SPECTRAL de Nic Mathieu (2016)

Affiche du film Spectral
Un scientifique travaillant pour le département de la Défense des États-Unis est envoyé en Moldavie où règne une violente guerre civile. Il doit tenter de percer le mystère de la mort de plusieurs soldats américains attaqués par des entités invisibles et invincibles.
Avec son impressionnant décor de ville en ruine, ses effets spéciaux convaincants et ses combats plutôt bien menés, Nic Mathieu compose un intéressant mélange entre film de guerre et science-fiction. Malheureusement, s’il parvient à créer une atmosphère intrigante et glauque plutôt crédible, il peine à faire décoller son sujet en raison de personnages sans nuances qui cumulent les poncifs.
Comment croire à ce MacGyver scientifique capable, en quelques heures seulement, de comprendre de quoi il retourne et de fabriquer des prototypes d’armes futuristes avec trois bouts de ficelle ? Ou de s’intéresser aux bidasses stéréotypés qui l’entourent ? C’est sans doute pour cela que le film n’a pas trouvé le chemin des salles, tout en faisant le bonheur de Netflix qui en a racheté les droits.
Une fois encore, la preuve est faite qu’un thème original et des moyens conséquents ne sont rien si la psychologie des protagonistes reste fantomatique.

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LA NOUVELLE VIE DE PAUL SNEIJDER de Thomas Vincent (2016)

Affiche du film La nouvelle vie de Paul Sneijder
Un homme perd sa fille aînée dans un accident d’ascenseur où il échappe de peu à la mort. Transformé par ce drame, il décide de changer de vie, quitte son poste de cadre dynamique et devient promeneur de chiens.
Tout comme dans Kennedy et moi, également adapté d’un roman de Jean-Paul Dubois, La nouvelle vie de Paul Sneijder suit le brusque changement de parcours d’un homme dont la carrière semblait toute tracée.
Une étude de caractère douce-amère qui s’interroge aussi sur l’indécence de nos sociétés prêtes à tirer profit de tout, y compris de la mort.
Un joli thème et de belles images qui peinent à porter un récit qui s’engourdit lentement dans l’hiver Montréalais sans que rien ne vienne vraiment surprendre. Contrairement à Sam Karmann, qui faisait mouche grâce à l’humour noir de son écrivain, Thomas Vincent donne l’impression d’être comme son promeneur de chien : il déambule sans but dans les rues et les parcs sans parvenir à donner assez de mordant à ses péripéties canines, et cela en dépit de la justesse du propos.
Reste les acteurs, tous épatants. De Géraldine Pailhas, en épouse dragon obnubilée par la réussite, à Thierry Lhermitte dans une composition pleine d’émotion. Plus sobre qu’à l’accoutumée et à l’image de son personnage, il trouve ici un second souffle et l’un de ses meilleurs rôles.

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PREMIER CONTACT de Denis Villeneuve (2016)

Affiche du film Premier contact
Douze vaisseaux gigantesques apparaissent en différents endroits de la planète (à l’exception de la France qui ne fait pas partie du « cercle » des initiés, sans doute à cause de la réputation de ses habitants : râleurs indécrottables aimant jouer sur les mots).
Une linguiste et un physicien sont appelés à la rescousse par l’armée américaine pour tenter de résoudre la quadrature du cercle posée par leurs surprenants visiteurs : les heptapodes.
Roulant sur les traces du Christopher Nolan d’Interstellar, mais avec moins de moyens, Denis Villeneuve tente de nous laisser comme deux ronds de flanc en se lançant dans la grande ronde de la science-fiction intemporelle où l’intime et l’universel sont étroitement imbriqués.
Un film rondement mené et plutôt futé (puisqu’il pose plus de questions qu’il ne donne de réponses) qui devrait diviser autant le public que l’humanité dans le film.
Plaisant pour tous les spectateurs avides d’extrapolations scientifiques, Premier contact risque fort de faire ronfler tous ceux qui ont du mal à s’exciter devant une partie de mots croisés qui tourne en rond.
Car oui, il est permis de préférer le fascinant langage visuel d’un long doigt noueux tendu vers la lune au son de « téléphone maison » plutôt que les jets d’encre de ces deux êtres tentaculaires qui semblent imiter le chant des baleines à l’aide d’une trompe tibétaine et peinent à se bouger la rondelle pour faire passer leur message.
A chacun de voir la forme du Premier contact qu’il préfère.

