A BITTERSWEET LIFE de Kim Jee-Woon (2006)

Affiche du film A bittersweet life
Sunwoo, un gangster aussi redoutable qu’élégant, est l’homme de confiance d’un impitoyable chef de la mafia qui lui demande de surveiller, pendant son absence, sa jeune maîtresse qu’il soupçonne d’avoir un amant.
Après 2 sœurs, surprenant drame horrifique, Kim Jee-Woon s’attaque au polar (genre en vogue dans le cinéma Coréen de Sympathy for Mister Vengeance à Memories of Murder) et marque A Bittersweet Life de sa patte.
On y retrouve sa mise en scène raffinée ponctuée d’éclats de violence qu’il marie, cette fois, à une ambiance nocturne et citadine. Une atmosphère qui n’est pas sans évoquer Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, d’autant que l’interprétation avenante et taciturne de Byung-Hun Lee rappelle un peu celle d’Alain Delon.
La comparaison s’arrête là, le scénario – mal conçu et parfois confus – desservant assez rapidement un film dont le point d’orgue tombe bizarrement en plein milieu du récit, lors d’un enterrement pluvieux et d’un hallucinant affrontement à mains nues digne de Old Boy.
Le soufflé a ensuite tendance à retomber pour sombrer dans un banal règlement de compte sanglant qui lorgne du côté du Scarface de Brian De Palma, en moins réussi. Cet exercice de style racé et glacé, aux multiples références, aurait été bien inspiré d’exploiter davantage son humour décalé, bien plus efficace pour marquer les esprits que cette suite de fusillades aigres-douces au goût de déjà-vu.

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LES SEPT MERCENAIRES de Antoine Fuqua (2016)

Affiche du film Les 7 mercenaires
1879. Un impitoyable homme d’affaire terrorise les habitants d’une petite ville afin de les exproprier et de contrôler la mine d’or qui se trouve à proximité.
Une jeune femme, dont le mari a été assassiné par l’industriel, fait appel à sept mercenaires pour protéger ses concitoyens et se débarrasser du tyran.
Pas de doute, nous sommes bien dans un western des années 2000.
La parité éthique est à l’honneur chez nos mercenaires à la sauce United Colors of Fuqua qui sont, cette fois, embauchés par une femme qui n’hésite pas à prendre les armes pour faire face à un ignoble capitaliste, bien entendu sans scrupule.
Passé ce sous-texte convenu et consensuel destiné à ne froisser personne, le film d’Antoine Fuqua se laisse suivre, le cinéaste se montrant plutôt efficace dans la façon de réaliser ses scènes d’action et de distribuer les dragées. Sauf qu’en oubliant de donner une véritable épaisseur à la plupart de ses personnages, son remake ne tient pas la distance au petit jeu des comparaisons avec le film de John Sturges. Même brossée à grands traits, la psychologie des Sept mercenaires de 1960 permettait une empathie immédiate du spectateur, ce qui est loin d’être le cas ici. L’attachement de Bernardo (Charles Bronson) aux enfants du village ne se retrouve pas dans le personnage interprété par Manuel Garcia-Rulfo dont on ne saura rien, à part qu’il tire bien. Il en va de même du Chinois et de l’Indien dont les caractères sont à peine esquissés. Quant à l’interprétation pataude de Chris Pratt, aussi amusante soit-elle, elle est loin d’avoir le charme de celle de Steve McQueen.
Denzel Washington mis à part, seuls Ethan Hawke et Vincent D’Onofrio parviennent à tirer leur épingle du jeu et à donner un peu d’épaisseur à leur rôle.
Bizarrement, la plus grande déception de cette nouvelle mouture est surtout musicale. Quelle tristesse de devoir attendre le générique de fin pour que retentisse le célèbre morceau d’Elmer Bernstein, huitième mercenaire indissociable du film de Sturges.

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TERMINATOR GENISYS de Alan Taylor (2015)

