UN HOMME DE TROP de Costa-Gavras (1967)

Affiche du film Un homme de trop
1943. Une groupe de résistants attaque une prison pour libérer douze des leurs qui ont été condamnés à mort par les Allemands. De retour dans le maquis, ils découvrent qu’il y a un homme de trop parmi les évadés. Traitre ou simple prisonnier de droit commun ? Les maquisards vont devoir statuer sur son sort…
Un homme de trop reste l’un des films les plus méconnus de la riche filmographie de Costa-Gavras. Et c’est fort dommage car le cinéaste livre, dès son second film, un surprenant film de guerre dont les scènes d’action, efficaces et parfaitement maîtrisées, n’ont rien à envier à celles des productions américaines ou anglaises tournées à la même époque. Un film d’action doublé d’une intéressante réflexion sur le choix en temps de guerre. Le choix de ne pas avoir de camp. Mais aussi le choix d’obéir aux ordres, d’exécuter ou non un homme qui ne pense pas comme vous, d’être milicien ou résistant. Des choix qui s’avèrent le plus souvent fatals en période de conflit armé.
Le cinéaste livre aussi une représentation assez rare au cinéma de la vie des résistants dans le maquis pendant la seconde guerre mondiale. Il s’attarde sur la camaraderie qui les unit face à l’occupant en dépit de leurs différences d’opinions et ne se prive pas de quelques touches d’humour grâce aux excellents dialogues de Daniel Boulanger.
Pour donner vie à ces maquisards, le casting réunit par Costa-Gavras est d’ailleurs aussi impressionnant que la qualité des scènes d’action dans la production française d’alors et d’aujourd’hui. Tandis que la fin ouverte, sur un viaduc, fait intelligemment planer jusqu’au bout l’ambiguïté des thèmes qui sous-tendent tout le film.
Loin d’être une œuvre mineure, Un homme de trop à toutes les qualités d’un grand classique du film de guerre.

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PETER GUNN, DÉTECTIVE SPÉCIAL de Blake Edwards (1967)

Affiche du film Peter Gunn détective spécial
Peter Gunn, détective privé amateur de jolies femmes et de jazz, est engagé par la propriétaire d’un luxueux lupanar pour trouver le commanditaire du meurtre d’un chef de la mafia locale.
Adaptation cinématographique de la série créée par Blake Edwards à la fin des années 50, le film ne garde, 6 ans après l’arrêt de la diffusion télé, que l’acteur Craig Stevens dans le rôle-titre et le célèbre générique jazzy de Henry Mancini qui sera repris dans le film Les Blues Brothers (1980), ainsi que par le groupe Art of Noise.
On est loin des grandes réalisations du cinéaste avec ce polar de série platement filmé et à l’intrigue convenue.
Si Peter Gunn, détective spécial se laisse encore suivre, c’est grâce à son étrange atmosphère décalée (le héros ne paraît pas en phase avec son époque, à l’image d’une partie de la filmographie de Blake Edwards) et à une certaine décontraction due, principalement, aux dialogues et à la musique de Mancini.
On retrouve aussi quelques personnages chers au réalisateur, du serveur roublard (au club Mother’s) à l’alcoolique (l’indic au franc-parler).
Pourtant, même si quelques séquences étonnent : notamment celles dans ce bordel flottant où n’exercent que des jumelles de différentes nationalités, le film peine à trouver son rythme et flirte parfois avec le ridicule comme dans cette scène où le héros est pris pour cible au milieu d’une partie de squash.
Pour Blake Edwards, c’est un coup de Gunn pour – presque – rien.

Cliquez ici pour voir le générique du film et écouter la célèbre composition de Henry Mancini.

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FANTÔMAS CONTRE SCOTLAND YARD de André Hunebelle (1967)

