A BITTERSWEET LIFE de Kim Jee-Woon (2006)

Affiche du film A bittersweet life
Sunwoo, un gangster aussi redoutable qu’élégant, est l’homme de confiance d’un impitoyable chef de la mafia qui lui demande de surveiller, pendant son absence, sa jeune maîtresse qu’il soupçonne d’avoir un amant.
Après 2 sœurs, surprenant drame horrifique, Kim Jee-Woon s’attaque au polar (genre en vogue dans le cinéma Coréen de Sympathy for Mister Vengeance à Memories of Murder) et marque A Bittersweet Life de sa patte.
On y retrouve sa mise en scène raffinée ponctuée d’éclats de violence qu’il marie, cette fois, à une ambiance nocturne et citadine. Une atmosphère qui n’est pas sans évoquer Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, d’autant que l’interprétation avenante et taciturne de Byung-Hun Lee rappelle un peu celle d’Alain Delon.
La comparaison s’arrête là, le scénario – mal conçu et parfois confus – desservant assez rapidement un film dont le point d’orgue tombe bizarrement en plein milieu du récit, lors d’un enterrement pluvieux et d’un hallucinant affrontement à mains nues digne de Old Boy.
Le soufflé a ensuite tendance à retomber pour sombrer dans un banal règlement de compte sanglant qui lorgne du côté du Scarface de Brian De Palma, en moins réussi. Cet exercice de style racé et glacé, aux multiples références, aurait été bien inspiré d’exploiter davantage son humour décalé, bien plus efficace pour marquer les esprits que cette suite de fusillades aigres-douces au goût de déjà-vu.

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LES BRONZÉS 3 : AMIS POUR LA VIE de Patrice Leconte (2006)

Affiche du film Les bronzés 3 Amis pour la vie
Les années ont passé depuis leurs fameuses vacances en Côte d’Ivoire et au ski, mais les amis d’autrefois ne se sont jamais vraiment perdus de vue. La preuve, ils se retrouvent pendant une semaine en Sardaigne, chaque été, dans un hôtel de luxe au bord de la mer géré par Popeye.
Fausse bonne idée, le retour des bronzés ne s’imposait pas. Malgré le talent de Michel Blanc, Gérard Jugnot et Josiane Balasko, le film de Patrice Leconte s’étire en longueur et peine à trouver quelques gags qui n’ont plus le mordant d’autrefois.
Nos six bronzés se seraient-ils embourgeoisés 27 ans après leur début ? La question peut se poser. La satire sociale a disparu au profit d’une ballade en jet ski et d’une chasse au « monstre » pathétique. Quant aux idées neuves… il n’y en a pas ! Les personnages passant leur temps à ressasser les anciens épisodes et à broder autour du même thème.
La mise en scène ne les aide pas non plus à se renouveler tant elle semble avoir été mise, elle aussi, en pilotage automatique.
Bref, une comédie formatée de plus, idéale pour les futurs passages télé.
Vous avez dit Splendide ?

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300 de Zack Snyder (2006)

