LEGEND de Brian Helgeland (2016)

Affiche du film Legend
Durant les années 60, les jumeaux Kray furent les gangsters les plus puissants de Londres. Jusqu’à ce que l’un d’eux tombe amoureux…
Avec sa reconstitution soignée et sa distribution de haute volée, Brian Helgeland peaufine son film dans les moindres détails pour permettre à la double composition de Tom Hardy de s’exprimer totalement.
Une prestation véritablement bluffante qui parvient à faire coexister les deux frères dans un même espace tout en donnant à chacun une réelle personnalité.
Mais une performance desservie par une mise en scène plate en manque d’inspiration (un comble pour le réalisateur du nerveux Payback) et par une voix off féminine qui, à force d’avoir toujours un coup d’avance sur le spectateur, finit par émousser l’intérêt pour le récit.
Trop convenu et superficiel malgré quelques coups d’éclat, Legend n’est pas à la hauteur des attentes suscitées par son titre.

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TU NE TUERAS POINT de Mel Gibson (2016)

Affiche du film Tu ne tueras point
Présenté comme le retour en grâce du réalisateur de La Passion du Christ voué au purgatoire cinématographique depuis dix ans, Tu ne tueras point (qui raconte les exploits d’un infirmier objecteur de conscience qui participa, sans arme, à la bataille d’Okinawa pendant la seconde guerre mondiale) n’est pas le chef d’œuvre annoncé par certains.
Si le dernier tiers du film avec ses monstrueux affrontements prouve que Mel Gibson n’a pas perdu la main quand il s’agit de filmer les horreurs de la guerre, il déçoit par une première partie bavarde et moralisatrice teintée d’un discours religieux bon teint.
On ne se refait pas et puis c’est le personnage qui veut ça, me direz-vous.
Certes, mais Mel Gibson était-il obligé de nous infliger ensuite une série de poncifs liés au film de guerre ? L’éternel sonnerie au drapeau, le sergent grande gueule mais brave type qui apprécie ses hommes, l’arrivée des jeunes soldats qui croisent sur la route les blessés et les morts revenant du front…
Des clichés que le cinéaste enfile comme des perles sans la moindre originalité tandis que l’interprétation inepte d’Andrew Garfield, alias Andy la touffe, dans le rôle principal n’arrange rien.
Reste qu’après avoir soufflé le froid pendant plus d’une heure avec sa romance fleur bleue et son classique camp d’entraînement, Mel Gibson se réveille et parvient dans la dernière demi-heure à faire ressentir la brûlure des affrontements. Comme à son habitude, le cinéaste n’est pas à un paradoxe près et si Tu ne tueras point, tu montreras le champ de bataille dans toute son horreur et sa crudité. Une incroyable histoire qui aurait pu donner lieu à un grand film si son traitement avait été plus court et centré sur les combats et la psychologie de ses protagonistes.
Pour renouer avec la puissance de son Braveheart, Tu prêcheras moins serait un bon conseil à donner au père Mel.

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LE PONT DES ESPIONS de Steven Spielberg (2015)

Affiche du film Le pont des espions
En pleine guerre froide, un avocat new-yorkais est chargé de défendre un espion russe arrêté sur le sol américain.
Avec Le pont des espions, Steven Spielberg retrace le parcours exemplaire et véridique d’un homme seul contre tous au beau milieu de la guerre froide. Loin de se perdre dans les méandres géopolitiques de l’époque ou de sombrer dans un ennuyeux didactisme, le cinéaste rend parfaitement accessible sa complexe histoire d’espions, tout en s’attachant au parcours personnel de son avocat qui devient le vecteur émotionnel de son film et lui permet d’illustrer au mieux son propos humaniste. La mise en scène empreinte de classicisme (et parsemée de quelques pointes d’humour) fait ici merveille, ponctuée de séquences parfaitement maîtrisée : une angoissante filature sous la pluie, l’éjection spectaculaire du pilote d’un avion espion…
Pour sa quatrième collaboration avec Spielberg, Tom Hanks joue avec conviction de son image d’acteur sympathique et incarne idéalement cet habile avocat qui, au contact de son client et face aux manigances du pouvoir judiciaire de son pays, se transforme progressivement en homme intègre, obstiné et courageux.
Face à lui, Mark Rylance campe, avec beaucoup de finesse, un espion soviétique fataliste et attachant.
Sombre mais résolument optimiste, Le pont des espions pose des questions essentielles sur le libre arbitre et l’engagement de chacun pour la sauvegarde de la paix dans le monde. Preuve, s’il en était besoin, que Spielberg croit toujours en la force du cinéma pour faire évoluer les mentalités.

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FREE STATE OF JONES de Gary Ross (2016)

Affiche du film Free State of Jones
En pleine guerre de Sécession, Newton Knight déserte l’armée sudiste et retourne au Mississippi où il prend la tête d’un groupe de paysans blancs et d’esclaves en fuite. A la tête d’une véritable troupe, il contrôle bientôt la région grâce à sa connaissance des lieux.
Contre l’injustice et l’exploitation humaine, Knight fonde le premier État d’hommes libres où Noirs et Blancs sont à égalité.
Voilà un beau sujet et une reconstitution convaincante gâchés par une mise en scène dénuée de lyrisme et pauvre en émotion. Free State of Jones fait penser à un sage livre d’histoire qui égrène avec application les dates phares de son récit sans y apporter la moindre plus-value, tandis que de surprenants sauts dans le futur – censés faire écho au combat de Newton Knight mais, hélas,toujours à contretemps – viennent parasiter le récit.
Le film ne peut même pas compter sur le talent de ses acteurs pour faire oublier ses longueurs. Trahis par un montage improbable et des ellipses hasardeuses, Matthew McConaughey et Mahershala Ali se démènent en vain pour cette fresque historique au rendu trop lisse qui ne manquait pourtant pas d’intérêt.

