FAST & FURIOUS 8 de F. Gary Gray (2017)

Affiche du film Fast & Furious 8
Fa(s)t Dom entraîne les siens dans une nouvelle mission impossible motorisée avant de les trahir. Son équipe, incrédule et vraiment Furious, se lance à sa poursuite, bien décidée à comprendre la raison qui l’a poussé à quitter la famille.
Avec son début à Cuba à base de culasses et de culs haut perchés sous des mini-jupes, ce huitième épisode fait d’abord craindre le pire. Mais, plus réussi que Fast & Furious 7 qui frôlait la sortie de route pour tenter de rendre cohérent l’hommage au défunt Paul Walker, cette huitième aventure renoue avec l’esprit feuilletonnesque qui faisait le charme de Fast & Furious 6 tout en continuant d’enchaîner les cascades délirantes à la manière d’un dessin animé.
L’évasion musclée d’une prison ou la folle échappée de voitures zombies dans les rues de New York comptent parmi les meilleurs moments d’un récit un peu indigeste lorsqu’il nous gratifie des assommantes considérations familiales de chacun des protagonistes.
Heureusement que le casting continue de s’étoffer et que les acteurs ont visiblement l’air de s’amuser. Du moins quand Vin n’est pas là. Dwayne Johnson (dont c’est vraisemblablement le dernier tour de piste) ne s’adresse d’ailleurs jamais à lui, hormis lors d’un bref échange téléphonique. Il faut dire que monsieur Diesel, à défaut de mouiller sa chemise comme le reste de ses compagnons, préfère mettre les gaz bien calé au fond de son auto ou discuter pépère de ses affres de père en compagnie de la perverse Charlize Theron. Un manque de vélocité qui laisse à penser que les grâces qu’il impose avant chaque banquet familial lui sont aussi tombées sur le ventre. Ventre qui commence à s’arrondir sous le marcel.
Pas de quoi mettre à la casse cette franchise qui semble en avoir encore sous le capot.

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GHOST IN THE SHELL de Rupert Sanders (2017)

Affiche du film Ghost in the shell
Dans le futur, les hommes sont réparés et améliorés grâce aux progrès de la robotique.
Une jeune femme, le Major, dont le cerveau a pu être sauvé à la suite d’un grave accident, est la première à bénéficier d’un corps entièrement cybernétique qui lui permet de lutter plus efficacement contre la criminalité. Jusqu’à ce qu’un nouvel ennemi, capable de pirater les esprits des êtres modifiés, vienne remettre en cause ses certitudes.
Avec ses effets spéciaux et son esthétique qui doivent énormément à Blade Runner, son héroïne intrépide et flingueuse qui doit beaucoup à Selene de Underworld, Rupert Sanders (le tâcheron à l’origine de l’improbable rencontre entre Blanche-Neige et un bûcheron dans Blanche-Neige et le chasseur) continue son travail de recyclage et tente une nouvelle hybridation cinématographique. Après les frères Grimm, c’est le manga de Masamune Shirow qui en fait les frais pour un résultat aussi tape à l’œil que simpliste d’un point de vue narratif.
Un produit de consommation sans âme aussi vite vu qu’effacé de la mémoire.

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A BITTERSWEET LIFE de Kim Jee-Woon (2006)

Affiche du film A bittersweet life
Sunwoo, un gangster aussi redoutable qu’élégant, est l’homme de confiance d’un impitoyable chef de la mafia qui lui demande de surveiller, pendant son absence, sa jeune maîtresse qu’il soupçonne d’avoir un amant.
Après 2 sœurs, surprenant drame horrifique, Kim Jee-Woon s’attaque au polar (genre en vogue dans le cinéma Coréen de Sympathy for Mister Vengeance à Memories of Murder) et marque A Bittersweet Life de sa patte.
On y retrouve sa mise en scène raffinée ponctuée d’éclats de violence qu’il marie, cette fois, à une ambiance nocturne et citadine. Une atmosphère qui n’est pas sans évoquer Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, d’autant que l’interprétation avenante et taciturne de Byung-Hun Lee rappelle un peu celle d’Alain Delon.
La comparaison s’arrête là, le scénario – mal conçu et parfois confus – desservant assez rapidement un film dont le point d’orgue tombe bizarrement en plein milieu du récit, lors d’un enterrement pluvieux et d’un hallucinant affrontement à mains nues digne de Old Boy.
Le soufflé a ensuite tendance à retomber pour sombrer dans un banal règlement de compte sanglant qui lorgne du côté du Scarface de Brian De Palma, en moins réussi. Cet exercice de style racé et glacé, aux multiples références, aurait été bien inspiré d’exploiter davantage son humour décalé, bien plus efficace pour marquer les esprits que cette suite de fusillades aigres-douces au goût de déjà-vu.