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ROGUE ONE : A STAR WARS STORY de Gareth Edwards (2016)

Affiche du film Rogue One
Une jeune femme s’allie à la Rébellion pour dérober à l’Empire les plans de l’Étoile Noire que son père a élaboré.
Situé entre La revanche des Sith et Un nouvel espoir (les épisodes 3 et 4 de Star Wars) Rogue One est une bonne surprise qui s’inscrit parfaitement dans la continuité de la saga, mieux d’ailleurs que les épisodes 1 à 3 qui peinaient à raccrocher les wagons avec la trilogie originelle.
Si la fin du récit est connue d’avance, Gareth Edwards a le mérite de proposer un univers étendu cohérent par rapport à celui imaginé par George Lucas, des personnages matures et une action plus sombre orientée film de guerre. Sans pour autant oublier de créer, comme dans tout bon Star Wars, un robot attachant (K-2SO) qui en remontre à ses partenaires humains.
Alors, même si le personnage de Forest Whitaker (invité de luxe) est sous-exploité et que les membres du commando rebelle auraient pu être beaucoup plus charismatiques, Rogue One tient ses promesses – avec son riche bestiaire, ses nombreux vaisseaux – et offre un final épatant qui fait oublier les faiblesses qui parsèment le récit.
Plus réussi que Star Wars 7 : Le réveil de la force, il reste à espérer que ce nouvel opus montre la voie à suivre aux prochains films de la franchise.

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PERSONAL SHOPPER de Olivier Assayas (2016)

Affiche du film Personal Shopper
Maureen, une jeune américaine, travaille à Paris comme acheteuse de mode pour une célébrité « people ». Un métier ennuyeux qui lui permet de subsister en attendant que l’esprit de son frère jumeau, disparu quelques mois plus tôt, réussisse à entrer en contact avec elle.
Avec Personal Shopper, Olivier Assayas s’aventure dans l’univers du fantastique et, plus particulièrement, dans celui du film de fantômes. Une immersion aussi intrigante qu’angoissante soutenue par une mise en scène efficace lorsqu’elle s’attache aux déambulations nocturnes de l’héroïne dans une grande demeure isolée et déserte. Les mouvements de caméra, le travail sur les ombres et la lumière ainsi que l’importance donnée à la bande son, qui tout à coup s’incarne, forment un ensemble cohérent qui contribue à faire naître le malaise.
Une tension que le cinéaste ne parvient pas, hélas, à garder constante.
Car plutôt que de se concentrer sur la quête de son héroïne et de poursuivre dans cette veine viscérale, Assayas se disperse dans une approche cérébrale qui tente d’explorer différents niveaux de lecture qu’il ne parvient jamais à assembler, donnant au film un aspect artificiel.
Lorsque le réalisateur oppose le monde des esprits à celui de la mode, qui en manque cruellement, on voit surtout un prétexte pour jouer à la poupée avec la starlette Kristen Stewart – pas vraiment convaincante – qu’il se plaît à déshabiller ou à rhabiller de façon sexy.
Quand il fait bifurquer son récit vers un thriller cousu de fils blancs, où pointe la critique des nouveaux moyens de communication – ici les textos – avec lesquels certains n’hésitent pas à se dévoiler, psychologiquement et physiquement, devant de parfaits inconnus. Une intrigue qu’il évacue d’ailleurs à la sauvette, d’un revers de caméra, lors d’une scène énigmatique à la sortie d’un hôtel où il n’y a sans doute pas grand-chose à comprendre.
Et que penser de cet extrait de téléfilm soi-disant trouvé sur internet ? Sinon que Benjamin Biolay, peu crédible dans le rôle de Victor Hugo, peine surtout à articuler son texte.
Cette accumulation de pistes devient, entre deux dialogues creux, l’aveu d’impuissance d’un scénario ectoplasmique qui – à l’image de Maureen – se cherche et finit par revenir à son point de départ, comme un mauvais gag. Décevant.