Affiche du film 300
La bataille des Thermopyles, et la résistance désespérée du roi Léonidas et de ses 300 Spartes contre les immenses armées Perse du roi Xerxès, revisitée par Zack Snyder sous la houlette visuelle du dessinateur Frank Miller vaut son pesant de chocolat rance.
Faussement original, le film reprend le style graphique élaboré un an plus tôt par Robert Rodriguez pour adapter Sin City, une autre œuvre de l’auteur de bandes dessinées américain.
Sauf que Zack Snyder a le mauvais goût d’enfler le procédé en y rajoutant ralentis et brusques accélérations au cœur de violents combats où gicle abondamment des flots de sang virtuel.
Si le spectacle possède par moment une indéniable force picturale (la chute des Perses du haut d’une falaise), il souffre aussi d’une représentation académique de l’antiquité grecque. Bref, 300 est au cinéma ce que l’art pompier est à la peinture : une représentation idéalisée et boursouflée d’un évènement historique connu.
Une vision qui n’a vraiment rien d’original puisqu’elle reprend aussi les poncifs en vogue dans les péplums remis au goût du jour depuis Gladiator. Chant de femmes modulant des « Ooooh » et des « Aaaaah » sur des airs arabisants, décors numériques à foison et, bien sûr, l’éternel champ de blé qui est devenu au péplum moderne ce que le chien est au film catastrophe : un élément obligatoire.
Mais le plus embarrassant reste le sous-texte glauque que trimballe le film de Zack Snyder.
Les héros, menés par un roi Léonidas au torse glabre et aux tablettes de chocolat apparentes, sont représentés comme de valeureux blancs, droits dans leurs spartiates. Des Supermen à la cape rouge qui poussent des « Houha » guerriers dignes de GI et défendent leur pays contre l’envahisseur Perse (aujourd’hui l’Iran… tiens, tiens !) : ramassis de monstres dégénérés aux pratiques contre nature dirigés par un Xerxès, grande drag queen en calbute doré couverte de piercing et de chaînes, fourbe et sanguinaire.
Face à eux, les 300 Spartes prônent la fraternité et l’esprit de corps dont rien ne peut venir à bout si ce n’est la traîtrise de l’un des leurs.
Enfin, l’un des leurs… un « monstre » là aussi : un nain laid et bossu que ses parents ont sauvé de la « glorieuse » politique eugéniste prônée par Sparte qui consistait à balancer dans un ravin les bébés faibles ou mal formés.
En résumé, 300 c’est un peu les fachos repoussant la Gay Pride. Un discours puant enrobé dans un joli paquet cadeau qui flatte l’œil et les plus bas instincts du spectateur.

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L’ÉCOLE POUR TOUS de Eric Rochant (2006)

L'école pour tous : Affiche
Un ancien cancre au chômage vivant de menus larcins reprend le chemin du collège suite à un concours de circonstances. Il se retrouve propulsé professeur de français dans une classe réputée difficile…
Un brin démagogique, cette petite comédie scolaire se laisse regarder sans déplaisir grâce à quelques belles idées comiques.
Pourtant, si le film d’Eric Rochant finit par emporter l’adhésion c’est plutôt au choix de ses acteurs qu’il le doit. Ils sont tous excellents, de Vincent Desagnat à Noémie Lvovsky. Mais la véritable découverte de ce film : c’est Arié Elmaleh ! Dans le rôle d’un professeur/imposteur lunaire et maladroit, il confirme ici un vrai talent comique et un don inné pour la « comédie de gestes », quelque part entre Jacques Tati, Pierre Richard et Peter Sellers.
Arié Elmaleh : un acteur à suivre qui mérite, à lui seul, qu’on retourne sur les bancs de l’école.

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CARS de John Lasseter (2006)

Cars : Affiche
Flash McQueen est un jeune bolide de course très prétentieux à qui tout réussit. En route vers Los Angeles pour remporter la fameuse Piston Cup, il se retrouve coincé contre sa volonté à Radiator Springs, une petite bourgade oubliée sur le tracé de la route 66. Là bas, il va découvrir l’amour, l’amitié et une certaine philosophie de la vie…
John Lasseter aurait-il perdu un boulon ? Après les inventifs Toy Story 1 et 2 et l’amusant 1001 pattes (Variation pour les enfants sur le thème des 7 samouraïs/mercenaires), le créateur du Shérif Woody et de Buzz l’éclair nous revient avec une histoire de… bagnoles !
Nostalgie de son circuit auto et de ses petites voitures ou hommage à son père, concessionnaire pour la marque Chevrolet ? Peu importe…
Si l’animation est toujours aussi fluide et impressionnante (on a l’impression d’assister à de vraies courses automobiles), si les décors de l’Ouest sauvage et de ses canyons sont vraiment magnifiques toute cette maestria semble, ici, un peu vaine. La faute à un scénario simpliste et à des thèmes moins universels que ceux auxquels nous avaient habituées les productions Pixar.
Bien sûr, vanter l’entraide, l’amitié et la sportivité au détriment de l’égoïsme et de la compétition à tous prix n’est pas une mauvaise chose en soi, mais pourquoi en passer par cette notion, très américaine, de retour obligé – forcément idyllique – à la nature ? Un retour à la nature d’autant plus incongru que les héros de cette histoire sont des voitures : symboles de l’industrialisation, de la société de consommation et du profit.
Contraste, me direz-vous. Oui, mais un contraste qui génère une certaine gêne. Comme de vouloir mettre en avant un sport (les courses de Nascar) quasiment inconnu pour la plupart des spectateurs vivant en dehors du territoire américain.
Et que penser de l’identification des petits spectateurs à ces héros montés sur quatre roues sinon qu’elle passe difficilement et semble plutôt destinée à un public de jeunes mâles. Les fillettes devant se contenter d’une petite Porsche, certes indépendante, mais ayant tout de même de sérieuses pertes d’huile dès que se présente le gros pot d’échappement d’un bolide auquel elle n’hésite pas à « siphonner le réservoir » afin de le retenir en ville ! On veut bien avoir les idées larges, mais pas trop quand même…
Bref, à moins que la voiture ne soit l’extension de votre virilité ou le signe ostentatoire de votre réussite, évitez de mettre vos enfants devant ces aventures qui, si elles ne manquent pas d’humour, n’en reste pas moins l’expression d’une certaine forme de vulgarité. Celle d’un mode de vie paternaliste et macho pour qui la vitesse est forcément symbole de liberté.