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JOHN WICK 2 de Chad Stahelski (2017)

Affiche du film John Wick 2
Maintenant qu’il est sorti de sa retraite volontaire, l’implacable John Wick se voit contraint d’honorer une dette envers un ancien associé.
Au risque de se mettre à dos une confrérie de tueurs internationaux, il prend la direction de Rome pour y administrer ses derniers sacrements….
Après l’ébouriffant exercice de style qu’était John Wick, la suite de ses aventures se devait d’être à la hauteur, voire de le surpasser. Pari relevé par l’un des réalisateurs du premier opus qui entre, dès la première scène, dans le vif du sujet pied au plancher.
Fidèle au cahier des charges, Chad Stahelski enchaîne les scènes d’action virtuoses et chorégraphie à nouveau de longues scènes de combats rapprochés au couteau ou à l’arme de poing, les fameux « Gun-Fu », qui avaient fait le succès du premier film. Une fluidité et une élégance dans la mise en scène assez rare pour ce genre de film d’action trop souvent abonné aux caméras secouées et au montage saccadé. Même si, à trop vouloir nous en mettre plein la vue, le réalisateur se perd un peu dans ses affrontements répétitifs heureusement non dénués d’humour.
Saluons également la bonne idée du cinéaste d’approfondir l’intrigant univers de la pègre ébauché dans le premier film, avec sa galerie de tueurs impitoyables soumis à des règles de bonne conduite qu’ils ne doivent surtout pas transgresser.
Dans le rôle-titre, Keanu Reeves – froid félin flinguant – impressionne toujours autant. Et c’est un plaisir que de retrouver à ses côtés d’anciens survivants du film précédent : Ian McShane, Lance Reddick ou John Leguizamo.
Finalement, à part la sympathique apparition de Franco Nero (le Django de 1966), ce sont plutôt les nouveaux venus qui déçoivent. Laurence Fishburne n’apporte pas grand-chose à l’intrigue et Riccardo Scamarcio compose un méchant bien fade à côté de celui qu’interprétait Michael Nyqvist. « Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film » disait Hitchcock, un conseil avisé que Chad Stahelski serait bien inspiré de suivre s’il veut terminer sa trilogie en beauté.
Quoiqu’il en soit, même plus prévisible, John Wick 2 reste un spectacle efficace qui ne démérite pas. Vivement la suite…

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TIGRE ET DRAGON de Ang Lee (2000)

