GOOD MORNING ENGLAND de Richard Curtis (2009)

Affiche du film Good Morning England
En 1966, 25 millions de personnes écoutent Radio Rock. Une radio pirate qui émet depuis un bateau en pleine mer du nord. A son bord, huit hommes se relaient devant le micro, huit disc jockeys qui n’ont pas de limite et ont décidé de consacrer leur vie au rock’n roll. Une voix indisciplinée qui agace le gouvernement britannique qui va tout mettre en œuvre pour la faire taire. Attention, il va y avoir du roulis…
Une série de chansons connues et une brochette d’acteurs sympathiques suffisent-ils à faire un bon film ?
En voyant Good Morning England la réponse est clairement non.
Le film de Michael Curtis offre une vision beaucoup trop binaire (à l’image du rock qu’il plébiscite) de cette histoire inspirée de faits réels.
En gros, les DJ’s sont des gens forcément drôles et sympas (voyez comme ils fument des pétards et baisent à tout va), que tout le monde apprécie (voyez comme jeunes et vieux dansent sur leurs musiques) en butte à une autorité forcément répressive dirigée par de vieilles badernes sans scrupule aux méthodes de nazis (voyez comme Kenneth Branagh porte bien la petite moustache d’Hitler, au cas où le message ne serait pas assez explicite).
Une approche simpliste et longuette qui ne s’attarde pas vraiment sur les conditions difficile de cette vie en mer (un comble !) et préfère privilégier les petits numéros, pas toujours drôles d’ailleurs, de chaque DJ où dominent les prestations de Rhys Ifans et Philip Seymour Hoffman.
Une approche qui ne se pose pas non plus les bonnes questions.
Avez-vous remarqué comme on adore faire passer le rock pour une victime et ressasser comment il a eu du mal à s’imposer ? Alors que lui et ses dérivés encombrent les ondes et les émissions télé depuis bientôt 50 ans, au détriment des autres formes de musique ?
Et puis quel intérêt de mettre en avant des types qui sont devenus « célèbres » en passant les disques des autres ?
Sans doute soucieux de ne pas faire de vague afin de toucher le plus grand nombre, Richard Curtis se contente de mener mollement sa barque en laissant un peu trop souvent la barre à ses comédiens en roue libre.
Sans véritable maître à bord, le navire finit par prendre l’eau et le spectateur par sombrer dans les eaux troubles de… l’ennui.
Good Night England !

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JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS de Bryan Singer (2013)

Affiche du film Jack le chasseur de géant
Jack, jeune paysan sans le sou, récupère par hasard quelques graines de haricots dotées d’étranges pouvoirs. Une fois mouillées, elles poussent rapidement en direction du ciel où, derrière les nuages, se cache le pays des géants amateurs de chairs fraîches.
Ce qu’il y a de plus effrayant dans la modernisation des contes de fées entreprit ces derniers temps par Hollywood, c’est le nivellement par le bas quasi systématique de ces récits soudain privés de leur contenu symbolique et/ou poétique au profit d’effets numériques tape-à-l’œil.
Jack le chasseur de géants ne fait pas exception à la règle avec son Moyen Âge d’opérettes (les costumes et les décors sont affreusement kitsch) et ses géants laids et demeurés qui rotent, pètent et mangent leurs crottes de nez.
Ici, peu de suspense mais un récit balourd (à l’image de ce ridicule affrontement au tir à la corde (!!!) entre humains et géants pour franchir le pont levis) destiné à mettre en avant des effets spéciaux corrects mais dénués de toute poésie.
Les acteurs eux-mêmes ne semblent guère passionnés par le sujet.
Stanley Tucci cabotine dans son énième rôle de méchant, tandis qu’Ewan McGregor fait dans le second degré : sans doute conscient d’avoir, encore une fois, misé sur le mauvais film. Quant à Nicholas Hoult, s’il avait fait illusion en zombie dans le récent Warm Bodies, son interprétation de Jack se révèle être aussi fade que ses aventures.
Mais le plus intriguant dans l’affaire reste le cas de Bryan Singer, réalisateur surestimé depuis le succès (mérité) de son second film : Usual Suspects, qui s’échine à vouloir faire du cinéma à grand spectacle alors que ce n’est visiblement pas son truc : X-Men, Superman Returns, Walkyrie
Si vous cherchez, en ce moment, un peu d’émerveillement au cinéma, suivez plutôt la route de briques jaunes du Monde fantastique d’Oz. Sam Raimi y a su redonner un peu de couleurs à un cinéma de divertissement bien mal en point à force d’être formaté.

