LA MORT DANS LA PEAU de Paul Greengrass (2004)

Affiche du film La mort dans la peau
Voilà deux ans que Jason Bourne et Marie sillonnent la planète pour échapper à la traque dont ils sont l’objet. Une pause de courte durée puisqu’un tueur a retrouvé leur piste en Inde.
Pris au piège d’une machination qui vise à protéger une taupe au sein de la CIA, l’ancien agent n’a d’autre choix que de reprendre les armes…
La mort dans la peau n’est pas qu’un nouvel épisode des aventures de Jason Bourne mais bien une suite directe à La mémoire dans la peau qui approfondit le passé trouble du personnage et soulève, un peu plus, le voile amnésique qui recouvre encore sa véritable identité. Tony Gilroy, toujours en charge du scénario, mêle habilement les figures imposées du film d’action à la quête de son héros dont la soif de vengeance se transforme, au fil de ses découvertes, en un besoin viscéral de demander pardon pour ses fautes passées. Une évolution qui rend le personnage encore plus attachant, toujours incarné avec conviction par un Matt Damon qui semble murir en même temps que son alter ego. Les vêtements sombres et le teint de plus en plus blême, il rend toujours aussi crédible son super agent aux allures de monsieur tout le monde.
Paul Greengrass, qui a pris la place de Doug Liman derrière la caméra, apporte à l’aide de ses prises de vue façon documentaire – caméra à l’épaule ou embarquée au cœur de l’action – une forme d’énergie brute en parfaite adéquation avec un récit qui n’hésite pas à asséner un véritable coup de théâtre dès le début du film, histoire de bien faire comprendre au spectateur que tout peut arriver.
Sous la houlette du réalisateur de Bloody Sunday, les affrontements deviennent encore plus rugueux et les courses-poursuites plus immersives. Trop, peut-être. L’image, secouée ou recadrée en permanence, si elle apporte de l’énergie aux plans donne à l’ensemble un côté brouillon qui tend à devenir agaçant. Tandis que la recherche de réalisme (Matt Damon effectue lui-même ses cascades) achoppe parfois sur la vraisemblance de certaines scènes, notamment la mémorable – mais très improbable – poursuite automobile en Russie.
Malgré ces quelques bémols, La mort dans la peau impose définitivement, grâce à son supplément d’âme, la suprématie de Bourne sur les autres espions musclés de l’époque.

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LA MÉMOIRE DANS LA PEAU de Doug Liman (2002)

La mémoire dans la peau
Un homme inconscient est sauvé par un bateau de pêche alors qu’il dérive en mer avec deux balles dans le dos. A son réveil, l’inconnu a tout oublié mais fait preuve d’impressionnantes capacités dans différents domaines. Il excelle, notamment, dans le combat au corps à corps et le maniement des armes.
Rapidement pourchassé par des hommes qui tentent de l’éliminer, il va devoir faire appel à ses remarquables compétences pour survivre et découvrir son identité.
Avec cette libre adaptation d’un roman à succès de Robert Ludlum, Doug Liman réinvente le film d’espionnage musclé dont un certain James Bond s’était fait une spécialité et donne un coup de vieux aux aventures du célèbre espion britannique.
Même si ses exploits sont également hors du commun, Jason Bourne semble plus en phase avec son époque et séduit par les façons « plausibles » qu’il a de se tirer d’affaire, comme d’utiliser le plan d’évacuation d’un bâtiment pour en trouver les issues de secours.
Plus habitué, à l’époque, aux rôles psychologiques que physiques, le choix de Matt Damon pour interpréter le rôle principal est une vraie surprise mais se révèle un choix judicieux. Le comédien, avec son physique de gentil garçon, apporte une réelle épaisseur au personnage et facilite l’empathie du spectateur, étonné de le voir affronter ses adversaires dans des combats violents et rugueux.
Si la mise en scène fluide et efficace de Loug Liman fait merveille : d’une impressionnante bagarre dans un appartement parisien (où l’objet le plus anodin se transforme en instrument de mort) à une ébouriffante course poursuite en Austin Mini, elle sait aussi se faire plus sobre, voire carrément sombre, lors de l’affrontement au milieu d’un champ entre Matt Damon et Clive Owen, impeccable en tueur à lunettes froid et mutique.
La qualité du scénario de Tony Gilroy (futur réalisateur des excellents Michael Clayton et Duplicity) participe pour beaucoup à la réussite du film. Malgré quelques invraisemblances, il parvient intelligemment à tenir le spectateur en haleine en exploitant au mieux les nombreuses zones d’ombre du récit et des personnages, l’amnésie du héros étant particulièrement propice aux rebondissements et coups de théâtre.
Bénéficiant d’une superbe photographie et porté par la chanson de Moby, Extreme Ways, qui lui donne son identité musicale, La mémoire dans la peau est, dans sa catégorie, une indéniable réussite.
Sans lui, Casino Royale de Martin Campbell n’aurait sans doute pas existé sous la forme âpre et noire que nous lui connaissons. Belle reconnaissance.