Affiche du film Terminator Genisys
Après le soulèvement des machines, la race humaine a été quasiment exterminée. Heureusement, grâce à John Connor, la résistance s’est organisée et est sur le point de gagner la guerre. Mais pour que la victoire soit complète, le chef de la résistance doit envoyer dans le passé le sergent Kyle Reese pour protéger sa mère.
Histoire connue, sauf que le temps est plein de paradoxes et d’imprévus qui vont compliquer la tâche de Reese.
Nouvelle tentative pour remettre la saga de James Cameron sur les rails du succès après le pathétique Terminator 3 : Le soulèvement des machines et le sous-estimé Terminator Renaissance, ce Terminator Genisys fait l’impasse sur ces deux derniers films et cherche à donner une suite digne de ce nom à l’indéboulonnable Terminator 2 : Le jugement dernier.
Le récit reprend donc l’assaut final de la résistance contre les robots de Skynet et essaye d’éviter le côté prévisible et répétitif du retour dans le passé en jouant la carte de la fracture temporelle, quitte à compliquer un peu les évènements (ce que risquent de ne pas apprécier les mangeurs de popcorns qui n’arrivent pas à mastiquer et à réfléchir en même temps) et à faire disparaître un des personnages emblématiques de la saga (ce que risquent de ne pas apprécier les fans qui veulent des suites sans que rien ne change, d’où le succès récent de Jurassic World). Pourquoi, en effet, ne pas repartir sur de nouvelles bases ?
Sauf que ce changement d’orientation n’est envisageable que si le scénario ne sombre pas, comme ici, dans les ellipses faciles et les dialogues ineptes. Des faiblesses que ne parviennent pas à compenser une mise en scène sans inspiration et des comédiens qui ne sont pas tous à la hauteur. Jai Courtney, dans le rôle de Reese, et Jason Clarke, dans celui de John Connor, sont aussi expressifs que les machines qu’ils sont censés combattre et ont le charisme d’un moteur en manque d’huile.
Reste la séduisante prestation de Emilia Clarke qui donne du sang neuf au personnage de Sarah Connor et le retour convaincant de Arnold Schwarzenegger en vieux T-800. Pas assez, toutefois, pour relancer la machine et la franchise.

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RED 2 de Dean Parisot (2013)

Affiche du film Red 2
Un mystérieux « Projet Nightshade », convoité par les services secrets de différents pays occidentaux, oblige Franck Moses et ses anciens collègues de la CIA à reprendre du service.
Après un Red divertissant, cette suite avait de quoi éveiller l’intérêt par la présence, derrière la caméra, du réalisateur de l’hilarant Galaxy Quest. Mais c’était oublier un peu vite que, depuis cette excellente parodie de Star Trek, Dean Parisot n’avait plus fait d’étincelles au cinéma et semblait avoir décidé de couler une retraite paisible comme réalisateur de séries télévisées.
Les aventures bien barrées de ces barbouzes aussi ridés qu’increvables allaient-elles l’aider à redresser la barre et retrouver le chemin des étoiles ?
Peine perdue…
Si les acteurs du premier opus ont quasiment tous répondu présent à l’appel, ils ont l’air de beaucoup moins s’amuser que la première fois. Pire, ils donnent même l’impression d’être venus cachetonner uniquement pour faire du tourisme dans les grandes villes européennes (Paris, Londres, Moscou…) entre deux scènes d’action mollassonnes et quelques gags dispensés, sans conviction, par un John Malkovich qui semble dormir debout.
L’intrigue, guère passionnante, dévoile surtout la lassitude d’un Anthony Hopkins qui se traîne dans un rôle auquel personne ne croit pas et permet d’observer, tout à loisirs, les outrages du botox sur le visage désormais inexpressif de Catherine Zeta-Jones. Et ce ne sont pas les acrobaties martiales de Byung-Hun Lee qui parviennent à redonner du punch à l’ensemble tant elles font déplacées dans cet univers de gros bras où seule l’espièglerie d’Helen Mirren parvient encore à faire mouche.
Cette fois, c’est sûr, Franck Moses et ses compagnons peuvent prendre définitivement leur retraite, personne ne les regrettera…

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LE BON, LA BRUTE, LE CINGLÉ de Kim Jee-Woon (2008)

Affiche du film : Le bon, La brute, Le cinglé
Mandchourie, années 30.
Une mystérieuse carte est convoitée par l’armée japonaise et des bandits chinois et coréens.
Dans cette course au trésor où tous les coups sont permis, un chasseur de prime (le bon), un tueur (la brute) et un voleur (le cinglé) vont tenter de tirer leur épingle du jeu pour remporter le magot.
Avec son titre en forme de clin d’œil au film de Sergio Leone, Le bon, La brute, Le cinglé est un hommage assumé au western italien dont il reprend le ton décalé, l’humour et le goût pour l’esbroufe.
Dès les premières séquences mettant en scène l’attaque d’un train, Kim Jee-won remporte son pari de rendre crédible ce western à la sauce asiatique qu’il pimente d’ébouriffantes fusillades et de cavalcades endiablées. Mais en préférant miser sur une surenchère perpétuelle plutôt que de développer un scénario faiblard qui s’étale sur plus de deux heures, le film ne tient pas la distance. A l’image de sa conclusion bâclée et quasiment incompréhensible – car amputée de plusieurs minutes – destinée à la version européenne.
Dommage, car le film bénéficie de la mise en scène brillante et inventive du réalisateur de 2 sœurs et que Song Kang-ho, dans le rôle du cinglé, fait des étincelles. Un peu trop même. Car, face à sa puissance comique, ses deux partenaires de jeu ont bien du mal à imposer leur personnage au profil beaucoup plus convenu.
Cet exercice de style à la maestria un peu vaine n’a, finalement, pour principal intérêt que de donner une furieuse envie de revoir Le bon, la brute et le truand.

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