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HORS DE PRIX de Pierre Salvadori (2006)

Hors de prix
Un serveur timide, travaillant dans un palace, se fait passer pour un milliardaire auprès d’une séductrice d’hommes riches. Econduit par la belle qui a découvert sa vraie identité, il décide d’adopter le mode de vie de celle dont il est tombé amoureux…
Hommage aux « couples mal assortis » des comédies américaines de la grande époque Hollywoodienne, celles où excellaient Cary Grant, James Stewart ou Katharine Hepburn, le film de Pierre Salvadori déçoit et manque sa cible en nous offrant une comédie insipide et convenue pour spectateurs du troisième âge fraîchement liftés, désireux de ne pas trop rire afin de ne pas faire sauter les coutures de leur récente opération.
Le scénario, linéaire, est pauvre en péripéties comiques et les personnages sont un peu trop stéréotypés pour surprendre. Quant aux acteurs, ils n’ont pas l’abattage de leurs aînés. Audrey Tautou, mignonnette, est assez peu crédible dans son rôle de croqueuse d’hommes et Gad Elmaleh reste un mystère cinématographique. Talentueux sur scène ou lorsqu’il adapte ses propres textes (Chouchou), son jeu devient étrangement atone et sans saveur quant on écrit pour lui. Il nous rejoue ainsi pour la troisième fois en quelques mois, après Olé et La doublure, l’éternel gentil à qui finalement tout réussit. Manque d’imagination des réalisateurs ou incapacité à se renouveler sur grand écran ? L’avenir nous le dira…
Quoiqu’il en soit, avec sa fin à un euro, Hors de prix n’a malheureusement rien de la perle rare annoncée.

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MA SUPER EX d’Ivan Reitman (2006)

Ma Super Ex
Un grand nigaud d’architecte s’éprend d’une fille un peu coincée qui se révèle être une super-héroïne…
Petite comédie sans prétention d’un réalisateur capable du meilleur (L’affaire Chelsea Deardon, Evolution) comme du pire (Jumeaux, Un flic à la maternelle), Ma super ex tient plus de la curiosité médicale qu’autre chose !
Uma Thurman semble, en effet, avoir forcé sur le régime amaigrissant et les trucages ont bien du mal à le cacher. On comprend aisément que le personnage joué par Luke Wilson ne soit plus vraiment attiré par elle… (Malgré l’excellente scène du lit !).
Quant à Anna Faris, dont l’abattage comique n’est plus à démontrer depuis la série des Scary Movie, elle semble complètement anesthésiée par cette compilation de gags trop sages ou noyés sous les effets spéciaux. (Malgré l’excellente scène du lit !).
Alors, super cette ex ?
Finalement, pas tant que ça… (Malgré l’excellente scène du lit !).

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