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RED 2 de Dean Parisot (2013)

Affiche du film Red 2
Un mystérieux « Projet Nightshade », convoité par les services secrets de différents pays occidentaux, oblige Franck Moses et ses anciens collègues de la CIA à reprendre du service.
Après un Red divertissant, cette suite avait de quoi éveiller l’intérêt par la présence, derrière la caméra, du réalisateur de l’hilarant Galaxy Quest. Mais c’était oublier un peu vite que, depuis cette excellente parodie de Star Trek, Dean Parisot n’avait plus fait d’étincelles au cinéma et semblait avoir décidé de couler une retraite paisible comme réalisateur de séries télévisées.
Les aventures bien barrées de ces barbouzes aussi ridés qu’increvables allaient-elles l’aider à redresser la barre et retrouver le chemin des étoiles ?
Peine perdue…
Si les acteurs du premier opus ont quasiment tous répondu présent à l’appel, ils ont l’air de beaucoup moins s’amuser que la première fois. Pire, ils donnent même l’impression d’être venus cachetonner uniquement pour faire du tourisme dans les grandes villes européennes (Paris, Londres, Moscou…) entre deux scènes d’action mollassonnes et quelques gags dispensés, sans conviction, par un John Malkovich qui semble dormir debout.
L’intrigue, guère passionnante, dévoile surtout la lassitude d’un Anthony Hopkins qui se traîne dans un rôle auquel personne ne croit pas et permet d’observer, tout à loisirs, les outrages du botox sur le visage désormais inexpressif de Catherine Zeta-Jones. Et ce ne sont pas les acrobaties martiales de Byung-Hun Lee qui parviennent à redonner du punch à l’ensemble tant elles font déplacées dans cet univers de gros bras où seule l’espièglerie d’Helen Mirren parvient encore à faire mouche.
Cette fois, c’est sûr, Franck Moses et ses compagnons peuvent prendre définitivement leur retraite, personne ne les regrettera…

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MOI, DÉPUTÉ de Jay Roach (2012)