Affiche du film Fantômas contre Scotland Yard
Fantômas n’a pas dit son dernier mot et a toujours pour ambition de devenir le maître du monde. Pour cela, il décide de lever un « impôt sur le droit de vivre » auprès des plus riches hommes de la planète. Bien décidé à ne pas se laisser plumer, le riche écossais Lord Mac Rashley fait appel au commissaire Juve, au journaliste Fandor et à sa fiancée Hélène pour coincer l’inquiétant criminel masqué.
En 1967, alors que Fantômas cherche toujours à devenir le maître du monde, Louis de Funès s’est imposé comme le roi des comiques en France.
Avec Fantômas contre Scotland Yard, il vole définitivement la vedette à son partenaire Jean Marais, qu’il condamne à jouer les cascadeurs de luxe dans des scènes d’action devenues moins nombreuses que dans les deux précédentes aventures.
Il faut dire qu’André Hunebelle, dont la mise en scène n’a pas la précision comique d’un Gérard Oury, n’a d’yeux que pour de Funès auquel il laisse pratiquement carte blanche pour pimenter le récit de ses grimaces – lorsqu’il voit des pendus partout, parle à son cheval ou chevauche un lit voyageur – toujours accompagné de son faire-valoir Jacques Dynam, parfait contrepoint comique à ses pitreries.
Un peu plus réussi que Fantômas se déchaîne, c’est surtout la première partie du film qui retient l’attention avec son ambiance gentiment fantastique qui mêle lande brumeuse et château hanté, le tout magnifiquement illustré par les compositions surprenantes de Michel Magne. La seconde partie retombe, hélas, dans le film d’aventure standard avec un Fantômas moins combatif qu’à l’accoutumée, qui finit même par perdre de sa superbe en craignant par deux fois pour sa vie : face à l’amant de Lady McRashley, puis face à Hélène.
Il était temps pour le fameux génie du crime de disparaître définitivement. Son rire grinçant ne parvenant plus à cacher qu’il s’était fait, lui aussi, posséder par un autre génie… du rire celui-là !

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SEPT FOIS FEMME de Vittorio de Sica (1967)

Affiche du film Sept fois femme
Très prisé en Europe, et plus particulièrement en Italie, dans les années 50/60, le film à sketches est devenu un genre moribond qui a quasiment disparu de nos écrans, hormis quelques rares exceptions : Eros en 2005 ou Paris, je t’aime en 2006…
Souvent rassemblés sous des thématiques hasardeuses, ces courtes scènes aux qualités inégales avaient fini par lasser le public. Et on comprend pourquoi en découvrant ce : Sept fois femme qui prend pour prétexte d’illustrer sept aspects de la femme. Et quels aspects ! Une veuve joyeuse, une femme trompée finalement heureuse de l’être, une femme impudique donc forcément un brin dérangée, une femme folle… d’amour, une épouse capricieuse et hystérique, une femme suicidaire et lâche, une femme nunuche et par conséquent romantique. Bref, des portraits peu reluisants qui, s’ils donnent une certaine idée de la place des femmes à la veille de mai 68, sont surtout là pour mettre en avant le talent – et la plastique – de Shirley MacLaine.
Tourné à Paris (le film vaut surtout pour ses extérieurs, aujourd’hui disparus, de la capitale), Sept fois femme n’a d’yeux que pour l’actrice qui cabotine à l’excès. Grimaçante, riante, hurlante, pleurante (surtout !), elle est de tous les plans. Tandis qu’à ses côtés, réalisateur et comédiens cachetonnent et semblent s’ennuyer poliment.
A des années lumière du Voleur de bicyclette ou du Jardin des Finzi Contini, on peut en effet se demander si Vittorio de Sica se trouve derrière la caméra pour filmer ces saynètes prévisibles aussi drôles que des blagues Carambar.
Quant aux partenaires masculins de la diva, ils font bien pâle figure.
Peter Sellers dans un long monologue au milieu d’un cortège funéraire n’a pas l’occasion de faire preuve de son talent comique (si ce n’est en prenant l’accent français…).
Vittorio Gassman se fait voler la vedette par les scènes de nus de Shirley MacLaine. Scènes qui valent le détour par la façon dont le réalisateur s’est ingénié à masquer les zones « sensibles » de son actrice en abusant des gros plans ou des pots de fleurs judicieusement placés. (Mike Myers et son Austin Powers lui ont tout piqué !). En tous cas – jaloux ou conscient de tourner dans un navet ? – l’acteur italien n’est pas crédité au générique et le sketch où il apparait n’est même pas cité à la fin.
Quant à Philippe Noiret, caution française du film, il baragouine avec son flegme désinvolte deux ou trois répliques en anglais tandis que Michael Caine récolte un rôle entièrement muet ! Quoiqu’il en soit, l’épisode où il apparait est sans doute le plus réussi et le plus nostalgique… Sans doute parce que la grande Shirley l’a enfin mise en veilleuse pour laisser respirer son personnage.
Pour faire court : Sept fois femme ? Peut-être ! Sept fois fade ? Assurément !

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