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TOTAL RECALL : MÉMOIRES PROGRAMMÉES de Len Wiseman (2012)

Affiche du film Total Recall
Ouvrier dans une usine de robots, Quaid fait régulièrement le même rêve. Il est agent secret et sauve une belle inconnue des griffes de la police d’état.
Troublé, il décide de se faire implanter des souvenirs par la société Rekall pour échapper à sa vie morne : il sera agent secret ! Mais l’implantation tourne mal et Quaid devient brusquement l’ennemi public numéro 1.
Rêve ou réalité ?
En tous cas, ce n’est pas un rêve que de dire que les grands studios Hollywoodiens n’ont plus d’idées et enchaînent suites et remakes comme de simples produits de consommation jetables.
Total Recall : Mémoires programmées ne fait pas exception à la règle même s’il fait un moment illusion grâce aux soins apportés aux effets spéciaux et à la volonté affichée de s’éloigner – un peu – de la nouvelle de Philip K. Dick : il n’est plus question ici de voyages sur Mars.
Mais les références inutiles au film de Paul Verhoeven (la prostituée aux trois seins, la grosse dame au poste de contrôle…) et le manque d’originalité de ce monde futuriste qui recycle autant Blade Runner que I Robot finit par trahir le manque d’ambition du projet et son côté purement commercial.
Édulcoré et aseptisé pour plaire au plus grand nombre, le film de Len Wiseman ne parvient pas à faire oublier la version avec Arnold Schwarzenegger qui, si elle a vieilli et fait parfois un peu kitsch, garde toutefois la patte agressive et ambigüe de son réalisateur, alors surnommé « Le hollandais violent ».
Une ambigüité qui s’accordait bien à l’univers du romancier américain mais dont ne s’embarrasse pas Total Recall : Mémoires programmées, produit parfaitement calibré pour ne pas trop fatiguer les neurones de cette nouvelle génération de spectateurs qui va avant tout au cinéma pour manger du popcorn et regarder son téléphone portable tous les cinq minutes.
On sort de ce spectacle long et bruyant avec la désagréable sensation d’avoir été pris pour un trou du cul.
Total Recall ?
Total Rectall, plutôt !

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HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT – 2ème partie de David Yates (2011)