Affiche du film Moi, député
Un démocrate bas du front et sévèrement burné qui, depuis des années, a partie gagnée dans la course au congrès doit affronter un candidat surprise : un gros républicain vertueux aux manières précieuses.
Will Ferrel, Zack Galifianakis, John Lithgow et Dan Aykroyd dans une comédie de Jay Roch sur la politique sortant l’année de la présidentielle américaine : tout est réuni pour une charge au vitriol sur les mauvaises pratiques politiciennes.
Le début du film laisse d’ailleurs présager du meilleur avec un Will Ferrell aux allures de Jean-Pierre Foucault qui enchaîne les discours démagogiques, annonçant fièrement à ses différents auditoires qu’ils sont ceux « qui font tenir ce pays debout ! ».
Et l’on applaudit lorsque le réalisateur fait mouche grâce à quelques répliques acerbes :
– Qu’est-ce qui est important ? demande le directeur de campagne au député.
– L’Amérique, Dieu et la Liberté.
– Et qu’est-ce que ça veut dire ?
– Aucune idée, mais les gens adorent ça.
Jay Roach a-t-il été contaminé par les mauvaises pratiques de ses personnages ?
Toujours est-il qu’il ne tient pas ses promesses de départ, se contentant, la majeure partie du temps, de cumuler les coûts bas – plus ou moins drôles – entre ses deux vedettes.
Si Will Ferrell a toujours la même candeur enfantine pour interpréter les gros cons, Zack Galifianakis agace rapidement par son jeu outrancier et peu naturel. Quant à John Lithgow et Dan Aykroyd, ils ne font que de la figuration.
Faussement virulent, Moi, député déçoit également par sa fin morale et bien pensante qui s’accorde mal avec le reste du film.
A l’image des politiques qu’il était censé brocarder, Jay Roach n’a pas eu le courage de ses ambitions et a préféré opter pour un programme consensuel qui ne laissera pas un souvenir impérissable.
Apparemment, même la comédie trash américaine subit les effets de la crise.

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BRAVEHEART de Mel Gibson (1995)

Affiche du film Braveheart
Écosse, XIème siècle.
Le destin extraordinaire d’un chef de guerre écossais nommé William Wallace qui est parvenu à unir les différents clans de son pays contre l’envahisseur anglais au nom d’une même idée : la liberté.
Bravoure, amitié virile, passion, amour éternel, résistance à l’oppression et combats épiques, Braveheart renoue avec la tradition du film de chevalerie à l’ancienne mais en y insufflant les obsessions toutes personnelles de son réalisateur : mélange de fantasmes morbides, de violences exacerbées et de sacrifices christiques. Des obsessions qu’il poussera à l’extrême dans le très discutable : La passion du Christ, mais qui ici se marient bien avec le caractère entier et sans concession de son personnage.
Tous les sentiments (qu’ils soient amoureux, de vengeance ou d’émancipation) sont habilement poussés à l’extrême pour atteindre leur paroxysme – et un indéniable souffle lyrique – lors des spectaculaires batailles inspirées par le montage des chevauchées d’Alexandre Nevski d’Eisenstein et par les percussions des packs de rugby pour le choc des affrontements.
On est loin des batailles à la Ridley Scott – et de nombres de ses suiveurs actuels – qui confondent agitation (de la caméra) et action. Que ce soit dans la stratégie guerrière ou au cœur de la mêlée, les faits d’armes sont d’une étonnante justesse et extrêmement bien découpés et chorégraphiés.
Ce soin tout particulier apporté à la mise en scène – mais aussi au montage – est à mettre au crédit de Mel Gibson. Ainsi que la convaincante distribution venue l’épauler : de Patrick MacGoohan à Brendan Gleeson en passant par la séduisante et émouvante Catherine McCormack.
Mel Gibson, entièrement habité par son personnage, s’offre la part du lion et ne ménage ni son physique, ni sa voix. Le charisme avec lequel il harangue ses troupes avant la bataille de Stirling en est certainement le plus bel exemple.
Baigné par les magnifiques envolés de Uileann pipes composées par James Horner, (instrument irlandais que Mel Gibson confond avec une cornemuse écossaise !), Braveheart est une œuvre imposante et un peu folle, que seul Les 3 Royaumes de John Woo est parvenu depuis à surpasser.

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LE SANG DES TEMPLIERS de Jonathan English (2011)

