SHANGAÏ KID 2 de David Dobkin (2003)

Affiche du film Shangaï Kid 2
1887. Chon Wang quitte le Far West pour Londres afin de se venger de l’assassin de son père. Avec l’aide de sa sœur et de son acolyte Roy O’Bannon, il va mettre à jour un vaste complot visant à se débarrasser de la reine d’Angleterre et de l’empereur de Chine.
Bien supérieur au sympathique Shangaï Kid, cette suite est certainement le film le plus abouti de la période américaine de Jackie Chan.
Le scénario s’amuse de la confrontation de nos deux hommes de l’Ouest avec la société victorienne, tout en rendant hommage à Conan Doyle et à Charlie Chaplin. Même la brusque disparition de Jack l’éventreur du quartier de Whitechapel trouve ici une explication !
Mais c’est dans la perfection des chorégraphies élaborées par Jackie Chan – mélangeant, avec élégance, humour et action – que le film enthousiasme.
Qu’il se batte dans la porte-tambour d’un palace (hommage au cinéma muet et au burlesque américain), dans une bibliothèque ou en jouant avec de précieux vases que ses adversaires veulent à tout prix éviter de briser, le comédien acrobate enchaîne les cascades virtuoses aussi précises et rythmés que des pas de danse, comme dans cette magnifique scène où il se défend à l’aide d’un parapluie sur l’air de Chantons sous la pluie.

Photo Jackie Chan combattant avec un parapluie
Des bagarres inventives qui s’imbriquent parfaitement au récit et le font progresser.
Peaufinant son personnage de cow-boy hâbleur et veule, Owen Wilson apporte une nouvelle fois au tandem sa touche décalée et anachronique, faisant virer certaines scènes dans l’absurdité la plus totale.

Photo Owen Wilson et la bataille de polochons
Il est la cerise sur le gâteau d’un spectacle parfaitement maîtrisé et tout à fait réjouissant.

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SHANGAÏ KID de Tom Dey (2000)

Affiche du film Shangaï Kid
1881, en Chine.
Chon Wang, un garde impérial de la Cité Interdite, est chargé de se rendre dans l’Ouest américain pour verser une rançon destinée à libérer la princesse Pei Pei qui a été enlevée.
Une mission qui ne sera pas de tout repos pour ce loyal sujet de l’empereur qui va découvrir les mœurs douteuses du Far West et faire la connaissance de Roy O’Bannon, un hors-la-loi aussi filou que sympathique.
Voilà une réjouissante comédie qui mêle arts martiaux et bagarres de saloon, tout en multipliant les clins d’œil au western, de John Wayne à Sergio Leone en passant par Butch Cassidy et le Kid et Le mécano de la General. C’est vrai qu’avec son air candide et ses époustouflantes cascades humoristiques, Jackie Chan est une sorte de Buster Keaton asiatique (le sourire en plus).
Utilisant le traditionnel procédé comique du tandem mal assorti, Tom Dey trouve dans le jeu roublard et désinvolte d’Owen Wilson le contraste idéal avec les exploits virevoltants de l’acteur chinois. Leur duo, complémentaire, fonctionne parfaitement et fait tout le sel de ce western décalé à la sauce Kung Fu.

Owen Wilson et Jackie Chan dans une baignoire
Alors, « Uno mas ? » comme le répètent nos deux associés éméchés dans leur baignoire. Bien volontiers !

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TIGRE ET DRAGON de Ang Lee (2000)

Affiche du film Tigre et dragon
Chine. XIXème siècle. Li Mu Bai, grand maître en arts martiaux, ne veux plus passer sa vie à se battre. Il abandonne sa célèbre épée, Destinée, à une redoutable aventurière dont il est secrètement amoureux, lui confiant la mission de remettre l’arme à un ami. Mais à peine la tâche accomplie, l’épée est subtilisée par un voleur aussi habile qu’excellent combattant.
Avec Tigre et Dragon, Ang Lee réussit le mariage entre les codes du film de sabre chinois et ceux du cinéma de divertissement hollywoodien.
A l’image de ses magnifiques combats en apesanteur, le cinéaste parvient à trouver un subtil équilibre entre les affrontements virtuoses qui émaillent le film (chorégraphiés par Woo-Ping Yuen, déjà à l’œuvre sur Matrix en 1999) et les histoires d’amour contrariées de ses personnages, sans que jamais les deux styles viennent se contrarier.
Au contraire, arts martiaux et mélodrame (qui occupe, au propre comme au figuré, la place centrale du film) s’entremêlent harmonieusement pour tendre vers une sorte de grâce poétique qui trouve son aboutissement dans une superbe poursuite sensuelle sur les cimes d’une forêt de bambous.
Décors et costumes sont de toute beauté et l’intrigue, romanesque à souhait, peut s’enorgueillir de plusieurs niveaux de lecture que viennent enrichir les divers affrontements : tous dotés d’une remarquable finesse d’exécution et de quelques élégantes pointes d’humour.
Les nombreux effets spéciaux ont, quant à eux, le bon goût de se fondre dans le récit et de rester constamment à son service.
Chow Yun-Fat, Michelle Yeoh, Zhang Ziyi et Chang Chen forment un séduisant quatuor d’aventuriers amoureux et offrent une prestation aussi sensible que virevoltante.
« L’art du Wu Tang t’enseignera le mouvement dans l’immobilité. » dit Li Mu Bai à la jeune et intrépide Jen. Ang Lee a visiblement retenu la leçon et n’hésite pas à poser sa caméra pour assister pleinement aux passes d’armes et chassés-croisés de ses comédiens.
Si Tigre et dragon est de ces films qui dévoilent de nouvelles facettes à chaque visionnage, une constante demeure : son charme triste et mélancolique, celui des amours perdus.