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LEGEND de Brian Helgeland (2016)

Affiche du film Legend
Durant les années 60, les jumeaux Kray furent les gangsters les plus puissants de Londres. Jusqu’à ce que l’un d’eux tombe amoureux…
Avec sa reconstitution soignée et sa distribution de haute volée, Brian Helgeland peaufine son film dans les moindres détails pour permettre à la double composition de Tom Hardy de s’exprimer totalement.
Une prestation véritablement bluffante qui parvient à faire coexister les deux frères dans un même espace tout en donnant à chacun une réelle personnalité.
Mais une performance desservie par une mise en scène plate en manque d’inspiration (un comble pour le réalisateur du nerveux Payback) et par une voix off féminine qui, à force d’avoir toujours un coup d’avance sur le spectateur, finit par émousser l’intérêt pour le récit.
Trop convenu et superficiel malgré quelques coups d’éclat, Legend n’est pas à la hauteur des attentes suscitées par son titre.

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LES ANIMAUX FANTASTIQUES de David Yates (2016)

Affiche du film Les animaux fantastiques
Voyant sans doute qu’elle peine à transposer de façon convaincante les super-héros DC Comics au cinéma, la Warner revient à l’une de ses sagas les plus emblématiques (et les plus lucratives) pour remplir ses caisses. Toutefois, plutôt que de nous servir la suite tant espérée des aventures d’Harry Potter, J.K. Rowling, en charge du scénario, préfère s’intéresser à une aventure se déroulant bien avant la naissance du petit sorcier.
L’histoire de Norbert Dragonneau, timide magicien anglais (un peu tête en l’air également puisqu’il se déplace en bateau au lieu de « transplaner ») qui débarque à New-York en 1926 avec une valise remplie de créatures fantastiques alors que la communauté américaine des sorciers risque d’être démasquée par les « Non-maj’ » (les « Moldus » américains).
L’auteure de la saga Potter contourne habilement le problème de la suite inutile et mercantile en proposant un univers étendu à son Cottage magique, un dépaysement en terre inconnue tout en restant en terrain connu.
Du côté des idées, il y est toujours question d’obscurantisme et de choix à faire entre le bien et le mal.
Côté décor, par contre, c’est bizarrement la reconstitution du New-York des années 20 qui est la plus bluffante face au monde parallèle des sorciers américains qui, cette fois, paraît plus terne.
Le Congrès Magique des États-Unis d’Amérique semble d’ailleurs s’inspirer de l’univers froid du Brazil de Terry Gilliam. Un univers de bureaucrates de la baguette que Norbert Dragonneau vient dynamiter avec son joyeux bestiaire. Grâce à sa valise et à l’interprétation inspirée de Eddie Redmayne, Les animaux fantastiques ne manque pas de charme. Un charme qui, comme pour le pendant anglais, repose autant sur les trouvailles féériques que sur la qualité des comédiens recrutés. Il ne fait aucun doute qu’avec Jacob Kowalski et Tina Goldstein (Dan Fogler et Katherine Waterston, excellents tous les deux), Norbert trouve son Ron et son Hermione.
Dommage que cette nouvelle saga n’ait pas trouvé, quant à elle, de réalisateur à la hauteur et continue d’employer celui des quatre derniers Harry Potter. David Yates se contente, encore une fois, d’illustrer platement un récit qui a parfois tendance à se perdre dans l’exposition des nombreux personnages sans que l’on sache vraiment de quoi il retourne.
Ces réserves faites, Les animaux fantastiques reste un très bon divertissement qui donne envie de poursuivre le voyage en compagnie de Norbert Dragonneau, histoire d’en apprendre davantage sur le monde merveilleux des sorciers qui n’a pas encore épuisé tous ses sortilèges.

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