TOUS EN SCÈNE de Garth Jennings (2017)

Affiche du film Tous en scène
Directeur d’un illustre théâtre aujourd’hui décrépi, Buster Moon est un koala sympa aux abois car criblé de dettes. Pour se sortir de cette mauvaise passe, et renouer avec le succès, il décide d’organiser un grand concours de chant.
On connait la chanson. Surfant sur la mode des télé-crochets, la nostalgie des vieux tubes remis au goût du jour et le rêve de devenir une « star », Tous en scène offre un spectacle convenu qui ne va guère plus loin que son propos de base.
Un film d’animation, plus commercial que créatif, qui formate le goût des enfants sur un type de musique tout en jouant la sérénade à leurs parents sur des airs connus.
Bref, une partition bien rodée agrémentée de quelques gags (pour faire bonne mesure ?) pour un résultat qui, s’il n’est pas désagréable, n’a vraiment rien d’original. La seule expérimentation (ratée !) se limitant à transformer une souris blanche (de laboratoire ?) à la voix de crooner en un personnage antipathique de bout en bout. Un test en forme de couac qui gâche, en partie, la fin de ce prévisible tour de chant.

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LA BELLE ET LA BÊTE de Bill Condon (2017)

Affiche du film La Belle et la Bête
Au 18ème siècle, en France, la rencontre mouvementée entre Belle, jeune femme indépendante éprise de littérature, et la Bête, un être maudit dont la repoussante apparence cache un séduisant prince charmant.
Ils sont venus, ils sont tous là (les Ewan Mc Gregor, Emma Thompson, Stanley Tucci, Ian McKellen…) pour cette « histoire éternelle » comme le clame la chanson du dessin animé Disney sorti en France en 1992 et dont ce film est la copie avec de véritables comédiens.
Le problème, c’est que la plupart de ces grands noms font partie du mobilier et qu’on ne les reconnait pas. Par contre, ce qui saute immédiatement aux yeux (et aux oreilles) c’est ce 18ème siècle d’opérette, aux décors kitsch, tout droit sorti d’un parc Disney. Une sorte d’énorme meringue indigeste à la sauce Broadway plus abêtissante que satisfaisante pour l’amateur de comédies musicales d’antan.
Pas de quoi se faire la belle pour autant. La force du conte, la qualité des effets spéciaux et l’entrain des acteurs non grimés (Emma Watson et Luke Evans – parfait Gaston – en tête) permettent de prendre un certain plaisir à cet énorme pudding même s’il est dénué de grâce et de fantaisie.
Condon n’est pas Cocteau, mais les enfants – et leurs parents nostalgiques du dessin animé – n’en auront cure séduits par ce spectacle sucré et coloré à souhait.

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GHOST IN THE SHELL de Rupert Sanders (2017)

Affiche du film Ghost in the shell
Dans le futur, les hommes sont réparés et améliorés grâce aux progrès de la robotique.
Une jeune femme, le Major, dont le cerveau a pu être sauvé à la suite d’un grave accident, est la première à bénéficier d’un corps entièrement cybernétique qui lui permet de lutter plus efficacement contre la criminalité. Jusqu’à ce qu’un nouvel ennemi, capable de pirater les esprits des êtres modifiés, vienne remettre en cause ses certitudes.
Avec ses effets spéciaux et son esthétique qui doivent énormément à Blade Runner, son héroïne intrépide et flingueuse qui doit beaucoup à Selene de Underworld, Rupert Sanders (le tâcheron à l’origine de l’improbable rencontre entre Blanche-Neige et un bûcheron dans Blanche-Neige et le chasseur) continue son travail de recyclage et tente une nouvelle hybridation cinématographique. Après les frères Grimm, c’est le manga de Masamune Shirow qui en fait les frais pour un résultat aussi tape à l’œil que simpliste d’un point de vue narratif.
Un produit de consommation sans âme aussi vite vu qu’effacé de la mémoire.

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SPECTRAL de Nic Mathieu (2016)

Affiche du film Spectral
Un scientifique travaillant pour le département de la Défense des États-Unis est envoyé en Moldavie où règne une violente guerre civile. Il doit tenter de percer le mystère de la mort de plusieurs soldats américains attaqués par des entités invisibles et invincibles.
Avec son impressionnant décor de ville en ruine, ses effets spéciaux convaincants et ses combats plutôt bien menés, Nic Mathieu compose un intéressant mélange entre film de guerre et science-fiction. Malheureusement, s’il parvient à créer une atmosphère intrigante et glauque plutôt crédible, il peine à faire décoller son sujet en raison de personnages sans nuances qui cumulent les poncifs.
Comment croire à ce MacGyver scientifique capable, en quelques heures seulement, de comprendre de quoi il retourne et de fabriquer des prototypes d’armes futuristes avec trois bouts de ficelle ? Ou de s’intéresser aux bidasses stéréotypés qui l’entourent ? C’est sans doute pour cela que le film n’a pas trouvé le chemin des salles, tout en faisant le bonheur de Netflix qui en a racheté les droits.
Une fois encore, la preuve est faite qu’un thème original et des moyens conséquents ne sont rien si la psychologie des protagonistes reste fantomatique.