Harry Potter et les reliques de la mort 2 : Affiche
L’affrontement entre Harry Potter et Voldemort touche, enfin, à sa fin.
Avec ce huitième long métrage, Harry Potter quitte les écrans et tire sa révérence, mettant un terme à l’une des plus longues sagas cinématographique jamais filmée.
C’est donc avec une certaine tristesse que nous quittons cet univers qui a su imposer au fil du temps des personnages familiers et attachants. Mais aussi un brin de soulagement tant la qualité de la réalisation pouvait varier d’un épisode à l’autre.
Car si David Yates a pu faire illusion lors du précédent opus, on ne peut que regretter qu’il se soit vu confier le final de la saga. Honnête faiseur mais piètre réalisateur, il se contente d’illustrer platement le roman et se concentre uniquement sur le duel qui oppose Harry à son ennemi juré.
Pourtant, si cet univers magique avait su trouver une certaine cohérence, c’est bien grâce à l’intérêt porté jusqu’alors aux personnages secondaires et aux acteurs (tous excellents) choisis pour les incarner. Ce sont eux qui faisaient le sel des aventures du jeune sorcier et c’est par leurs émotions et leur point de vue que le spectateur vibrait aux multiples rebondissements de l’histoire.
Le réalisateur et son scénariste n’ont visiblement pas tenu compte de ce paramètre primordial et ont choisi de réduire leur présence à quelques apparitions sans intérêt, ni véritable enjeu. Aussi, quand sonne l’heure du dernier combat, la disparition de certains d’entre eux, et pas des moindres, ne nous touche guère car leur mort a été purement et simplement éclipsée du récit. Tout juste aperçoit-on leur corps sans vie au détour d’une image. Et que dire de l’explication, tant attendue, du lien qui unit Voldemort, Rogue et les parents d’Harry Potter si ce n’est que, bâclée en quelques minutes, elle ne saura satisfaire que les spectateurs ayant déjà lu les livres. Car si les romans ont fait la force de cet univers de cinéma, ils ont aussi été sa faiblesse. En huit films, les producteurs d’Harry Potter n’auront pas trouvé comment adapter de manière satisfaisante les longs et foisonnants romans de J.K. Rowlings. Changer de réalisateurs afin de donner à chacun des films une empreinte particulière était une bonne idée, encore eut-il fallu les laisser imposer un véritable style, voire une certaine inventivité par rapport au matériel d’origine. Hormis pour Alfonso Cuaron, qui avait su donner un supplément d’âme à Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, ce ne sera jamais le cas. Pire, les producteurs ont finalement préféré revenir à un unique réalisateur, et pas le meilleur du lot, pour illustrer sagement les quatre dernières histoires. Sans doute ne voulaient-ils pas faire le choix de se priver d’un jeune public pour qui ces aventures n’étaient plus vraiment destinées. Dès lors, on comprend mieux cette volonté, depuis la mort de Cédric Diggory dans Harry Potter et la coupe de feu, d’édulcorer chaque décès et de masquer la noirceur de plus en plus prépondérante du récit sous une fantaisie et un humour de plus en plus factice. Un manque de noirceur que le réalisateur a cru pouvoir compenser, cette fois, par la profusion des figurants et des effets spéciaux. Malheureusement, les baguettes magiques qui crépitent à tour de bras dans la cour et les couloirs de Poudlard, les armées de pierre et les hordes de géants paraissent bien vaines face à la puissance des sentiments qui n’arrivent pas à s’exprimer.
Quant à l’épilogue : avec ses personnages ridiculement grimés et sa mise en scène molle, il mériterait de rester dans les annales du cinéma comme l’un des plus mornes qui soit.
Finalement, ne subsisteront de ces onze années que quelques beaux moments d’émerveillement (principalement situés dans les trois premiers épisodes de la saga), de belles scènes d’actions (l’initiation au balai volant, les parties de Quidditch), d’excellents acteurs (Alan Rickman en tête) et la magnifique partition composée pour l’occasion par John Williams, véritable magicien du cinéma.

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UNDERWORLD 2 – EVOLUTION de Len Wiseman (2006)


Après un premier épisode inattendu et plutôt réussi, on attendait beaucoup des retrouvailles avec la jolie Kate Beckinsale ! Hélas, les quelques trouvailles de scénario du premier opus ont laissé place à une suite de combats sanglants sans grand intérêt.
Bien sûr, l’esthétique sombre reste de mise et Sélène est toujours vêtue de sa combinaison noire moulante et sexy… Mais on ne sait pas grand chose de plus sur la lutte millénaire qui oppose les vampires et les lycans. Dommage !
Bref, loin d’être déshonorant, le film manque singulièrement de consistance.
Espérons que le troisième épisode (plus ou moins annoncé à la fin du film) fera preuve d’un peu de sang frais ! Dans ce cas, il est bien possible qu’on en reprenne une petite pinte…

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