LA NUIT AU MUSÉE 3 : LE SECRET DES PHARAONS de Shawn Levy (2015)

Affiche du film : La nuit au musée 3 : Le secret des pharaons
La cartouche égyptienne, qui fait revivre pendant la nuit les objets inanimés du musée de New-York, est atteinte d’une étrange corrosion qui risque de faire disparaître sa magie.
Bien décidé à sauver ses amis, Larry, le veilleur de nuit, s’envole pour le Musée d’histoire naturelle de Londres dans l’espoir de trouver une solution auprès des parents d’Ahkmenrah.
C’est avec ce troisième film que Shawn Levy semble avoir décidé de fermer les portes de sa saga nocturne au musée.
Tant mieux, car plus personne ne semble croire au potentiel humoristique d’un sujet qui ne manquait pourtant pas de charme, notamment en donnant vie à de nombreuses œuvres d’art.
Le réalisateur se contente de jouer au vieux conservateur de musée qui n’ose bouleverser sa première exposition gagnante de peur de décevoir son public et son comédien principal s’amuse visiblement plus en incarnant un homme des cavernes abruti qu’en réendossant son uniforme de veilleur de nuit.
Les gags, poussiéreux, peinent à se renouveler et les effets spéciaux, principale attraction de ces musées, ont tellement perdu de leur saveur qu’ils touchent le fond du sarcophage avec ce secret des pharaons qui est surtout prétexte à une vaine tentative de changement d’air.
Ne reste que quelques apparitions savoureuses (celle dansante de Dick Van Dyke – le ramoneur de Mary Poppins – ou auto-parodique de Hugh Jackman) et la tristesse de voir Mickey Rooney et Robin Williams venir gâcher une dernière fois leur talent dans un musée cinématographique condamné à sombrer dans l’oubli.
Triste fin de parcours !

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HUGO CABRET de Martin Scorsese (2011)

Affiche du film Hugo Cabret
Paris, début des années 30.
Le jeune Hugo vit seul dans une gare parisienne dont il remonte secrètement les pendules. Mais sa motivation principale est de faire fonctionner un automate que son père voulait réparer avant sa mort.
Pour cela, il chaparde des pièces dans une boutique de jouets tenue par un vieil homme qui n’est autre que le célèbre cinéaste Georges Méliès.
Au vu de sa filmographie, qui aurait pu dire que Martin Scorsese adapterait un jour un livre destiné aux enfants ? Pourtant, par son sujet qui aborde les débuts du cinéma et l’œuvre de Geoges Méliès, le roman de Brian Selznick ne pouvait qu’inspirer le Scorsese cinéphile.
Dès les premières scènes, le réalisateur de Casino nous fait entrer dans l’univers d’Hugo Cabret grâce à une mise en scène fluide qui suit le parcours du jeune orphelin dans les coulisses de la gare et nous fait découvrir son univers quotidien. Une mise en place intrigante que renforce la présence de l’automate et de son mystérieux secret ainsi que la création d’un Paris fantasmé.
Aux trousses d’Hugo, le cinéaste atteint son véritable but : redonner vie aux premiers pas du cinématographe et à ses pionniers. Des prémices, avec les frères Lumières et leur célèbre Arrivée d’un train en gare de La Ciotat, aux comédies burlesques d’Harold Lloyd et tout particulièrement au film Monte là-dessus ! auquel le cinéaste rend, par deux fois, hommage.
Mais c’est surtout à Georges Méliès que Hugo Cabret est dédié et à la magie qu’il apporta à l’art naissant du cinéma. Dans le rôle du vieux cinéaste désabusé, Ben Kingsley, toujours parfait, apporte ce qu’il faut de malice et d’émotion à son personnage. Face à lui, le jeune Asa Butterfield campe un Hugo entêté tout à fait convaincant.
Dommage que le personnage du chef de gare joué par Sacha Baron Cohen soit un peu trop caricatural (l’acteur aurait fait un excellent inspecteur Clouseau dans un remake de la Panthère rose) et sous exploité. De même que la fleuriste interprétée par la trop rare Emily Mortimer.
C’est là le point faible du film. Martin Scorsese n’a visiblement d’yeux que pour le vieux cinéaste oublié dont il s’amuse, avec gourmandise, à recréer les tournages et les fameux trucages. Un hommage sincère et très didactique aux débuts du septième art qui se fait, hélas, au détriment de la mystérieuse quête d’Hugo pour réparer son automate. Comme si, en voulant montrer la magie et l’invention des tournages de Méliès, le réalisateur des Affranchis avait oublié d’en injecter dans le sien.
Malgré ces petits défauts, Hugo Cabret a néanmoins le mérite de faire découvrir, de façon ludique, aux petits et aux grands les balbutiements d’un spectacle de foire qui allait devenir un art majeur au XXème siècle.