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THE THING de Matthijs van Heijningen (2011)

Affiche du film The Thing
1982. Une paléontologue est discrètement contactée par une équipe de scientifiques norvégiens qui a fait une fabuleuse découverte en Antarctique : un vaisseau extraterrestre et son occupant prisonniers dans la glace depuis 100 000 ans. Mais un malencontreux prélèvement redonne vie à la créature qui s’attaque aux chercheurs et commence à cloner ses victimes…
Comment appeler cette chose ? Une suite, un remake ?
Non, une préquelle ! Ou, pour parler plus élégamment, un prélude à l’histoire relatée dans le film homonyme de John Carpenter. A la manière d’un puzzle, Matthijs van Heijningen reconstitue les évènements qui se sont déroulés dans la station de recherche norvégienne en se servant des éléments découverts dans le film de 1982, lors de la visite du médecin et du pilote d’hélicoptère américain (interprété par Kurt Russell) dans la base calcinée.
Une intéressante idée de départ qui ne parvient jamais à faire abstraction des péripéties du film original (même tempête qui s’approche, même personnages, même paranoïa galopante en milieu clos, même utilisation du lance flamme…) ni à faire preuve d’innovations, si ce n’est dans le choix d’une femme pour incarner le personnage principal : Mary Elizabeth Winstead plutôt convaincante.
Cet hommage respectueux a heureusement le bon goût de reprendre les abominations visuelles créées par Rob Bottin sans chercher à les numériser.
Dommage que le film finisse par se fourvoyer à l’intérieur de la soucoupe volante pour aboutir à un épilogue ouvert et sans grand intérêt – si ce n’est de permettre une possible suite en cas de succès ? – avant que le réalisateur ne raccroche artificiellement les wagons avec le film original pendant le générique de fin.
Un exercice de style qui se laisse regarder sans déplaisir et à, au moins, une indéniable qualité : il donne envie de (re)voir The Thing de Carpenter.

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ON L’APPELLE TRINITA de Enzo Barboni (1971)

Affiche du film On l'appelle Trinita
Deux frères, rapides de la gâchette et amateurs de grosses bastons, viennent en aide à une communauté de mormons persécutée par un riche propriétaire de bétail ainsi que par une bande de hors-la-loi mexicains.
En lançant le personnage de Trinita, Enzo Barboni fait entrer (sombrer diront certains) définitivement le western spaghetti dans la farce, transformant Terrence Hill et Bud Spencer (déjà associés dans la trilogie westernienne de Giuseppe Colizzi : Dieu pardonne… moi pas !, Les quatre de l’Ave Maria et La colline des bottes) en des sortes de Laurel et Hardy transalpins, amateurs de fayots et de baffes.
Un spectacle bouffon qui tient plus de la commedia dell’arte que de la comédie américaine avec une galerie de personnages à trognes dont la psychologie est aussi sommaire que le scénario, prétexte à une suite de querelles et de pitreries destinées à finir en bagarre générale.
Tout cela ne vole pas bien haut – si ce n’est les pets et les cascadeurs – et le film vaut surtout pour le duo improbable formé par Bud Spencer le teigneux et Terrence Hill le malicieux, ainsi que pour une certaine créativité dans la manière de distribuer gifles et coups-de-poing.
Une recette qui, tout en faisant le succès du film, annonce le début de la fin du western italien.

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DOCTEUR JEKYLL ET LES FEMMES de Walerian Borowczyk (1981)

Affiche du film Dr Jekyll et les femmes
A Londres, le docteur Jekyll convie chez lui famille et amis de la haute société victorienne afin de fêter ses fiançailles avec la désirable Fanny Osbourne. Une soirée qui vire au cauchemar lorsqu’un dangereux pervers sexuel se glisse dans l’immense demeure, violant et tuant tous ceux qui croisent son chemin.
Reprenant à son compte le fameux roman de Stevenson, Walerian Borowczyk décrit une société corsetée (le fétichisme du corset, récurent dans tout le film, n’est sans doute pas un hasard) devenant la proie de ses pulsions et compose un film sulfureux qu’il imprègne tout entier de la dualité de son personnage principal.
Aux vastes salons éclairés où festoient les convives, le cinéaste oppose les couloirs sombres et tortueux de l’étrange demeure qu’il transforme en un véritable dédale (sorte de représentation tourmentée de l’espace intérieur de Hyde ?), tandis que les femmes, personnages clefs de tous ses films, jouent de leur ambivalence, entre innocence opprimée et tentation de la perversion, face à des hommes arrogants et sans nuances.
Photo de Marina Pierro dans le rôle de Fanny Osbourne
Borowczyk, en parfait esthète, crée pour l’occasion des images dignes de tableaux de maître – mêlant jeu d’ombres et de lumière, escaliers spiralés, visage féminin recomposé dans un reflet et hommage à Vermeer – et fait baigner son film dans une atmosphère cotonneuse et floue, sans doute pour pour mieux illustrer cette idée de perte des repères. L’ambiance fantastique qui en découle est proche de celles composées par Mario Bava en Italie. La maison labyrinthique et l’apparition fugace, en début de film, de la petite fille blonde derrière une fenêtre semblent d’ailleurs faire écho aux plans élaborés par le maître italien de l’angoisse dans Opération peur.
Photo petite fille blonde derrière la fenêtre
Mais, tout à ses compositions esthétiques, Borowczyk en oublie son scénario, beaucoup trop décousu et verbeux, ainsi que sa direction d’acteur avec des comédiens en roue libre. Si le choix d’Udo Kier et de son regard magnétique, pour jouer Jekyll, est tout à fait judicieux, sa prestation relève le plus souvent du cabotinage. Le doublage approximatif de certains de ses partenaires n’arrange rien et participe au côté calamiteux de l’ensemble.
Parfois à la limite du grotesque, Dr Jekyll et les femmes peine à convaincre même si le film possède d’indéniables fulgurances fantastiques (le bain où se transforme le docteur) et érotiques (l’effeuillage de la fille du général penchée sur la table d’une machine à coudre).
Il n’en reste pas moins une véritable curiosité réservée à un public averti.

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