Affiche du film Tigre et dragon
Chine. XIXème siècle. Li Mu Bai, grand maître en arts martiaux, ne veux plus passer sa vie à se battre. Il abandonne sa célèbre épée, Destinée, à une redoutable aventurière dont il est secrètement amoureux, lui confiant la mission de remettre l’arme à un ami. Mais à peine la tâche accomplie, l’épée est subtilisée par un voleur aussi habile qu’excellent combattant.
Avec Tigre et Dragon, Ang Lee réussit le mariage entre les codes du film de sabre chinois et ceux du cinéma de divertissement hollywoodien.
A l’image de ses magnifiques combats en apesanteur, le cinéaste parvient à trouver un subtil équilibre entre les affrontements virtuoses qui émaillent le film (chorégraphiés par Woo-Ping Yuen, déjà à l’œuvre sur Matrix en 1999) et les histoires d’amour contrariées de ses personnages, sans que jamais les deux styles viennent se contrarier.
Au contraire, arts martiaux et mélodrame (qui occupe, au propre comme au figuré, la place centrale du film) s’entremêlent harmonieusement pour tendre vers une sorte de grâce poétique qui trouve son aboutissement dans une superbe poursuite sensuelle sur les cimes d’une forêt de bambous.
Décors et costumes sont de toute beauté et l’intrigue, romanesque à souhait, peut s’enorgueillir de plusieurs niveaux de lecture que viennent enrichir les divers affrontements : tous dotés d’une remarquable finesse d’exécution et de quelques élégantes pointes d’humour.
Les nombreux effets spéciaux ont, quant à eux, le bon goût de se fondre dans le récit et de rester constamment à son service.
Chow Yun-Fat, Michelle Yeoh, Zhang Ziyi et Chang Chen forment un séduisant quatuor d’aventuriers amoureux et offrent une prestation aussi sensible que virevoltante.
« L’art du Wu Tang t’enseignera le mouvement dans l’immobilité. » dit Li Mu Bai à la jeune et intrépide Jen. Ang Lee a visiblement retenu la leçon et n’hésite pas à poser sa caméra pour assister pleinement aux passes d’armes et chassés-croisés de ses comédiens.
Si Tigre et dragon est de ces films qui dévoilent de nouvelles facettes à chaque visionnage, une constante demeure : son charme triste et mélancolique, celui des amours perdus.

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Mr WOLFF de Gavin O’Connor (2016)

Affiche du film Mr Wolff
Qui aurait parié quoi que ce soit de la rencontre entre Gavin O’Connor (réalisateur de l’oubliable western Jane Got a Gun sorti en début d’année) et de l’inexpressif Ben Affleck ?
Qui aurait misé un dollar sur cette histoire de talentueux comptable travaillant, dans la journée, pour différentes organisations mafieuses et devenant, quand le danger menace, un implacable tueur ?
Pourtant, en exploitant toutes les ficelles d’un scénario malin qui réserve son lot de surprises et de rebondissements, le cinéaste nous offre l’un des meilleurs thrillers de l’année 2016.
Entouré d’une troupe d’excellents comédiens, Ben Affleck utilise enfin à bon escient son jeu morne et donne une réelle épaisseur à son personnage de dangereux tueur autiste. Il trouve là l’un de ses meilleurs rôles.
Robert McCall (Equalizer), Jack Reacher et Jason Bourne n’ont qu’à bien se tenir, Mr Wolff vient régler ses comptes et, dans son genre, il est lui aussi très efficace.

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JACK REACHER : NEVER GO BACK de Edward Zwick (2016)

Affiche du film Jack Reacher Never Go Back
De passage dans son ancienne base militaire pour inviter à dîner celle qui lui a succédé, Jack Reacher apprend que sa collègue vient d’être arrêtée pour trahison. Certain de son innocence, il va tout faire pour la sauver et contrecarrer un complot au sein de son ancienne unité.
Autant le Jack Reacher de Christopher McQuarrie était une réussite.
Autant le Jack Reacher : Never Go Back de Edward Zwick est une déception.
Tout ce que le réalisateur de Mission Impossible : Rogue Nation avait initié dans le premier film (à savoir : un mystérieux justicier au comportement imprévisible et un parfait dosage entre suspense haletant, action à l’ancienne et humour décalé) le réalisateur du Dernier samouraï s’emploie à le saboter en se contentant de mettre en valeur sa vedette dans des scènes d’action impersonnelles qui manquent de second degré. A l’exception, peut-être, d’une scène : lorsque la police annonce que Jack Reacher a une quarantaine d’années ! A voir le visage étrangement bouffi et fatigué de Tom Cruise, il est permis d’en rire, sinon d’en douter.
La saga prometteuse finit même par se tirer une balle dans le pied lorsqu’elle donne au héros « solitaire » une partenaire (Cobie Smulders, jolie bagarreuse au jeu plutôt limité) et une adolescente, forcément tête à claques, à gérer.
S’en suivent des situations consternantes et un humour lourdingues tournant autour de la paternité et de la famille (recomposée) digne des plus mauvaises sitcoms.
« Sans concession, sans remords » annonce l’affiche de façon mensongère.
« Sans retour » semble, par contre, bien plus plausible. Surtout au niveau des spectateurs qui risquent de se passer le mot : Jack Reacher : Never Go Watch.

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