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EDDIE THE EAGLE de Dexter Fletcher (2016)

Affiche du film Eddie The Eagle
Les Jeux Olympiques d’hiver de 1988 vont devenir un véritable filon pour scénaristes en quête d’histoires improbables.
Comme Rasta Rockett sorti en 1994, Eddie The Eagle est une comédie sportive qui s’inspire d’une histoire vraie survenue à Calgary et raconte le parcours improbable d’un sportif (vraiment) amateur bien décidé à participer à cette olympiade.
La comparaison s’arrête là, le film de Dexter Fletcher s’envolant rapidement vers des sommets d’humour anglais, porté par des dialogues joyeusement caustiques.
Un film qui, sous ses dehors fantaisistes, peut aussi se regarder comme un bel éloge à la persévérance, un message d’espoir pour tous ceux qui n’entrent pas dans les normes et une critique des instances dirigeantes du sport qui ont peu à peu oublié qu’en sport, comme ailleurs, l’important est souvent de participer.
Un idéal que portent avec flamme Taron Egerton, épatant avec ses cheveux ébouriffés et ses lunettes à double foyer, et Hugh Jackman qui, s’il a rentré ses griffes, n’a heureusement pas laissé sa langue dans sa poche.
A défaut d’avoir gagné les compétitions de saut à ski auquel il a participé, Eddie The Eagle permet au film de Dexter Fletcher de prendre de la hauteur et de remporter la médaille d’or de l’humour.
Joli palmarès, non ?

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UNE MERVEILLEUSE HISTOIRE DU TEMPS de James Marsh (2015)

Affiche du film Une merveilleuse histoire du temps
Vie et pas mort du physicien britannique Stephen Hawking.
Le malheur des autres fascine toujours, surtout si celui-ci touche un des plus grands scientifiques de notre époque.
C’est ce que démontre le film de James Marsh qui s’attarde principalement sur la vie sentimentale chaotique du couple Hawking et sur la lente dégradation physique du savant.
Une leçon de courage édifiante heureusement non dénuée d’humour à l’image de Stephen Hawking.
Dommage que ses recherches ne correspondent ici qu’à un inquiétant trou noir où le scénario évite prudemment de se perdre. Le réalisateur cherchant surtout à montrer que le célèbre physicien est un gars comme tout le monde…
Grands sentiments, romance contrariée, lutte acharnée contre la maladie et esthétique chiadée pour un résultat qui, s’il n’est pas désagréable, s’avère bien trop consensuel et tire-larmes.
Pour faire bref, si Une merveilleuse histoire du temps vaut d’y perdre le sien c’est uniquement pour la prestation de ses deux interprètes principaux.
Dans le rôle de Stephen Hawking, Eddie Redmayne, avec ses yeux malicieux et son corps désarticulé, livre une étonnante performance tandis que Felicity Jones (repérée dans l’excellent Oh My God !) enchante par la subtilité de son jeu : attachant et ambigu.
Une merveilleuse histoire pour les Oscars, en somme.

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ELIZABETH L’ÂGE D’OR de Shekhar Kapur (2007)

Affiche du film Elizabeth l'âge d'or
1585.
Voilà 27 ans qu’Elizabeth est devenue reine.
Sans héritier légitime, les tentatives pour lui reprendre le trône continuent. Entre les prétendants opportunistes, la conspiration de Marie Stuart la catholique et les complots de Philippe II d’Espagne qui projette d’envahir l’Angleterre à l’aide d’une flotte gigantesque : l’invincible Armada.
A moins que le plus grand péril pour la « Reine Vierge » soit son attirance pour le fringant explorateur Walter Raleigh.
Si Shekhar Kapur n’a pas attendu 27 ans pour donner une suite à son Elizabeth, les neuf ans qui séparent les deux films permettent à Cate Blanchett et Geoffrey Rush d’apporter, par leur maturité, l’authenticité et la crédibilité nécessaire à leur personnage respectif. Une fois de plus, ils sont tous les deux impeccables tandis que, face à eux, Clive Owen est plutôt séduisant dans le rôle de l’explorateur.
Si les décors et les costumes sont toujours aussi impressionnants, le choix du réalisateur de passer de la grande fresque historique à une intrigue plus intimiste n’arrive pas à convaincre. Les frustrations amoureuses de la reine passionnent nettement moins que la grande Histoire et ses complots. Pire, ce choix donne la sensation que Shekhar Kapur n’a pas eu les moyens de ses ambitions alors que son budget a été plus important que sur le précédent opus. Une impression due également à des choix esthétiques discutables, à l’image de cette attaque très théâtrale de l’invincible Armada au rendu quelque peu fauché.
Reste quelques belles scènes – la reine à cheval apparaissant devant ses troupes vêtue d’une armure rutilante – ainsi qu’une intéressante critique des extrémismes religieux. On voit ici le pape promettre une place de choix au Royaume des cieux à celui qui assassinera Elizabeth.
Un discours qui reste, hélas, toujours d’actualité.

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