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LA STRATÉGIE ENDER de Gavin Hood (2013)

Affiche du film La stratégie Ender
Depuis que la terre a échappé de peu à une invasion extraterrestre, les forces militaires internationales recrutent dans leurs rangs des enfants, considérés comme plus aptes à appréhender les stratégies guerrières de façon intuitive via les simulateurs et les jeux vidéo.
Leur espoir ? Trouver parmi eux le futur officier capable de repousser une prochaine attaque.
Inspirée du premier volume du cycle d’Ender d’Orson Scott Card paru en 1985, l’adaptation cinématographique de La stratégie Ender ne manque pas d’atouts.
Contrairement à nombre de films de science-fiction récents, celui de Gavin Hood a la bonne idée de soigner autant le fond que la forme. Plutôt que de céder à la mise en scène épileptique et au montage haché en vogue actuellement dans ce genre de productions, le cinéaste fait le choix d’un film « à l’ancienne » où le récit, les acteurs et l’action ont le temps de déployer leurs atouts respectifs de manière convaincante. Une approche classique et sans fioritures dans la manière de filmer qui s’accorde avec le sujet et la formation militaire reçue par les jeunes recrues.
Si la qualité des effets spéciaux est bien au rendez-vous, c’est surtout sur le jeu impeccable des acteurs que repose La stratégie Ender.
Dans le rôle principal, le jeune Asa Butterfield (le Hugo Cabret de Scorsese) livre une interprétation toute en nuances d’Ender Wiggin : personnage aussi froid et calculateur que sympathique et plein d’empathie. Les autres adolescents qui l’entourent ne sont pas en reste, d’Hailee Steinfeld (remarquée dans True Grit) à Abigail Breslin (The Call, Little Miss Sunshine), et contribuent grandement à la crédibilité du film, soutenus par leurs prestigieux aînés : Harrison Ford et Ben Kingsley.
Quant au réalisateur, il adapte avec un certain courage le roman d’Orson Scott Card sans en édulcorer le propos dérangeant et visionnaire – inquiétante réflexion sur l’influence de l’image, la manipulation et la déréalisation d’enfants soldats pour qui la guerre n’est rien de plus qu’un jeu vidéo grandeur nature – ni en gommer les terrifiantes conséquences.
Parabole sur nos sociétés fascinées par l’image et sur le conditionnement des enfants à qui l’on met, de plus en plus tôt, un ordinateur entre les mains, La stratégie Ender surprend agréablement et trouve un honorable compromis entre spectacle et réflexion.

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IRON MAN 3 de Shane Black (2013)

Affiche du film Iron Man 3
En proie à des crises d’angoisse suite à ses éprouvantes aventures avec les Avengers, Tony Stark (alias Iron Man) doit affronter une nouvelle menace : Le Mandarin, un super vilain sanguinaire qui va s’en prendre à tous ceux qu’il aime.
Après le méconnu mais divertissant polar Kiss Kiss Bang Bang (première réalisation du scénariste de L’Arme fatale) les retrouvailles de Robert Downey Jr avec le cinéaste Shane Black avaient tout pour faire des étincelles.
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on n’est pas déçu. Iron Man 3 surpasse même le premier opus qui avait pourtant habilement remis au goût du jour le héros à l’armure rouge et or.
Tout en inscrivant son récit dans la droite ligne du film Avengers, Shane Black met à profit les erreurs d’Iron Man 2 et replace Tony Stark au centre de l’intrigue. Il en profite pour explorer avec humour les ambivalences de l’industriel playboy, ses comportements enfantins et sa difficulté à nouer des relations apaisées avec ceux qu’il aime. Surtout, le cinéaste a l’intelligence de s’approprier le personnage et son univers quitte à en pervertir joyeusement certains aspects. La représentation du Mandarin, ennemi emblématique d’Iron Man, risque fort de faire hurler les fans purs et durs de la bande dessinée mais a au moins le mérite de surprendre et de faire sortir la saga des sentiers balisés où elle s’était endormie.
Il faut saluer la qualité de l’écriture qui, au milieu des nombreuses scènes d’action, sait ménager d’imprévisibles coups de théâtre et préfère étoffer les motivations des différents protagonistes plutôt que de miser uniquement sur un déluge d’effets spéciaux. Côté clin d’œil, l’impressionnante attaque de la villa de Stark par trois hélicoptères venant de la mer n’est pas sans rappeler une scène emblématique de L’Arme fatale.
Se mettant au diapason de l’interprétation tout en dérision de Robert Downey Jr, la mise en scène lui offre de vraies scènes à jouer avec des partenaires qui ont enfin du répondant. Ben Kingsley compose un réjouissant Mandarin tandis Guy Pearce semble se délecter de son statut de mauvais garçon.
Gwyneth Paltrow hérite, quant à elle, d’un rôle plus étoffé qui permet de développer intelligemment la relation entre Tony Stark et Pepper Potts.
Seul bémol : le personnage de Rebecca Hall, sacrifié sur l’autel de l’efficacité scénaristique.
Quoiqu’il en soit, les bons divertissements se font si rares qu’il serait vraiment dommage de manquer celui-ci. Alors, une fois n’est pas coutume, vivement la suite…

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THE DICTATOR de Larry Charles (2012)