Affiche du film : Le sang des Templiers
1215, un templier et six compagnons doivent défendre la forteresse de Rochester contre le roi Jean sans Terre qui, après avoir été contraint de signer une charte – la Magna Carta – garantissant le droit à la liberté individuelle, a décidé de reprendre en main son royaume avec l’aide de guerriers danois. A vingt contre toute une armée, les assiégés pourront-ils tenir leur position en attendant l’hypothétique arrivée de renforts venus de France ?
Si le Templier est à la mode cette année, il est malheureusement tendance à être accommodé à toutes les sauces cinématographiques. Après la version exorciste du Dernier des Templiers, voici venir la version guerrière façon Il faut sauver le château Rochester.
Basé sur un fait historique, Le sang des Templiers (étrange titre puisqu’il n’y a qu’un Templier à l’écran) donne une vision âpre et sombre du moyen-âge, assez proche de l’esprit du film de Franklin J. Schaffner : Le seigneur de la guerre (1965) auquel on aurait rajouté la férocité des combats du débarquement du film de Steven Spielberg.
Cette approche sans concession, qui détaille les différentes étapes d’un siège avec ses machines de guerre, ses affrontements sanglants et les tortures infligés aux prisonniers, est certainement l’aspect le plus intéressant du film. Hélas, avec son esthétique de téléfilm fauché et ses images systématiquement secouées pour donner l’illusion d’être sur le champ de bataille, Le sang des templiers finit vite par décevoir. D’autant que le réalisateur ne peut s’empêcher de parasiter son sujet en nous resservant une inutile et prévisible histoire d’amour entre l’énigmatique chevalier Templier et la jolie dame du château marié à un vieux beau. James Purefoy, avec sa longue épée de moine soldat, ne manque pourtant pas de charisme et de prestance. Mais il est bien le seul ! Dans cette version moyenâgeuse des 7 samouraïs/mercenaires, ses six compagnons d’armes sont plus des stéréotypes (Le gros balèze, le voleur, l’archer, le jeune écuyer naïf) que des personnages véritablement attachants. La palme du grotesque revenant à Paul Giamatti nous rejouant pour la énième fois son rôle de méchant grimaçant et atrabilaire.
Un scénario un peu plus étoffé et des références cinématographiques un peu moins marquées auraient certainement profité au film qui ne se distingue que par la surprenante crudité de ses batailles. Pas de quoi prendre d’assaut son cinéma pour aller le voir, le siège de votre télé – bien calé dans votre canapé – devrait amplement suffire.

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LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt (2011)


Will Rodman, un jeune scientifique, tente de mettre au point un sérum pour lutter contre la maladie d’Alzheimer dont est aussi atteint son père. Suite au décès accidentel d’une femelle chimpanzé soumise au traitement, Will recueille discrètement chez lui le bébé qu’elle venait de mettre au monde. César, le jeune singe, soumis au traitement in utéro, va vite montrer des capacités intellectuelles hors norme.
A l’inverse du ratage qu’était le récent remake de La planète des singes par Tim Burton, cette « préquelle » narrant l’origine de la domination des singes sur la terre est une vraie réussite. Même si l’on peut reprocher à la mise en scène de Rupert Wyatt de manquer de poésie et regretter qu’elle perde de vue la dimension politique du film de Franklin J. Schaffner, la fable écologique et médicale qui est développée dans ce blockbuster à l’ancienne est beaucoup plus crédible que l’idée du paradoxe temporel échafaudée dans Les évadés de la planète des singes. Le scénario privilégie donc avec bonheur l’aspect psychologique du récit et les relations entre les différents protagonistes plutôt que les scènes d’action. Conséquence logique de ce choix, les effets spéciaux se mettent au service de l’histoire plutôt que l’inverse, comme c’est malheureusement trop souvent le cas dans nombre de grosses productions récentes. Andy Serkis (le gollum et le King Kong de Peter Jackson, en attendant d’être le capitaine Haddock du Tintin de Spielberg) parvient une nouvelle fois à donner de l’épaisseur à son personnage numérique et son César semble plus vrai que nature. Car c’est bien là l’une des autres prouesses du film : montrer pour la première fois dans l’histoire de la franchise des singes qui ressemblent à de vrais singes et pas à des humains habilement grimés.
L’extinction annoncée de la race humaine et la disparition d’une expédition spatiale vers la planète Mars, évoquée en filigrane du récit, risquent fort d’être les moteurs scénaristiques d’une probable suite. En attendant, La planète des singes : les origines est assurément la meilleure superproduction de l’été 2011.

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