POUIC-POUIC de Jean Girault (1963)

Affiche du film Pouic-Pouic
Pour l’anniversaire de son mari Léonard, boursicoteur né, Cynthia Monestier achète à un escroc une concession pétrolière sans valeur en Amérique du sud. Pour éviter la ruine, Léonard décide de vendre son cadeau, au prix fort, à un homme fortuné qui courtise sa fille Patricia. Problème, la jeune femme vient de s’adjoindre les services d’un faux mari pour décourager son riche soupirant.
Pourquoi Pouic-Pouic ?
Et quel rapport avec cette histoire d’escroquerie en famille recomposée ?
Pouic-Pouic n’est, en fait, qu’un titre prétexte et hypocoristique (si, si. Sortez vos dictionnaires !). Une technique linguistique censée donner un côté familier, voire un peu péjoratif, au nom du bêbête gallinacé que la cucul Madame Monestier promène comme un toutou dans sa propriété alors que ledit volatile n’a pas de lien avec le sujet.
Une manière de plumer le spectateur ou d’en faire le dindon d’une farce aux rebondissements poussifs et théâtraux (on peut y voir les prémices d’Oscar avec ses quiproquos à la chaîne et son festival de portes qui claquent) qui ne vaut que pour le numéro de Fu-Fu qui peaufine ici son personnage de bourgeois grimaçant et atrabilaire. Et il ne ménage pas sa peine face à une troupe de comédiens sympathiques mais au jeu un peu trop sage où seule Jacqueline Maillan, en bibiche aussi fantasque que godiche, se montre finalement à la hauteur de sa performance. Quant à Jean Girault, pour sa première collaboration avec Louis de Funès, il se contente de mettre en boîte de manière pépère cette guéguerre banqueroutière.
Alors, Pouic- Pouic ? Bof-Bof !

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KONG : SKULL ISLAND de Jordan Vogt-Roberts (2017)

Affiche du film  Kong Skull Island
Pas de quoi jouer du Konga ou se Kongratuler devant cette nouvelle mouture qui ferait presque passer le King Kong de Peter Jackson pour un film Art et Essai.
Voulant se démarquer de la version de 1933, Jordan Vogt-Robert tente de donner à son film de monstres une touche Apocalypse Now en situant son film en 1973, à la fin de la guerre du Vietnam.
Si l’intention est là, cette nouvelle expédition sur l’île du grand Kong relève plus de la catastrophe que de l’apocalypse. Les personnages sont aussi creux et stéréotypés que leurs adversaires géants numériques et les scènes d’action prêtent plus à sourire qu’à frémir. Mention spéciale pour le lieutenant-colonel Packard affrontant, sans ciller ni griller, le regard de Kong au milieu d’un brasier ou pour l’utilisation inKongrue d’un masque à gaz par Conrad l’aventurier.
Au milieu de ce spectacle à la bêtise Kongénitale, les acteurs passent leur temps à prendre la pose d’un air Kongestionné. John Goodman joue sans conviction les retors de service, l’horripilant Samuel L. Jackson cachetonne encore une fois dans un film à gros budget, Brie Larson écarquille les yeux, bouche ouverte. Quant à Tom Hiddleston, on le verrait plus Bond-issant dans le rôle de James que dans celui de cet aventurier ectoplasmique.
Il serait peut-être judicieux d’oublier cette Skullcul Island et de Kongeler définitivement son fameux bestiaire pour enfin passer à autre chose. Mais après avoir visionné la scène post-générique, il est hélas permis d’en douter…

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RAID DINGUE de Dany Boon (2017)

