à s’imposer dans un monde d’homme et comment l’exercice du pouvoir petit à petit la transforme.
Quel regret que le cinéaste affaiblisse son propos par une mise en scène un peu trop appuyée dans ses effets (à la recherche du plus bel effet de lumière ou du plus joli mouvement de caméra) et sans réelle invention. Si ce n’est l’idée saugrenue de faire appel à Vincent Cassel (horripilant et caricatural dans le rôle d’Henri d’Anjou) et Éric Cantona pour interpréter le camp français. Sans parler de la pauvre Fanny Ardant qui, face à ses deux compatriotes, a l’air d’être ailleurs et de s’en laver les mains.
Des défauts vite oubliés devant la composition royale de Cate Blanchett qui, pour son premier grand rôle au cinéma, impressionne autant la pellicule que les esprits. Car si Elizabeth donne à voir la naissance d’une grande reine, il contribue aussi à la naissance d’une grande comédienne. Et c’est à une véritable métamorphose que nous convie l’actrice passant, en moins de deux heures, de l’insouciance de la jeunesse à l’austérité de la femme de pouvoir. Une transformation qui rappelle qu’Elizabeth fut aussi, à sa manière, une actrice. C’est en travestissant ses pensées, ses émois et son physique afin de marquer les esprits qu’elle endossa le rôle de mère de la nation anglaise.

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DRAGONS 2 de Dean DeBlois (2014)

Affiche du film Dragons 2
Après avoir unis, sur leur petite île, Vikings et dragons, Harold et sa Furie Nocturne, Krokmou, poursuivent leur exploration de territoires inconnus et découvrent une nouvelle menace en la personne de Drago, un sinistre dragonnier qui a juré de soumettre à sa volonté tous les cracheurs de feu ailés passant à sa portée.
Belle suite que ce Dragons 2 qui parvient, l’effet de surprise en moins, à rééditer l’exploit de l’original grâce à la qualité de son animation et au soin tout particulier apporté au récit et à ses héros, tous attachants, qu’ils soient ailés ou unijambiste.
Reprenant la recette du premier opus, le réalisateur évite de prendre les enfants pour de bêtes moutons à dragons et n’hésite pas à aborder de front les situations dramatiques, quitte à faire disparaître certains personnages.
Certes, ce nouveau récit initiatique qui marque le passage à l’âge adulte d’Harold et de Krokmou ne s’affranchit pas de certaines ficelles attendues (pourquoi les retrouvailles d’un être cher entraînent-ils systématiquement la perte d’un autre être cher ?) mais il les franchit avec un certain panache, porté par les jolies partitions pour orchestre et uilleann pipe de John Powell.
De la bel ouvrage pour une franchise qui prend définitivement son envol, au niveau des meilleurs productions Pixar.
De nouvelles idées d’aventures pour Harold et son dragon sont-elles déjà dans l’air ? On l’espère, pour clore ce qui pourrait être une trilogie tout feu, tout flamme !

PS : A noter, pour la version française, l’absence de doubleurs venus de la télé (présentateurs ou humoristes de seconde zone). Ça fait du bien aux oreilles !

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INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRÂNE DE CRISTAL de Steven Spielberg (2008)

Affiche du film Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal
En pleine guerre froide, Indiana Jones reprend du service et entreprend de retrouver, avant de dangereux militaires russes, le mythique Eldorado.
Après 20 ans d’absence, Indiana Jones est de retour pour le meilleur et surtout pour le pire dans cet Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de la mort qui tue (tant qu’à se lâcher dans un titre à la con, autant se lâcher à fond !).
Le meilleur se trouve au début.
Avec ce retour à l’entrepôt où est stockée l’arche d’alliance et par ce clin d’œil à l’ombre d’Indiana dessinant sa fameuse silhouette au chapeau. Là, pendant 15 minutes, Steven Spielberg retrouve le rythme et la désinvolture des premières aventures de l’archéologue.
Mais l’état de grâce ne dure pas.
Indiana a vieilli et n’est plus que l’ombre de lui-même.
Steven Spielberg aussi, qui semble se désintéresser de son célèbre personnage, un peu anachronique à la veille des années 60.
Pour compenser, le cinéaste joue la carte de la surenchère.
Certes, les trois premiers Indiana Jones ne brillaient pas par leur vraisemblance (rappelez-vous la sortie de l’avion en canot pneumatique dans Indiana Jones et le temple maudit), mais là on nage de bout en bout en pleine caricature : du frigo emporté par une explosion nucléaire à la chute dans trois gigantesques cascades.
Des excès qui finissent par nuire à la crédibilité du personnage.
A se demander si le réalisateur n’avait pas déjà l’esprit tourné vers d’autres tribulations (celles des Aventures de Tintin : Le secret de la Licorne) pendant que son premier assistant remplissait laborieusement le cahier des charges. En gros, refaire Les aventuriers de l’arche perdue en montant les scènes dans un ordre différent (ici, le combat à mains nus contre un militaire balèze vient après la course poursuite) et en compensant le manque d’imagination par une inflation d’effets spéciaux, tous plus grotesques les uns que les autres.
L’interminable course poursuite dans la jungle est un vrai cas d’école et symptomatique de tous les défauts du film :
– Montage frisant le grand n’importe quoi avec faux raccord à foison.
– Invraisemblances en pagaille : la jungle ressemble à un long boulevard sans obstacle, les poursuivants deviennent, sans raison, les poursuivis tandis que l’un des personnages saute de lianes en lianes (!!!) et rattrape des véhicules lancés à pleine vitesse…
Malgré le sympathique retour de Karen Allen (héroïne des Aventuriers de l’arche perdue) et la prestation honorable de Cate Blanchett, dans le rôle de la méchante de service qui roule les « r » avec gourmandise, on comprend mieux pourquoi Sean Connery a refusé de participer à cette nouvelle aventure (le rôle dévolu à John Hurt lui était vraisemblablement destiné) qui était censée réunir au grand complet la famille d’Indy et, peut être, passer le fouet et le chapeau à un comédien plus jeune.
Une décision sur laquelle même le réalisateur semble finalement hésiter au vu de la piètre prestation de Shia LaBeouf : Marlon Brando du pauvre (son apparition en moto sur le quai de la gare vaut son pesant de cacahuètes !) qui, avec son peigne et sa banane, aurait été plus crédible dans un remake de Grease.
La quête de trop pour l’archéologue au chapeau.

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