Affiche du film The Dictator
Grandeur et décadence de l’Amiral Général Aladeen, dictateur de la République du Wadiya (Afrique du Nord) après s’être fait couper la barbe lors d’un séjour aux USA.
Fustiger par le rire les dictateurs de tout poil ainsi que les démocraties qui ferment les yeux sur leurs exactions pour un peu de pétrole : tel est le réjouissant programme du nouveau jeu de massacre organisé par Sacha Baron Cohen. Malheureusement, après un début prometteur qui décrit avec une justesse à peine exagérée la mégalomanie meurtrière du tyran, le scénario perd de sa force en arrivant sur le sol américain. C’est qu’à la différence de Borat, le nouveau personnage imaginé par le comique anglais ne confronte plus son humour corrosif à des personnes filmées à leur insu, mais à de vrais acteurs.
Des comédiens plutôt bons au demeurant : Anna Faris, méconnaissable, prouve encore une fois qu’elle est l’une des valeurs sûres de la comédie américaine. Ben Kingsley confirme son don pour la comédie et le second degré, tandis que Megan Fox et Edward Norton font des apparitions gonflées dans leur propre rôle. Mais ils ont beau faire, leur talent réuni ne parvient pas vraiment à faire exploser la charge satirique et à déclencher le rire.
Reste de belles étincelles (comme cette tirade d’Aladeen expliquant ce que serait l’Amérique si elle était une dictature et donnant comme exemples des pratiques déjà en cours aux USA) et quelques gros tirs de mortier (la scène de l’accouchement) qui font d’autant plus regretter l’inaboutissement du projet.
C’est sans doute qu’il aurait fallu derrière la caméra un véritable metteur en scène capable de canaliser la puissance comique de l’acteur principal et de donner à The Dictator une véritable dimension polémique et politique. Faute de quoi, le missile de Sacha Baron Cohen finit par prendre des allures de pétard mouillé dont la déflagration s’avère bien en-dessous des attentes suscitées par l’astucieuse promotion qui lui a été consacrée.

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SLEVIN de Paul Mc Guigan (2006)


Même si il ne renouvelle pas le genre, ce petit polar futé se laisse regarder sans déplaisir grâce à un scénario habile qui lorgne du côté de Tarantino.
Personnages loufoques, situations incongrues, récit fragmenté et répliques qui tuent s’enchaînent sans temps mort jusqu’à un final surprenant quoiqu’un peu cousu de fils blancs. Surtout, ce film fait la part belle aux acteurs qui s’en donnent à cœur joie.
Bruce Willis, en second couteau de luxe, affûte ses armes et ses répliques avec une dérision réjouissante. Lucy Liu fait preuve d’une belle fantaisie et Morgan Freeman et Stanley Tucci assurent et assument leur personnage comme personne.
Pourtant, malgré toutes ces qualités, on ne peut s’empêcher de penser que Slevin serait moins réussi sans l’abattage de Ben Kingsley – qui confirme ici ses grands talents d’acteur en composant un parrain rabbin délirant – et la distanciation comique dont fait preuve Josh Hartnett, vraie révélation de ce séduisant petit film de gangsters.

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ÉLÉMENTAIRE MON CHER… LOCK HOLMES de Tom Eberhardt (1989)

Affiche du film Élémentaire mon cher Lock Holmes
Passé totalement inaperçu lors de sa sortie en salle, ce film doit être redécouvert et considéré à sa juste mesure, c’est à dire comme une excellente comédie et un hommage souriant et respectueux au mythe de Sherlock Holmes.
Refusant la facilité de la parodie, le réalisateur Tom Eberhardt préfère jouer avec les codes bien connus des enquêtes du détective Anglais.
Ici, Sherlock Holmes est un imposteur (un acteur raté plus attiré par les jupons et la boisson que par les indices laissés par les criminelles) et c’est Watson qui résout toutes les énigmes.
A partir de ce brillant postulat de départ, le réalisateur reprend à son compte tous les personnages de Conan Doyle (Mme Huson, l’inspecteur Lestrade, Moriarty) et détourne toutes ses inventions : Sherlock Holmes use de sa notoriété pour pincer les fesses des jeunes femmes en détresse et joue avec virtuosité du violon à l’aide… d’un phonographe.
Loin de se satisfaire de ses trouvailles hilarantes et de ses illustres références, le scénario surprend par ses nombreuses qualités d’écriture. L’histoire chemine de gags en gags qu’elle utilise à bon escient pour faire rebondir et avancer l’intrigue. Le méchant, effrayant à souhait, parvient même à faire virer, l’espace d’un instant, la comédie en drame.
On pense alors aux meilleures comédies de Blake Edwards dont on retrouve le tempo comique, la verve satirique, l’enquêteur gaffeur… et le musicien Henry Mancini qui compose pour l’occasion une jolie partition.
Enfin et surtout, le film est une magnifique réussite grâce à l’interprétation de Michael Caine et de Ben Kingsley. A l’aise dans tous les registres, ces deux grands acteurs forment un duo mémorable et pétillant qui ne fut, hélas, jamais reformé comme la fin ouverte pouvait le laisser espérer.

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