Affiche du film RAID dingue
Johanna, une fliquette gentillette mais un peu bébête, rêve depuis toujours d’être la première femme à intégrer le RAID. N’ayant pas le niveau, son ministre de père la pistonne avec le secret espoir qu’elle finisse par renoncer à son projet. Admise à la formation, elle débute l’entraînement sous les ordres de Froissard, un instructeur réputé pour avoir la poisse.
Dommage qu’avec ce sujet explosif, la mise en scène et les blagues concoctées par Dany Boon soient RAIDes… de fatigue.
Un humour tellement paresseux que le cinéaste plagie par deux fois des gags imaginés par Blake Edwards. Le coup de main donné aux voleurs par la fliquette et le matraquage du bijoutier sont tirés du Retour de la panthère rose. Tandis que les gloussements de Johanna devant l’oscilloscope renvoient directement à ceux de Peter Sellers dans La Party.
Pas grave, les spectateurs comme les électeurs ont la mémoire courte, pourquoi se gêner ?
Pour le reste, on nous ressert les vieux ressorts comiques autour du couple mal assorti (encore que les différences entre Froissard et Johanna ne soient pas si flagrantes, et donc si drôles, que cela) ou du travestissement masculin. Quelle tristesse de voir Yvan Attal et Sabine Azéma se fourvoyer ici dans l’espoir d’un succès populaire. Et que dire de l’agaçante Alice Pol qui se sent obligée d’en faire des tonnes pour faire exister son personnage.
En se cantonnant à ses grosses ficelles, Dany Boon néglige le potentiel humoristique d’un sujet assez peu exploité en comédie. Celui des magouilles et arrangements entre les politiciens au pouvoir et les administrations dont ils ont la charge. Ce sont dans les rencontres caustiques entre le ministre (interprété par Michel Blanc) et le chef du RAID (joué par François Levantal) que le cinéaste fait vraiment mouche.
Vous l’aurez compris, pas de quoi tomber RAIDe devant cette comédie plus lourdingue que dingue.

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MY OLD LADY de Israël Horovitz (2015)

Affiche du film My old lady
Un américain divorcé et fauché (nommé Mathias Gold !) arrive à Paris pour prendre possession d’un héritage : un bel hôtel particulier situé dans le Marais.
Mais la somptueuse bâtisse est déjà occupée par Mathilde, une vieille dame de 92 ans, à qui son père avait acheté la demeure en viager.
Maggie Smith, Kevin Kline et Kristin Scott Thomas. Avec un tel trio, Israël Horovitz avait de quoi tiré un film plein d’esprit. Malheureusement, le résultat est aussi vieillot que la lady du titre et l’on peine à s’intéresser aux traumatismes familiaux des trois protagonistes.
L’intrigue, poussive, tombe rapidement dans le cliché parisien avec ses images de carte postale, sa musique à l’accordéon et ses comédiens français – Dominique Pinon, Stéphane Freiss, Noémie Lvovsky – qui jouent si bien les utilités pittoresques avec leur petit accent frenchy.
Face à eux, Kevin Kline ne sait s’il doit rire ou pleurer et tente d’oublier comme il peut, le goulot d’une bouteille vissé aux lèvres, que Maggie Smith joue devant lui en robe de chambre et charentaises. Quant à Kristin Scott Thomas, elle erre sans conviction dans les couloirs de la vaste demeure ou dans les rues de Paris tentant, vainement, d’apporter un peu de vie à ce drame d’un autre âge.
My old movie !

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L’HOMME IRRATIONNEL de Woody Allen (2015)

Affiche du film L'homme irrationnel
Synopsis : Source Allociné

Professeur de philosophie, Abe Lucas est un homme dévasté sur le plan affectif, qui a perdu toute joie de vivre. Il a le sentiment que quoi qu’il ait entrepris – militantisme politique ou enseignement – n’a servi à rien.Peu de temps après son arrivée dans l’université d’une petite ville, Abe entame deux liaisons. D’abord, avec Rita Richards, collègue en manque de compagnie qui compte sur lui pour lui faire oublier son mariage désastreux. Ensuite, avec Jill Pollard, sa meilleure étudiante, qui devient aussi sa meilleure amie. Si Jill est amoureuse de son petit copain Roy, elle trouve irrésistibles le tempérament torturé et fantasque d’Abe, comme son passé exotique. Et tandis que les troubles psychologiques de ce dernier s’intensifient, Jill est de plus en plus fascinée par lui. Mais quand elle commence à lui témoigner ses sentiments, il la rejette. C’est alors que le hasard le plus total bouscule le destin de nos personnages dès lors qu’Abe et Jill surprennent la conversation d’un étranger et s’y intéressent tout particulièrement. Après avoir pris une décision cruciale, Abe est de nouveau à même de jouir pleinement de la vie. Mais ce choix déclenche une série d’événements qui le marqueront, lui, Jill et Rita à tout jamais.