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DETECTIVE DEE 2 : LA LÉGENDE DU DRAGON DES MERS de Tsui Hark (2014)

Affiche du film Detective Dee 2
Un monstre des mers, un homme lézard, de redoutables tueurs, une demoiselle en péril et un empereur à sauver…
Pour sa première enquête au cœur de la capitale impériale, le détective Dee va devoir compter sur sa sagacité ainsi que sur sa maîtrise des arts martiaux pour résoudre son enquête et ne pas perdre la tête.
Retour aux sources pour le cousin chinois de Sherlock Holmes.
Peut-être un peu contraint et forcé puisque l’acteur principal du précédent opus (Détective Dee : Le mystère de la flamme fantôme), Andy Lau, a préféré prendre le large avant que la franchise ne prenne… l’eau.
Une décision prémonitoire car, dès les premières scènes, Detective Dee 2 sombre avec les navires de l’empereur dans un véritable naufrage numérique.
Malgré la magnificence des décors et le chatoiement des couleurs, Tsui Hark persiste à vouloir engluer son talent dans une surenchère d’effets spéciaux mal maîtrisés et surtout très voyants.
Les acteurs ont beau se démener, tout sonne faux autour d’eux.
A tel point que l’on a souvent l’impression de se retrouver dans une variante, à gros budget, de Bioman ou des Power Rangers avec ses improbables monstres en plastique, ses combats sautillants et son humour scato.
Une suite aussi gouleyante que l’urine d’eunuque dont se sert le Docteur Dee pour sauver la cour impériale.

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DÉTECTIVE DEE : LE MYSTÈRE DE LA FLAMME FANTÔME de Tsui Hark (2011)

Detective Dee
De mystérieuses combustions spontanées, touchant des notables de la cour impériale, surviennent quelques jours avant le sacre de la future impératrice.
Ordre est alors donné de sortir de prison le célèbre Juge Dee afin qu’il enquête sur cette inquiétante épidémie.
Le plus grand film depuis Tigre et Dragon annonce l’affiche. Malheureusement, cette affirmation tient plus de l’opportunisme publicitaire que d’un réel constat.
Détective Dee n’a ni la grâce et la poésie du film de Ang Lee, ni la beauté formelle et la virtuosité des films de Zhang Yimou (Hero ou Le secret des poignards volants) et ne retrouve jamais la violence et l’intensité dramatique de The Blade (1996) qui reste, sans doute, le meilleur film de sabre de Tsui Hark.
Détective Dee n’est pourtant pas déplaisant par son habile mélange de combats de haute volée et d’intrigue policière. La prestance mêlée de désinvolture d’Andy Lau, dans le rôle titre, participe également au charme du film.
Dommage que le réalisateur de Time and Tide n’ait pas insisté sur l’humour dont il a toujours su faire preuve dans sa filmographie. A l’image de la scène du rasage du détective où se mêle, avec brio, action échevelée et moments de comédie.
Outre quelques longueurs et un trop grand nombre de personnages sous exploités, si le résultat n’est pas à la hauteur des attentes, c’est surtout parce que les effets numériques sont trop visibles et viennent briser le lyrisme du spectacle.
Les décors de fond et les vues générales – sur le port et sa statue géante – même si ils sont majestueux font peu naturels.
Les effets spéciaux préfèrent privilégier cascades et acrobaties en image de synthèse plutôt que l’utilisation systématique des câbles dont le rendu est pourtant bien plus spectaculaire et poétique. Il en résulte des combats difficiles à suivre car trop rapides pour l’œil et des mouvements souvent flous.
Et que dire du rendu plat et lisse de l’image sinon que le « tout numérique » saute ici tellement aux yeux qu’il donne la désagréable impression d’assister à un téléfilm sans relief.
Heureusement que l’enquête se suit sans déplaisir faisant du Juge Dee un cousin éloigné de Sherlock Holmes fort respectable à défaut d’être éblouissant.

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