Voilà un synopsis à l’image de cet Homme irrationnel, aussi long que creux.
En réalisant un film par an, Woody Allen est devenu au cinéma ce qu’Amélie Nothomb est à la littérature, un passage obligé qu’il est bon d’aimer avant d’être vite oublié.
Ce nouvel opus ne fait pas exception à la règle et propose une intrigue simplette prétexte à beaucoup de blabla qu’alourdissent deux voix off. Le tout entrecoupé de morceaux de jazz.
Joaquin Phoenix et Emma Stone en font des tonnes pour compenser un récit sans intérêt sur les affres existentielles qui vire, par un prétexte factice, à la comédie policière un peu noire.
Une agaçante désinvolture qui serait loin de faire l’unanimité si elle n’était pas associée au nom de Woody Allen.

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NOCTURNAL ANIMALS de Tom Ford (2017)

Affiche du film Nocturnal Animals
Une célèbre galeriste d’art s’ennuie de sa vie mondaine faite « de diktats et de conventions » comme dirait Julia Roberts dans la pub Lancôme. La belle est d’autant plus esseulée que son époux la trompe.
Aussi quand lui arrive un manuscrit provenant de son ancien mari (dont elle n’a plus de nouvelles depuis des années) elle se plonge immédiatement dans sa lecture, découvrant un récit très noir à mille lieues de son existence glamour.
Issu du milieu de la mode, Tom Ford tente au cinéma ce qu’il essaye de faire dans ses défilés, à savoir épater la galerie. Son film s’amuse donc à mettre en miroir deux univers que tout oppose – l’un chic et artificiel, l’autre crapoteux et âpre – et à jouer de leurs dissonances. Un peu comme s’il faisait porter à un de ses top-modèles un slip kangourou couvert d’excréments par-dessus une robe de soirée sexy.
Une hybridation insipide, entre maniérisme et trivialité, qui tente de se donner des airs intelligents en abusant de longs dialogues oiseux sur les affres de la création et le mal-être des riches oisifs qui se piquent d’être des artistes.
Seules les prestations de Michael Shannon et Aaron Taylor-Johnson permettent de ne pas sortir avant la fin de ce pensum crapoteux chic complètement creux et vain.

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PERSONAL SHOPPER de Olivier Assayas (2016)

Affiche du film Personal Shopper
Maureen, une jeune américaine, travaille à Paris comme acheteuse de mode pour une célébrité « people ». Un métier ennuyeux qui lui permet de subsister en attendant que l’esprit de son frère jumeau, disparu quelques mois plus tôt, réussisse à entrer en contact avec elle.
Avec Personal Shopper, Olivier Assayas s’aventure dans l’univers du fantastique et, plus particulièrement, dans celui du film de fantômes. Une immersion aussi intrigante qu’angoissante soutenue par une mise en scène efficace lorsqu’elle s’attache aux déambulations nocturnes de l’héroïne dans une grande demeure isolée et déserte. Les mouvements de caméra, le travail sur les ombres et la lumière ainsi que l’importance donnée à la bande son, qui tout à coup s’incarne, forment un ensemble cohérent qui contribue à faire naître le malaise.
Une tension que le cinéaste ne parvient pas, hélas, à garder constante.
Car plutôt que de se concentrer sur la quête de son héroïne et de poursuivre dans cette veine viscérale, Assayas se disperse dans une approche cérébrale qui tente d’explorer différents niveaux de lecture qu’il ne parvient jamais à assembler, donnant au film un aspect artificiel.
Lorsque le réalisateur oppose le monde des esprits à celui de la mode, qui en manque cruellement, on voit surtout un prétexte pour jouer à la poupée avec la starlette Kristen Stewart – pas vraiment convaincante – qu’il se plaît à déshabiller ou à rhabiller de façon sexy.
Quand il fait bifurquer son récit vers un thriller cousu de fils blancs, où pointe la critique des nouveaux moyens de communication – ici les textos – avec lesquels certains n’hésitent pas à se dévoiler, psychologiquement et physiquement, devant de parfaits inconnus. Une intrigue qu’il évacue d’ailleurs à la sauvette, d’un revers de caméra, lors d’une scène énigmatique à la sortie d’un hôtel où il n’y a sans doute pas grand-chose à comprendre.
Et que penser de cet extrait de téléfilm soi-disant trouvé sur internet ? Sinon que Benjamin Biolay, peu crédible dans le rôle de Victor Hugo, peine surtout à articuler son texte.
Cette accumulation de pistes devient, entre deux dialogues creux, l’aveu d’impuissance d’un scénario ectoplasmique qui – à l’image de Maureen – se cherche et finit par revenir à son point de départ, comme un mauvais gag. Décevant.

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